[Dilemme sentimental] First Knight

Publié le 6 Juillet 2018

 

Sorti en 1995

Réalisé par Jerry Zucker

Ecrit par William Nicholson

Dure 2h14

 

Avec :

Richard Gere : Lancelot

Julia Ormond : Guenièvre

Sean Connery : Arthur

Ben Cross : Malagant

etc

 

Dontesque ?

Alors que le royaume entier est menacé par les attaques de Malagant, un ancien chevalier de la table ronde assoiffé de pouvoir, le roi Arthur est sur le point d’épouser la dame Guenièvre. Mais lorsqu’elle est attaquée par l’armée de Malagant, elle est secourue par Lancelot, un guerrier sans attache, et un lien se créé entre eux.

 

 

.oOo.

Retour vers la légende Arthurienne, les gens~

 

Ce film-là, en plus, j’étais vraiment enthousiaste à l’idée de le revoir ! Je l’avais vu dans mon enfance (on a encore la VHS !), et je n’avais pas aimé du tout, donc mon enthousiasme pourrait sembler étrange, mais ce film avait marqué le début d’une antipathie tenace à l’égard de Richard Gere de ma part. Du reste je pense que c’est aussi à cause de ce film que j’ai eu du mal avec Sean Connery pendant un certain temps, mais ça n’a jamais été aussi prononcé. Je ne dirais pas que j’étais vraiment une « hater » de Richard Gere, dans le sens où je n’allais pas médire de lui ou quoi que ce soit (promis, pour la gerbille, c’était pas moi), mais j’évitais ses films, et même sa tête m’agaçait. Depuis, ça m’est complètement passé, mais j’étais vraiment curieuse de revoir ce film, et de déterminer ce qui avait bien pu me remonter à ce point, parce que je ne me souvenais de rien (en dehors de la scène où Lancelot doit traverser un parcours d’obstacles). Maintenant que j’ai revu le film… je ne sais pas trop ?

 

Bon, je n’aime toujours pas trop ce film, et je ne suis toujours vraiment pas fana de Richard Gere dans ce  rôle-là, en effet. Du reste, je ne suis fana d’aucun choix de casting dans ce film (à l’exception peut-être de Julia Ormond qui fait une bonne Guenièvre), mais Richard Gere est quand même le gros point noir du casting, et vu qu’il est le personnage central, c’est chaud à ignorer. Néanmoins, il n’y avait pas de quoi lui vouer une antipathie éternelle, donc j’étais sans doute juste immature (j’avais l’âge en même temps…). Et si j’avais vraiment détesté le film à l’époque, à présent, je suis moins remontée. A vrai dire, je suis surtout triste, parce que je pense qu’il y avait de bonnes choses dans ce film, et que j’aurais aimé les voir mieux traitées. Je pense qu’il y avait du potentiel à exploiter. Et aussi, une partie de moi sera toujours déçue de voir des adaptations de la légende Arthurienne sans magie, parce que argh, Film, si tu as l’occasion de caser un dragon quelque part, wae tu cases pas un dragon ? Enfin, cela dit, si le film écarte toute magie de l’équation et semble vouloir, à la place, proposer un drame plus réaliste, il a des moments très cartoonesques (le « whyyyyyy » de Sean Connery lorsqu’il découvre le pot aux roses est particulièrement magique, et le parcours d’obstacles n’est pas mal non plus), et un univers qui fait souvent carton. Il ne semble pas littéralement fait de carton, mais il est trop propre, trop joli (et très bleu, aussi… Camelot a un truc avec le bleu, dans ce film… et les méchants sont de noirs vêtus, et habitent dans des ruines lugubres, coz la subtilitay), et il fait très… décor. A tout moment, je m’attendais à ce que quelqu’un nous dise que tout était faux :

Je n’ai jamais eu le sentiment d’être face à un univers véritablement habité, il ne sonnait pas autenthique, et c’était un peu un souci, parce que j’avais du mal à prendre ce monde au sérieux, alors que clairement, le film voulait m’y pousser.

