[En dehors de Disney, je vous jure] Quest for Camelot

Publié le 28 Septembre 2018

 

Sorti en 1998

Réalisé par Frederik Du Chau

Ecrit par Kirk de Micco, William Schifrin, Jacqueline Feather et David Seidler

D’après The King’s Damosel de Vera Chapman

Dure 86 minutes

 

Pour les castings : voir wikipedia

 

 

Dontesque ?

Lorsqu’Excalibur est arrachée au roi Arthur, et qu’un tyran assoiffé de pouvoir compte s’en servir pour régner sur le pays, une jeune femme part à la recherche de l’épée pour sauver le royaume et sa mère prise en otage. Elle s’enfonce dans la Forêt Interdite et y croise un jeune homme aveugle qui lui servira de guide.

 

.oOo.

Contrairement à ce que vous pourriez penser, oui, je continue petit à petit de regarder des adaptations (pures ou très libres) de la légende Arthurienne, dans le cadre de mon projet « En dehors de Disney ». D’où Quest for Camelot qui, ironiquement, essaie très très fort d’être un Disney. J’étais enthousiaste à l’idée de le regarder ! J’aime les films d’animation et les comédies musicales, et je dois admettre qu’une partie de moi avait envie d’entendre Cary Elwes jouer un valeureux guerrier et (nul doute) lead romantique dans un film d’aventure, parce que Princess Bride (je ne me suis jamais défaite de mon béguin, non… même si j’étais un peu plus #teamInigoMontoya). A noter que si ce film met bien en scène Merlin, et le Roi Arthur, ils ne sont que des personnages de fond et ne font en gros rien de tout le film. La légende Arthurienne sert de décor au film, et nos personnages principaux sont Kayley, une jeune femme rêvant de chevalerie, et Garrett, un ermite aveugle. Donc si l’idée est de regarder Merlin et Arthur vivre des aventures de ouf, ce n’est pas le bon film, en gros. Et à vrai dire : c’est pas un bon film, tout court. Je n’irais pas jusqu’à dire que j’ai détesté, le mot est trop fort, mais le film m’a fortement agacée, et n’a cessé de vraiment tester ma patience. Il ne dure pas longtemps, mais m’a paru très long.

 

Néanmoins, il y a des choses dedans que j’ai appréciées, donc commençons par cela.

 

En premier lieu, il y a la musique. Du moins, les instrumentaux. Les chansons, en général, ne m’ont pas impressionnée, mais j’aime bien les instrumentaux, avec leur ambiance celtique, et au tout début du film, j’étais dans une excellente disposition, parce que justement, la musique m’a tout de suite mise dans l’ambiance, et plu. Après les personnages se mettent à chanter et j’étais un chouïa moins enthousiaste, mais de façon générale, l’ambiance musicale du film est un point positif à mes yeux, bien que je n’irais sans doute pas écouter la bande-son dans mon temps libre à côté. Par ailleurs, si c’est vrai que les chansons ne m’ont pas impressionée et me sont sorties de la tête à peine le film terminé, il y en a quand même une que j’ai retenue : celle du méchant du film, Ruber. C’est pas tellement qu’elle soit extraordinaire (même s’il y a quelque chose d’amusant à la façon dont elle part dans tous les sens), mais elle est chantée par Ruber, justement, et autant certaines chansons de ce film sont desservies par les images qui les accompagent, autant ce morceau-là est grandement aidé par le fait que j’adorais regarder Ruber faire quasiment quoi que ce soit.

 

