[Pataugeons dans les égoûts] Flushed Away

Publié le 2 Novembre 2018

 

Sorti en 2006

Réalisé par David Bowers & Sam Fell

Ecrit par Dick Clement, Ian La Frenais, Chris Lloyd et Joe Keenan

 

Avec :

Hugh Jackman : Roddy St. James

Kate Winslet : Rita Malone

Andy Serkis: Spike

Bill Nighy: Whitey

Ian McKellen: The Toad

Jean Reno: Le Frog

Simon Callow: Gilbert

Etc

 

 

Dontesque ?

Rat domestique d’une famille très riche, Roddy St James se retrouve subitement perdu dans les égouts, et doit compter sur Rita, une jeune femme autrement plus débrouillarde que lui, pour le ramener à la surface. Mais ils se retrouvent rapidement embarqués dans une aventure pour sauver la ville sous-terraine des souris du blan diabolique de Mr. Toad.

 

 

.oOo.

Cela faisait un petit temps que Netflix me poussait à regarder ce film. Je l’avais déjà vu, il y a un sacré bout de temps, et j’en avais un souvenir flou mais plutôt posiitf, donc vu que Netflix ne lâchait pas l’affaire, j’ai fini par me dire « pourquoi pas ? ». Après tout, il y a pire que d’écouter Hugh Jackman vivre une folle aventure sans les égoûts londonien ! En plus, Hugh Jackman n’est que la cerise sur le grand gâteau qu’est ce casting : Kate Winslet, Bill Nighy (♥), Ian McKellen, Andy Serkis… ARE YOU KIDDING ME ?! Il y a même Jean Reno pour représenter l’héxagone. Bref, c’est du casting de haut vol, donc j’étais 100% partante pour une balade dans les égoûts (en film en tous cas…), et j’ai été contente de constater que le film était effectivement sympathique, comme dans mon souvenir. Il est inégal et chaque positif a un petit revers négatif, mais dans l’ensemble, je me suis quand même bien amusée.

 

Pour commencer, j’ai apprécié les personnages. Et on reparlera des protagonistes, mais surtout, j’ai beaucoup aimé les méchants… Le crapaud et les grenouilles, en particulier, sont extra. J’aime beaucoup la façon dont ils sont animés. Ils sont très… mobiles ? J’ai du mal à l’expliquer, mais ils sont juste particuluèrement animés. Ils peuvent grimper aux murs, leurs langues sont un cinquième bras, ils ont des mouvements exagérés…. Il y a quelque chose de très dynamique à ces personnages. Ian McKellen et Jean Reno font du très bon boulot. Le crapaud et son cousin français coopèrent mais notre batracien national trouve son cousin un peu ridicule, est souvent exaspéré, et leur collaboration réticente m’a pas mal amusée. Et leurs sous-fifres sont divertissants également, en particulier Bill Nighy dans le rôle d’un grand rat blanc, super baraqué et un peu lent, essayant très fort d’être un bon minion sans avoir exactement l’instinct mauvais nécessaire. Par ailleurs, effectivement, les deux protagonistes sont engageants. Roddy a un certain charme pour un rongeur, bien qu’il m’ait aussi inspiré certaines questions. Je me demandais pourquoi il avait tant de mal à fermer la bouche, déjà, mais surtout je me posais des questions sur ses habits. Parce que justement : il a des habits. Tous les rats, et toutes les souris ont des habits. Alors certes, pourquoi pas, mais Roddy est un rat apprivoisé… Du coup est-ce que ça veut dire qu’il porte des habits dans sa cage ? Elle trouve pas ça bizarre la petite fille qui s’occupe de lui ? Ou bien est-ce qu’il ne s’habille que lorsque les humains sont partis ? Est-ce que ça veut dire que le reste du temps il est tout nu et humilié ? Ou bien est-ce qu’il a des tendances nudistes ? WHAT IS IT MOVIE ?! I NEED TO KNOW !

 

Hum.

 

Roddy, donc, est un héros sympathique, et le film m’a rapidement fait ressentir de l’empathie pour lui. Notre première introduction à Roddy se fait sur fond de Dancing with myself. Roddy semble s’amuser, sans famille ni amis rats à qui parler, mais le film nous fait comprendre qu’au fond il se sent seul, surtout la nuit (la nuit exacerbe souvent la solitude) lorsque seul l’écho d’une pièce vide répond à son « bonne nuit ». Je comprends Roddy. Bon, je n’irais jamais lancer un « Bonne nuit » dans le vide car je suis une paranoïaque qui a vu beaucoup de films d’horreur, si bien que j’aurais trop peur que quelqu’un (ou quelque chose) me réponde, mais au-delà de ça, je comprends Roddy et compatis. Rita, elle, est tout l’opposé de Roddy. Elle est aventureuse, elle est adroite (lui est une catastrophe), elle vit dans une toute petite maison un peu bancale, sa famille est pauvre, et surtout elle a une famille (très nombreuse), des amis, et une communauté.  Les deux personnages ont un rapport dynamique qui fonctionne bien, ça ne parait pas trop forcé, et si la romance s’en mêle un chouïa, ça reste plutôt léger finalement (ce qui me convenait bien). C’est un duo agréable pour une aventure. Néanmoins, je dois admettre avoir ressenti une certaine frustration, parce qu’on nage en plein « syndrôme Trinity » : Rita connait le terrain, est carrément plus débrouillarde, elle est aussi directement concernée par le problème, alors que Roddy est un type tombé là par hasard, et pas bien doué… et pourtant, c’est lui l’élu (c’est carrément clarifié pour nous), c’est lui le grand sauveur, de la ville mais aussi de Rita, damoiselle par deux fois à sauver. C’est une trope récurrente, et c’est frustrant.

