[La naissance d'un roi] Jumong 주몽

Publié le 23 Août 2019

 

Diffusé en 2006-2007

Sur MBC

81 épisodes

Réalisé par Lee Joo Hwan & Kim Geun Hong

Ecrit par Choi Wan Kyu & Jung Hyung Soo

 

Avec :

Song Il Guk : Jumong

Han Hye Jin : Soseono

Jeon Kwang Leol : le roi Geumwa

Kim Seung Su :  le prince Daeso

Won Ji Jun : le prince Yongpo

Oh Yeon Su : dame Yuhwa

Ahn Jung Hoon : Mari

Lim Dae Ho : Hyopbo

Yeo Ho Min : Oh-I

Lee Gye In : Mo Pal Mo

Jin Hee Kyung : Yeo Mi Eul

Lee Jae Young : Boo Deuk Bool

Kim Byeong Ki : Yeontabal

Bae Soo Bin : Sayong

Etc

 

 

 

Dontesque ?

 

Fils d’un général héroïque, mais élevé fils de roi, Jumong est destiné à suivre les traces de son père biologique, se battre pour la liberté de son peuple, et à créer sa propre nation, le grand pays de Goguryeo. Ça semble pourtant mal parti, Jumong étant un adolescent irresponsable, égoïste, et ignorant du monde. A travers les rencontres, et les épreuves, il va néanmoins devenir ce roi de légende ayant laissé son nom dans la mythologie coréenne.

 

Fiche Ecrans d’Asie : ICI

 

 

La chaine des sageuks:

>
 

 

.oOo.

 

YES ! (et à la fois: T.T)  Je l’ai fait ! OMG les gens, j’ai regardé Jumong ! En entier ! Mieux que ça : j’ai adoré !!! J’arrive à peine à y croire, ça m’émeut au fond de moi :’) Vous, ça ne vous fait peut-être rien (et je vous comprends), et je vous épargne les détails, mais il s’est passé une dizaine d’années, et plus d’une dizaine de tentatives de visionnage, entre mon achat du coffret DVD de cette série (offert à autrui, depuis), et aujourd’hui. Jumong était mon Everest, je ne pensais pas un jour le voir en entier (et même pas parce que c’était mauvais, nous avons juste une histoire compliquée), mais j’ai continué d’essayer, et ça y est, j’ai tout vu. Et j’ai même trouvé le drama trop court. Bon… okay, dire que Jumong est trop court, ce serait hypocrite, alors mettons le plutôt comme ça : je n’avais pas envie que ça finisse. Les jours où je ne pouvais pas regarder Jumong, la série me manquait, je me demandais ce que faisaient les personnages (comme s’ils étaient de vrais gens vivant leur vie pendant que je ne regardais pas, oui… j’ai pas dit que c’était rationnel, hein), et quand j’ai fini le dernier épisode, j’ai ressenti le Vide. Mais si, vous savez, le Vide, avec un grand V, ce manque à votre vie quand vous finissez quelque chose que vous avez beaucoup aimé, et que c’est juste… fini. J’ai ressenti des drôles de trucs devant cette série, notamment une étrange fierté nationale à l’égard d’un pays disparu auquel je n’ai jamais appartenu (moi qui suis pas exactement sujette à des élans patriotes)… mais je sais pas, après le drama, j’ai regardé des cartes de Goguryeo, et en constatant l’évolution de sa taille et son influence, à l’intérieur de moi, je soupirais « aw, Jumong, joli boulot » (même si en vrai, Jumong est mort assez jeune, et ce sont donc surtout ses descendants qui ont étendu le pays)… donc yep, pour la faire courte : j’adore ce drama (j’ai même envisagé de racheter les DVDs, pour « boucler la boucle », en quelque sorte, mais c’était super cher).

 

Et sur ce, je vais vous faire la version longue, avec des détails, en commençant par admettre que : non, le drama n’est pas parfait. Loin de là, même. Donc avant de vous parler de tout ce que j’ai aimé, je vais prendre le temps de causer de ce qui n’allait pas, histoire de me débarrasser de tout ça ~

 

 

…les problèmes

 

Mon premier problème avec Jumong est certainement très exacerbé par mon histoire personnelle avec le drama. Bien sûr, tous mes problèmes avec ce drama sont de toute façon personnels et ne dérangeront peut-être que moi, mais pour vous poser la situation : j’ai commencé ce drama plus d’une dizaine de fois. Ça veut dire que j’ai vu ses premiers épisodes plus d’une dizaine de fois. Donc alors que je m’apprête à vous dire « mon premier souci avec ce drama est qu’il est assez lent au démarrage », comprenez bien que, ce démarrage, je l’ai vécu BEAUCOUP de fois, donc ça aide pas. Mais oui, je trouve que le début du drama est un peu long.

 

Bien sûr, il y a d’abord les épisodes où le drama installe la situation, posant les relations compliquées entre les parents de nos personnages principaux, mais même après ça, il faut un petit temps pour s’impliquer dans la série, parce qu’au début, je trouve que Jumong n’est un personnage ni attachant, ni franchement passionnant au-delà de la place qu’il occupe et du destin qui lui est assuré. C’est un prince gâté, immature, inconscient du monde, irresponsable, et sans égards pour les autres, une jeune prêtresse en faisant d’ailleurs particulièrement les frais. Alors, avec le temps il réalise ses erreurs, s’excuse, évolue, prend conscience de sa position, etc, mais au début, il est plutôt minable, pas bien charismatique, et c’est exactement ce que veut la série (le faire partir du plus bas, pour arriver au plus haut), mais le drama est très centré sur lui (sans blague) et ça peut sembler lourd de suivre ce type pas très accrocheur, que ce soit niveau cœur ou niveau tête. Ça fait que, si je suis bien contente de ne pas m’y être arrêtée, les premiers épisodes sont un peu laborieux à mes yeux. Il faut s’accrocher à la foi que, non seulement le drama va transformer le personnage (en plus intéressant et, peut-être attachant aussi) mais qu’en plus il va le faire bien, et ça, c’est toujours un pari. Qui a payé dans mon cas, heureusement.