 

Je n’ai pas été bien impressionnée par l’action du film non plus. Pendant les scènes d’action, ce que j’ai le plus apprécié a été la musique de Jerry Goldsmith qui, sans être le coup de cœur de ma vie, était plus épique que ce qui se passait à l’écran. Et puis j’ai un faible pour les chœurs. Certes, maintenant, ce type de musique a été utilisé de façon parodique plusieurs fois, si bien qu’ici aussi elle m’a fait sourire (car le film n’était pas exactement subtil, et que je ne le prenais déjà pas bien au sérieux), mais je l’ai quand même appréciée, et en général la bande-son doit être (avec Julia Osmond) ce que j’ai retenu de plus positif de ce film (au premier degré, en tous cas). Et pour revenir à l’action, il y a bien quelques plans que j’ai appréciés, comme celui des chevaliers chargeant dans la nuit (mais ça dure trop longtemps et ça gâche un peu l’effet), mais dans l’ensemble, je n’ai pas été impressionnée. Les batailles semblaient toujours petites, et brouillonnes (mais pas de la bonne façon… car oui, un champ de bataille, ça doit être le bordel… mais là c’est la façon dont elles étaient tournées qui me semblait brouillonne), avec parfois des gros plans sur des détails pour donner du dynamisme aux scènes, alors qu’en fait, pour moi, ça leur enlevait surtout de l’impact, parce que j’avais l’impression que le film brouillait les scènes pour cacher le manque d’envergure de l’action.

[Dilemme sentimental] First Knight[Dilemme sentimental] First Knight[Dilemme sentimental] First Knight
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Tout manquait d’impact, et je n’ai pas non plus été impressionnée par les scènes de combats individuels. La plupart de ces scènes m’ont semblé poussives, et manquaient aussi d’enjeux. Lancelot le dit lui-même : il se moque de vivre ou mourir, c’est ce qui le rend aussi redoutable. Ca change lorsqu’il tombe amoureux de Guenièvre, mais il reste deux gros soucis 1/ j’y croyais pas, à ces sentiments profonds (on y reviendra), et 2/ le personnage est très rarement mis en position de difficulté. Ca en devient presque ridicule. Il brille quasiment en toutes circonstances, et c’est lui qui fait tout, tout seul. Alors, okay, c’est le héros, mais ça veut pas dire que de temps en temps il ne peut pas avoir un peu besoin d’un coup de main ! Mais il est toujours l’homme solitaire de la situation, et ça casse toute tension. A un moment donné, Guenièvre se fait enlever (encore), et les vilains méchants la mettent aux oubliettes dans un château qui a l'air chaud à infiltrer, du coup j'étais impatiente de voir Lancelot essayer, parce que la situation semblait impossible… mais il arrive, gère ça en deux trois coups de main, tout seul, pouf pouf, c’est réglé on n’en parle plus. C’est hyper décevant car pas du tout impressionant, et en plus ça plante dans la tête du spectateur l’idée que le héros est invincible, et c’est pas du tout une bonne chose. Je dis pas qu’il fallait le tuer (ç’aurait été chaud de finir le film après), mais bordayl, il aurait pu se couper sur un caillou au moins. Je sais pas, un truc pour nous dire qu’il y avait une chance qu’il se prenne des coups, afin qu’on ait une raison de ressentir une quelconque tension pendant les scènes d’action. Parce que ça risquait pas de venir des autres personnages, vu que le film est trop centré sur Lancelot pour donner beaucoup d’identité aux autres personnages impliqués dans les batailles (à un moment donné, j’ai cru que le paysan qu’il rencontre au début allait avoir un rôle à jouer, car le fim donne cette impression, mais finalement il est complètement relégué au rôle de figurant après ça).

