[Mauvaise prophétie] Kingdom of the Wind 바람의 나라

Publié le 17 Janvier 2020

Kingdom of the Wind aurait pu décoller mais se plombe l’aile à grand coup de triangle amoureux à la con, et fait tout pour évoquer Jumong mais ne profite vraiment pas de la comparaison.

 

Diffusé en 2008-09

Sur KBS2

36 épisodes d’1h

Réalisé par Ji Byung Hyun & Kang Il Soo

Ecrit par Choi Wan Kyu, Jeong Jin Ok & Park Jin Woo

D’après (parait-il) un manhwa de Kim Jin

 

Avec :

Song Il Guk : Muhyul

Jung Jin Young : le roi Yuri

Park Gyun Hyung : Dojin

Choi Jung Won : Yeon

Lee Jing Won : Haemyung

Kim Hye Seong : Yeojin

Lim Jung Eun : Saeryu

Jang Tae Seong : Maro

Oh Yoon Ah : Hye Ap

Kim Jae Wook : Chu Bal So

Park Sang Wook : Gweyu

Kim Sang Ho : Mahwang

 

 

Dontesque ?

A la naissance du prince Muhyul, son père, le roi Yuri, se voit prédit que son fils, petit-fils du grand roi Dongmyeong (Jumong) tuera sa famille et détruira le royaume. Ne pouvant se résoudre à tuer l’enfant, il le fait élever loin du palais, et Muhyul grandit sans savoir qui il est réellement. Mais bien sûr, le destin, ce chieur, n’est pas si facile à éviter.

 

Fiche Ecrans d'Asie: ICI

 

 

La chaine des sageuks:

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oOo

 

 

Introduction

 

… pères et fils

… famille royale, mais famille avant tout

… l’histoire (réécrite) d’un pays

… patriotisme et propagande

… l’ombre de Jumong

… Muhyul

… autour de Muhyul

… URGH, FOUTU TRIANGLE AMOUREUX A LA CON

(et pourquoi il achève de saborder le drama)

 

Conclusion

 

 

 

Après avoir regardé Jumong, j’étais très impatiente de découvrir Kingdom of the Wind. Je me suis contrôlée, préférant attendre un peu, histoire de mettre de la distance entre les deux dramas (qui peuvent parfaitement se regarder l’un sans l’autre), mais au moment d’enfin lancer Kingdom of the Wind, l’enthousiasme était à son comble quand même. Et au début, je me suis effectivement beaucoup amusée. Le drama n’était pas parfait, mais il était divertissant (parfois un chouïa à ses propres dépens, mais bon), avec du potentiel. Malheureusement, petit à petit, ça a été la désillusion, et pour tout vous avouer, j’ai galéré à le terminer, me forçant sur les derniers épisodes. Je ne voulais pas le laisser en plan (parce qu’il fait partie d’un projet que je veux mener aussi bien que possible), mais c’était devenu laborieux. Et j’avais beau avoir laissé passer du temps, l’ombre de Jumong se faisait nettement sentir. En même temps, le personnage principal de Kingdom of the Wind a carrément été élevé dans la tombe de Jumong, donc dans la catégorie « être hanté par le fantôme de », c’est pas mal. Bien sûr, Jumong était un personnage historique avant d’être une série, mais… on en reparlera. Le fait est qu’on va beaucoup parler de Jumong, à vrai dire, parce que oui, décidément, c’était dur de la mettre de côté (vous inquiétez pas, on ne va pas causer que de ça, c’est juste que l’association est inévitable et révèle des choses intéressantes, donc je vais me servir de Jumong pour en parler). Et si, parfois, c’était une mauvaise chose… parfois c’en était une bonne !

 

Oui, l’association avec Jumong a aussi eu des retombées positives, ne serait-ce que parce que je suis entrée dans le drama avec une partie du boulot « investissement émotionnel » prémâché. Déjà, chaque fois que Muhyul (le personnage principal de Kingdom of the Wind, et petit-fils de Jumong) tirait à l’arc, j’étais tout émue au fond de moi, mais surtout, Kingdom of the Wind continue l’histoire de personnages que j’avais déjà rencontrés. Le roi Daeso de Buyeo était un des antagonistes principaux de Jumong, et le roi Yuri de Goguryeo est le fils de Jumong, et un personnage également déjà rencontré dans la série précédente. Kingdom of the Wind continue une chronique familiale, et continue également de développer un thème qui m’a particulièrement intéressée : celui des relations père-fils.

 

               

… Pères et fils

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Les « daddy issues » ne sont pas rares dans les dramas coréens, et encore moins dans les sageuks, et encore encore moins dans les sageuks centrés sur des figures royales. Ce n’est pas étonnant : les sageuks se déroulent souvent dans des périodes où le père règne de façon particulièrement marquée sur sa famille, et détermine/contrôle en grande partie l’avenir de ses enfants. Et si le drama se centre sur la famille royale, on est en plus dans un contexte où le trône de tout un pays passe du père à un fils (ça n’a historiquement pas toujours été le cas, mais…) ce qui met une pression supplémentaire sur la relation. Tout fils pouvant obtenir le pouvoir après la mort du père devient un successeur potentiel, mais aussi un rival potentiel (on en a eu un très bon exemple dans the Tale of Nokdu, récemment), et ça créé des relations généralement complexes, qu’elles tendent vers le positif ou le négatif. Bien sûr, des tas d’autres relations peuvent être examinées dans un sageuk centré sur une famille royale, mais, simplement, qu’il explore les relations père-fils n’est pas surprenant. Dans Jumong, un des grands conflits pour Jumong était de déterminer de quel père il voulait suivre le chemin : son père biologique ou son père adoptif. Et le grand lancement de son évolution se faisait lorsque ses deux demi-frères, les princes Yongpo (mon loser favori) et Daeso essaient de le tuer… pourquoi ? Parce que leur père faisait preuve de favoritisme envers Jumong et sa mère. La soif de reconnaissance paternelle est un des grands moteurs de Daeso, l’antagoniste principal de Jumong, et Haemyung (le grand-frère de Muhyul, et prince héritier au début de Kingdom of the Wind) ne manque pas d’appuyer sur la blessure toujours douloureuse dans l’épisode 7, appuyant sur le fait que Daeso n’a jamais ressenti d’affection père-fils que ce soit en tant que père ou fils.