 

Un second défaut du drama à mes yeux est que tous les acteurs ne sont pas exactement au top. Certains sont très bons, bien sûr ! Par exemple (liste non exhaustive) : Jeon Jwang Leol en roi Geumwa déchiré entre idéaux, patriotisme, fierté, amour, loyauté, orgueil ; Oh Yeon Su en dame Yuhwa, loyale, maternelle, solide comme l’acier et attachée à ses valeurs ; Jin Hee Kyung en grande prêtresse Yeo Mi Eul, intelligente, sage, charismatique, et prête à prendre les décisions difficiles ;  Lee Jae Yong en Premier Ministre, rusé, pas toujours agréable mais agissant toujours pour le bien de son pays ; et puis aussi Song Il Guk en Jumong,  qui prend de plus en plus ses marques le long de la série, et réussit l’évolution de son personnage de prince immature à roi sage et réfléchi. Donc oui, il y a du bon, clairement… mais il y a aussi pas mal d’acteurs que j’ai trouvés assez peu subtils, les pires coupables étant certainement Kim Seung Su et Won Ki Jun dans le rôle des demi-frères jaloux de Jumong. Ils atteignaient parfois des paroxysmes d’air constipé et yeux écarquillés. Cela dit, la plupart du temps, ça ne m’a pas trop dérangée, car même si je les aurais aimés plus subtils, Jumong a, de façon générale, quelque chose d’assez théâtral, si bien que ça gêne moins que ça pourrait. Et puis dans le cas du prince Yongpo, qui est l’Echec personnifié, je vous avoue que ça me rendait juste le personnage plus drôle (sérieusement, je n’avais pas vu un tel niveau de constance dans l’incompétence depuis… je sais pas… j’ai même pas d’exemple équivalent qui me vienne).

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Pour rester dans cette veine, en quelque sorte, il y a aussi beaucoup de moments... maladroits, on va dire. Honnêtement, j’ai trouvé ça plus rigolo qu’autre chose. Par exemple, j’adore les pauses bizarres dans les dialogues. Parfois, c’était pendant les scènes : les personnages parlaient et comme il fallait que tout le monde ait droit à son « plan de réaction » à ce qui se disait, le personnage qui avait la parole faisait des pauses pas naturelles dans ce qu’il racontait. Ça participe d’ailleurs au côté théâtral de l’affaire, dans le sens où on sent l’aspect « mise en scène ». Mais mes pauses favorites, c’étaient celles au début des scènes. Pour vous illustrer un peu, ça donnait ça :

 

 

Ouverture de la scène : les personnages sont installés autour d’une table en silence.

Personnage A : QUOI ?!

En réaction à ce qu’a dit Personnage B avant que la scène commence.

 

 

Sauf que, du coup, ça veut dire que Personnage A a attendu au moins deux secondes avant de sortir sa « réaction instantanée ». Comme s’il y avait un délai entre le moment ou B parle et le moment où A reçoit l’information, et réagit. La solution serait simple : ouvrir sur le « Quoi ?! », pas sur un silence artificiel juste avant. Mais ce serait tellement moins drôle :’) Et ça aussi, ça ajoute à l’aspect théâtral à mes yeux, parce que le drama pourrait si facilement couper une seconde ou deux, mais à la place on a l’impression de voir des acteurs qui, forcément, ont dû se positionner sur la scène avant de jouer, et ne peuvent pas couper ça au montage (bien sûr, au théâtre, on joue avec les noirs pour couper les scènes, mais dans mon expérience, il n’est pas rare que, même comme ça, on discerne les silhouettes, et puis on n’a pas non plus le même degré de contrôle que dans une salle de montage, simplement parce que c’est fait en live.)

 

Toujours dans les choses maladroites, mais qui m’ont fait plus rire qu’autre chose, certaines scènes de combat sont gérées de façon approximative (du genre « je tape un type, y en a dix qui tombent », par exemple). D’autres sont heureusement bien mieux foutues, et les acteurs ont l’air à l’aise, (chaque fois que Jumong avait un arc dans les mains, j’étais aux anges), mais oui, certaines prêtent à sourire. Par ailleurs, si ça ne me dérangeait pas que le montage ou les raccords soient un peu foireux par moments, j’ai été plus sérieusement dérangée par les erreurs évidentes de stratégie des personnages. La stratégie, c’est l’arme numéro 1 des personnages de Jumong qui s’affrontent en montant machinations politiques et autres manipulations, et c’est parfois désespérant de voir tous ces gens supposément intelligents et formés à la stratégie militaire ne pas réaliser que quand on s’attaque à un type aveugle et redoutable au combat rapproché, on fait D’ABORD tirer les archers, on n’attend pas que le type ait décimé une mini-armée ayant fait la connerie évidente de l’attaquer de front. Aussi : quand on attaque un groupe de gens mené par un leader qui est notre véritable cible, peut-être que tirer sur le type en question, ça peut être une bonne idée, déjà parce qu’il y a des chances que les autres en soient déstabilisés, et aussi parce que comme ça, même si t’échoues à tuer tout le monde, au moins t’as tué le type que tu comptais assassiner. Sérieusement c’est du niveau : TIRE!SUR!LA!CIBLE!!!!!BORDAYL!! C’est pourtant la base ! J’avais l’impression d’être un génie de la tactique militaire en regardant ce drama parfois. Heureusement, ça ne concerne que certains combats (qui ne sont pas la majorité du drama), et certains personnages (essentiellement Jumong, et ses copains) ont parfois des éclairs de génie.

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Pour rester dans quelque chose de « voisin » de la stratégie (plus ou moins), quelque chose qui m’a vraiment manqué dans Jumong est un sens de la géographie. Je ne demande pas à tous mes sageuks de venir avec une carte fournie (encore qu’après avoir regardé le drama, je me suis effectivement acheté un livre de cartes de la Corée, et c’était super intéressant et satisfaisant de voir, à plat, une sorte de reconstitution de ce à quoi j’avais assisté dans la série), mais dans certains, c’est bien d’avoir quand même une idée d’où sont les choses, que ce soit grâce à des dialogues plus explicites, des repères de temps pendant les voyages, ou, oui, pourquoi pas après tout, une carte dans le générique d’ouverture, par exemple. Dans Jumong ç’aurait été particulièrement appréciable, parce qu’on parle de nations voisines qui s’influencent, s’intimident, marchandent, etc. Tout est question de relations, pressions, interactions internationales, de qui est allié avec qui, qui menace qui, qui échange avec qui, toutes ces bonnes choses. Et pour finir, on assiste carrément à la naissance d’un tout nouveau pays ! Et pour évaluer, par exemple, le sérieux d’une menace ou d’un embargo, ç’aurait été bien de pouvoir situer où tout se trouvait. Après, c’est peut-être un point de vue d’occidentale inculte (probablement), et peut-être que les Coréens savent tous où se trouvait Buyeo et toutes les commanderies chinoises, mais malgré tout, dans la série, si les personnages partaient parfois dans de véritables expéditions, ils avaient, d’autres fois, l’air de se téléporter complètement d’une ville à l’autre, comme si elles étaient voisines, alors que pas du tout, et ça créé un sens des distances et de la géographie générale franchement pas clair. Peut-être que juste des plans d’ensemble des différentes villes auraient même suffi. Juste histoire de mieux souligner « eh, on est dans un endroit différent », parce que c’était pas toujours évident.

