[Course au pouvoir] Haechi 해치

Publié le 2 Août 2019

 

 

Diffusé en 2019

Sur SBS

48 demi-épisodes (de 30mns) / 24 épisodes d'une heure

Réalisé par Lee Yong Seok

Ecrit par Kim Yi Young

 

Avec :

Jung Il Woo : Yeoning/Lee Geum

Kwon Yool : Park Mun Su

Go Ara : Yeo Ji

Park Hoon : Dal Moon

Lee Kyoung Young : Min Hin Jun

Jung Moon Sung : Mil Poong/Lee Tan

Bae Jung Hwa : Cheon Yoon Young

Han Sang Jin : Wi Byung Ju

Jung Soon Won : Joo Young Han

Etc

 

 

Dontesque ?

 

Fils de roi et d’une servante, le prince Lee Geum a été sous-estimé et méprisé par la noblesse toute sa vie. Il s’associe avec deux enquêteurs et un noble enthousiaste pour faire arrêter son criminel de demi-frère, mais quand les choses tournent mal, le prince jure de se venger et de devenir suffisamment puissant pour assurer qu’à l’avenir justice puisse être rendue.

 

 

Fiche Ecrans d'Asie: ICI

Tous mes dramas de 2019 (PIs, Bilans, etc): ICI

 

 

oOo

 

Pfiou, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas fait le bilan sur un drama, pas vrai ? Mais il est temps de conclure l’aventure Haechi ! (techniquement, il est même grand temps, parce que j’ai pas mal de « retard », mais bon…) Et à l’instar de Legal High, un des derniers kdramas dont je vous ai parlé, Haechi a été une surprise : je l’ai bien plus apprécié que je pensais. A la base, je ne savais même pas si j’allais le finir, et finalement, je l’ai suivi sans rechigner chaque semaine, et non seulement ça mais il m’enthousiasmait de plus en plus, et j’ai particulièrement aimé la fin. Je pense sincèrement que le drama a un excellent final, jusqu’à la toute dernière note, et c’est sans doute aussi pour ça qu’il m’a laissée sur une impression si positive.

 

Le drama reste imparfait, bien sûr, et je ne renie pas tout ce que j’écrivais dans mes Premières Impressions : je maintiens que les premiers épisodes étaient mal éclairés, que beaucoup d’opportunités d’être visuellement impressionnant étaient manquées, que les personnages étaient clichés et que tout semblait trop « noir et blanc » pour un drama dont un des thèmes principaux est que le monde n’est que nuances de gris. Par ailleurs, je n’en avais pas parlé dans mes Premières Impressions, mais parfois, le drama faisait agir ses personnages de façon absurde juste pour pouvoir caser un faux suspense (par exemple les gardes qui font mine d’être là pour arrêter Lee Geum alors qu’ils ont une bonne nouvelle à lui annoncer, c’est digne des présentateurs de télé-crochet). Heureusement, tout ça s’est amélioré, et si je n’étais pas très impliquée au début, j’ai fini au contraire super investie, tout en ne me sentant pas trop idiote (ce qui est toujours agréable) : la plupart des personnages finissent exactement là où je pensais qu’ils finiraient, parce qu’à l’exception d’un seul, ils jouent exactement le rôle que je leur pressentais (sans que ce soit un accomplissement, c’était juste évident). Bon, certes, pour les personnages historiques, ce n’était pas un challenge (un peu comme déduire que le Titanic va couler, quoi) mais SHUTUPD’ABORDILSONTPASTOUSEXISTE><

 

Parlons de la série.

 

 

( LE PLAN :

choix de vie

le très très Bien et le très très Mal

l’équipe

une série qui évolue

le triste destin de Yeo Ji

Conclusion )

 

 

…choix de vie

 

Pour revenir sur le titre du drama, un « haechi » est une créature légendaire, capable de différencier le Bon du Mauvais, ce qui, dans la vraie vie de la réalité véritable, est impossible, nous dit-on : il n’y a que des perdants et des vainqueurs, et pas des côté lumineux et obscurs de la Force bien définis. Certes, ces propos sont tenus par un antagoniste tâchant de justifier ses actions, mais ils sont également tenus à la fin dans des circonstances moins questionnables, les haechis sont effectivement des créatures légendaires, et le drama adhère clairement à cette position également, même s’il ne l’illustre pas toujours parfaitement. Bien sûr, un drama ce n’est pas la « vraie vie de la réalité véritable » (je sais, on est tous déçus), mais la série ne m’a jamais semblée ambiguë. Pas comme, pour prendre un exemple complètement au hasard, Six Flying Dragons (regardez Six Flying Dragons, les gens, sérieusement !) qui excelle à écrire des personnages ni complètement bons ni complètement mauvais, et à nous faire comprendre les positions de tous les participants aux conflits. Bien sûr, dans Haechi, il y a des personnages qui évoluent, en bien ou en mal, mais il y a des côtés Lumineux et Obscur de la Force très clairs, représentés par un héro très très Bon, et un méchant très très Mauvais.

 

Comme on pourrait s’y attendre, la société d’Haechi n’est pas exactement égalitaire. Les riches et puissants exploitent les pauvres et sans défense (comme d’hab, quoi), et sans même s’en cacher, parce que c’est comme ça que les choses marchent, c’est carrément dans la loi. Ils n’exploitent pas le système, le système c’EST l’exploitation, du moins jusqu’à ce que Lee Geum commence à se poser des questions.