 

En général, j’ai été assez déçue de me retrouver très peu intéressée par tous les personnages de ce film. L’antagoniste principal, Malagant, avait de la présence, mais n’était certainement pas assez développé pour être passionant, Arthur m’a laissée généralement indifférente… Guenièvre est le seul personnage pour lequel j’ai ressenti quelque chose, parce que l’actrice a du charme et parce que le personnage est le seul à avoir un conflit interne dot elle semble vraiment avoir quelque chose à faire. La répétition de son enlèvement était un peu inutile, et le fait que je n’aie pas réussi à avaler ses sentiments ni pour Lancelot ni vraimet pour Arthur a beaucoup affaibli l’impact de son conflit intérieur, mais n’empêche que c’était le seul personnage à vraiment sauver pour moi (du coup Lancelot s’en donne à cœur joie :D #indistress4ever).

[Dilemme sentimental] First Knight[Dilemme sentimental] First Knight
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Lancelot, lui, m’a surtout agacée. En premier lieu, pardon Richard Gere, je t’aime bien maintenant, mais je trouve toujours qu’il y a eu erreur de casting. Je trouve que Richard Gere a du charme en général (ce sont les yeux ><) et je vais pas mentir non plus, y  a eu deux-trois moments de fangirling pour moi (et ce malgré la coupe de cheveux, oui), mais il est écrit comme un jeune homme aventureux et un peu insouciant, qui vit de son épée au jour le jour, a la réplique facile, etc… mais le jeu de Richard Gere manque de souplesse, d’énergie... Je pense vraiment qu’un acteur plus dynamique aurait vraiment mieux convenu. Par ailleurs, Richard Gere a 46 ans dans ce film, et j’ai rien contre les quarantenaires, mais Lancelot se comporte comme un ado avec Guenièvre. 46 ans, pour Lancelot, à cette époque moyen-âgeuse où l’espérance de vie doit pas être ouf, et dans ce contexte difficile, c’est relativement plus vieux que 46 ans pour, eh bien, Richard Gere. Il a dû faire face à beaucoup d’épreuves depuis tout tout jeune, il s’en est sorti seul, et ça l’a pas mal désabusé, c’est pour ça qu’il ne croit plus en rien. Donc le voir tomber amoureux au premier regard, sans rien savoir de Guenièvre (alors qu’il a quand même dû croiser d’autres femmes dans sa vie !) et subitement lui dévouer sa vie, c’est juste… bizarre. On pourrait plus s’y attendre de la part d’un plus jeune homme qui tombe amoureux pour la première fois, mais de la part de Lancelot, ça cadre juste pas.

 

Bon, après, même s’il avait été plus jeune, ça n’aurait pas rattrapé le fait que je trouve Lancelot agaçant sur le papier, de toute façon. First Knight est (entre autres) un drame romantique, et l’histoire d’amour interdite entre Lancelot et Guenièvre est au centre de tout. Mais Lancelot est un lead romantique irritant, je trouve. Il est arrogant, focreur, ne décide de rester à Camelot que lorsque Guenièvre rend très clair qu’elle veut qu’il parte, et en plus je crois bien qu’il a des troubles de perception de la réalité, parce qu’il sort à Guenièvre « souviens toi de moi comme l’homme qui t’aimait trop pour vouloir te changer », alors qu’il a quand même passé tout le film à essayer de lui dicter sa conduite et ses envies. Mon moment favori restant le « prouve que tu es libre : couche avec moi ». Je paraphrase à peine. L’échange exact est le suivant :

- If you were free to do as you pleased, would you marry Arthur ?
- I am free. As free as you are.
- Prove it.
- How ?
- Forget who you are. Let all the world go away, and all the people in it, but you and me. Do what you want to do. Here. Now.

- Si tu étais libre de faire ce que tu veux, tu épouserais quand même Arthur ?
- Je suis libre. Aussi libre que toi.
- Prouve le.
- Comment ?
- Oublie qui tu es. Oublie le monde entier, oublie les gens, ne pense plus qu'à toi et moi. Et fais ce que tu as envie de faire. Ici. Maintenant.