 

J’en viens là à mon (presque) tout dernier point, et après on pourra se concentrer sur tout ce que j’aime dans la série: dans Jumong il y a beaucoup de « causer dans diverses pièces ». Et je comprendrais que ça puisse en déranger certains. Personnellement… ça dépendait. Parfois, c’est vrai, ça devenait un peu long car les personnages étaient dans une phase où ils réitéraient simplement des intentions, motivations, et sentiments que je leur connaissais déjà, et dans ces moments-là, j’étais contente quand une guerre, ou un voyage venait briser tout ça et forcer nos personnages à s’aventurer à l’extérieur, et donc à explorer le monde ou juste changer de décor. D'autant que le drama est rendu moins visuellement stimulant qu'il pourrait, en partie à cause de la répétition de ses décors (mais aussi parce qu'en général, c'est peut-être simplement une question d'âge, mais j'ai vu plus impressionnant depuis, notamment niveau richesse des décors et des costumes qui, justement, faisaient parfois un peu trop "costumes"). Mais je trouve que c’est plutôt bien géré, parce que, par exemple, au début, il y a beaucoup d’exploration, justement, et de changements de décors, ce qui vient compenser un peu le fait qu’on suit des personnages auxquels on n’est pas encore attachés. Après ça, c’est moins dérangeant de les regarder se parler et « stratégiser » (ouais j’invente des mots, tu vas faire quoi ?), parce qu’on est investis dans leur sort et leurs sentiments. Jumong, notamment, n’est pas un personnage hyper engageant au début, comme je le disais, mais comme il part en « aventure » (aventure = survivre), on peut s’accrocher à cette aventure, et aux personnages qu’il rencontre le long du chemin (Soseono, SAYONG , etc). Et quand il devient plus engageant, on est plus enclins à l’écouter. Par ailleurs, le drama ne se résume évidemment pas non plus juste à des gens assis causant les uns avec les autres, il y a des guerres, des embuscades, des assassinats, des voyages, bref de l’action… et puis moi j’ai trouvé qu’il y avait une sorte d’intimité avec les personnages qui s’installait, peut-être parce que, justement, ils se parlaient autant, et n’étaient pas sans arrêt dans le grandiose. Je me sentais un peu sous la table à les écouter causer (pas à la table, parce que dans certains cas, ça m’aurait sans doute valu d’être tuée o.o). Donc ça n’a pas été un gros souci pour moi, d’autant que j’aimais bien, à vrai dire, que le drama soit autant basé sur la réflexion des personnages. Jumong a beau être un guerrier bad-ass et un général avec qui il vaut mieux ne pas croiser le fer, il passe surtout énormément de temps à apprendre, et réfléchir à ses prochains coups. Bien sûr, la stratégie ça fait toujours partie des sageuks (Lee Bangwon, dans Six Flying Dragons, y est notamment redoutable)(est-ce que je saisis juste l’occasion pour vous conseiller -encore- Six Flying Dragons ? Oui), mais Jumong en fait son focus principal à mes yeux, et j’aime bien.

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Enfin, et je vais terminer là-dessus, je pense que le traitement de la romance en frustrera certains. Personnellement, je sais qu’il y a dix ans, la première fois, ça m’avait frustrée, même si cette fois-ci, plus du tout. Mettons que ça dépend un peu de si vous voulez regarder une romance avant tout (et vu le poster du drama, on ne pourrait vous en vouloir d’avoir choisi celui-là), et de ce que vous voulez en voir.

 

 

 

…where is the love ? (it’s there, I swear !)

 

Mettons-le comme ça : contrairement à ce que l’affiche du drama, et le résumé de la chaine, pourraient laisser entendre, mieux vaut ne pas attendre à une romance passionnée dans Jumong. Du moins, pas passionnée de façon palpable. Si ce que vous voulez c’est un sageuk plein de grands élans amoureux, il y a plus à parier que vous trouviez votre compte devant The moon embracing the sun, ou Moon Lovers. Pas qu’il n’y ait pas de romance dans Jumong ! Non, il y en a même plusieurs : il y a carrément plusieurs triangles amoureux, avec des adultes tiraillés ente leurs loyautés, leurs devoirs, leurs sentiments, leurs fiertés, toutes ces bonnes choses. Bon par contre, il ne faut pas vous attendre à une ambiance à la Full House ou You’re Beautiful… contre lesquels je n’ai rien -au contraire, j’aime bien les deux, surtout le second- mais simplement, Jumong n’a rien de romcomesque, et si j’ai pris le bonheur des personnages à cœur, et avais mes propres ships, le contexte et le ton font que le drama ne se prête pas exactement à la fanwar en mode #teamMachin #teamBidule. A vrai dire, dans le triangle amoureux principal, même si j’avais une favorite, j’appréciais carrément les deux personnages féminins, et elles s’appréciaient et se soutenaient entre elles, donc l’ambiance n’était pas à la bagarre.

 

Bref, pour revenir à ce que je disais : il y a des romances dans Jumong, simplement elles sont exprimées principalement via des regards et des dialogues posés et pas toujours explicites. C’est même drôle parfois, parce que Jumong, au début du drama, est censé être un type qui couche à droite à gauche, et effectivement on le voit au lit avec des figurantes, mais dès qu’on en vient aux véritables romances, quand les gens se prennent dans les bras, c’est la consécration. Ça n’arrive pas souvent, ça arrive tard, et faut pas s’attendre à plus, si bien que quand les personnages féminins commencent à tomber enceintes, je n’ai pas pu m’empêcher de sourire, tellement ça faisait « opération du Saint Esprit ». Et il y a dix ans, cet aspect très « prude », ce manque de passion à l’écran, ça m’avait vraiment frustrée, parce que bordayl, comme diraient nos amis les Black Eyed Peas : where is the love ?  (même si la chanson n'a rien à voir, en vrai, okay)(mais j'aime bien cette chanson, voilà)

 

Mais il est là, en fait, l’amour. Même la passion est là, à l’intérieur des personnages, c’est juste qu’elle n’est pas exprimée avec les élans habituels aux kdramas. A vrai dire, cette fois-ci, en bonne incorrigible que je suis, j’étais même en mode « ship » à fond, avec deux duos qui me parlaient tout particulièrement, le second étant en plus inattendu (parce que je ne m’attendais pas à trouver ce genre de couple dans un tel drama).