 

 

- Généralement, à ce banquet, on célèbre les nobles, mais aujourd’hui, j’aimerais parler d’autre chose. Des esclaves tueurs de maîtres… De cette affaire dans laquelle on me soupçonne d’être impliqué… Je savais que les enfants tueurs de nobles étaient vendus à l’empire Qing par des trafiquants d’humains. Malgré la pauvreté et la faim, ces enfants voulaient vivre dans notre royaume. Mais l’exploitation et les taxes extrêmes imposées par les nobles ont forcé leurs parents à vendre leurs enfants. […] Alors j‘ai commencé à me poser des questions. Les terres de culture appartiennent aux nobles. Le peuple travaille ces terres, et doit payer pour le faire. Mais pourquoi ce royaume taxe-t-il si sévèrement le peuple ? N’est-ce pas étrange ? Pourquoi taxer ceux qui travaillent la terre plutôt que ceux qui la possèdent ?

- Est-ce que vous suggérez que les nobles devraient payer les taxes ? Ne savez vous donc pas comment les marchants et les gueux gagnent leur vie ?

- Il a raison. Ils ne peuvent vivre que grâce aux terres que nous possédons.

- Non, c’est l’inverse. Si personne ne travaillait ces terres, que mangeriez-vous, et que porteriez-vous ? Qui se repose sur qui, au juste ? C’est pourquoi, je l’annonce haut et fort : cette exploitation doit cesser. Si, un jour, j’ai la chance de monter sur le trône, je jure de faire en sorte que les taxes sur les terres soient payées par leurs propriétaires.

Lee Geum, Episode 22

 

 

La société d’Haechi n’est clairement pas basée sur le mérite, tout repose sur la naissance, c’est un jeu de chance et de hasard. Il y a bien une police chargée de garder un œil sur les agissements des puissants, mais elle est corrompue à la tête, et pas franchement utile, avec même des moments d’abus de pouvoir incroyables, le plus sombre épisode de leur histoire étant probablement le grand massacre de l’épisode 21 (sérieusement, c’était brutal dans le genre « violences policières »).

 

C’est assez facile, honnêtement, de déterminer le bon du mauvais dans cette société, surtout en regardant ça avec notre recul moderne. On se doute bien de qui a une chance d’aller jouer de la harpe sur les nuages, et de qui risque plutôt de se faire cramer la plante des pieds sous terre. Et pas juste parce qu’on peut décider nous-mêmes de qui est du bon côté ou du mauvais côté de la morale, mais parce que le drama tranche également sur la question. Dans mon introduction je vous disais que la plupart des personnages finissaient exactement là où je l’avais prédit. Il y en a un seul qui a échappé à mes prédictions personnelles, mais sinon c’était facile d’anticiper ce qui leur arriverait, parce que la plupart des personnages ont une conclusion de qualité proportionnelle à leurs choix. Ils sont punis ou récompensés en fonction du bien ou du mal qu’ils ont fait, et c’est en cela qu’Haechi est un drama moralement « sans risque » : l’échelle Bien => Pas Bien est toujours très claire, et on sait exactement où les personnages s’y positionnent à un instant T, avec les protagonistes clairement du bon côté, et les antagonistes clairement du mauvais. Un personnage peut changer de côté, mais il change aussi de rôle dans l’histoire, dans ce cas. Il ne peut pas être un antagoniste du côté cool de la Force.

 

A la fois, le drama reconnait volontiers que tout le monde n’a pas les mêmes opportunités, ni les mêmes libertés et/ou qualités de choix. Or, les choix sont ce qui nous définit, c’est un des thèmes (classiques) d’Haechi.

 

 

Quelle que soit la personne, ton toi présent est le résultat des choix que tu as faits.

Lee Yi Gyun, ep31

 

Les choix que nous faisons déterminent qui nous sommes et où nous sommes dans la vie (mais qui nous sommes et nous sommes ne sont pas nécessairement alignés, dans le sens où un choix peut faire de quelqu’un une moins bonne personne tout en la plaçant dans une meilleure position). Mais il est impossible de prétendre que tout le monde a le même nombre de choix, ou la même qualité. On a tous des circonstances qu’on ne choisit pas : il y a celles de notre naissance, mais aussi des circonstances qui nous tombent dessus, par accident, ou parce que certaines personnes font des choix pour nous. Et si nos réactions à tout ça nous définissent, Haechi prend en compte le « tout ça ».

 

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Dans le cas d’Haechi, la naissance des personnages détermine en grande, grande partie, ce qu’ils peuvent faire ou ne pas faire, devenir ou  ne pas devenir (pas que ce ne soit pas le cas dans notre société moderne, mais). Un des grands attraits de Lee Geum pour les gens qui le suivent est justement qu’il ne discrimine pas selon le statut de naissance des gens (et dès qu’il monte sur le trône, instaurer une méritocratie est sa priorité), et qu’il est très conscient que les gens ont des circonstances, des difficultés et des responsabilités différentes (par exemple, que Dal Moon est en charge de la vie de tas de gens qui ne peuvent pas se défendre, et qu’il doit agir en fonction). Et s’il en est si bien conscient, c’est parce que même s’il est clairement dans une position privilégiée (fils de roi, tout ça, tout ça), il est aussi un bâtard, et sa naissance a été un frein toute sa vie, sans compter que sa mère n’a jamais pu avoir un bon statut. On ne va pas trop pleurer sur son sort, mais c’est ce qui lui permet de compatir, et il sait que certaines personnes doivent faire le double d’efforts pour parcourir la moitié de la distance couverte par d’autres.