 

Dans Kingdom of the Wind, niveau relations père-fils, le focus est avant tout sur la relation entre le roi Yuri de Goguryeo et ses fils, et plus particulièrement Muhyul, à la naissance duquel on a prédit au roi que Muhyul tuerait ses parents, ses frères et sœurs, ses gosses, et aussi détruirait le royaume. Et là c’est le moment où Yuri, il s’est un peu fait dans le froc, parce que, on va pas se mentir, il y a mieux comme prédiction. Mais contrairement à d’autres monarques moins récalcitrants au meurtre de bébés, il se trouve que Yuri n’a pas pu se résoudre à se débarrasser de Muhyul, préférant l’exiler pour qu’il aille grandir ailleurs, sans aucune idée de sa véritable identité (et au passage, dans la scène où il finit par découvrir qui il est, Song Il Guk est remarquable). Muhyul grandit donc loin de son père, sans même savoir qui il est, ce qui créé, comme Yuri le lui dira plus tard, un parallèle entre les deux, puisque Yuri lui-même a grandi loin de son père (Jumong, donc), sans savoir qui il était, avant de le retrouver. C’est là qu’avoir vu Jumong ajoute un petit bonus à l’expérience de Kingdom of the Wind, parce que même si Yuri n’apparait que tard dans Jumong, on le voit effectivement enfant, amer d’avoir été abandonné, et cette amertume, c’est celle dont il parle à Muhyul, s’en servant pour créer un lien avec son fils. Mais qu’on ait vu Jumong ou pas, la relation entre Yuri et Muhyul reste prenante, d’autant que les deux acteurs sont très bons, en particulier Jung Jin Young, très charismatique en roi Yuri. Mon seul petit regret est que Yuri aborde très clairement le fait qu’il n’a jamais réussi à entièrement pardonner à Jumong, que les retrouvailles n’ont pas effacé les années d’absence, qu’être reconnu officiellement ne répare pas tout, et je trouvais ça intéressant d’explorer le fait que les relations familiales ne se remettent pas toujours complètement, et encore moins magiquement, mais si le sujet est abordé, j’ai trouvé que le drama montrait l’inverse. Et c’est dommage, car je pense que la série aurait gagné en complexité en se penchant plus sur la question.

 

Néanmoins, la relation entre Yuri et Muhyul, sur laquelle pèse la fameuse prophétie « il va tuer tout le monde et détruire le pays » est très engageante, en grande partie grâce aux deux acteurs, mais aussi, justement grâce à la prophétie, parce que les deux personnages doivent tous deux décider de s’ils vont y croire, s’ils vont y faire face, se battre contre ou pas, et ce que ça signifie pour eux deux en tant que personnes de la même famille ayant visiblement de l’affection l’un pour l’autre. Il y a plein de bonnes scènes entre eux deux, et de moments émouvants.

 

J’ai beaucoup aimé le roi Yuri, par ailleurs. En tant que roi, mais surtout en tant que père, parce que c’est un père très aimant.

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Certes, il a exilé Muhyul, mais il ne l’a pas tué, et ne l’aurait peut-être même pas exilé du tout si la cour ne lui avait pas foutu la pression pour liquider le gamin. Faire semblant de tuer Muhyul et lui permettre de grandir ailleurs était un signe d’affection paternelle, en l’occurrence. Ça ne veut pas dire qu’il n’aurait pas pu mieux s’y prendre, mais en termes de sageuks, franchement, le roi Yuri est un bon parent. Et pas seulement pour Muhyul. Par exemple, Yeojin, son plus jeune fils, n’est clairement pas porté sur le combat, et Yuri ne s’en formalise jamais. Lorsqu’il apprend que Yeojin a refondu la lame qui lui a été donnée pour en faire des bijoux, il ne se met pas en colère, et trouve à la place de la valeur aux intérêts de son fils et les encourage. Il est frustré par Haemyung (ce que je comprends…) mais ne l’abandonne pas pour autant. Bien sûr, Yuri est limité par ses devoirs de roi, mais il aime clairement tous ses enfants et, honnêtement, j’ai trouvé ça agréable parce que c’est rare, dans un sageuk, de trouver autant d’affection dans une famille royale. Et pas seulement de Yuri pour ses enfants, c’était une affection générale, dans toute la famille, où (presque) personne ne se tapait sur la gueule pour obtenir le trône.

 

 

… famille royale, mais famille avant tout

 

Les familles royales de sageuk sont souvent sujettes à beaucoup de tensions entre leurs membres. Ça ne veut certainement pas dire qu’on n’y trouve pas des relations affectueuses, mais il y a souvent beaucoup de rivalités, résultant de la lutte pour le pouvoir, qu’elle se fasse entre frangins ambitieux, entre mères voulant mettre leur progéniture sur le trône (pour le pouvoir ou pour les protéger), entre père et fils, ou entre factions soutenant différents poulains. Ici, le seul personnage de la famille royale à convoiter le pouvoir, finalement, c’est la reine, encore qu’elle ne le veuille pas pour elle, mais pour son fils Yeojin (qui n’est pas du tout intéressé). Et ce n’est pas un personnage que j’ai beaucoup apprécié, mais pas tant parce qu’elle est haineuse, ni même parce qu’elle ne cesse de blesser Yeojin en prétextant vouloir l’aider, mais parce que je ne l’ai pas trouvé très intéressante ou efficace. Son amertume ne s’accompagne pas de beaucoup d’intelligence, si bien que tous ses complots à la con ne me passionnaient pas beaucoup. Dans l’ensemble, quand même, c’est rare de voir une famille royale véritablement unie dans un sageuk (du moins dans mon expérience, qui est bien sûr limitée), et c’est ce que propose Kingdom of the Winds.

 

Deux personnages (en plus de Yuri) se détachent du lot : Haemyung, le grand frère de Muhyul, et Yeojin, son petit frère. La princesse Seryu est attachante, et a droit à une petite histoire personnelle que j’ai trouvée engageante, mais, si au début j’espérais qu’elle aurait beaucoup à faire (parce qu’elle ressent une connexion à Muhyul dès sa naissance), finalement, elle est un peu en retrait (un truc réccurent pour les personnages féminins de ce drama), alors que les deux autres influent particulièrement sur le destin de notre héros. Haemyung, surtout.

 

Haemyung, l’ainé de la fratrie (enfin, techniquement, il avait un grand frère, mais il est mort avant le début du drama, donc…) est le premier membre de la famille royale à prendre Muhyul sous son aile (avant que Muhyul sache qu’il en fait partie) et le second mentor de notre héros. Le premier mentor serait Hye Ap, la femme ayant élevé Muhyul, mais Muhyul ne l’écoutant pas plus que ça, j’aurais tendance à dire qu’Haemyung est son premier véritable modèle. Haemyung le protège, l’ouvre au monde, toutes ces bonnes choses. Et si le personnage m’a frustrée (parce que tout le monde s’émouvait sur le fait qu’il était injustement puni, alors que moi, je le trouvais irresponsable), il reste une étape essentielle dans l’évolution de Muhyul, commençant à lui transmettre les valeurs (l’amour de son pays, du peuple, les limitations de la colère, etc) qui feront de notre héros le grand roi qu’il deviendra.

