[On air] The Terror : Live 더 테러 라이브

Publié le 17 Octobre 2018

 

Sorti en 2013

Ecrit et réalisé par Kim Byung Woo

Dure 1h37

 

Avec :

Ha Jung Woo : Yoon Young Hwa

Lee Kyoung Young: Cha Dae Eun

Jeon Hye Jin: Park Jung Min

Kim So Jin: Lee Ji Soo

etc

 

 

Dontesque ?

Yoon Young Hwa, un animateur d’émission radio reçoit l’appel inquiétant d’un homme prétendant être sur le point de faire exploser un pont si on ne le laisse pas s’exprimer. Young Hwa n’y croit pas et raccroche, mais le grand pont près de la station ne tarde pas à être détruit.

 

 

.oOo.

Ce film m’a été conseillé par Jodie il y a un certain temps, et de tous les conseils qu’elle m’a donnés, celui-là avait un titre sortant particulièrement du lot pour moi, car ça avait l’air d’être un film d’horreur, or Jodie (et les gens en général, du reste) ne me conseille pas beaucoup de films d’horreur. Au moment de sélectionner un film, mon attention s’est donc portée sur celui-là. Au final, ce n’est pas du tout un film d’horreur, mais aucune importance : j’ai beaucoup aimé ! (merci Jodie) C’était un thriller engageant, un drame efficace, et un film divertissant en général. Je ne voudrais pas donner l’impression d’avoir un problème d’empathie, et la situation craignait bien sûr pour les otages du terroriste, mais quand le pont a fait BOUM, j’ai fait YAY intérieurement, parce que ça voulait dire que le film était lancé (un fait que le film souligne également par l’ouverture subite du cadre : les bandes noires disparaissent, et le cadre s’élargit, comme si le personnage ouvrait les yeux sur la situation), et que les bases posées m’enthousiasmaient beaucoup.

 

The Terror : Live entre en effet dans une catégorie de films pour lesquels vous devez savoir, à ce stade, que j’ai beaucoup d’appréciation : c’est un huis-clos, où le personnage bloqué doit désamorcer une situation hyper tendue. Situation qui se fait de plus en plus compliquée, et des tas de gens s’y trouvent mêlés, mais qu’on ne s’y trompe pas : le personnage principal est quand même isolé, parce que c’est lui qui communique directement avec le terroriste, mais surtout parce qu’il ne peut réellement faire confiance à personne autour de lui (c’est tout le thème du film). Dans une de mes séquences favorites, quelque chose de terrible se passe dans le studio, et subitement tout le monde s’y précipite, en panique. Il y a une véritable effervescence tout autour du personnage principal, mais une fois tout le studio réarrangé, un grand silence tombe, et le personnage principal se retrouve tout seul dans un plan composé de façon à ce qu’on puisse réellement se demander si tout le monde a quitté le studio. On ne ressent jamais autant sa solitude qu’à ce moment-là, et j’adore ce plan. Le personnage est tout seul, un poids énorme sur les épaules, tout en ne pouvant pas faire grand-chose : la décision du terroriste dépend du Président de la République, donc il n’a pas le contrôle de la situation, et à la fois on lui demande d’en être responsable, et c’est effectivement lui qui est en première ligne, tout seul, avec dans la balance des enjeux à la fois personnels (sa femme, sa réputation, sa carrière, et bien entendu sa vie, sont en danger), et d’autres le dépassant (la vie des otages, et l’image du gouvernement).

 

Vous imaginez la pression, donc, et elle se relâche jamais (elle a plutôt tendance à augmenter, en fait) si bien que mon engagement non plus ne s’est jamais relâché, et j’avais beau être impuissante, je réfléchissais avec le personnage (il y a même un truc que j’ai déterminé bien avant lui, mais à sa décharge, la mise en scène aidait pas mal), et j’ai aimé le suivre dans sa panique, parfois reflétée par les tremblements de la caméra (pas de façon trop agaçante, heureusement).

[On air] The Terror : Live  더 테러 라이브
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Revenons à cette histoire de solitude.

