[Dans la vallée... wo wo...] The Secret of Moonacre

Publié le 27 Octobre 2018

 

Sorti en 2008

 

Réalisé par Gábor Csupó

Ecrit par Graham Alborough & Lucy Shuttleworth

D’après le roman The Little White Horse d’Elizabeth Goudge

Dure 1h43

 

Avec:

Dakota Blue Richards: Maria Merryweather

Ioan Gruffudd: Sir Benjamin Merryweather

Natascha McElhone: Loveday

Michael Webber: Digweed

Augustus Prew: Robin de Noir

Juliet Stevenson: Miss Heliotrope

Tim Curry: Sir William de Noir

Etc

 

 

Dontesque ?

A la mort de son père, la jeune Maria Merryweather, se retrouve orpheline, et est envoyée à la campagne, avec sa gouvernante, pour être placée sous la garde de son oncle. Une fois dans son château, elle réalise que la demeure cache bien des secrets, et qu’il plâne une ombre sur la vallée entière. Une ombre qu’elle est peut-être bien la seule à pouvoir dissiper.

 

 

.oOo.

J’avais envie de regarder un film de fantasy, on m’avait filé celui-là (adapté d’un livre dont je n’ai lu que quelques extraits) il y a un moment, et il y a Tim Curry dedans (malheureusement très sous-utilisé) donc ça semblait être une bonne idée. Et ça commence très bien : le film est en partie produit par un studio s’appelant « Velvet Octopus » ce qui serait le meilleur nom de studio au monde si ce titre n’était pas déjà occupé par les studios Ghibli. Malheureusement (et à la grande surprise de tout le monde, j’en suis certaine), un nom de studio bien choisi ne fait pas un film, et rapidement, après un début qui me parlait plutôt bien, the Secret of Moonacre commence à se casser la gueule. Je ne dirais pas que j’ai complètement perdu mon temps, parce qu’il y a des détails que j’ai aimés dans le film, mais c’était drôlement inégal, et l’ensemble ne fonctionne pas vraiment.

 

Néanmoins, comme souvent, je veux commencer par le positif.

 

Même si c’est vrai qu’il n’y a pas grand-chose à lister.

 

Il y a des scènes que j’ai appréciées mais je ne peux évidemment pas vous en faire un inventaire et vous les raconter. Il y a juste des instants de film que j’ai aimés. Une image ici, une image là. Parce que quand on oublie l’histoire, le film est très joli à regarder. Donc pour lister les choses positives constantes, il y a d’abord eu : la musique. Je n’y ai pas fait attention tout le long du film, mais lorsqu’il nous la fait remarquer the Secret of Moonacre a une très jolie bande originale, les deux morceaux les plus mis en avant étant The Love Waltz, qui est jouée dans le film, donc forcément on s’arrête dessus, et Sea Horses, qui intervient au moment culminant de la fin, et fait un très joli usage de la voix de Natasha Khan. Le reste de la bande originale (que j’ai écoutée après avoir fini le film), tour à tour romantique, menaçant, joueur, aventuresque, est moins marquant, mais néanmoins très agréable, et emprunt de toute la magie qui convient à ce genre d’histoire. Par ailleurs, j’ai beaucoup aimé le travail fait sur les costumes ! Avec leurs assemblages de tissus pleins de motifs, et les robes dont on pouvait voir la « mécanique », il y avait quelque chose d’un peu steampunk dans certains designs (du moins ça m’a rappelé ce que j’ai vu du genre steampunk), et le reste était tout aussi plaisant pour mes yeux. Honnêtement, découvrir chaque nouvelle robe de l’héroïne est probablement ce qui m’a offert le plus de satisfaction dans ce film… ce qui est un peu triste… mais j’aimais vraiment ces robes >.< Et en général, c’est un film à l’esthétique très plaisante. Les effets spéciaux ne sont pas toujours au top, mais ça ne m’a pas réellement dérangée. Ca en sortira peut-être certains du film, mais ça n’a pas été un frein pour moi, et d’un pur point de vue visuel et sonore, j’ai aimé le film.