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Le premier est plus classique : c’est juste le couple principal, Jumong et Soseono, la fille de marchand. J’adorais la camaraderie qui se dégageait de leurs interactions. Ils sont véritablement partenaires, et ont énormément de respect l’un pour l’autre. J’ai fini par perdre le compte, mais au début, juste pour rire, je gardais une trace de toutes les fois où ils se sauvent la vie l’un l’autre. D’abord c’est celle qui le sauve, puis lui, puis elle, puis lui, etc. Elle admire son évolution, puis sa sagesse, et la façon dont il mène ses hommes ; il est amoureux de son intelligence, de sa ressource, et de la façon dont elle prend en charge sa troupe marchande. Leur relation va plus loin que « devenir un couple ou pas ». Même quand ça semble devenir impossible, ils continuent de travailler ensemble, parce qu’ils ont les mêmes objectifs, et sont des alliés cruciaux l’un pour l’autre. Ils continuent aussi de s’en faire l’un pour l’autre à un niveau personnel : il prend à cœur le devenir de sa troupe, elle vient en aide à sa famille, par exemple. Ils tombent amoureux, mais sont et restent aussi amis, et partenaires, et c’est agréable de voir qu’ils sont capables de continuer à communiquer et coopérer en toutes circonstances, grâce à une appréciation et un respect mutuels ne dépendant pas de leur statut amoureux. Faut dire qu’après tout, ils ont plus à penser que si oui ou non ils finiront par se passer la bague au doigt : ils jouent avec le sort de peuples et pays entiers, quand même.

 

Bon, et puis le ship numéro 2, c’était Hyopbo et Sayong. Clairement. Et je vais en parler un peu, parce que je dois dire que j’ai été très agréablement surprise par la simplement existence de ce couple-là. Kdramaland, voyez-vous, n’a pas toujours été (et n’est toujours pas) le plus progressiste des univers sur la question des genres, des sexes, et des orientations sexuelles. Et là, en plus, on est dans un drama qui date de 2006.

 

Sayong a toujours été un de mes personnages favoris de Jumong. Booya en attestera (parce que l’avant-dernière fois que j’ai commencé Jumong, elle l’a commencé avec moi) mais chaque fois que je commençais Jumong, en trainant un peu les pieds, la seule chose que j’étais toujours ravie de retrouver, c’était Sayong. Parce que j’ai un faible pour les personnages discrets et intelligents qui parlent doucement, et ont les cheveux longs (c’est hyper important les cheveux, don’t judge me). Surtout quand ils sont joués par Bae Soo Bin. Et dans le drama, il y a tout un mystère autour de son personnage pour les compagnons d’armes de Jumong, qui n’arrivent pas à décider de si Sayong est un homme ou une femme. En vérité, on l’apprend assez tôt, la réponse, c’est : les deux. Sayong est né•e avec des organes masculins et féminins, et s’identifie femme et homme à la fois, se sentant l’un plus que l’autre selon les moments et les circonstances. Hyopbo, lui, est un « mâle typique », et Sayong développe un béguin non dissimulé très rapidement. Des sentiments que, petit à petit, Hyopbo se met à lui rendre… et au début, j’ai douté de moi-même, je me suis dit que peut-être j’inventais les sentiments de Hyopbo parce que j’avais tellement envie d’y croire, mais non, il devient de plus en plus clair que ce couple existe bel et bien, et le drama le confirme : les amis de Hyopbo ne cessent de se moquer un peu de lui à cause de sa relation avec Sayong, ce qui est fort triste, mais à la fois, c’est un fait établi et admis par tout le monde que Hyopbo ne se mariera jamais, parce que lui et Sayong sont un couple, et qu’ils vont passer leur vie ensemble (et à l’époque, ils ne pouvaient sans doute pas se marier ensemble). Alors, faut pas s’attendre à de trop grandes effusions et à plein de câlins, parce qu’on parle de Jumong (rappelez vous : embrassade = consécration), mais ils sont un couple, et même un couple heureux, fonctionnel. Et si les compagnons de Hyopbo (Hyopbo qui, même au début où il est déstabilisé et pas sûr de savoir comment se comporter avec Sayong, le respecte jusqu’au bout, et ne force jamais un coming out) s’en moquent un peu (sans le rejeter du tout, ni nier sa relation avec Sayong, mais bon, ils ne sont juste pas un modèle parfait de progressisme, époque oblige sans doute), le drama, lui, pas du tout : la relation entre les deux personnages n’est pas traitée comme une blague. Elle a ses moments amusants parce que les personnages sont parfois maladroits (surtout Hyopbo en vrai), mais elle est surtout adorable, et les deux personnages n’y sont pas non plus résumés. Hyopbo est un guerrier accompli (il bat même Jumong à un moment donné !! :o c’est pas donné à tout le monde !), loyal et bienveillant, crucial dans les campagnes de Jumong;  et Sayong, si iel est capable de tenir une épée et de parfaitement s’en sortir sur un champ de bataille, est surtout un•e tacticien•ne intelligent•e et respecté•e. Ils ont chacun leurs responsabilités à tenir de leur côté, et… j’aime beaucoup ces deux personnages ♥  [spoiler] A la fin ils doivent se séparer, et ça m'a pété le coeur, mais c'est justement parce qu'ils ont leurs responsabilités chacun de leur côté, et ils se séparent comme (et parce que) Soseono et Jumong se séparent (aussi un crève-coeur), sauf que eux, en plus, parlent de se retrouver, un jour... et franchement, c'est triste, mais  je craignais bien pire ! Heureusement, Jumong les épargne... d'ailleurs, Jumong épargne beaucoup de personnages, pour mon plus grand plaisir ! [/spoiler]

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Pour revenir à la romance dans Jumong en général : non seulement, cette fois-ci, le fait que le drama n’appuie pas trop dessus ne m’a pas frustrée ou dérangée, mais ça m’a même… plu. Parce qu’elle n’engouffre jamais les personnages, du coup. Et par « les personnages », je veux surtout dire « les personnages féminins », parce que soyons honnête, quand des personnages se font aspirer par une romance au point de finir par s’y résumer, ce sont souvent les personnages féminins…