 

Par exemple, je ne peux clairement pas approuver les décisions de Yoon Young (la confidente, maitresse et co-conspiratrice de Lee Tan, le prince avide de pouvoir), mais elle est née pauvre, et une femme. Son enfance a été… sombre. Et douloureuse. Comment ne pas comprendre son désespoir de s’en sortir, par tous les moyens possibles, quitte à devenir monstrueuse ? Un bon exemple est également l’opposition entre Wi Byung Joo et Park Mun Su. Ils travaillent dans la même police, mais Wi Byung Joo est profondément corrompu, tandis que Park Mun Su est un modèle de vertu. Wi Byung Joo a été une nouvelle recrue, lui aussi, pleine d’espoir, mais il s’est peu à peu perdu. Il fait des choses franchement méprisables et le drama ne les édulcore pas plus qu’il ne dédouane Wi Byung Joo de ses responsabilités, mais lorsque Mun Su lui crache son mépris, justifié, au visage, Wi Byung Joo lui fait remarquer que tous les deux ont des positions différentes. De par sa naissance, Byung Joo a dû bosser deux fois plus que les autres, tout cela pour se heurter à la discrimination et l’abus infligés par ses collègues, dans une position qu’il ne peut pas quitter. Tout ça, Mun Su ne le connaîtra jamais, parce qu’il est né noble. Même s’il est renvoyé de sa position, tout ira bien pour lui. Il sera triste, mais c’est tout. Wi Byung Joo a plus à perdre et plus de difficultés à surmonter pour le même « minimum ». Le drama ne l’excuse pas, mais, encore une fois, il reconnait que tout le monde ne part pas sur un pied d’égalité (ce qui ne signifie pas que les gens avec moins de chance ne peuvent pas s’en sortir très bien, le drama n’est pas si pessimiste, mais ça leur demande bien plus de boulot, et de chance), et ne part pas du principe que les gens sont nés mauvais. Même pas les plus mauvais d’entre eux.

 

 

… le très très Bien et le très très Mal

 

Comme précédemment établi, il y a une échelle « Cool => Pas Cool » assez claire dans Haechi, et en gros, c’est simple : si un personnage est du côté de Lee Geum, alors il est du bon côté, et s’il travaille avec Lee Tan, alors il ira probablement brûler en Enfer, à moins d’effectuer un de ces demi-tours au milieu de la route dont les coréens ont le secret.  Bien que Min Jin Heon, un des grands ministres, soit un des principaux antagonistes du drama, il n’est réellement un méchant que lorsqu’il soutient Lee Tan. Dès qu’il cesse de travailler avec lui, sa position est plus nuancée (Min Jin Heon est un des meilleurs personnages du drama, btw). Pas parce que Lee Tan le corrompt : Lee Tan n’est pas la cause du Mal, il faut voir cela comme une échelle, vraiment… une échelle de Lee Geum à Lee Tan, avec au milieu un point de « rédemption/déchéance possible », que certains personnages passent effectivement le long de la série, dans un sens ou dans l’autre.

 

Dans mes Premières Impressions, je disais (et ce n’est toujours pas un reproche) « ce drama fait appel à des instincts vraiment « de bases » du spectateur », dans le sens où il compte sur le fait que, généralement, on veut que le Bien triomphe, et que le Mal soit éradiqué/puni. Parfois, bien entendu, une œuvre peut, de façon subversive, essayer de nous faire ressentir le contraire, mais c’est subversif justement parce que ce n’est pas la règle. La plupart du temps, on a envie de soutenir le gentil, et de le voir vaincre le méchant, à moins que l’œuvre se plante et créé, par exemple, des gentils accidentellement antipathiques/vraiment fades mis en compétition avec un méchant bien plus charismatique/divertissant (est-ce que je pense à certains slashers ? peut-être). Dans Haechi… ça ne risque pas d’arriver. Haechi s’assure VRAIMENT que personne ne soutiendra Lee Tan. Je ne veux juger personne, mais il faudrait être drôlement perturbé, ou vraiment, vraiment, vraaaaaiiiiiiment détester Lee Geum ou Jung Il Woo pour se placer dans la #teamLeeTan. Parce que Leee Tan est franchement monstrueux, avec aucune qualité un tant soit peu rédemptrice.

 

C’est un abuseur, un serial killer, et il est persuadé que le trône lui est dû, mais il n’a aucune qualification : il n’est ni sage, ni intelligent, ni débrouillard, ni juste, ni particulièrement charismatique. Il n’a aucun contrôle de ses pulsions violentes, à tel point qu’il arrive un stade où le voir avec du sang plein le visage (parce que ça gicle, le sang, quand on tue des gens n’importe comment) devient juste… normal. Sérieusement, au bout d’un moment, même son entourage n’est plus spécialement horrifié quand il massacre des gens, ils sont juste agacés en mode « pff, sérieusement ? encore ? ».  Lee Tan est complètement jeté, et 100% irrécupérable, à tel point que je poussais des cris (intérieurs) de victoire chaque fois qu’il se faisait remettre à sa place. Même Lee Geum, qui pardonne beaucoup de choses à beaucoup de gens, n’a aucune compassion pour Lee Tan (et on le comprend… et c’est aussi un bon indicateur de « mauvaiseté » : quand Lee Geum te déteste, c’est que t’as déconné sévère). Donc oui, il fallait clairement détruire Lee Tan.