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Yeojin, le petit frère et un de mes personnages favoris (il faut protéger le Yeojin, les gens ;A;), a également une fonction de guide pour Muhyul, mais d’une autre façon. Il y a quelque chose de touchant dans la façon dont il admire ses grands frères, et s’attache à Muhyul (comme son visage s’illumine quand Muhyul vient le voir de lui-même, aw). Il est présenté comme un jeune homme pas fait pour la guerre, et à la santé fragile, qui n’est absolument pas intéressé par le pouvoir (au grand damn de sa mère), non seulement parce que le trône lui fait peur (il a pas tort : ça n’a l’air de réussir à personne, honnêtement), mais parce qu’il ne se sent pas qualifié du tout. En revanche, comme Haemyung avant lui, il perçoit rapidement le potentiel de Muhyul, et il y a une force à Yeojin dans la façon dont il se tient fermement sur ses positions, qu’il doive tenir tête à des kidnappeurs, ou carrément refuser un ordre royal. Surtout, il voit le meilleur en Muhyul au moment où ce meilleur n’était pas évident, et en ça, il inspire son frère à justement devenir cette meilleure version de lui-même. En clair : Haemyung sert de modèle et d’inspiration pour la première fois à Muhyul qui le regarde avec admiration, puis, dans les yeux de Yeojin, Muhyul voit cette même admiration et veut s’en rendre digne. Si Jumong était poussé à évoluer pour survivre à cause de la haine de ses deux frères, Muhyul, lui, est poussé à grandir par l’amour de ses frères.

 

J’ai aimé ses frères et sœurs, comme j’ai aimé son père, et bien entendu… ça rend tout plus compliqué. S’il détestait sa famille, la prophétie sur ses épaules serait moins pesante, mais le « savoir » (entre guillemets parce que reste à savoir si la prophétie s’accomplira) destiné à détruire tous ces gens qu’il aimait, qui l’aimaient, et que j’aimais aussi, forcément, ça lui créait un sacré conflit intérieur, et moi, ça me faisait redouter l’avenir. Sans oublier la partie « détruire le pays ». Dont on sait bien que ça n’arrivera pas, car l’Histoire est du passé et que Goguryeo a encore connu de très beaux jours pendant et après le règne de Muhyul, mais en même temps, le drama ne s’embarrasse pas de beaucoup d’exactitudes historiques, et la notion de destruction peut être sujette à différentes interprétations.

 

                              

… l’histoire (réécrite) d’un pays

 

Kingdom of the Wind propose de suivre l’évolution d’une famille, mais également celle d’un pays très jeune : Goguryeo (pays dont, si on a regardé Jumong, on a vu la création, la prenant -si vous êtes comme moi, et je vous le souhaite, car je suis extraordinaire- très à cœur).

 

Dans les grandes lignes, j’ai apprécié ce que semblait vouloir faire Kingdom of the Wind. Le conflit central est celui de Goguryeo (dirigé par Yuri) contre Buyeo (sur lequel règne Daeso), et le drama créé des personnages intéressants des deux côtés. Si on est clairement placés dans le camp de Goguryeo, l’Ennemi n’est pas complètement diabolisé (même si leurs méthodes sont présentées comme plus cruelles). Il y a des gens bien et des gens qui craignent des deux côtés, et bien que Daeso ne soit pas présenté comme un type très sympathique, surtout comparé au roi Yuri, il est suffisamment nuancé pour ne pas paraître cartoonesque. Il est calculateur, amer, et souvent cruel, mais aussi visiblement humain et fatigué. Le drama a, par ailleurs, l’idée de faire passer Muhyul du côté Buyeo de la Force l’espace de quelques épisodes, et de créer une relation de loyauté passagère de Muhyul à Daeso, ce que je trouvais intéressant, même si je regrette que Kingdom of the Wind n’en fasse finalement pas grand-chose. Néanmoins, lors de son passage à Buyeo, Muhyul fait la connaissance de plusieurs personnes de Buyeo, créant des liens avec certains d’entre eux, et on n’est pas entièrement dans le noir et blanc, même si le drama a, malgré tout, clairement pris position dans le conflit.

 

Et c’est là qu’on va devoir parler de respect de l’Histoire. Qui est aux abonnés absents.

 

D’après tout ce que j’ai pu trouver au sujet de cette période de l’Histoire, Kingdom of the Wind est essentiellement un tissu de conneries. Pour commencer, Muhyul, historiquement, a été nommé prince héritier puis couronné très jeune, à l’âge de 14 ans. Donc à moins qu’on veuille me convaincre que Song Il Gook a moins de 15 ans pendant tout le drama, ça va être chaud (déjà, ils essaient de me convaincre qu’il est adolescent au début, et même ça, c’est un peu dur à avaler). Mais surtout, le coup de la prophétie, de l’exil, du fils qui revient après avoir découvert sa véritable identité, c’est-à-dire la base du drama et ce qui créé la majeure partie de ses conflits, c’est complètement du vent.

 

Le drama n’est pas bien exact sur la mort de certains personnages non plus, et d’après ce que j’ai pu lire, il semble que Kingdom of the Wind ait fait de Yuri un père de famille bien plus clément et affectueux qu’il ne l’était en réalité.

 

 

Note : le drama est en fait adapté d’un manhwa (apparemment ? honnêtement, à part le titre et la période de l’histoire, je trouve le lien faible, et le drama me frappe plus comme étant une adaptation au même titre que le Kdrama City Hunter adaptait le manga d’Hojo Tsukasa)…

 

 

Mais j’étais curieuse et voulais écrire cet article correctement, alors j’ai acheté le manhwa (que je n’ai pas lu en entier, j’admets, car ça ne m’accrochait pas) et dès le tome 1, le manhwa est complètement différent. Il est bien plus porté sur le fantastique (y a des démons, esprits et fantômes un peu partout), et arrange certainement des choses lui aussi, mais l’autrice a visiblement fait des recherches (elle cite d’ailleurs les textes historiques dont elle s’inspire), et les changements du drama par rapport à l’histoire sont bien des changements du drama, qui ne trouvent pas leur origine dans le manhwa (je n’explicite pas pour ne pas spoiler). Si on compare le drama au manhwa, à vrai dire, les changements de la série semblent encore plus radicaux (notamment, dans le manhwa, le roi Yuri est laaaaaargement moins bienveillant envers sa progéniture). Donc je vais laisser le manhwa de côté dans le restant de l’article.

 

Bref : plein de choses ont été changées, certaines sans doute simplement pour donner du dynamisme à l’histoire, mais beaucoup d’entre elles semblent quand même tendre vers un même but, à savoir rendre nos personnages de Goguryeo plus attachants, plus héroïques… Et c’est en observant cela (mais pas que) que j’ai commencé à me poser la question de ce que le drama cherchait à accomplir, au-delà du simple divertissement.

 

 

 

… patriotisme, et propagande

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Le patriotisme est un sentiment qu’on trouve beaucoup dans Kingdom of the Wind, ses personnages étant motivés en grande partie par l’amour de leur pays. Au début, ils ont parfois des motivations plus égoïstes (c’est le cas de Muhyul), mais au fil de la série, ils apprennent à aimer leurs compatriotes, et à vouloir défendre l’honneur et la fierté de leur nation, plutôt que servir leurs propres ambitions, assouvir leurs vengeances, et autres choses du genre. Du moins, du côté des protagonistes, bien entendu. Côté antagonistes, ils restent dans la vengeance, la soif de pouvoir, l’appât du gain, etc, et c’est bien ce qui les perd, puisqu’ils ne sont pas unis par un amour commun pour quelque chose les dépassant, mais séparés par leurs buts individualistes, multipliant les trahisons et les sabotages. En clair le message qui se dégage, c’est : aimer son pays c’est réussir, et penser à soi d’abord, c’est échouer.