Et la scène est tournée de façon très claire, donc le sous-entendu est évident: « tu as envie de moi » (Lancelot en est persuadé dès leur première rencontre, pour zéro raison valable, cf l’arrogance dont je   parlais) « donc si tu ne couches pas avec moi, c’est juste parce que tu n’as pas la force de te libérer ». Eh, Lancelot, tu veux savoi qui aimait vraiment suffisamment Guenièvre pour ne pas lui foutre ce genre de pression ? Arthur :D Arthur qui a promis à Guenièvre de protéger son peuple avant qu’elle prenne sa décision, et quelle que soit sa décision, et ne lui a pas fait de chantage, mais l’a réellement laissée décider. Bon n’allez pas croire que j’étais #TeamArthur, car j'étais team personne du tout, n'étant pas investie dans cette affaire de toute façon... mais, simplement, Lancelot m’agaçait, arrogant et immature qu’il était, dans une histoire « d’amour » où il avait surtout l’air de convoiter ce qu’il ne pouvait pas avoir.

 

A vrai dire, je me suis même demandé si c’était précisément l’idée.

 

On peut envisager l’histoire de Lancelot et Guenièvre comme une belle histoire d’amour interdit, et penser que le film nous pousse à trouver tragique qu’ils ne puissent pas être ensemble (sauf que ça, ça ne marchait pas vraiment pour moi vu que je ne ressentais rien de réel entre eux) mais on peut aussi voir ça autrement. Peut-être qu’on n’est pas du tout censés soutenir Lancelot et Guenièvre. Alors, ça marche quand même pas tout à fait pour moi, car dans cette conception des choses, l’idée est qu’ils se laissent emporter uniquement par l’interdit et un désir superficiel que je ne ressens toujours pas entre eux, mais j’aime quand même mieux cette interprétation, parce que je la trouve plus raccord avec ce qu’il y a sur le papier au moins, et parce que du coup, ça donnerait un sens plus intéressant à tout ce qui m'agaçait chez Lancelot.

 

Le film oppose explicitement deux formes d’amour. La première, tumultueuse, est représentée par Lancelot qui veut en gros enlever Guenièvre et vivre sur la route avec elle, d’amour, d’eau fraiche, et d’improvisation. La seconde, plus calme, est représentée Arthur qui compare l’amour aux rayons du soleil qui caressent le visage. C’est entre ces deux formes d’amour que Guenièvre n’arrive pas à choisir, et à la fin du film, [spoiler] lorsque les chevaliers de Camelot (qui ont l’air assez ridicules dans leurs uniformes, au passage, mais on va essayer de passer par-dessus ça ><) font leurs adieux à leur roi décédé, il y a ce regard entre Guenièvre et Lancelot, où toute passion semble être morte. Ils se regardent, et les voilà libres d’être ensemble, avec un Lancelot inexpliquablement couvert d’honneur et une Guenièvre veuve, mais ils détournent les yeux, et certes le contraste serait plus criant si l’alchimie avait été plus forte pendant le film, mais on dirait tous les deux qu’ils sont bien douchés. Ils ont ce qu’ils voulaient, mais à quel prix ? Et maintenant qu’ils l’ont, ils n’en veulent plus vraiment. Leur histoire d’amour est toujours tragique parce que le fantôme d’Athur les maintiendra séparés, ou bien ils se rendent compte tous les deux que ce qu’ils avaient était très superficiel et exacerbé par les obstacles, mais mort une fois ces obstacles disparus. En tous les cas, c’est pas gai comme fin. [/spoiler]

 

Mais j’aime bien cette conclusion. La conclusion est sans doute ma partie favorite du film (à l'exception du "whyyyyyyyy" de Sean Connery... I love it). Et je me dis qu’elle aurait pu avoir un sacré impact si le film avant ça avait été mieux foutu. Du coup, je suis déçue.  Et en même temps, je ne suis pas tout à fait déçue parce qu’il y a des moments (involontairement) drôles dans ce film, et que la nostalgie aidant, je me suis quand même un peu amusée. Je vais pas vous mentir, y  a de grandes chances pour que dans dix ans, après avoir quasiment oublié tout le film, je décide de le revoir. Oh, et aucune antipathie renouvellée à l’égard de Richard Gere, donc yay pour ça aussi. Mais c’était quand même pas un très bon film.

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