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A l’autre bout de l’échelle, s’opposant à notre Méchant très très méchant, nous avons notre Gentil très très gentil, Lee Geum, interprété par Jung Il Woo qui, au passage, fait du très bon boulot (dans l’épisode 34, il a une excellente scène qui m’a bien brisé le cœur, d’ailleurs T.T). Fils d’un roi et d’une domestique, il est en gros l’opposé de Lee Tan : il est super compétent, mais n’ayant pas sa place dans le peuple et étant méprisé des nobles, il a été élevé toute sa vie dans l’idée qu’il ne mérite pas de s’élever, et clairement encore moins de monter sur le trône.  Il est intelligent, bon, honorable, se remet suffisamment en question pour toujours bien peser ses décisions avant d’agir, tout en étant assez motivé par son fort sens de la justice pour toujours agir. C’est un bon combattant, plein d’empathie et de compassion… c’est simple, les gens : il est quasiment parfait. Il choisit toujours le bien commun plutôt que son confort personnel, il écoute le peuple (il a une connexion avec eux, après tout), il est très à cheval sur la protection de ses amis et des gens qui le suivent (même s’il ne peut pas toujours les protéger comme il voudrait), et il est toujours prêt à apprendre des autres et prendre en compte leur opinion, indépendamment de leur position.

 

 

Parenthèse : [Parfois, il est tellement idéal que ça faisait presque bizarre, parce que le personnage va devenir roi (pas un spoiler, déjà parce que le drama nous met au courant et aussi parce que c’est un drama historique, ce n’est pas censé être une surprise), et que son futur fils, Sado, connaîtra un destin… douloureux… aux mains de son père. Si, comme moi, vous avez souffert devant le film the Throne (un film bien foutu, mais terriblement cruel, avec Yoo Ah In, qui, par coïncidence, joue aussi dans Six Flying Dragons, c'est ouf !), peut-être que devant Haechi, vous aurez ce genre de moments où réconcilier les deux visions de Lee Geum est compliqué.]

 

 

Bref, dans ce drama, il est Bon avec un grand, énorme B. Et ça pourrait paraître ennuyeux à certaines personnes, mais Jung Il Woo le rend engageant, Lee Geum a queeeelques failles (mais de « bonnes » failles, un peu comme quand à un entretien d’embauche vous expliquez que votre plus grand défaut est d’être perfectionniste : il est un peu timide en amour, il est parfois trop idéaliste, etc), et je le trouve attachant, mais surtout ce n’est pas comme si son chemin vers le trône était de tout repos. Sérieusement, dès qu’il y a un moment de calme BOUM, une merde lui tombe dessus, que ce soit une accusation de meurtre ou une maladie mortelle dans tout le pays. Il doit surmonter beaucoup d’épreuves et de tragédies personnelles, et moi, ça me donne envie de le soutenir, parce que malgré son statut social pas dégueu, dans l’objectif qu’il s’est fixé, il reste un underdog. Et plus le chemin était ardu, plus je m’impliquais, tout en sachant que la suite serait plus ardue encore.

 

Lee Geum est plein de bonnes intentions, voyez-vous, mais comme on le lui rappelle à plusieurs reprises, les intentions, ça ne suffit pas si on n’a pas le pouvoir d’agir en conséquence. Le drama est donc une longue quête pour obtenir le pouvoir nécessaire, ainsi que le trône (et ce n’est pas tout à fait la même chose, bien que l’un soit plus facile à obtenir quand on a l’autre, et vice-versa), mais même une fois que c’est fait, ce n’est pas comme si tout allait subitement bien se passer. Certaines personnes voudront s’emparer de ce pouvoir, et en essayant de le conserver, on risque d’être corrompu, et de faire de mauvais choix. Et être en position de pouvoir implique aussi des sacrifices, et des regrets, des menaces intérieures et extérieures (et de grandes responsabilités. Ofc.)

 

 

Les gens sont tous pareils, Votre Majesté. Lorsqu’ils ont peur de perdre quelque chose, ils feraient n’importe quoi pour protéger ce qui leur appartient. L’avidité rend aveugle. C’était mon cas, et c’est comme ça pour tout le monde.

Lee Tan, ep25

 

 

 

Ceux qui courent après plus de pouvoir finissent toujours avec des regrets.

Lee Geum, ep14

 

 

Malgré tout, Lee Geum a besoin de ce pouvoir, et ça implique de rassembler les bonnes personnes, avec les bons talents, et les bonnes inclinaisons. Parce que la vraie force est là, et c’est quelque chose que Lee Tan, très individualiste, n’a jamais tout à fait compris.

 

 

… l’équipe

 

Les gens, c’est fun de soutenir à fond un gentil et de le regarder se battre contre un méchant, mais c’est encore mieux quand le gentil a toute une équipe d’autres gentils avec lui, dans laquelle s’investir aussi. Et Lee Geum a ça… plus ou moins ? Bon. Oui, il a une équipe de gens sympathiques à ses côtés, et on reparlera plus tard de Yeo Ji et de l’injustice qui lui a été faite, mais même elle est un personnage plutôt attachant, capable de se défendre, et dont j’aimais bien le sérieux. Elle ne comprend pas toujours les plaisanteries des autres, et le contraste était amusant.  Mais honnêtement, son personnage n’est pas bien développé, et c’est surtout le reste de l’équipe qui brille.