 

Et moi, ce qui m’a surtout intéressée, ce n’était justement pas tant le patriotisme des personnages que celui potentiellement provoqué par la série chez les spectateurs (les deux étant évidemment liés, ne serait-ce que parce que l’un -glorifié et présenté comme facteur de réussite- sert à provoquer l’autre).

 

Il y a quinze ans de cela, quand j’ai commencé cet article, je vous expliquais que j’étais entrée dans Kingdom of the Wind avec une part du travail émotionnel déjà fait par Jumong. J’étais déjà investie dans le sort des personnages. On pourrait même dire que je ressentais à leur égard une forme de loyauté, finalement.

 

Une chose que j’ai notée, pendant que je regardais Jumong, et après l’avoir terminé, était ce drôle de sentiment de fierté. Pour citer ce que j’écrivais dans l’article du drama : « J’ai ressenti des drôles de trucs devant cette série, notamment une étrange fierté nationale à l’égard d’un pays disparu auquel je n’ai jamais appartenu (moi qui suis pas exactement sujette à des élans patriotes)… mais je sais pas, après le drama, j’ai regardé des cartes de Goguryeo, et en constatant l’évolution de sa taille et son influence, à l’intérieur de moi, je soupirais « aw, Jumong, joli boulot » (même si en vrai, Jumong est mort assez jeune, et ce sont donc surtout ses descendants qui ont étendu le pays) » C’est un sentiment bizarre, et je ne sais même pas si je ne devrais pas en avoir un peu honte (parce que je n’appartiens pas à la culture que Jumong dépeint), mais en même temps, c’était, je pense, le sentiment que cherchait à provoquer Jumong, donc je suppose que… félicitations ! Il a réussi ! Car je ne peux nier que ce sentiment était là, de même que je ne peux nier que chaque fois que Muhyul tirait à l’arc (la spécialité de Jumong), j’avais le cœur attendri, et que chaque fois que Yuri et/ou Daeso évoquaient Jumong ou sa mort, j’avais un pincement au palpitant. Dans l’épisode 19, Daeso manque furieusement de respect à feue Dame Yuhwa (la mère de Jumong) et à l’intérieur de moi, j’ai serré le poing en grognant « on ne manque pas de respect à Yuhwa, okay ? è.é YUHWA ROCKS ! ». En regardant Kingdom of the Wind, j’ai en fait réalisé à quel point je m’étais attachée aux personnages de Jumong… et si j’ai conscience que ce sont des personnages historiques, bien sûr, pour un public coréen, ça doit certainement être bien plus présent à leur esprit. Je suppose. Je ne peux évidemment pas parler au nom du peuple coréen, du nord ou du sud, mais ça fait partie de leur histoire à eux, celle de leur pays, et la Corée du Sud (celle du Nord aussi) est visiblement très portée sur sa propre histoire, si on en croit le nombre de séries historiques et mes professeurs d’université, qui expliquaient souvent que, notamment à cause de toutes les invasions dont les Corées avaient été victimes, elles avaient développé de forts sentiments nationaux (bon et puis ils donnaient des tas d’autres raisons et des tas de détails, mais je vais pas vous faire un cours, d’autant que je suis la personne la moins qualifiée pour le faire, ayant toujours été une quiche en histoire).

 

En regardant Kingdom of the Wind, pour la première fois, j’ai ressenti la portée patriotique que pouvait avoir un sageuk, pas tant en ressentant celle de Kingdom of the Wind, mais en ressentant celle de Jumong, un drama particulièrement dévoué à faire de son personnage central un héros glorieux. Jumong prend un personnage très important (en Corée du Sud comme du Nord, et Kim Jong Un n’a jamais caché son admiration, notamment) et à moitié légendaire, et en tire un drama avec juste ce qu’il faut de magie pour que son héros ait été explicitement choisi par les Cieux et garde un statut de légende, tout en retirant le plus fantastique (le fait que Jumong soit né dans un œuf après que Yuhwa ait été mise enceinte par le soleil, par exemple) pour proposer une version de l’histoire à laquelle on puisse croire. En clair, Jumong offre une vision de la fondation de Goguryeo (qui est une étape majeure dans l’établissement des Corées modernes) suffisamment réaliste pour devenir une version « officielle » des faits dans la tête des spectateurs, et suffisamment magique pour conserver la majesté d’un mythe. C’est très habile (et ça n’a pas plu à tout le monde du reste, la Chine ayant banni Jumong de ses écrans, n’appréciant pas du tout la version de l’histoire qui y était présentée, parce que pour eux Goguryeo était une province chinoise, et que le portrait des chinois dans Jumong est mal passé)…

 

Je ne m’attends pas à ce que Kingdom of the Wind ait le même effet sur moi, mais il est évident qu’il cherche en partie à reproduire ce qu’avait accompli Jumong. Il reproduit cette ambiance de « suffisamment réaliste mais un peu fantastique quand même » (par exemple, il y a bien une prophétie et un artefact magique qui se réveille au contact de Muhyul, mais le « géant de trois mètres aux yeux de feu » dont il est question dans le Samguk Yusa est à présent un simple général particulièrement bon combattant), et il en reprend surtout les étapes de la construction de son personnage (quitte à réécrire complètement l’Histoire, donc) :

 

• Jumong et Muhyul sont tous deux nés avec des prophéties annonçant qu’ils causeront la fin d’une nation (et à chaque fois la « fin » est plus tard réinterprétée comme un « nouveau départ »).

 

• Jumong et Muhyul reviennent tous deux des morts plusieurs fois.

 

• Jumong et Muhyul sont d’abord tous deux des adolescents pas franchement faits pour mener qui que ce soit, irresponsables et avec une vision très limitée du monde, parce qu’ils ont été élevés « confinés » à cause de leur naissance.

 

• Jumong et Muhyul trouvent tous deux, au début du drama, des artefacts sacrés qui les « reconnaissent » (lol et Muhyul ne pète pas le sien, LUI)

 

• Jumong et Muhyul se trouvent tous deux un mentor en la personne d’un membre de leur famille qu’ils ne savent pas être de leur famille, et grâce à eux, progressent à l’épée, étendent leur vision du monde, tout ça.

 

• Jumong et Muhyul finissent tous deux par apprendre l’identité de leur paternel, et réaliser leur héritage, leur mission dans la vie.