J’en arrive donc à la seconde chose positive que j’ai tirée de ce film : son méchant. Et je dis bien « méchant », pas « antagoniste », parce que Ruber est clairement méchant. Il fait le mal pour faire le mal. Ce n’est pas un personnage bien complexe, du coup, et clairement pas un des grands méchants du cinéma, mais je dois dire que j’ai trouvé très divertissant son enthousiasme général. Il y a des moments il était tellement à fond que, physiquement, je ne sais même plus trop ce qu’il faisait (ses sourcils me fascinaient). Et le type aime clairement faire le mal, il ne s’en cache même pas. Je ne comprends pas du tout ce qu’il faisait à la table ronde pour être honnête. On parle quand même d’une une organisation qui, dans la liste de ses valeurs, a « goodness » (« le bien », en gros). Ils listent, au début, ce en quoi ils croient, et il y a le courage, la gentillesse, la générosité, etc, et « le bien ». Ce qui, au passage, m’a fait bien rire, mais surtout, dès le début, les chevaliers reprochent à Ruber d’être égoïste, de ne penser qu’à lui. Apparemment il a toujours été comme ça, donc on se demande vraiment ce qu’il fout à la table ronde. Mais c’est pas important. Ruber est à fond dans son trip, il veut revenir (il le dit lui-même) au « bon vieux mauvais temps », et quand horrifié, on lui dit qu’il est fou, il répond « Oh, merci ! Je suis content que tu aies remarqué, j’y ai beaucoup travaillé ». Il fait peut-être pas un méchant très intéressant, et encore moins impressionant, mais il est divertissant dans son enthousiasme disproportionné : le type transforme quand même un poulet en poulet-hache (déjà, il choisit un poulet pour démontrer la puissance de sa future armée, et je trouve ça génial), en est super fier, et présente son poulet-hâche à grand renfort de « TADAM ! REGARDEZ MON POULET ! ». N’importe quel méchant chantant les lignes « De cette potion achetée à des sorcières / je mets une goutte sur ce poulet. / Oh, regardez le se transformer en arme / que je peux utiliser selon mon bon plaisir. / Maintenant ce poulet peut tuer » a une place dans mon cœur.

 

Enfin, j’ai beaucoup d’appréciation pour un élément de la fin : [spoiler] une fois Excalibur restituée, tout le monde est « réparé ». La blessure d’Arthur est guérie, les dragons siamois qui voulaient être séparés le sont (mais sont ensuite recollés parce qu’ils ont découvert le long de l’aventure qu’ils étaient meilleurs à deux), le poulet métallique redevient un poulet. Chacun obtient ce qu’il mérite, ce qu’il veut, ce qui est « bien ». Et Garrett reste aveugle. Le film aurait pu faire le choix de lui rendre la vue, d’autant que Garrett n’a pas toujours été aveugle, mais a été victime d’un accident, et a eu l’impression de perdre ses rêves et sa place en grande partie à cause de ça. J’apprécie qu’au lieu de lui rendre la vue, le film décide qu’il peut très bien être « complet » et avoir son happy-end tout en étant aveugle. Malheureusement, le reste du happy-end obligatoire n’est pas aussi satisfaisant. Le mariage des deux personnages principaux conclue une histoire d’amour fade et accélérée, ce qui le fait tomber à plat, et la victoire de l’héroïne n’est pas très impressionante. J’ai même dû me retenir de rire à un moment donné. Bref. Tout ça finit un peu en pétard mouillé, mais au moins j’apprécie la position prise sur Garrett. [/spoiler]

 

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Et voilà, ce sont les trois choses positives que j’ai tirées de ce film. Au-delà de ça, mon visionnage est resté sous le signe de la frustration tout le long, mon premier souci ayant simplement été les personnages. Enfin surtout Kayley. Garrett, ça allait. Il n’est pas ce qui est arrivé de mieux au monde du cinéma, mais il fait un protagoniste raisonnablemment engageant, et puis je crois bien que je ressentais une sorte de sympathie à son égard parce que lui et moi étions souvent agacés par les mêmes choses. Notamment, quand il demandait aux dragons siamois ou à l’héroïne de se taire, j’étais à deux doigts de la standing ovation. C’était sans doute la cause qui me tenait le plus à cœur dans cette aventure, c’est un peu triste. Au-delà de ça, le personnage a droit à un axe narratif à peu près satisfaisant : il pensait avoir perdu sa place et la reprend en se prouvant simplement à lui-même qu’il en est capable. Ses motivations, en revanche, j’ai plus de mal à les avaler. Dès qu’il entend parler d’Excalibur, il veut aller la chercher, mais après ça, sa motivation devient son histoire d’amour avec Kayley et celle-là, pour le coup, je ne sais pas d’où elle sort. Les histoires d’amour accélérées sont monnaie courante dans ce type de dessins animés, mais en général, elles partent quand même de quelque chose, même quand ce quelque chose est un coup de foudre. Ici, les personnages se rencontrent, elle l’agace à mort, et subitement ils chantent une chanson et apparemment ils étaient amoureux ? Hein ? Je savais bien qu’on n’allait pas échapper à la romance, mais même comme ça, cela m’a prise de court.