J’aimerais ajouter également que j’aimais bien le contexte pour l’histoire, le décor. Un château qui tombe en ruines, des ailes condamnées, un plafond vivant, des apparitions dans les jardins, de la nourriture qui semble sortir de nulle part et aucun chef apparent pour la cuisiner… C’est un château enchanté (maudit, en fait) digne de la Belle et la Bête, et ça fait un bon terrain pour une aventure. J’aime bien ce qu’il y a autour des personnages et de l’histoire, en fait, mais le souci ce sont, eh bien… l’histoire et les personnages. Le film est inégal, et beaucoup de choses tombent à l’eau.

 

Faut dire que beaucoup des acteurs ne sont pas très bons, ce qui n’aide pas. L’actrice principale, tout de même, Dakota Blue Richards, qui est également la membre la plus jeune du casting, s’en sort très bien, et Tim Curry est toujours agréable à regarder même s’il a clairement été meilleur, et n’a pas grand-chose à faire dans ce film. Le reste du casting, en revanche, ne suit pas, et les performances vont de moyennes à vraiment… gênantes. Malheureusement, Natascha McElhone,  qui a pourtant de l’expérience, est clairement la moins inspirée du tas, suivie par un Ioan Gruffudd (pas un débutant non plus, bordayl !) qui ne m’a jamais semblé tout à fait à sa place, sans que j’arrive à mettre le doigt sur exactement pourquoi. Et le souci, voyez vous, c’est que Loveday (Natascha McElhone, donc) et (sir) Benjamin (Ioan Gruffud) sont des personnages importants. Ils sont importants dans le trajet de l’héroïne, mais aussi ils sont au centre de ce qui, à mes yeux sont les deux thèmes principaux du film :

 

1) les préjugés causent du tort et doivent être dépasser (l’héroïne dit que la véritable malédiction de la vallée, c’est la fierté de ses habitants, et elle n’a pas tort : c’est en partie ce qui les fait s’accrocher à leurs préjugés… et yep, on vient de tomber en plein Pride & Prejudice :p)

2) les premières impressions/apparences sont trompeuses (et non, ce n’est pas tout à fait la même chose).

 

Les introductions de Loveday et Benjamin ont un point commun important : ils sont d’abord présentés sous un jour menaçant. Et là, d’ailleurs, le film diffère du livre : déjà, dans le roman, Benjamin est le cousin de Maria, et surtout, quand elle le rencontre, il est acueillant et elle l’adore aussitôt, tandis que dans le film, lorsque la petite fille arrive chez son oncle Benjamin, j’ai cru qu’elle avait eu la même malchance que les orphelins Baudelaire. Il est cette figure sombre, en haut des escaliers, et n’a clairement pas d’amour pour les enfants, surtout les petites filles (oui, le monsieur est ouvertement misogyne… on est censés penser que c’est à cause de son passé, mais franchement, c’est mince comme « excuse »). Son gros chien n’est pas plus accueillant, et grogne en la voyant, ses yeux rouges flamboyant comme ceux d’un démon. Néanmoins, le chien s’avère être un protecteur, et lentement, il s’avère également que l’oncle Benjamin n’est pas tant mauvais que meurtri (même si je trouve que le film n’arrive jamais à nous faire réellement compatir, et qu’il m’a irritée jusqu’au bout, si bien qu’à mes yeux, The Secret of Moonacre a foiré son coup). Loveday, elle, vit au fond d’une grotte dans laquelle l’héroïne s’engouffre inexpliquablement (sérieusement, quand une caverne rugit, rentrer dedans ne devrait pas être un réflexe) et fout la frousse à Maria avec son costume monstrueux, avant de révéler aussitôt son vrai visage. Pour elle, la transformation est instantanée, mais ça ne fait rien, ça rentre quand même dans la catégorie « les apparences sont trompeuses », dans laquelle tombent également les différents passages secrets rencontrés le long du film, et autres éléments du décor.