 

 

 

…ensemble, et pouvoir du temps

 

Et continuons d’être honnête (parce que c’est sympa, ça change) : c’est vrai que dans le drama, quasiment tous les personnages féminins de front ont des « inclinaisons romantiques », ce qui n’est pas le cas des personnages masculins du tout. Après, ça ne signifie pas nécessairement que ces inclinaisons sont hyper importantes, elles sont parfois juste mentionnées une ou deux fois et puis plus jamais, mais bon, je note. Cela dit, encore une fois : ça ne limite personne, et j’adore les personnages féminins de ce drama. Enfin, je ne les adore pas forcément tous individuellement, mais je les adore en tant que « groupe », parce qu’il y en a plusieurs, dans des positions différentes, avec des inclinaisons différentes, et des personnalités différentes. Certaines sont fourbes et avides de pouvoir, d’autres sont ambitieuses et loyales, d’autres encore dévouées et patientes, etc.  La diversité, les gens, y a que ça de vrai, et j’aime que les personnages qui déchirent, déchirent de façons différentes.

 

Par exemple, Soseono déchire parce qu’elle est décidée, ambitieuse, audacieuse, et met les mains à la patte. Elle se défend dans un combat, a hérité du talent de son père pour le marchandage, est un atout en situation de négociations, et devient une excellente meneuse d’hommes. Elle est parfois trop impulsive, mais elle apprend. Soseono, tout étant magnifique dans ses robes (après qu’on l’ait rencontrée en habits d’homme), ne correspond pas exactement aux stéréotypes de féminité. Prenez, en contraste, dame Yuhwa, la mère de Jumong, qui déchire tout autant : après ses années de jeunesse plus impulsives, Yuhwa devient un peu un « modèle de dame », élégante, aimante, patiente, avec un sens du devoir et de la loyauté prononcés. Elle aide à fabriquer les flèches des soldats mais ce n’est certainement pas une guerrière, et elle est physiquement plutôt faible, passant plusieurs fois des épisodes entiers au lit, après un coup dur. Mais elle a aussi une résolution de fer quand elle défend quelqu’un qu’elle aime ou une cause en laquelle elle croit, et elle irait jusqu’à sacrifier sa vie s’il le fallait. Elle tient constamment tête au roi, à la reine, sans flancher. Même dans une position de faiblesse, elle les regarde droit dans les yeux, et leur dit leurs quatre vérités. Elle et Soseono sont des personnages différents dans la façon dont s’exprime leur force, mais elles en ont autant l’une que l’autre (et du reste, même si elles n’ont pas beaucoup de scènes ensemble, elles s’entendent clairement très bien, et j’ai aimé leurs interactions).

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Si je devais choisir une favorite, cela dit, ce serait Yeo Mi Eul, qui n’hésite pas moins à répondre au roi quand il faut. Grande Prêtresse de Buyeo, Yeo Mi Eul, en grande partie grâce à son actrice, est un concentré de charisme. Réfléchie, intelligente et puissante (elle a des visions de l’avenir, rien que ça ! nébuleuses, les visions, mais quand même…), elle fait ce qu’elle estime nécessaire, quitte à prendre des décisions difficiles, comme, par exemple, trahir Haemosu (le père de Jumong, et frère d’armes du roi Geumwa) et l’enfermer à vie, quitte à subir le courroux de Geumwa s’il l’apprenait. Sa relation avec Jumong est d’une de mes grandes favorites du drama, pour sa complexité et son évolution. Après tout, c’est Yeo Mi Eul qui a enfermé le père de Jumong, et Jumong lui-même est un ennemi à ses yeux car ses visions lui ont révélé qu’il « menaçait l’avenir de Buyeo », un pays auquel elle est dévouée. Pour autant, il n’y a pas de haine entre eux, et même un respect grandissant au fil de la série. Je vous laisserai découvrir cela, mais j’adore Yeo Mi Eul, et Jin Hee Kyung est parfaite dans ce rôle.

 

Donc, oui, j’aime beaucoup les personnages féminins de ce drama… En fait, en général, j’aime les personnages de Jumong qui est, après tout, un drama d’ensemble, tirant partie de sa longueur.

 

Car ça ne vous aura pas échappé : Jumong est un drama long. 81 épisodes, d’à peu près une heure chacun, ce n’est pas rien, et ça veut dire que, si Jumong est clairement le personnage principal, le drama a le temps de créer des tas de personnages mémorables, tels que Yeontabal, le père de Soseono (qui est le meilleur père au monde, btw, et j’adore leur relation ! il lui fait confiance, la met en charge, la laisse apprendre de ses erreurs, mais lui prête aussi une épaule sur laquelle pleurer, et mettrait sa fierté et sa vie, de côté pour la protéger), ou encore le Premier Ministre, qui a pas mal en commun avec Yeo Mi Eul, et bosse très dur pour protéger et faire prospérer son pays. Il a beau être (la plupart du temps) dans la case des antagonistes, je vous avoue que lorsque quelqu’un finit par le remercier de son travail, jusque-là peu reconnu, j’étais heureuse à l’intérieur de moi-même parce qu’il bosse dur, okay ><

 

Le roi Geumwa est également un excellent personnage, tiraillé entre sa loyauté à un ami disparu, son désir de réaliser un vieux rêve, son amour pour son fils, mais son instinct de protéger son trône, et son amertume d’aimer quelqu’un hanté par le fantôme d’une histoire d’amour passée. Plus le drama avance, plus sa relation avec Jumong devient tendue, compliquée, et donc intéressante. Les frères d’arme de Jumong sont évidemment très attachants (j’ai un faible pour Oh Yi, parce qu’il commence en détestant Jumong, et finit par en être particulièrement proche, devenant son compagnon d’aventure de choix), et en général, il y a juste des tas de personnages et de relations que j’apprécie beaucoup dans ce drama.