 

L’héroïne Kayley m’a beaucoup frustrée. Elle est le « personnage féminin fort » qui cause plus qu’elle ne fait grand-chose. Elle rêve de devenir chevalière, très bien, mais elle n’accomplit vraiment pas grand-chose. A vrai dire, je n’ai pu m’empêcher de penser que sans elle, Garrett aurait ramené Excalibur à bon port bien plus rapidement et avec nettement moins d’accroc. Elle le sauve bien à un moment donné, mais à la base, il a été blessé à cause d’elle, et elle a quand même eu le culot de l’accuser d’avoir causé un danger dont elle était responsable. Elle fait une bonne relayeuse d’informations, mais au-delà de ça, elle n’échappe aux méchants au début que parce qu’ils la laissent faire (littéralement : le garde qui la tenait la lâche, et va faire autre chose… c’est pas des muscles en acier qu’il leur faut, c’est un cerveau), n’écoute rien, met tout le monde en danger, et à peine on la laisse seule, elle se fait kidnapper à nouveau (encore une fois, littéralement : elle quitte Garrett, tourne au coin du chemin, et boum, kidnappée). C’est frustrant parce qu’elle nous répète tout le long qu’elle veut prouver sa valeur, et on est censés la soutenir, mais elle me semblait être une gêne plutôt qu’un atout, et je n’ai pas trouvé, une fois le film terminé, que son histoire s’achevait de façon très satisfaisante, ni au niveau de ses ambitions glorieuses, ni au niveau de cette histoire d’amour sortie de nulle part.

 

En général, je trouve que le film est écrit de façon maladroite. Dans les grandes lignes, et dans les détails. Par exemple : au début du film, lorsqu’on rencontre l’héroïne jeune, elle demande à son père pourquoi il est devenu chevalier. C’est apparemment la centième fois qu’elle lui demande, mais il commence à expliquer de façon bien didactique, et c’est clairement juste de l’exposition pour le public, ça se sent. Le pire c’est que ç’aurait été simple d’éviter ça : il aurait suffi d’éliminer le « je te l’ai déjà dit cent fois ». Kayley aurait très bien pu idôlatrer son père et vouloir être chevalière avant ça, sans trop tout comprendre du métier, c’est le cas de tas d’enfants. Mais bon, c’est un détail. Mon vrai gros problème avec ce film (en plus de celui avec les personnages) c’est qu’il est expert à tuer l’émotion avant qu’elle ait pu naître. Sérieusement, c’est la seule chose à laquelle le film excelle (et c’est pas une bonne chose). Pour cela, il fait usage de trois techniques/outils.

 

1) La première technique est très simple : il s’agit de faire en sorte que le public s’attende à quelque chose puis de ne rien faire du tout. Ainsi le public s’habituera à ce que tout ce que le film souligne comme important ne mène absolument à rien, une excellente façon de le désengager de l’histoire. Les deux meilleurs exemples de ça sont certainement l’ogre et la chanson des arbres.

 

L’ogre ne nous est pas montré tout de suite. On voit d’abord ses traces de pas énormes, et clairement, il est redouté par Garrett, notre guide (qui n’a pas l’air d’avoir peur de grand-chose, quand même). Même le méchant (qui vient de foutre un coup de poing à un dragon, tranquille) n’a pas l’air ravi à l’idée de rencontrer un ogre. Mais quand on rencontre ce fameux ogre, il a certes un joli design (faisant penser au mangeur de rocher dans l’Histoire Sans Fin)(mais un peu gâché par des effets numériques mal intégrés au reste), mais il est en pleine sieste, ne se réveille pas, et le pire dégat qu’il fait est qu’il pète sur le méchant dans son sommeil (oui). Dans le genre déception, elle est pas mal celle-là.