 

Le personnage est entouré mais seul, car il lui est impossible d’avoir confiance en qui que ce soit, et un truc à noter est que tous les personnages secondaires existent à peine. Dans le sens où si on apprend à connaître un peu notre personnage principal, on ne sait rien de tous les autres. Bien entendu ce n’est pas très étonnant : la situation ne se prête pas exactement aux bavardages. Mais le film aurait pu nous donner des informations autrement, et comme il ne le fait pas, les personnages secondaires sont réduits à leur fonction, et deviennent des représentants de ces fonctions, et de leurs institutions. Toutes les institutions sur lesquelles il est impossible de compter. La presse, le gouvernement, la police, tout ça.

 

Bien entendu, on ne peut pas approuver les actions du terroriste (sans blague),  mais à la fois on ne peut s’empêcher de comprendre sa colère et ses motivations… Il en a après le gouvernement qui n’a aucun respect pour les « petites gens », et raconte une histoire illustrant justement le mépris des opérateurs de la machine pour ceux considérés comme de simples rouages. Même si on émettait des doutes sur son histoire (mais a priori…), ça n’aurait pas d’importance, parce que le film entier est consacré à justifier son sentiment, si bien que sans approuver ses méthodes, on ne peut que comprendre sa soif d’excuses et réparation. A un moment donné, le supérieur du héros lui dit que le gouvernement ne s’excusera pas, que le gouvernement ne veut même pas sauver les otages et espère au contraire que le terroriste les tuera, afin que ses méthodes achèvent d’en faire un monstre et décrédibilise sa cause entière. Ainsi, le gouvernement n’aura pas à reconnaître ses torts, n’aura pas à s’excuser. On a très très envie de se dire « oh, mais non, quand même pas », mais plus le film passe, plus ça devient méchamment incertain. Clairement le réalisateur, également auteur de ce film, a une vision très sombre et pessimiste de son pays. Le gouvernement a abandonné le peuple, on ne peut évidemment pas compter sur la police puisqu’elle bosse pour le gouvernement, et pas question d’avoir confiance en les médias non plus, qui sont des charognards n’ayant aucun égard pour l’humain : le supérieur du héros se moque complètement que les otages vivent ou meurent. Il se délecte de la tragédie et l’exploite pour faire de bons taux d’audience. Personne n’en a rien à battre des gens, au-delà de ce qu’ils peuvent apporter.

 

Maintenant, n’allons pas prendre trop en pitié notre lead, abandonné de tout ce sur quoi les citoyens devraient pouvoir compter : il fait partie des médias, et il est le premier à sauter sur l’occasion d’exploiter la tragédie qui leur tombe dessus. Lorsque le pont est détruit et qu’il réalise que cette affaire est sérieuse, il y voit une occasion de récupérer sa femme et la carrière qu’il a perdue. Il empêche ses subalternes de prévenir la police, et à la place passe un marché avec son supérieur. En clair, il fait 100% partie du problème, et tout le film vise à le lui faire réaliser en le rendant également victime du problème. C'est une histoire de rédemption. Ou, du moins, de réalisation, pour le héros qui réalise qu’il s’est méchamment planté (à vrai dire, j’ai retrouvé un peu de Phone Booth dans cette affaire), et doit se faire face tel qu’il ne l’a vraisemblablement pas fait depuis longtemps. Lorsqu’on le rencontre, on ne le voit pas tout de suite. D’abord, on entend sa voix, puis on voit des bouts de lui. On voit une photo, une image publique et travaillée de lui, puis quand on découvre enfin son visage en chair et en os, il a des lunettes de soleil, on ne voit pas ses yeux (qui sont le miroir de l’âme, tout ça, tout ça). Bref, le personnage se cache. Mais à la fin (que je ne vais pas vous spoiler, ne vous en faites pas), tout le dernier plan est centré sur lui, son visage, sans lunettes de soleil, avec la conclusion qui se déroule dans le fond. Son monde, ses certitudes, sa façade, tout s’est effondré. Le film lui a tout arraché (peut-être même… la vie ?! :O #suspense), et il n’a plus nulle part où se cacher, ni de nous, ni (surtout) de lui-même.

 

Porté par un Ha Jung Woo impeccable (comme à son habitude), The Terror : Live est un film que j’ai trouvé très engageant. Il fait un thriller divertissant dont j’avais envie de connaître la conclusion, et à la fois il a un aspect dramatique qui a très bien fonctionné sur moi. Somme toute, j’ai donc passé un très bon moment devant, donc je vous encourage à faire de même si ça vous tente :D

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