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Et le pouvoir d’un long drama c’est vraiment, eh bien, d’être… long. C’est ce qui peut les rendre intimidants, mais c’est aussi une force. Parce que le drama n’a pas juste l’espace nécessaire pour créer des tas de personnages, il a aussi le temps de les développer, de les faire grandir, et comme Jumong est un bon drama, c’est ce qu’il fait. Pas tous de façon égale, mais les personnages évoluent (particulièrement Jumong), et même quand eux-mêmes ne changent pas de façon radicale, c’est leur situation qui change. Et comme le drama fait 81 épisodes, on passe beaucoup de temps avec tous ces gens, ce qui créé un lien fort, et provoque ce sentiment de nostalgie que j’adore à la fin de la série. Quand Soseono, dans les derniers épisodes, se tourne vers Jumong et lui dit « Je suis à tes côtés depuis longtemps », « Nous avons fait tant de chemin », ou évoque, le sourire aux lèvres, leur première rencontre, j’avais le cœur tout réchauffé et serré à la fois, parce que… oui… « on n’en a fait, du chemin », j’avais envie de répondre, parce que j’avais été là à chaque pas. Ce sentiment doux-amer de nostalgie et satisfaction à la fois quand on a investi autant de temps dans une série, et qu’on a intégré des personnages à notre quotidien, c’est ce qui rend les (bons) dramas longs si gratifiants, et Jumong ne m’a pas déçue.

 

 

…Jumong : la naissance d’un roi, et d’une nation

-walk walk, fashion baby ?-

Jumong a quelque chose de « simple ».

 

Pas simpliste, donc je n’entends pas ça de façon péjorative, mais simplement, la série est clairement centrée autour de Jumong (le titre est un indice), et on sait toujours comment se sentir par rapport à lui. C’est différent d’un drama tel que AUHASARD TOTALSERIEUSEMENTCENESTPASDUFORCINGDUTOUTOKAYAPRESCAJARRETE Six Flying Dragons où le personnage central, Lee Bang Won, n’est pas toujours du côté qu’on voudrait. Une fois le début du drama passé, et Jumong devenu un adulte plus respectable, le drama reste toujours dans son camp, nous aussi, et les clans sont distincts, avec des objectifs clairs. On sait où on se situe, et on sait même où on va, pour peu qu’on connaisse un peu l’histoire coréenne. Et parce que je serais surprise que le public sud-coréen (à qui s’adresse le drama, quand même) ne sache pas qui est Jumong, qui n’est pas exactement un roi obscur, le drama ne s’en cache pas, et il fait vraiment de Jumong un héros légendaire, venant avec sa propre prophétie, parce qu’il est l’Elu et tout.

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Bon, Jumong ne prend pas complètement la route « mythique » de l’affaire non plus. Dans la légende, le prince Jumong était censé être sorti d’un œuf après que sa mère ait été touchée par les rayons du soleil (pensez à la crème solaire, les gens ! la protection, c'est important), et il était le fils d’Haemosu, fils des Cieux se baladant en chariot tiré par cinq dragons (ce qui, du reste, aurait pété la classe… du moins si le drama avait eu les moyens de faire des dragons convaincants). Mais dans ce drama, pas de tout ça, et s’il retient des éléments fantastiques (des prophéties, des artefacts magiques ayant apparemment appartenus à Dangun, le fondateur de Gojoseon, et donc des deux Corées) il est un peu plus sage, on ne vire pas dans la fantasy totale. Ce qui n’empêche pas le Ciel d’être clairement du côté de Jumong, et d’exprimer son soutien à grand coups d’éclipses et d’éclairs s’abattant sur ses ennemis, de temps en temps. En même temps, l’ennemie en question était allée faire chier les Cieux en première, donc c’est sa faute, voilà. Et heureusement, si le Ciel (et le drama, et les spectateurs) a choisi un camp, ce n’est pas lui qui fait tout le boulot. Jumong ne surmonte pas les obstacles grâce à des coups de pouce divins, mais grâce à ses propres efforts, et ainsi nous le regardons évoluer pour devenir le fondateur et premier roi de Goguryeo.

 

Pour vous donner un chouïa de contexte, le drama se déroule au premier siècle avant JC, à Buyeo, après que l’ancien Joseon (ou Gojoseon), premier vrai grand royaume coréen, ait été démantelé par les chinois, les Han, qui ont installé quatre commanderies sur place pour gérer tout ça, les réfugiés de Gojoseon devenant des esclaves. Niveau politique, apparemment (d’après mes livres d’histoire, en tous cas), ils n’étaient pas trop invasifs, dans le sens où ils laissaient les royaumes dont ils avaient la charge se gérer, mais ils supervisaient, et surtout ils foutaient une sacrée pression économique sur ces royaumes, qui restaient leurs vassaux, et leur payaient donc des tributs importants. Au début du drama, dans l’intro, on est introduits au général Haemosu (tristement sans dragons, donc) qui, avec le prince (et futur roi) Geumwa, menait l’armée Damul contre les Hans pour regagner les terres, l’indépendance, et la fierté nationale de Gojoseon. Malheureusement, c’est tombé à l’eau, mais ce rêve de retrouver la gloire de Gojoseon, c’est celui dont Jumong, à la fois fils d’Haemosu et Geumwa, va hériter. Même s’il le tient quand même surtout d’Haemosu, via les gens lui disant qu’il doit accomplir le rêve de son père, via leur parenté (apparemment, il y a des choses qui se transmettent dans le sang, c’est comme les talents d’archer)(d'ailleurs Jumong, ça veut dire "grand/excellent archer"), via sa destinée, et via aussi son envie de vengeance, parce que son père a été injustement traité par Buyeo.

 

Oui, à la base, les objectifs de Jumong ne découlent pas vraiment de convictions politiques. S’il finit par s’indigner de voir son peuple sujet des Hans, et par vouloir véritablement le libérer et le protéger de cette emprise, au début, ses motivations sont avant tout personnelles, car au cœur de Jumong, il y a surtout un drame familial.

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L’histoire de Jumong lui-même, toute prophétie mise de côté, ne commence réellement que lorsque ses deux demi-frères, Yongpo et Daeso, jaloux, entreprennent de le tuer.

 

Ce qui est con pour eux, c’est qu’en faisant ça, ils créent finalement les bâtons que Jumong va leur mettre dans les roues. S’ils avaient laissé Jumong tranquille, il serait resté ce qu’il était : un prince sans ambition, paresseux et irresponsable. Mais Daeso et Yongpo créent un besoin pour Jumong de s’améliorer. Bien sûr, ce n’est pas tout ce qui joue : Jumong ne veut plus continuer à décevoir ses parents, notamment, mais les deux frères sont quand même l’impulsion de départ. En tentant de le tuer, ils le sortent de ses illusions, et provoquent également sa rencontre avec Soseono, qui sera sa plus grande alliée. Parce que ses frères le veulent mort, Jumong doit apprendre à se battre, à dissimuler, à manigancer. Il doit viser plus haut, à des hauteurs qu’il n’avait jamais envisagées jusque-là. Et pourquoi ses frères le veulent-ils mort ? Pas parce que Jumong était une menace, ou parce qu’il risquait (à ce moment-là) de leur voler le trône, mais à cause de leur père. Ça n’a rien à voir avec une question de pouvoir (au début) mais le roi Geumwa a toujours été amoureux de dame Yuwha, et a négligé la reine, la rendant malheureuse, amère, et vengeresse. Toutes ces émotions se sont bien entendu transmises à ses deux fils, qui ont vu leur mère délaissée et triste toute leur vie. A la base, si « Jumong : futur roi » est né, c’est donc parce que Papa avait un préféré, et que Maman était triste.