 

Quant à la chanson des arbres, il s’agit de celle du héros qui nous explique qu’il est tout seul, qu’il veut être tout seul, et il en fait tout un numéro musical énorme. Quand il a fini de chanter, je ne déconne pas, son faucon se pose sur l’épaule de l’héroïne, elle dit « J’ai besoin de ton aide, juste cette fois », et il répond « oh, d’accord, d’accord ». Donc on nous sort un grand numéro musical, tout ça pour le nier dans la seconde. Imaginez si, après « Soyez Prête », dans le Roi Lion, une hyène avait dit à Scar « ouais mais tuer Mufasa, ça se fait pas » et Scar avait répondu « … Ouais, en fait c’est pas faux… allez, on annule tout ».

 

Le film, de façon répétée, nous fout la hype sur des trucs qui déçoivent, si bien qu’on finit par ne plus se laisser avoir, et ne plus rien attendre de lui.

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2) Ne jamais sous-estimer le pouvoir de mettre de l’humour au mauvais moment ! Comme je l’ai déjà écrit plus haut, ce film veut clairement être un Disney, et dans un film Disney il faut bien entendu des sidekicks. Donc le méchant a son gryffon, Garrett son faucon, et Garrett et Kayley se retrouvent bientôt affublés de deux dragons siamois, qui rappellent vaguement Timon et Pumba par moments (cf. la « grande » scène romantique entre les deux personnages principaux), et font de drôles de blagues sur l’inceste (quand ils se présentent, ils disent « honnêtement, nous sommes la raison pour laquelle on ne devrait pas se marier entre cousins », et il y en a un qui essaie plusieurs fois d’embrasser l’autre dans des élans romantiques…), mais ils essaient surtout très fort d’être le Génie d’Aladdin (sorti six ans plus tôt), avec leur numéro musical barré et surtout bourré de références anachroniques (ils ne sont pas les seuls personnages à en faire, mais c’est quand même à 99% eux). Ils font référence à Hamlet, à Elvis, Sonny & Cher, au Roi Lion, à Picasso, ils brisent le quatrième mur, etc. Ils reprennent aussi le gag de l’avion (dans Aladdin le génie traite le tapis comme un avion, ici les personnages dévalent une pente sur le ventre du dragon qui part dans les mêmes vannes), qui n’est pas propre à Aladdin (certainement), mais qui dans le contexte ne peut qu’y faire fortement penser. Cela dit, le problème n’est pas que les dragons essaient d’être le génie (et se plantent), le problème c’est les conséquences sur le film de cette insertion intempestive d’humour partout.

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En premier lieu, les références anachroniques dans un monde de fantasy peuvent fonctionner, mais à moins d’être vraiment bien gérées, je trouve, à titre personnel, qu’elles ont plutôt tendance à sortir du contexte, à empêcher l’immersion. Pour moi, c’est ce qui se passe ici.

 

Ensuite, il y a un vrai problème de timing. Alors, oui, les « comic reliefs », comme ils sont appelés chez nos amis anglophones, sont censés relâcher la pression via l’humour, permettre au spectateur de souffler. Mais pas tout le temps ! Pour que ça marche, il faut qu’il y ait de la tension ! Il n’y a pas une scène dans ce film dont le potentiel dramatique ne soit pas immédiatement étouffé par des blagues, juste après la scène, ou même pendant. Le film sabote chaque opportunité de ressentir des émotions « négatives », comme s’il avait peur que le public ne puisse pas les enciasser. Eh, Film, j’ai survécu au Petit Dinosaure et la Vallée des Merveilles, à la Belle et la Bête et au Roi Lion, hein ! Personne n’a fait de blague dans la demi-seconde après la mort de la mère de Petit-Pied, on n’avait pas de commentateurs faisant des références rigolotes à la pop culture pendant le duel de la Bête et Gaston, et encore moins pendant la débandade des gnous. Ces films pouvaient être tragiques, et effrayants, et ils n’en étaient que meilleurs et plus mémorables, parce qu’ils évoquaient un large panel d’émotions puissantes. Dans Quest for Camelot, je n’avais rien à me mettre sous la dent.