 

• Jumong et Muhyul apprennent tous deux, au fil des dramas, à dépasser leurs motivations personnelles et leur colère pour devenir de bons leaders, s’attirant la loyauté de leur peuple et leur entourage. En notant quand même que Jumong est plus pacifiste et, lorsqu’il en a les moyens, essaie d’éviter les batailles, tandis que Muhyul hésite sans doute moins à attaquer (mais jamais gratuitement)… en même temps, il a une réputation à tenir, vu qu’il deviendra le Roi Daemushin, c’est-à-dire le roi Grand (dae) Guerrier (mu) Sacré/Divin (shin), donc… il faut bien qu’il guerroye un peu… même si une des grandes leçons qu’il apprend le long du drama est que, des fois, il est temps de sonner retraite, plutôt que de s’acharner.

 

• Bien entendu, Jumong et Muhyul finissent tous deux par monter sur le trône de Goguryeo (et c’est pas un spoiler vu que c’est en gros le synopsis des dramas, qui sont des biopics, même si approximatives)

 

Pas que ces étapes soient toutes le summun de l’originalité et ne puissent pas être trouvées dans d’autres œuvres, mais néanmoins, le fait est que Jumong et Kingdom of the Wind ont pas mal de choses en commun, et que je ne peux m’empêcher de penser que Kingdom of the Wind (écrit en partie par le même scénariste que Jumong) voulait, lui aussi, insuffler le même élan patriotique à son public en modifiant son personnage principal, passant d’un gamin nommé prince héritier à 11 ans (du reste, ça doit pas être simple, donc je suis sûre que ça aurait fait une très bonne histoire aussi) à un sauveur revenu d’entre les morts, et un underdog qui a grandi en bas de l’échelle sociale et doit devenir un homme pour mériter son trône. Bref, quelqu’un qu’on a envie d’encourager, soutenir, dans l’évolution duquel on s’implique, comme on l’a fait pour Jumong avant lui. Et ça fonctionne !

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Du moins au début…

 

Vers la fin, j’ai commencé à me désintéresser un peu de ses affaires, pour être honnête… mais au début, j’étais très impliquée dans son parcours !

 

Si vous ajoutez à ça les changements opérés sur la famille royale, pour la rendre sans doute bien plus soudée et aimante (et vivante) qu’elle ne l’était en vérité, et faire de Yuri une figure paternelle plus bienveillante que d’autres sources le laissent apparaître… le drama commence à revêtir un aspect de propagande. Ou, en tous cas, il a clairement choisi une version (fausse) de l’histoire et est fermement ancré dans un camp et use de tous les moyens pour le faire briller. Ce qui ne le rend pas moins divertissant (ça, c’est autre chose qui s’en charge o.o), c’est juste une observation que je me suis faite.

 

Maintenant, je serai la première à reconnaître que je ne suis pas du tout la personne indiquée pour parler de tout ça (donc si quelqu’un de plus versé en histoire/culture coréenne veut corriger mes bêtises, n’hésitez pas !), mais j’ai trouvé ça intéressant de ressentir, pour la première fois, en regardant Kingdom of the Wind, la façon dont les sageuks pouvaient être utilisés. Bien entendu, je n’ai pas découvert avec Kingdom of the Wind que toutes les fictions ont un aspect politique (parce qu’elles offrent une vision du monde jamais neutre), que toutes les fictions historiques proposent une version de l’histoire, qui a donc forcément un aspect politique aussi, et que certaines figures historiques ont été largement réinventées par la fiction dans notre culture aussi, mais c’était la première fois que les mécanismes me sautaient autant aux yeux dans un sageuk, je crois bien, et que je ressentais la chose aussi viscéralement.

 

Bref, je suis sûre que j’ai tout très mal expliqué, mais avoir regardé Jumong avant Kingdom of the Wind m’a fait penser à tout ça, et m’a fait voir Kingdom of the Wind avec des yeux différents tout en me faisant re-réfléchir à Jumong, ce que j’ai beaucoup apprécié faire. On dirait pas, mais j’aime bien réfléchir. Des fois. Un peu.

 

 

 

… l’ombre de Jumong

 

Malheureusement, comme je le disais dans l’introduction, l’association à Jumong a aussi fait du mal à Kingdom of the Wind. Ne serait-ce que parce que ce drama n’est juste… pas aussi bon. Kingdom of the Wind est deux fois plus court que Jumong et a réussi à me sembler deux fois plus long… J’ai trouvé le drama décevant, je l’aurais trouvé décevant même sans avoir vu Jumong, et la comparaison n’a pas aidé. Et vous inquiétez pas, on va parler de pourquoi Kingdom of the Wind se casse la gueule (pour moi), mais je sais que vous vous dites « mais faut pas comparer, aussi ! », alors je voulais juste consacrer une mini mini partie à dire que : … C’EST IMPOSSIBLE BORDAYL. Autant, en ce moment, je regarde Ja Myung Go et ne le compare ni à Jumong ni à Kingdom of the Wind, autant entre ces deux derniers, ne pas faire la comparaison est impossible. Le drama lui-même rend cela impossible.

 

Je vous ai déjà listé, tout à l’heure, plusieurs similitudes entre les deux, dans le ton utilisé et l’enchainement des évènements pour faire évoluer le personnage principal, le tout étant probablement facilité par le fait que les deux séries ont un scénariste en commun.  Kingdom of the Wind, par ailleurs, parle souvent de Jumong, forcément, et Muhyul a été élevé dans sa tombe ! Alors, on est bien d’accord, Jumong est un personnage historique, et l’évoquer ne revient pas forcément à évoquer la série, mais à la télé coréenne, Jumong (qui a été super regardé, ça avait été un hit de fou) a quand même un visage bien arrêté ET CE VISAGE EST DANS KINGDOM OF THE WIND.

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C’est pas le seul acteur de Jumong à jouer dans Kingdom of the Wind, du reste, mais les autres ont des rôles plus différents, alors que dans le cas de Song Il Guk, on est vraiment dans le même genre de rôle, comme j’en ai déjà parlé. Ce qui, d’ailleurs, rend certains moments frustrants, parce que Muhyul apprenait les mêmes leçons que Jumong et j’avais envie de lui crier « DUDE, tu as DEJA appris ça ! » (c’était pas très rationnel, mais bon). Bref, le même acteur joue un rôle très similaire dans un drama reprenant les mêmes étapes que la série précédente, dans un effort évident de jouer sur sa popularité, donc… oui, la comparaison est inévitable. Si Kingdom of the Wind avait voulu qu’on ne compare pas, il aurait au moins dû engager un acteur différent. Il ne peut pas tout faire pour évoquer Jumong et s’étonner ensuite que ça tourne en sa défaveur.

 

C’est d’autant plus dommage que je trouvais que Muhyul avait du potentiel, peut-être même plus que son prédécesseur à la base. En tous cas, il partait avec un capital sympathie plus élevé, déjà.

 

 

… Muhyul

 

Muhyul, au début du drama, est un adolescent n’ayant aucune expérience du monde, parce qu’il a été gardé semi-enfermé toute sa vie. Il va sortir de sa (littérale) grotte, découvrir le monde, apprendre plein de leçons et devenir quelqu’un de meilleur, mais je pense que, dès le départ, il y a quelque chose d’attachant à Muhyul, ou, au moins, de compréhensible, parce qu’on peut compatir avec sa soif de découvrir le monde après avoir vécu sa vie entière confiné à un tout petit endroit (littéralement : une grotte).