 

 

- Tu as raison, tu n’es plus une menace pour moi. Mais ce n’est pas parce que tu étais une menace que je veux ta mort. Si tu en étais une, je te respecterais, à vrai dire. Toi et ta mère, ces dernières vingt années, vous avez causé tant de douleur à ma mère et moi. Tu t’en rends compte, au moins ? Depuis que ta mère et toi êtes arrivés au palais, ma mère, qui méritait tant l’amour et le respect du peuple, a du vivre comme une recluse. Yongpo et moi n’avons jamais ressenti l’amour de Sa Majesté. Comment pourrais-tu comprendre la douleur que ma mère et moi avons connue ? Je suis en colère après Sa Majesté, mais… toi et ta mère, vous êtes la raison pour laquelle nous avons souffert toutes ces années.

- Mon frère… j’ai reçu de l’amour de Sa Majesté, mais j’ai tout perdu… Et as-tu oublié l’humiliation que vous m’avez faite subir toutes ces années, vous, mes frères ? Et ma mère n’a-t-elle pas été suffisamment torturée par Sa Majesté la Reine ?

- Comment ?! Impudent !

- Mon frère, ta souffrance, je ne l’ai ni décidée ni causée.

Daeso & Jumong, ep11

 

 

Même par la suite, si les objectifs de chacun se font différents et plus axés sur des questions nationales et de trône (enfin Jumong il en a rien à péter du trône, mais aux yeux des autres, il menace jusqu’à son existence), la série faisant évoluer ses personnages et ses enjeux, ce qui évite la lassitude, il reste une amertume chez Daeso et Yongpo qui sont en manque de reconnaissance paternelle. Et cette amertume alimente leur haine de Jumong, fragilisant même leur unité (parce que Yongpo, qui est effectivement un gros nul, a aussi un peu les boules d’être toujours comparé à Daeso). Et plus ils s’acharnent sur Jumong, plus ils le poussent vers sa destinée… et moins ils ont une chance de le battre, aussi.

 

Il y a des tas de choses qui rendent Jumong supérieur à ses deux frangins, comme le fait qu’il n’abuse pas de son pouvoir (enfin, plus après les premiers épisodes), qu’il ne soit pas motivé par son égo, et qu’il ne massacre pas son peuple innocent quand il se sent insulté, mais il y a principalement deux choses qui font qu’il prend le dessus : Jumong est patient et réfléchi, et il gagne le cœur des gens, ce qui est sans doute une conséquence du reste (oui, c’est plus facile de gagner le cœur de ton peuple quand tu n’en abuses pas/ne le massacres pas, c’est fou !). Aussi, il voit plus large que ses frères, et cet état d’esprit est joliment illustré dans le premier tiers dans la série, où le pays a un gros souci de sel : ils n’ont plus de source de sel, car les Han s’en servent pour faire pression sur eux. En réponse à ça, Yongpo arrive à se procurer un peu de sel (et arriver à quoi que ce soit, pour lui, c’est pas rien !), Daeso s’en procure une grosse quantité, et Jumong, pensant sur le long terme et voulant s’attaquer aux racines du problème pour libérer son pays de l’emprise des Han, trouve un moyen pour Buyeo d’avoir sa propre source de sel. Sans être un robot sans émotion du tout, Jumong n’est pas gouverné par ses impulsions. Il est en colère, et a des envies de vengeance, mais il sait aussi que ça ne suffit pas, et voit plus loin que cela, tandis que ses frères continuent de se planter parce que même quand ils ont de bons plans (et par « ils », je veux dire « Daeso, parce que Yongpo a très rarement de bons plans… et même quand il ne se plante pas par bêtise, il a la pire chance au monde… j’adore ce personnage, il est tellement nul :’), ils foutent systématiquement tout en l’air soit en sous-estimant Jumong, soit en jouant un mauvais coup impulsif (voire, la plupart du temps, les deux), parce qu’ils ne peuvent contenir leur haine/colère/égo. Et c’est ça qui sera leur perte, à moins, bien entendu, qu’ils n’apprennent de leurs erreurs, et décident de prendre un peu exemple sur le frangin qu’ils détestent tant.

 

 

En l’absence de solution au problème, la colère devient un poison.

Jumong, ep15

 

 

L’envie de vengeance peut être une force comme une faiblesse. Si tu veux véritablement venger la mort de tes parents, tu ne dois pas être motivé uniquement par ta haine personnelle. Tu ne pourras te venger que quand tu comprendras et ressentiras pourquoi nous devons battre l’armée des Han.

Jumong à un gamin voulant rejoindre son armée, ep31

 

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Par ailleurs, en plus de son manque d’égo, son absence de soif de pouvoir, et de sa patience, Jumong traite bien les gens, n’est pas assoiffé de sang (il n’hésite pas à attaquer et encore moins à se défendre, mais, particulièrement dans le dernier tiers du drama, après le gros de son évolution, il cherche plusieurs fois à résoudre les conflits sans passer par des combats inutiles), et il est toujours prêt à apprendre des autres, et même à apprendre tout court (le mec il fait un truc de fou : il fait des recherches et se renseigne sur le pays dont il veut restaurer la gloire, dites donc ! Ça parait tout con, et pourtant…). Et tout ça, plus sa cause en laquelle croient les gens, sont la raison de son vrai super pouvoir : gagner la confiance et la loyauté des gens. Et c’est avec ça, le cœur des gens, qu’il va fonder une nation.

 

 

Tout comme l’armée Damul était une lueur d’espoir pour le peuple, le général Haemosu était la nôtre. S’il était encore en vie, il aurait probablement libéré tous les réfugiés, et aurait établi une nouvelle nation. Non, pour moi, au fond de mon cœur, il a déjà établi une nation. Parce que, comme il le disait, ce n’est pas la terre mais l’homme qui se tient dessus qui fait un pays. 