 

Mun Su (interprété par un Kwon Yool très attachant) est absolument adorable, de même que ses deux sidekicks. Il a un cœur d’or, est incorruptible, et d’un enthousiasme débordant qui ne peut être contenu, à la fois dans sa grande quête de justice et dans l’amitié qu’il impose quasiment à Lee Geum (qui s’y attache néanmoins rapidement, parce que… comment faire autrement ?), une amitié tellement forte que lorsqu’ils sont séparés, il compte littéralement les jours (ça faisait un mois et cinq jours, fyi). J’ai d’ailleurs été déçue que dans la dernière ligne droite du drama, alors que sa relation avec Lee Geum était très importante, ce soit le seul personnage à ne pas avoir une vraie scène de conclusion avec lui. Toujours est-il que Mun Su ne fait jamais rien à moitié et est un personnage très engageant, une bonne addition à l’équipe.

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Mais surtout, il y a Dal Moon (interprété par le charismatique Park Hoon), aka, le « roi de la coolitude ». Pour moi, en tous cas. Lui, il s’est proclamé « le roi de la rue », et parfois on se demanderait même si le roi des rues n’est pas plus puissant que celui du palais. Sérieusement, si avoir le pouvoir est une question d’intelligence, c’est bon, il est couvert. Si c’est une question d’infos, personne ne peut le battre. Si c’est une question de force physique, personne n’est plus redoutable que lui de tout le drama. Si c’est une question d’effectifs loyaux, yep, il a ça en réserve aussi. Dal Moon est étonnamment éduqué pour quelqu’un de son statut (et on ne nous explique jamais trop comment ça se fait, ou alors j’ai loupé l’information), il est rusé, il est une armée à lui tout seul mais a aussi quasiment une armée, et il a le plus grand réseau d’informateurs du pays a priori (il sait même ce qui se passe dans le palais). Parfois le personnage semblait être un peu trop balèze. Être excessivement bon est une chose, mais Lee Geum ne peut pas tout faire, alors que Dal Moon semble surpuissant, et… mettons le comme ça : le côté gagnant était généralement celui avec Dal Moon o.o Et j’étais complètement sous le charme. Il est juste cool, les gens, et j’ai aimé le voir passer d’un cynique se moquant de quiconque attendant quoi que ce soit des gens au pouvoir, à un allié s’émouvant des victoires de Lee Geum, à… vous verrez bien.

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Yeo Ji, Mun Su et Dal Moon sont la base de l’équipe de Lee Geum, du moins pendant une partie du drama, et… c’est agréable de passer du temps avec eux, j’appréciais leur dynamique, à la fois avec Lee Geum et entre eux, mais pour être honnête, je pense que le drama aurait pu faire plus avec cette équipe. Je n’arrive même pas vraiment à mettre le doigt sur ce qui manque exactement, mais ils ont beau être agréables, je ne les trouve pas marquants, ils ne m’ont pas excessivement émue (Mun Su m’a émue une ou deux fois, mais pas aux larmes non plus, et vu la facilité avec laquelle je pleure généralement…). Dal Moon est l’exception niveau impact, mais c’est plus dû à l’archétype et le visuel que réellement à l’écriture.

 

Par ailleurs, l’équipe est bien sympathique, mais pas suffisante, pas pour obtenir le trône (encore que, Dal Moon, c’est discutable… o.o), et Lee Geum a besoin de plus de gens, des gens qui ne sont pas vraiment de son côté à la base. Il entreprend donc de gagner le cœur des gens, en répondant à l’agression avec pardon, compréhension, compassion et inclusion. Bon pas quand on en vient à Lee Tan, parce qu’il ne faut pas déconner non plus, mais sinon, Lee Geum sait que pour atteindre la victoire, il ne lui faudra pas écraser ses ennemis mais les transformer en alliés. Et c’est là que le drama est devenu engageant pour moi, parce que Lee Geum doit faire bouger tous les politiciens qui ont le véritable pouvoir et ne lui sont pas exactement favorables.

 

 

… une série qui évolue

 

En bien !

 

Haechi est un drama qui s’améliore au fil des épisodes, et ce jusqu’au bout (ce qui est assez rare, du reste). Il y a une chose qu’il foire vraiment sur la durée, mais sinon, en général, il devient meilleur. Et pour commencer, visuellement, il y a une véritable évolution. Quand je revois les premiers épisodes, que je trouve toujours peu stimulants visuellement, et que je vois les derniers, j’ai l’impression qu’il y a un monde (ils restent sombres par contre, et j'aurais pas dit non à plus de luminosité ou contrastes…). Les derniers épisodes étaient magnifiques, et je ne savais plus où donner de la screencap…

 

Et puis surtout, le drama a commencé à vraiment plus m’engager quand Lee Geum s’est mis à essayer de ranger de son côté ses ennemis politiques, la politique étant présentée par Haechi comme des choix (encore) faits pour les autres : les ministres choisissent pour un peuple qui n’a ni le loisir, ni le droit de s’impliquer dans la chose.

 

 

Certaines personnes se moquent de savoir qui dirige le pays. Pour eux, le moindre grain de riz dans leur assiette est bien plus important. Et c’est ce royaume qui les force à être comme ça.