 

Pour moi, néanmoins, le moment de son évolution qui avait le plus de potentiel est celui où il se retrouve à bosser pour Buyeo, parce qu’il a la haine contre Goguryeo. La justification à son revirement m’a paru honnêtement un peu faible, parce qu’elle aurait été facilement démêlée puis surmontée, mais c’est une question de vengeance, et la vengeance aveugle, après tout. Jumong était déjà très anti-vengeance, ayant réalisé qu’elle n’était pas le vrai chemin vers la victoire, et que la colère pouvait être utilisée à des fins plus productives, une leçon que Muhyul apprend également, notamment lorsqu’il réalise que sa soif de vengeance n’avait pas de sens, et qu’il a survécu à des épreuves douloureuses pour atteindre un but qui part en fumée en quelques heures, le laissant vide, insatisfait, et plus coupable que jamais. Malheureusement, autant le drama saisit bien l’opportunité d’apprendre à Muhyul les dangers de la vengeance, autant je trouve qu’il est un peu plus décevant dans son exploitation de son passage à Buyeo. C’est l’occasion pour Muhyul d’y former des liens, et notamment de se trouver un « frère de cœur », et d’y former une relation amoureuse avec une jeune femme qui lui avait déjà tapé dans l’œil plus tôt, mais j’ai le sentiment que le drama aurait pu aller plus loin dans sa découverte du pays, pour lui donner une perspective plus nuancée plus tard. 

 

Néanmoins, Muhyul est un personnage qui, à la base, avait tout pour m’intéresser, et qui m’a effectivement intéressée pendant une partie du drama, dans ce qu’il a d’imparfait, et dans les erreurs qu’il continue de faire même une fois la phase d’apprentissage passée, parce que le fait est… qu’elle dure surtout super longtemps, et ne s’achève certainement pas lorsqu’il se trouve à la tête de Goguryeo.

 

Muhyul a beaucoup à apprendre, c’est certain. Pour devenir une meilleur personne, et, surtout, le grand leader qu’il est appelé à devenir. Et dans ce qu’il apprend, je dois dire que certaines leçons me faisaient me sentir particulièrement proche du personnage. Le moment le plus humain de Muhyul, à mes yeux, est celui où il se retrouve effectivement, pas encore roi, mais à la tête du pays, et s’avère terrifié, parce que, comme il dit, maintenant, il doit endosser les responsabilités, et s’il fait une connerie, il ne pourra plus compter sur son père pour régler la situation. Ce moment où tu réalises que tu es un adulte et qu’on attend de toi que tu prennes ta vie en charge, je m’en souviens très bien… parce que je le vis tous les jours …  ( ;A; )… Bon sauf qu’en plus, Muhyul il doit aussi prendre en charge tout un pays, donc j’admets que c’est plus de responsabilité que juste ne pas oublier de faire sa déclaration tous les mois. Surtout quand l’Univers nous a prédit qu’on allait se planter (perso, je me le prédis toute seule).

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Pourtant, clairement, Muhyul nous est présenté comme choisi par les Cieux. Il a trouvé une épée sacrée que personne n’arrivait à trouver, au fond d’une grotte à laquelle personne n’avait pu accéder, et l’épée se « réveille » à son contact, explicitant bien qu’il est l’Elu, l’héritier spirituel à Jumong (traité lui-même comme une sorte de divinité par ses descendants). Mais à la fois, comme j’en ai déjà parlé, il est aussi apparemment destiné à tuer toute sa famille, et détruire le pays, et vous pouvez imaginer que c’est pas simple à encaisser, surtout quand les murs se mettent à saigner pour te dire que tu es maudit. Tu m’étonne que Muhyul ait les boules. Néanmoins, le drama est l’histoire de comment il devient roi, donc, vous vous en doutez, il décide de se rebeller contre le destin, et vous vous en doutez aussi (je pense ?), c’est forcément quelque chose qui me plaisait, parce que je suis très friande d’histoires de gens se rebellant contre le destin (cf. aussi Extraordinary You ou Angel’s Last Mission). La différence étant qu’ici on est dans le domaine de l’Histoire, donc le spectateur averti sait à quoi s’attendre (enfin… plus ou moins, vu que le drama ne donne pas dans la fidélité aux faits) et, tout de suite, ça donne une saveur différente au combat. Sucrée ou salée (par les larmes), je vous laisserai le découvrir, mais en tous cas j’étais fermement dans la team #fuckledestin (parce que je suis toujours dans cette team-là, je peux pas m’en empêcher), donc dans la team Muhyul, compatissant à ses peurs et me réjouissant de ses victoires.

 

Au passage, c’est un détail, mais ça m’a tellement fait plaisir que je voulais l’évoquer quand même : à un moment donné, Muhyul vole un document dans une bibliothèque, et pour que l’ennemi ne sache pas ce qui a été dérobé, il brûle la bibliothèque… et OMG YES. Pas que je sois ravie de voir crâme une bibliothèque, mais combien de fois on voit des personnages voler juste un livre, ou, pire, arracher une page, mettant l’ennemi 100% au courant de leur objectif ?! Je vous jure, ça m’a fait plaisir au fond de moi-même. Bon, par contre, à côté de ça, ils sont pas toujours brillants dans leur stratégie tous ces gens. Rien qu’au début, le drama s’ouvre sur une bataille dans un décor qui serait PARFAIT pour piéger l’ennemi, mais les personnages n’en font rien. Dudes, Sun Tzu n’a-t-il pas dit « Qui ignore la nature du terrain – montueux ou boisé, accidenté ou marécageux – ne pourra faire avancer ses troupes. » ? EH BAH VOILA. Après, c’est vrai que, de toute façon, les personnages de Kingdom of the Wind semblent mener un genre de guerre particulier, où les gens se tuent avec des épées mais sans verser de sang (okay, une fois, il y a eu du faux sang en CGI -et c’était très visible- mais sinon..) :D Cela m’a fait beaucoup rire tout le long de mon visionnage, c’était une source intarissable de fun. Parce qu’elle ne coulait jamais tout à fait pareil ! La plupart du temps, il n’y avait simplement rien qui sortait des gens (ou alors seulement de leur bouche), on ne voyait même pas de « coupure » dans les vêtements… mais une fois, un type a saigné du sable ! Et une autre fois, pour signifier le sang, le drama s’est mis en mode noir et blanc + filtre rouge (épisode 7) qui clignote ! Cela dit, ma méthode favorite est celui de l’ennemi désintégré dans l’épisode 6 où un soldat disparait purement et simplement d’un plan à l’autre. A vrai dire, c’est constant, car on voit des tas de gens se faire tuer, mais bizarrement, y a rarement beaucoup de cadavres par terre… Quand les personnages parlaient du « sang du peuple », je sentais bien que c’était censé être dramatique, mais j’avais toujours un sourire en coin.