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Par ailleurs, l’histoire des personnages, le conflit qui les oppose, lui, tape dans l’autre thème, celui de la fierté et de préjugés passés de génération en génération. Un thème dans lequel tombe le retournement d’un personnage en particulier qui finit par entendre raison. Le retournement est rapide, encore que prévisible (on l’avait tous senti venir à la seconde où le personnage est introduit, je pense), mais je pense que cette rapidité illustre quelque chose, à savoir que le personnage n’a jamais été si loin de la raison/rédemption que ça, et que son revirement ne tenait qu’à une chose : écouter. Il n’est pas foncièrement mauvais, il refusait juste d’écouter (préjugés, fierté, tout ça, tout ça), et dès qu’on l’y force, il entend raison. Et si l’héroïne (le personnage le plus jeune, aka la nouvelle génération venue souffler le vent du changement sur les erreurs de ses ainés) finit par voir si clair dans toute cette affaire, c’est bien entendu parce qu’elle a été élevée loin des querelles familiales, et n’a donc pas eu le cerveau empoisonné par son éducation. Ce qui ne signifie pas qu’elle n’a pas ses propres préjugés du reste, et au début elle a un petit côté snob, n’aimant clairement pas l’idée d’aller vivre à la campagne (parce qu’attendez, la campagne, c’est plein de campagne :O !)(c’est elle qui le dit), citadine dans l’âme, se considérant trop élégante pour ce genre d’endroits. On lui pardonne néanmoins facilement ses réticences (elle vient de perdre ce qui lui restait de sa famille et se retrouve subitement bazardée dans un tout nouvel environnement, à la charge d’un oncle qu’elle ne connait pas, donc on comprend qu’elle soit grognon), d’autant qu’elle tombe finalement très vite sous le charme de ce nouvel environnement, qui excite sa curiosité naturelle.

 

J’aime bien la plupart de ces idées (de ces thèmes, plutôt), mais encore faut-il en faire quelque chose, et l’écriture ne suit vraiment pas. Par exemple, l’histoire de Loveday et Benjamin m’a semblée idiote, et présentée de façon à n’être ni intellectuellement ni émotionnellement stimulante. Intellectuellement ça ne fonctionne pas car l’écriture manque de finesse, d’intelligence, et émotionnellement ça ne marche pas parce que les personnages manquent d’épaisseur, parce qu’on les connait très peu, parce que leur histoire est accélérée, et parce que les acteurs ne sont pas convaincants du tout, si bien qu’ils ne risquent pas de nous vendre les personnages via leurs simples performances.

 

Faut dire aussi que pour les développer mieux, faudrait avoir de la place, et c’est chaud vu que le film gâche cette place avec des personnages mineurs, souvent inutiles (le cuisinier, par exemple, fait doublon avec le serviteur…) et utilisés pour faire de l’humour, généralement foiré (le running gag de la gouvernante qui rôte m’a fait rouler des yeux si fort que j’en ai vu l’intérieur de mon crâne). La plupart de ces personnages m’ont agacée, mais surtout, ils chargent le récit pour rien, et ça ne se ressent jamais autant qu’à la fin du film, où tout le monde doit avoir son moment, ce qui donne lieu à des tas d’interruptions qui cassent l’ambiance, sans compter que ça rend la fin interminable (bon, c’est vrai aussi que dans le dernier tiers, vu que le film avait tout fait pour que je ne me prenne pas au jeu, je commençais à trouver le temps vraiment long de toute façon). Le seul compliment que j’ai à faire à l’écriture, c’est que j’étais certaine que deux personnages en particulier étaient partis pour une romance, et finalement non, et ça a été un gros soulagement pour moi, parce que ça n’aurait pas fonctionné (et aurait été perturbant), parce que c’était agréable qu’ils puissent coopérer sans que la romance s’en mêle, et aussi parce que ce film a suffisamment de bordel dont s’occuper sans en rajouter. C’est étrange car quand on écrit l’histoire, qu’on la résume, elle est relativement simple, mais le film manque de focus, il est désorganisé, répétitif parfois aussi, avec des scènes qui n’aboutissent à rien (et sont terriblement dépourvues de tension : faut voir la facilité avec laquelle l’héroïne échappe au danger à répétition), et c’est ce qui le fait sembler si bordélique. Ca n’aide pas non plus que certaines scènes en particulier soient bordéliques en soi, et notamment, à la fin, il y a tout un passage dans la forêt qui m’a paru géographiquement très brouillon : on ne savait jamais trop bien où étaient les personnages les uns par rapport aux autres.

 

Bon. Je ne veux pas m’acharner trop longtemps. Ce film ne m’a rien fait de bien méchant, après tout : il m’a juste déçue et un peu ennuyée. Mais au moins il avait de jolis costumes, et de la jolie musique, et de jolis décors, et quelques jolies scènes. C’est juste que quand on assemble le tout, malheureusement ça ne tient plus debout. Donc, non, je ne le recommande pas vraiment… mais je ne m’accrocherai pas à votre cheville si vous voulez vous lancer, et sinon vous pouvez toujours écouter la musique, elle est jolie :D

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