Dal Moon, ep42

 

 

Ben oui, comment tu veux t’occuper de faire de la politique quand tu es occupé à essayer de ne pas crever de faim ? Et puis, du reste, même si tu voulais, si tu fais partie de ces gens qui crèvent de faim, y a peu de chance qu’on te laisse faire, alors même que tu es un des principaux concernés. Et pour les politiciens, la tentation est grande de se dire « fuck le peuple, on va s’arranger nous-mêmes ! » (et, spoiler, c’est ce qu’ils font la grande partie du temps… much la surprise !) Certains (comme c’est le cas de Min Jin Heon) avaient bien de grandes et nobles idées au début, mais c’est dur de les maintenir dans un contexte aussi violent, et la politique ne devient plus juste un moyen de s’enrichir, mais aussi d’obtenir un pouvoir dont on fait une arme à manier contre ses ennemis, avec laquelle se venger, et une arme qu’il vaut mieux ne pas lâcher, de peur qu’on nous tranche la gorge avec.

 

 

- Je pense que nous pourrions coopérer, nous avons un but commun. N’est-ce pas là la politique que vous aimez tant ? Vous pourriez me tuer… Mais provoquer le chaos dans le pays en m’accusant faussement de trahison ? Ça, ce n’est pas ce que voulez. Ce n’est pas qui vous êtes, Min Jin Heon. Vous vous y connaissez suffisamment en politique (pour ne pas faire ça).

- A une époque, j’avais cette image de la politique, moi aussi. Je pensais que si les employés du gouvernement et le roi faisaient de leur mieux pour remplir leur devoir et respecter leurs responsabilités, alors la cour et le pays seraient en sécurité, protégés. Mais après avoir vécu dans ce monde, on réalise rapidement une chose : ce ne sont que des rêves. Perdre le pouvoir… signifie la mort. La personne qui a monté un coup contre la reine In Hyun, ma sœur, et l’a détrônée n’est autre que la mère de notre roi, Jang Hui Bin. Et la personne ayant piégé Jang Hui Bin, provoquant sa mort, est la mère du Prince Héritier, Sook Bin Chue. C’est ça la politique. Ce n’est pas une question de convictions, c’est une question de sang. C’est un cercle de haine et de vengeance.

Lee Geum / Min Jin Heon, ep29

 

(joie)

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Je ne vais pas rentrer dans les spoilers, mais lorsque Lee Geum se lance réellement dans la politique, le drama se penche plus sur sa relation avec Min Jin Heon, chef de faction et plus puissant des ministres, et c’était la meilleure chose qui pouvait arriver à Haechi, parce que Min Jin Heon est le personnage le plus complexe du drama, et un excellent interlocuteur pour Lee Geum.

 

 

C’est ce qui rend notre métier difficile. J’aimerais parfois ne pas pouvoir comprendre mes ennemis, afin de pouvoir me battre de toutes mes forces. Mais comme la politique est affaire d’êtres humains avant tout, parfois, je les comprends.

Min Jin Heon, ep39

 

Par ailleurs, Min Jin Heon a aussi la meilleure dernière tirade du drama*, et c’est en grande partie grâce à lui que j’aime autant la conclusion. Mais pas seulement. J’aime aussi beaucoup la petite touche douce-amère mais aussi très optimiste sur laquelle nous laisse Lee Geum, et puis il y a… Lee Tan. Parlons de Lee Tan. Encore. Mais différemment !

 

 

En bien ! … mais trop tard, et pas assez bien.

 

Comme précédemment établi, au début du drama, Haechi s’assure vraiment qu’on ne risque pas de ressentir la moindre sympathie pour Lee Tan, mais à la fin… le drama semble changer un peu de direction. Et pour le pire ou le meilleur, ça a vraiment marché sur moi, même si de façon superficielle. Dans les derniers épisodes, j’étais en larmes, suppliant mon écran de me dire ce qui allait arriver à Lee Tan, parce qu’il me faisait mal au cœur (et mon écran ne me répondait rien du tout, parce qu’il n’a pas de cœur, ce salaud). Sa dernière scène est une de mes favorites de la série, et je l’ai trouvée particulièrement émouvante. Vraiment, sur les derniers épisodes, le personnage m’a serré le cœur, en grande partie grâce à l’acteur qui, s’il ne m’avait pas du tout convaincue au début, m’a complètement emballée à la fin, révélant un gosse paumé, brisé, maltraité, qui s’accrochait à un rêve impossible, une obsession transmise de force par un père abusif, jusqu’à ce qu’il n’ait plus rien. Dans l’épisode 41, lorsque certains personnages l’appellent « Votre Majesté », il comprend à peine ce qui lui arrive, il en a les larmes aux yeux, et moi aussi, j’avais les yeux humides. Il y avait une vulnérabilité palpable au personnage, et étant la petite chose fragile que je suis, j’ai marché à fond, et ça a rendu les derniers épisodes bien meilleurs.

 

Mais…

 

C’était de la surface, et c’était trop tard.