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Bref, pour en revenir à Muhyul, je pense qu’il avait du potentiel. Et j’ai fini par décrocher complètement du personnage (on va parler de pourquoi), mais pendant un temps au moins, le drama l’exploite raisonnablement, et je me sentais impliquée dans son évolution, tandis qu’il se créait une petite troupe de fidèles followers.

 

 

… autour de Muhyul

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« La vengeance est stérile », « il faut savoir quand ne plus user de violence », « aime ton pays et ton peuple » sont autant de leçons que Jumong et Kingdom of the Wind veulent tous deux donner, et si je devais en ajouter deux autres, ce serait qu’un homme ne peut remporter la victoire que grâce à la loyauté de ceux qui le suivent, et qu’être un bon leader c’est savoir qui mettre au bon poste en se basant sur un système de méritocratie. Ainsi, tout comme dans Jumong, la différence, soulignée au sein du drama par les personnages eux-mêmes, entre le personnage principal et ses adversaires est que Muhyul inspire ses hommes qui le suivraient n’importe où (finissant même, comme son grand-père, par s’attirer la loyauté de certains anciens opposants), tandis que ses ennemis, eux, doivent satisfaire les ambitions et la soif de leurs partisans, qui ne manquent pas de les trahir dès que ce n’est plus le cas. Et tout comme Jumong avant lui, Muhyul accepte tous ceux qui veulent le suivre, généraux gradés comme malfrats réformés, et leur donne des postes à la hauteur de la valeur qu’ils ont prouvée au fil des épreuves. Le drama nous construit donc toute une petite troupe autour de Muhyul, et pour la plupart, ils sont attachants, que ce soit Gweyu, le géant aux yeux de feu devenu simple général, ou Hye Ap, la cheffe bad-ass ayant élevé Muhyul (dont j’ai apprécié qu’elle ne soit pas contrainte à un rôle maternel, finalement… elle n’avait pas demandé à élever l’enfant, ne l’a pas élevée seule, et n’est pas dépeinte comme ayant une relation maternelle avec, mais plus de cheffe à « membre de sa tribu », ce que j’ai bien aimé). Et bien entendu, même si je n’ai pas super compris ce que Chu Bal So, le brigand finissant par intégrer les partisans de Muhyul, foutait dans ce drama1, je suis toujours contente de voir le visage de Kim Jae Wook à l’écran.

 

S’il y a un MVP néanmoins, c’est bien Maro… et pourtant, c’était pas gagné, parce que, au début, je ne comprenais même pas vraiment ce qu’il faisait dans le drama. Enfin, si, c’est le sidekick à la coiffure malheureuse, qui sert de faire-valoir au héros, et je comprenais qu’ils étaient amis, et que Maro voulait suivre son pote à travers les épreuves, de même que je comprenais que Muhyul le veuille à ses côtés, parce que c’est son meilleur ami et sa source numéro 1 de soutien émotionnel, sans compter que Maro s’avère parfois utile quand il s’agit de déchiffrer un code, par exemple. Mais clairement, au début, Maro est loin d’être un guerrier, et donc, en fait, ce qui m’étonnait surtout c’était qu’il survive aussi longtemps et qu’on l’autorise à rester aux côtés de Muhyul (pardon, c’est cryptique mais je veux pas spoiler). Néanmoins HEUREUSEMENT qu’on l’a fait, parce que vous savez quoi, à l’instar de Muhyul, Maro est un personnage qui évolue énormément le long de la série (et oui, il finit par changer de coupe de cheveux, Dieu merci), devient un héros lui-même, et à la fin du drama, Maro était un de mes personnages favoris, et un des rares dont j’avais encore quelque chose à carrer. C’est pour ça que je voulais absolument le mentionner, parce que MARO FTW !!! Y avait quelques autres personnages auxquels j’étais attachée vite fait, mais seulement deux que je voulais à tout prix garder vivants parce que leur mort me briserait le coeur, et Maro était de ceux-là.

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Pas Muhyul.

 

C’est con, mais à la fin, j’étais teeeellement désintéressée de Muhyul… Alors que pourtant, il partait bien ! Et je pense que, du personnage imparfait du début, Kingdom of the Wind voulait créer un second Jumong, une autre grande figure imposante de héros, que le drama ne manque pas de glorifier comme le faisait Jumong : Muhyul a été reconnu par l’épée sacrée ! Il a survécu à un poison auquel personne n’avait survécu ! Il peut gagner un duel même en ayant été saboté et ne pouvant plus voir son adversaire ! Mais là où Jumong réussissait à donner une échelle légendaire à son personnage, je trouve que Kingdom of the Wind se plante, et en soi, ce serait pas forcément un souci, car un portrait d’homme, c’est tout aussi intéressant qu’un portrait de légende, mais pour la même raison que l’aspect « légende » n’a jamais pris avec moi, je me suis également désintéressée de l’homme…

 

On en vient donc à…

 

 

… URGH, FOUTU TRIANGLE AMOUREUX A LA CON

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Les gens, comment vous exprimer à quel point ce triangle amoureux a fini par me taper sur les nerfs ? Bon, déjà, moi, je shippe facilement les gens et je suis une grande amatrice de romance, mais quand le summun de la passion entre les deux personnages principaux se résume à ça :

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C’est chaud de se prendre au jeu, quoi.

 

Après, certes Jumong (qui avait aussi des triangles amoureux. Pluriel ! Kingdom of the Wind n’en a qu’un, mais Jumong en avait au moins deux principaux, et d’autres secondaires !) n’était pas très démonstratif non plus, et là je m’étais prise au jeu, mais la différence était que dans Jumong, il y avait un bien meilleur équilibre entre parler des personnages, parler de leurs relations amoureuses (auxquelles ils ne se résumaient pas), et parler de tout le reste (genre libérer un peuple et établir une nouvelle nation CE GENRE DE PETITES CHOSES). Les personnages étaient mieux développés, donc j’y accrochais plus, et m’intéressais plus à leurs sentiments, d’autant que Jumong était peu démonstratif mais n’essayait pas de compenser avec de l’émo-titude reloue en veux-tu en voilà, lui.

 

Ici, chaque fois que le thème musical lié à la romance pointait le bout de son nez, c’était pavlovien, je grimaçais, soupirais, et pouvais me sentir me mettre en veille, me détacher du drama en attendant que ça passe. Au bout d’un moment, je ne supportais tout simplement plus Yeon, le personnage féminin principal. Dès qu’elle était à l’écran, je roulais les yeux, et j’en étais à espérer que le personnage tomberait du haut d’une falaise (c’est courant dans les sageuks, après tout), histoire que je n’aie plus à souffrir.