Ancien soldat Damul, ep24

 

 

C’est assez amusant par moments : tout le monde finit par apprécier Jumong. Okay pas tout le monde… mais beaucoup de gens. C’est un meneur d’hommes juste, magnanime et conscient de ses limites et ses défauts. Il prend la responsabilité de ses erreurs sans blâmer ses hommes, ne les envoie pas affronter des dangers sans les affronter lui-même, et il est proche de ses soldats. Il s’intéresse à leur vie, les laisse se moquer de lui, et tient ses promesses. Au début, ses premiers compagnons ne le suivent que parce qu’ils veulent un statut social plus élevé, mais plus tard, ils rejetteront ce statut si pour cela ils doivent cesser de suivre Jumong. Il y a même des scènes où les ennemis de Jumong le laissent s’échapper, ou carrément changent de camp, par respect, parfois mêlé d’une ancienne loyauté. Lorsque Daeso envoie quelqu’un tuer Jumong, l’assassin revient effrayé (et avec un peu le béguin aussi), parce qu’il a vu notre personnage principal avec ses soldats, et donc réalisé son véritable pouvoir : Jumong peut faire bouger des armées par simple loyauté, en les inspirant, alors que Daeso n’inspire personne, et perdrait ses soldats s’il cessait de les payer (bien sûr, je suis certaine que Jumong paye aussi ses soldats, c’est un bon général, après tout). Parfois, le drama va limite un peu trop loin : je déconne pas, y a un moment donné on voit carrément border quelques-uns de ses soldats… Ca va, Drama, t’as pas l’impression d’en faire trop, là ? J’avais compris que Jumong c’était quelqu’un de bien, hein ! (en même temps l'idée est clairement de rendre le mythe plausible tout en glorifiant le personnage et son histoire... et la façon dont s'est fait n'a pas manqué, d'ailleurs, de s'attirer les foudres de la Chine, qui a interdit de diffusion la série).

 

Mais, si j’ai souri, je n’ai pas non plus grimacé, car comme on le disait au début, Jumong revient de très, très, très loin, et ce n’est qu’après avoir appris de ses erreurs et de celles de ses parents, pris ses responsabilités, et s’être confronté aux autres, au monde et à la réalité, qu’il en arrive à ce résultat, la série se découpant en plusieurs parties: l'enfance insouciante, l'axe initiatique, la prise de conscience et les débuts d'ambition politique, et la dernière partie après "la victoire", où il s'agit de consolider ce qui a été construit. Et chaque fois, ça vient avec son lot de difficultés, donc, en clair : oui, les Cieux sont de son côté, et Jumong gagne le cœur des gens, transformant certains ennemis en alliés, mais il en a chié pour en arriver là (poésie, bonjour). Song Il Guk fait du très bon boulot, niveau progression du personnage, et à la fin, parce que je voyais le contraste entre les débuts de Jumong et ce qu’il était devenu, et parce que j’avais passé tant de temps avec lui, j’étais fière. On pourrait avancer qu’il devient presque trop parfait, mais ça ne m’a pas dérangée (même si j’avoue que j’ai un peu levé les yeux au ciel quand, dans l’épisode 73, il sort qu’il n’est pas fait pour régner, parce que, clairement, personne n’était plus fait pour régner que lui), et… la vérité c’était que si les hommes de Jumong l’auraient suivi n’importe où… eh bien : moi aussi.

 

Et c’était important.

 

 

 

…conclusion

 

Parce que j’ai le sentiment que si certains sageuks se suivent de façon égale pour leurs personnages et leurs intrigues, Jumong fait avant tout appel à l’affection qu’on peut ressentir pour ses personnages. Pas qu’il n’y ait pas d’intrigue, bien entendu ! Et j’étais, en particulier, très curieuse de voir la fondation d’un tout nouveau pays, car ça peut paraître tout con, mais je n’avais jamais vu une nouvelle nation être créée depuis ses bases. Il faut trouver un terrain, mettre les gens sur le terrain, avoir une armée pour le défendre, organiser un gouvernement, créer des postes, mettre des gens à ces postes, décider de lois, instaurer un système religieux (dans ce contexte, en tous cas)… Et même si ça arrive tard dans le drama (bah ouais, ça prend du temps, hein, c’est pas le genre de truc que tu décides et fais dans la nuit), ça m'a passionnée, tout ça. De même que j’étais intéressée par l’aspect historique, par les relations entre les pays, et par les intrigues de palais. Ça m’a plu de lire, après ça, mes livres d’histoire, et d’en apprendre plus, même si Jumong lui-même n’y est mentionné que rapidement.

 

Mais oui, l’attachement qu’on ressent progressivement vis-à-vis des personnages est crucial, et c’est ce qui fait que, malgré quelques faux départs par le passé, j’ai fini par accrocher, et accrocher à fond. Je voulais savoir ce qui allait advenir de tous ces gens ! Et certes, il y avait des défauts à la série, mais dans l’ensemble, j’ai trouvé que c’était un très bon drama, et un très bon sageuk. Plus lent et plus posé que d’autres peut-être ( ? mon expérience est plus limitée que je voudrais, bien obligée de le reconnaître), surtout parmi les plus récents, mais finalement très engageant à mes yeux, et puissant sur la fin. Dans le dernier épisode, j’en pleurais tellement je n’étais pas prête à lâcher prise. Et maintenant, je me sens toute nostalgique chaque fois que j’entends l’OST (que je n’ai pas mentionné mais qui est excellent), et plus particulièrement ce morceau :

Donc… yep. Ca m’a beaucoup plu. Je suis contente de l’avoir enfin regardé, ça valait le coup, et je pense même probablement le revoir un jour avant ma mort~

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- J’ai subitement réalisé que nous avons fait un long chemin. Quand tu étais encore prince de Buyeo, et que je menais ma troupe de marchants, tu m’as dit que je te plaisais. Je te trouvais pathétique, pensant que tu étais un idiot se faisant passer pour un prince. A cette époque, je n’avais pas de raison de dissimuler mes véritables émotions. Maintenant que j’y pense, c’était probablement l’époque la plus heureuse de ma vie.

- Le croisement de nos destins ne s’est pas fait sans souvenirs douloureux pour moi, mais c’étaient les meilleurs moments de ma vie aussi.

Soseono & Jumong

 

Et sur ce, d'autres bons kdramas historiques (ou "historiques"):

Six Flying Dragons
Arang and the magistrate
Splash splash love