 

Si on sépare les derniers épisodes du reste, ça fonctionne plutôt bien, mais le fait est qu’on vient de passer en gros 38-40 épisodes avec un personnage irrécupérable et inhumain, qu’on (en tous cas « je ») avait envie de voir mourir. Ça allait être ce grand moment de triomphe sur le Mal ! Enfin ! Tout le drama me faisait attendre ce moment avec impatience, et à la place je me suis retrouvée à sangloter parce que le personnage me faisait du mal, et l’acteur encore plus. C’était comme si quelqu’un avait appuyé sur un interrupteur. Mon souci avec Lee Tan le long du drama était que je le trouvais bien trop caricatural. En tant que méchant, il faisait une bonne « cible à abattre » mais c’était tout, il était trop « over the top » et trop éloigné de toute humanité pour que je le trouve intéressant. Oui, des fois le drama nous donnait des aperçus d’autre chose. Par exemple, on a eu droit à un flash-back furtif de son enfance, et de son père abusif, mais le flash-back était si court, si balancé comme ça, et si tardif, que ça ne m’avait rien fait de particulier. Enfin, je m’étais sentie désolée pour l’enfant maltraité, bien entendu, mais pour l’adulte serial-killer et violeur (oui, on « l’oublie » un peu à la fin, mais…) ? Euh… pas trop, non, et le flash-back me faisait l’effet d’être un raccourci bien trop facile et même paresseux.

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Et si à la fin, je dis que ma compassion était superficielle, c’est parce que c’était vraiment juste pour ces épisodes-là, comme pendant le flash-back, de façon déconnectée de la majorité du drama. Son axe ne m’a juste pas semblé bien satisfaisant. Sa fin était meilleure que son début, même bien meilleure à mes yeux (il restait menaçant mais avec plus de pathétisme, plus d’humanité, plus de relief), mais la transition de l’une à l’autre m’a laissée sur ma faim, et au final c’est triste : je n’ai ni eu le moment de satisfaction à voir mourir le monstre caricatural présent pendant la majorité du drama, ni eu le plaisir de savourer l’antagoniste plus intéressant des quelques derniers épisodes.

 

Néanmoins, le changement a beau avoir eu lieu trop brusquement et trop tard à mes yeux, je l’ai apprécié malgré tout. Tous regrets mis à part, je préférais largement la version finale de Lee Tan que sa version de base, et ça a rendu mon expérience des derniers épisodes meilleure.

 

Malheureusement, il y a un personnage que le drama ne développe vraiment pas bien du tout, même pas juste « trop tard »…

 

 

… le triste destin de Yeo Ji (et autres personnages féminins)

 

A la base, Yeo Ji est un personnage qui me plaisait. Elle était intelligente, débrouillarde et son manque d’humour entrainait justement l’amusement. L’actrice n’était pas toujours très expressive mais ça se mariait bien avec son personnage très rigide, en contraste avec son entourage plus exubérant. J’aimais le concept du personnage. Mais malheureusement… ça s’est cassé la gueule. Et, qui plus est, c’est vrai que l’interprétation a fini par ne plus fonctionner, parce que le drama demandait à l’actrice d’exprimer des émotions plus puissantes et… elles ne passaient pas. Mais à la décharge de Go Ara : elle n’était simplement pas assez bonne pour rendre passable quelque chose qui, à la base, était déjà mal écrit. Je parle de la romance. Et s’il arrivait un chouïa mieux à vendre les émotions dans les scènes qui y étaient consacrées, même Jung Il Woo n’y brillait pas. Sauf que lui, il avait toutes ses autres scènes et autres relations pour se rattraper, alors que Go Ara, pas vraiment. Parce qu’au bout d’un moment, elle n’a plus grand-chose à faire.

 

L’évolution bâclée du personnage est due à plusieurs facteurs. Déjà, il y a simplement le fait que, oui, Haechi a voulu forcer une romance entre elle et Lee Geum parce que… « c’est comme ça qu’on fait » ? Je suppose ? Mais le scénariste n’était visiblement pas inspiré et les sentiments semblent sortir de nulle part, et on est censés avaler leur intensité mais… euh, non ? C’était triste, parce que c’était peut-être le ship que j’avalas le moins : j’étais parfaitement prête à accepter Yeo Ji/Mun Su (au moins ils ont un passé ensemble, une relation !), Mun Su/Lee Geum (au moins il y a des sentiments qui passent entre les acteurs), voire même Dal Moon/Lee Geum (mais là c’est juste parce que je suis prête à accepter n’importe quoi pourvu que Dal Moon soit de la partie, certes o.o)… Mais Lee Geum et Yeo Ji ? Vraiment, ça n’imprimait pas dans ma tête.

 

Après, l’actrice, malheureusement, a eu un accident, et a dû prendre du repos (évidemment, et personne ne le lui reproche… à vrai dire je suis même soulagée qu’on ne l’ait pas forcée/qu’elle ne se soit pas forcée à continuer de tourner, parce qu’on a connu des cas o.o), ce qui signifie que pendant quelques épisodes, elle n’a pas été à l’écran. Et pendant ces épisodes, j’ai réalisé trois choses : 1- remarquer son absence m’avait pris un sacré moment 2- elle ne me manquait pas 3- à vrai dire, le drama était meilleur sans elle.

 

Pas vraiment parce que le drama était meilleur sans elle, mais parce qu’il était meilleur sans la romance  pour tout ralentir tout en n’apportant rien à qui que ce soit. Ce n’est pas comme si cette romance avait permis de développer plus le personnage de Lee Geum, et il n’apportait certainement rien non plus à Yeo Ji. Au contraire : il la limitait. Et lorsqu’elle est réapparu dans le drama, Haechi n’avait apparemment plus aucune idée de ce qu’il pouvait en faire, ayant, semble-t-il, réalisé qu’elle n’était absolument pas nécessaire à quoi que ce soit. Donc il a juste rempilé sur la romance, encore plus qu’avant, et a même physiquement enfermé Yeo Ji dans une position où elle ne pouvait plus rien faire sinon regarder Lee Geum avec de grands yeux humides tout en se languissant d’amour… Quant à Lee Geum, entre les scènes romantiques forcées, il avait quasiment l’air d’oublier son existence, et d’oublier qu’il était censé être fou amoureux de quelqu’un.