 

Pourtant, les choses auraient pu bien se passer entre nous, parce que ce n’est pas le personnage en soi que j’ai détesté. A vrai dire, je trouve même que Yeon est quelqu’un d’admirable. Elle maintient ses principes, elle est pleine de bonté et compassion envers son prochain, elle ne se laisse consumer ni par la rage ni par la haine même quand ce serait facile et compréhensible (en ça, elle a déjà accompli le chemin que Muhyul galère à faire), et par rapport à ses deux collègues masculins, elle apparait souvent plus rationnelle. Elle n’est pas du genre grande-gueule, elle ne brandit pas d’épée, mais elle est forte tête, elle est intelligente aussi, capable de gérer une urgence. Mais qu’est-ce qu’elle devient faaade. Faut dire que l’actrice est soit mauvaise soit très peu inspirée par son rôle, donc ça aide pas, mais surtout, une fois que le triangle amoureux commence à réellement battre son plein, Yeon est comme « aspirée » par ce triangle amoureux, et c’est pour cela que je ne la supportais plus. Pas parce que le personnage était détestable, mais parce qu’elle était l’équivalent du thème musical romantique : quand elle était à l’écran, je savais qu’il était temps de causer de ce foutu triangle amoureux, puisqu’elle ne contribuait plus à rien d’autre (de façon générale, du reste, les personnages féminins ont beau être variés, ils sont très peu mis en valeur par la série).

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C’est aussi un peu ce qui a fini par arriver à Dojin, le frère d’armes de Muhyul d’une nation ennemie, devenu rival amoureux. Je l’ai supporté plus longtemps parce que le drama l’avait affublé d’une coiffure ridiculement émo, donc quand il se mettait à larmoyer, ça me faisait rire.

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Mais au bout d’un moment, trop c’était trop (et en plus, ils lui ont coupé les cheveux ;A;). Et ce qui est triste c’est que lui aussi, il aurait pu être plus. J’aimais énormément ses bases ! Fils de traitre, appartenant aux assassins secrets du roi Daeso, il voulait réparer les erreurs de son père, se lie d’amitié avec Muhyul, le traitant en véritable frère, découvrant avec lui les joies d’une amitié franche et loyale (il y a toute une scène où Muhyul insiste pour inclure Dojin dans des festivités, et Dojin sourit comme si ça ne lui était pas arrivé depuis des années, aw), avant de réaliser, cruellement, qu’ils appartiennent tous deux à des nations ennemies. Ô douleur, Ô tristesse ! La situation était parfaite pour une bonne tragédie. Deux frères, chacun d’un côté différent d’une guerre qu’ils n’ont pas commencée mais qu’ils n’ont d’autre choix de continuer. J’étais toute prête à ce que le drama me pète le cœur… mais à la place, Kingdom of the Wind est parti dans le triangle amoureux. On passait d’un « je t’aime mais différences politiques/besoin de rédemption/loyauté à mon côté/devoir/destin/etc » à « je l’ai kiffée avant toi, et je me fous de ce qu’elle en pense, c’est ma copine d’abord ;A; ». Surtout du côté de Dojin. Faut dire que Muhyul a plus à quoi se raccrocher, alors que Dojin vire complètement dans le type éconduit qui supporte pas qu’on lui ait volé sa « chose », et le conflit devient tellement petit, tellement répétitif, tellement relou. Et puis j’avais un peu envie de hurler à Muhyul, en particulier, qu’il avait mieux à faire, aussi.

 

C’est là que j’en reviens à mon « Je pense que, du personnage imparfait du début, Kingdom of the Wind voulait créer un second Jumong, une autre grande figure imposante de héros, que le drama ne manque pas de glorifier comme le faisait Jumong […] Mais là où Jumong réussissait à donner une échelle légendaire à son personnage, je trouve que Kingdom of the Wind se plante, et […] pour la même raison que l’aspect « légende » n’a jamais pris avec moi, je me suis également désintéressée de l’homme… » (ouais je fais un flash-back à un truc que j’ai dit y a pas une page… comme c’est Kdramatesque de ma part !).

 

Pour ce qui est de se désintéresser de l’homme, il est simplement arrivé à Muhyul ce qui est arrivé à Dojin et Yeon : plus il était aspiré par le triangle amoureux, plus je galérais à m’intéresser à lui. Ce triangle amoureux était une gangrène pourrissant tout ce qu’elle touchait. Pour Muhyul, c’était un chouïa moins critique parce qu’en tant que personnage principal, il est moins entièrement absorbé que les autres, mais néanmoins, je n’en pouvais plus de voir tout le monde regarder l’horizon quarante fois par épisode en flash-backant avec un air mélancolique, plombant tout le rythme de la série.

 

Et puis il y a l’aspect légende.

 

On peut rendre une histoire d’amour légendaire, évidemment ! Le souci c’est que tous les ressorts utilités par Kingdom of the Wind dans son triangle amoureux sont des ressorts usés et même pas particulièrement bien exécutés… je ne sais pas comment le dire autrement que : ça faisait cheap. C’était petit. C’était recyclé et mou. Kingdom of the Wind visait le « plus grand que la vie » (pour reprendre une expression anglophone) mais à la place il tombe dans le médiocre et banal, avec des personnages immatures, et qui s’en retrouvaient abaissés, de même que le drama. Kingdom of the Wind essayait d’être à la fois une grande épopée légendaire et la plus basique des romances médiocres, et ça n’était simplement pas réconciliable. Donc je me suis ennuyée. Je me suis désintéressée. Et plus la romance médiocre prenait de la place, plus je m’ennuyais, plus je me désintéressais, jusqu’à galérer à finir la série.

 

 

 

… conclusion

 

A la fin, il m’a fallu me rendre à l’évidence : le temps était long, et il n’y avait plus grand-chose dont j’avais encore quoi que ce soit à faire, à par Yeojin, Yuri, et Maro. Et le visage de Kim Jae Wook, je suppose. Je me suis sentie vraiment déçue par ce drama, et si sa relation avec Jumong améliorait l’expérience par endroits, la comparaison inévitable entre les deux accentuait ma déception. Même sans avoir vu Jumong, honnêtement, je ne pense pas que j’aurais été plus embarquée par Kingdom of the Wind (du moins sa seconde moitié). Maintenant… c’est un drama populaire, et mon opinion ne vaut que ce qu’elle vaut, c’est-à-dire pas grand-chose, mais pour ma part, même si je suis contente de l’avoir regardée, en tant que « seconde étape » dans mon voyage au pays des sageuks, ce n’est pas une série que je recommanderais.

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1Sérieusement, what le fuck était up avec Chu Bal So ? J’aimais bien le perso, hein ! J’aime avoir Kim Jae Wook à l’écran, le personnage m’a parfois amusée et m’a même touchée sur la fin, mais je n’arrivais juste pas à comprendre ce qui avait subitement enflammé sa loyauté, ce qui le gardait dans le camp où il était… pour moi, il manquait vraiment quelque chose dans la construction du personnage qui justifie qu’il soit toujours là plusieurs épisodes après. A priori, c’est un personnage historique (qu’on retrouve dans Ja Myung Go, d’ailleurs) qui était appelé à faire partie du gouvernement de Muhyul mais tant qu’à faire, il aurait pu être mieux écrit, quoi o.o => reprendre la lecture