 

Et le souci, c’est qu’en étouffant les émotions négatives, en les cribblant de blagues, le film s’handicape pas mal : il repose sur l’idée que les personnages principaux ont bien des épreuves à surmonter. Mais quand on ne ressent ni le danger ni la difficulté des épreuves proposées, on a du mal à s’investir, et au final ce ne sont pas juste les émotions négatives mais toutes les émotions qui passent à la trappe.

 

Et puis, les tentatives d’humour, en plus d’être ratées et mal placées ont finit par réellement attiser mon agacement pour une autre raison : quand on a déjà du mal avec une œuvre, je trouve que la voir essayer de nous faire des clins d’œil, ça a quelque chose d’encore plus irritant. Cette façon qu’a le film d’essayer d’instaurer une complicité entre lui et moi, comme si ça allait masquer ou rattraper le reste, je ne sais pas, ça aggrave les choses pour moi.

 

3) Le cinéma est un art visuel, donc bien entendu il faut aussi utiliser les images !  Et certaines font vraiment du mal au film. Il y a différent soucis.

Parfois, les images ne sont juste pas à la hauteur d’une scène. Par exemple, c’est le cas de celles accompagnant l’inévitable chanson où l’héroïne nous explique ce qu’elle veut au début du film (cf. Partir là-bas dans la Petite Sirène, Le Bleu Lumière dans Moana, ou Belle (la reprise surtout) dans la Belle et la Bête, etc). C’est un grand moment où l’héroïne nous chante ses grands rêves d’héroïsme, mais les images ne suivent pas, elles ne sont pas à l’échelle. Mais c’est peut-être juste une question d’âge, peut-être que le film a mal vieilli.  Au moins le film vise le bon ton. Parce qu’ily  a des moments où le problème n’est pas la qualité des images, mais vraiment ce que le film choisit de montrer. Par exemple, pendant la chanson The Prayer, une chanson dramatique qui parle d’amour maternel, et d’espoir face à la tragédie, qu’est-ce qu’on nous montre ? Eh bien :

Ca ne va juste pas. Comment tu veux ressentir l’émotion d’une scène dramatique comme celle-là avec ce genre d’images (et les effets sonores qui vont avec) à l’écran !?

 

Un autre genre d’erreur : lorsque l’héroïne pleure la mort de son père (en fait c’est pendant la chanson sur ses rêves), on a droit à des flash-backs des scènes qu’on a vues avec eux deux… ce qui nous fait un total de deux scènes ! :D Sur ce, trois remarques :

 

1- on a vu ces scènes il y a dix minutes, Film, on s’en souvient

2- je ne suis pas radicalement opposée à 100% à l’utilisation des flash-backs dans toutes les circonstances et tous les films de la Terre, mais il faut qu’ils soient utiles (ce n’est pas le cas ici) et si possible présentés de façon originale, pas juste en nous rejouant exactement les mêmes images qu’avant (comme c’est le cas ici), sinon ça donne juste une impression de manque d’inspiration et créativité

3- ces flahs-backs ne font que nous rappeler que nous n’avons vu que très peu de scènes entre le père et la fille. On serait parfaitement capables de « combler les trous », d’imaginer ou ressentir leur relation au-delà de ça, si, par exemple, l’héroïne regardait l’épée de son père, son bouclier, ce gene de choses. Nous montrer ces deux scènes (qui sont en fait deux images de la même scène, hein) ça n’a l’air de rien, mais ça nous impose de ne penser qu’à ça, ça n’ouvre pas les choses : ça les réduit, et ça les minimise. Encore une fois, c’est un détail, mais un détail parmi des tas de détails.

 

Et si chaque scène, si chaque moment d’émotion est détruit, ou limité, par un détail, au bout d’un moment, c’est le film entier qui souffre. Entre ça et mes soucis avec les personnages (le tout étant évidemment lié), je n’ai pas du tout accroché à Quest for Camelot, et ce n’est bien sûr pas un film que je vous recommande à vous non plus.

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