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Au moins, quand le drama a introduit le personnage de Yoon Young et son passé avec Dal Moon, même si je n’ai jamais trop accroché à cette partie de l’intrigue, les deux personnages avaient un passé ensemble, et chacun avait un véritable impact sur le présent de l’autre, prenant des décisions en fonction.

 

Bref, je trouve que Yeo Ji a été arnaquée par le drama. Son potentiel a été gâché, et ça n’a fait qu’empirer, ce qui est d’autant plus triste qu’elle et Yoon Young sont en les deux seuls personnages féminins un peu importants du drama, et que Yoon Young, à l’instar de Lee Tan, est un personnage qui ne m’a vraiment happée que vers la fin de la série (mais un peu plus tôt que Lee Tan). Et encore, je ne peux pas dire qu’elle m’ait provoqué une émotion de fou.

 

Au-delà de ça, j’ai beaucoup aimé l’amie de Lee Geum, Cho Hong, qui est ultra sympathique (et pff, même là, j’aurais plus senti la romance si vraiment il fallait qu’il y en ait une), mais elle est si peu présente dans le drama que j’ai fini par m’en demander pourquoi le scénariste s’était même embêté à l’écrire, sinon pour montrer que Lee Geum est décidément super cool et prend des gens du peuple sous son aile sans rien attendre en retour. Mais on n’avait vraiment pas besoin d’une autre raison de trouver Lee Geum super cool, on avait déjà les trois milliards d’autres raisons. L’autre explication serait qu’elle était censée être à Yoon Young ce que Mun Su était à Wi Byung Joo, une sorte de « et si » : et si Wi Byung Joo avait eu les mêmes privilèges que Mun Su et avait pu plus facilement faire les bons choix ? Et si Yoon Young, issue du peuple pauvre comme Cho Hong, était tombée sur un Lee Geum plutôt que sur le destin qu’elle a connu ? Aurait-elle été une meilleure personne ? Mais le drama ne semble pas vraiment jouer là-dessus, et je pense que c’est moi qui y réfléchis trop.

 

La reine mère participe une ou deux fois et est un personnage généralement agréable, mais au-delà de ça ? Il y a une reine quelque part à un moment donné, et Lee Geum est carrément marié, mais soyons honnête : la plupart des personnages féminins qui ne sont ni Yoon Young ni Yeo Ji sont des figurantes, et c’est donc d’autant plus dommage que Yoon Young, et surtout Yeo Ji, aient pâti de l’écriture de la série.

 

 

… conclusion

 

Haechi n’a jamais été un drama parfait, et il ne l’est pas devenu, parce que de toute façon, il n’avait pas les fondations pour. Mais, en tous cas à mes yeux, il est devenu bon, avec quelques très bons moments dans le tas, surtout sur la fin. J’ai fini par fortement m’investir dedans, dans ses tragédies comme son optimisme, et dans le destin de ses personnages. Mon indifférence a laissé place à beaucoup d’émotion et d’intérêt, centrés autour de quelques personnages en particulier (inattendus, pour certains). Je suis contente d’avoir continué la série. A la base, je n’avais persévéré que parce que Dal Moon avait la classe et que j’aimais bien le casting, mais finalement, j’en ai retiré bien plus que ça et… yep… ça m’a plu :)

 

 

Sur ce long chemin, j’espère ne pas m’épuiser et abandonner trop facilement. Après tout, dans la vie comme en politique, l’important est de progresser lentement… un pas après l’autre. 

Lee Geum

 

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* Je n’ai pas inclus la citation dans l’article, parce que ça comptait pour un spoiler indirect dans ma tête, mais la voici pour qui ça intéresse : [spoiler]

 

Haechi… cet animal légendaire capable de différencier le Bien du Mal. Savez vous pourquoi il n’existe qu’en légende ? C’est parce que dans le vrai monde, c’est impossible de réellement différencier le bien du mal. C’est juste comme ça, Votre Majesté. Vous avez beau en rêver de tout votre cœur, séparer le bien du mal est impossible dans ce monde. C’est pourquoi… j’ai abandonné ce rêve il y a bien longtemps de ça. Je pensais que dans le véritable monde, il n’y avait que des vainqueurs et des perdants, des gens qui gagnent et d’autres qui perdent. Je pensais que perdre le pouvoir signerait ma défaite et mènerait à ma mort. Je me suis fatigué et désillusionné trop facilement. Honnêtement, vivre et faire de la politique c’est justement rêver l’impossible et avancer lentement, un pas après l’autre. Un jour, même vous serez peut-être fatigué et désillusionné comme moi. Même vous devrez mettre genou à terre, un jour. Mais, du fond de mon cœur loyal, j’espère que ce moment arrivera lentement et aussi tard que possible. Et dans votre cas, je pense que c’est possible, parce que vous n’êtes pas seul. Vous êtes entourés de camarades qui partagent le même rêve.

Min Jin Heon, ep48

 

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