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La comédie est également inégale. Certains passages sont vraiment drôles. Les batraciens sont amusants en général, certaines blagues visuelles sont très réussie (comme celle du mime… vous verrez si vous regardez le film), certaines sonores également (comme lorsqu’une musique ou un son d’ambiance se fait entendre et on pense que c’est la bande-son, mais en fait c’est un personnage dans le fond qui a décidé de mettre une scène en musique lui-même). Certaines références passeront peut-être par-dessus la tête des enfants (genre le cafard qui lit La Métamorphose de Kafka), mais les gags resteront drôles pour d’autres raisons, alors ça va. Et puis le film a une blague qui m’a fait beaucoup rire sur un high five entre limaces… mais il y a aussi pas mal de mauvais jeux de mots, de références mal utilisées, et beaucoup d’humour pipi-caca. En même temps, vous me direz, c’est de circonstances, vu qu’on est dans les égouts et tout, mais c’était pas drôle, à moins que « caca boudin » soit le fleuron de la comédie pour vous. Bien sûr, dans une comédie, la plupart du temps, il y a des blagues qui fonctionnent et d’autres non. Quand celles qui ne fonctionnent pas ne font juste pas rire, ou bien passent au dessus de la tête des gens, ça passe pourvu qu’il y ait plus de blagues qui fonctionnent que le contraire, mais dans Flushed Away, les blagues ratées m’ont fait grimacer : elles étaient pas juste foirées, elles étaient gênantes, et du coup ça change la donne (il y a aussi des limaces qui interviennent souvent, essentiellement pour chanter des chansons, et il y a des gens que ça saoulera en mode « minions » -cf. Despicable Me- , mais pour ma part c’est allé, je n’ai pas vécu d’overdose… ça aide que les personnages n’aient pas explosé en popularité et n’aient pas été surexploités à côté).

 

Heureusement, le film est rapide, donc le temps de grimacer, on passe à autre chose assez vite. C’est un film au rythme soutenu, on n’a pas beaucoup le temps de s’ennuyer. Il a aussi des scènes d’action bien foutues et inventives, donc divertissantes, et ne s’étirant généralement pas en longueur. Cela dit, que le film ait un rythme soutenu ne signifie pas qu'il fait bon usage de son temps, et j’ai parfois été rendue assez perplexe par ce que le film choisissait de nous montrer ou pas. Par exemple, il va partir dans un mini-axe réitérant que Rita et Roddy ne se font pas encore confiance, et c’est complètement inutile, on ne fait que nous dire des choses que nous savons déjà… mais à côté de cela, Rita se fait enlever vers la fin du film et on ne nous montre jamais comment c’est arrivé, ça se passe complètement hors caméra, alors que ça parait super improbable (parce qu'elle est bad-ass et se fait capturer par des nuls). Lors d’une scène où elle et Roddy sont en danger, elle les sort du pétrin ET piège les sous-fifres du méchant et on ne nous montre pas comment, si bien que la scène laisse sur un "hein ? Qu'est-ce qui vient de se passer au juste ?". Pire : lors de la résolution, on ne nous montre que la moitié du sauvetage de la ville… je ne veux pas spoiler, mais il manque un gros élément de la conclusion. Il y a des choses qu’on a besoin de voir, et bref, le film fait de drôles de choix, si bien que, même si ça n’a pas gâché le film, je me suis retrouvée avec pas mal de questions.

 

Bref, comme vous le voyez, c’était inégal. Mais, quand même, le positif l’a emporté. Et puis je dois dire que l’animation se tient drôlement bien pour un film de 2006 en CGI ! Oui, parce que si le film veut se donner une apparence de claymation (du stopmotion en pâte à modeler), il est en fait en CGI, parce qu’il y a beaucoup d’eau dans le film et qu’apparemment le mix eau/claymation, c’est galère. Mais justement, je pense que le fait d’imiter la claymation joue en faveur du film qui, du coup, ne cherche pas du tout le réalisme. Le seul passage qui craint un peu, c’est le début, lorsque les humains (dont on ne voit heureusement pas le visage) sont encore là, mais ça ne dure même pas deux minutes, alors ça va, et franchement le film se tient drôlement bien, et a visuellement bien mieux vieilli que des films tels que Monster House ou the Ice Age, sortis la même année. Par ailleurs, j’ai bien aimé les chansons utilisées (j’ai notamment redécouvert Bohemian like you de the Dandy Warhols, qui est très sympa, et accompagne parfaitement une des scènes d’action).

 

Dans l’ensemble, je me suis pas mal amusée devant ce film. Ce n’est pas un grand film, et je concevrais sans peine qu’il n’en convainque pas du tout/complètement certain•es, mais c’était pile le moment sympathique dont je me souvenais et avais besoin, et je n’ai donc pas été déçue :)

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Sur ce, d'autres histoires se déroulant (en partie) dans les égouts:

 

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