[Off] 11-12 avril 2020: Captive / Alias Grace

Publié le 11 Avril 2020

Samedi 11 – Dimanche 12

 

Vous pourriez lire le roman Captive de Margaret Atwood

 

 

aka le seul livre que j’ai commencé et terminé cette année :’D  (pour le moment ?), grâce à mon club lecture à deux avec Sonyan.

 

Parce que :

 

1. C’est tout simplement bien écrit. Je pense que je ne vais rien apprendre à qui que ce soit, parce que Margaret Atwood est une autrice connue et reconnue dont vous avez certainement déjà entendu parler, mais néanmoins, enfonçons une porte ouverte : c’est bien écrit. Bien que les sujets soient difficiles, et que le texte fasse très « bloc » (parce que, en grande partie, c’est le personnage central qui nous raconte tout et ne fait pas de distinction entre les dialogues, et la narration, les descriptions) le livre est très fluide et, j’ai trouvé, facile à lire. Je l’ai lu lentement, mais pour une question de temps et d’yeux défectueux, rien à voir avec la plume qui, elle, est agréable et jolie tout en n’étant pas chargée. Et j’ai beaucoup aimé les différentes symboliques utilisées par le roman, comme l’utilisation de la couture des courtepointes, par exemple, mise en parallèle avec la structure du récit.  

 

2. Histoire de situer de quoi ça cause : le roman se déroule au Canada, au milieu du 19ème siècle et a pour personnage central Grace Marks, une femme ayant existé et qui a été jugée pour le meurtre/la participation au meurtre de son employeur et sa gouvernante. D’abord condamnée à mort, elle a finalement été placée dans un asile car jugée « démente », avant d’être mise en prison à vie une fois « remise ». Elle a complètement oublié ce qui s’est passé lors des meurtres, ou du moins elle le prétend, et un docteur en psychologie, le Dr. Simon Jordan, commence à revenir avec elle sur sa vie, et les crimes en question, espérant en découvrir plus sur le phénomène d’amnésie et ses mécanismes. Alors, jeune femme manipulée par le meurtrier (un autre domestique, lui, pendu) ? Manipulatrice elle-même ? Coupable, victime ? On ne sait pas trop, et parce que c’est elle qui raconte l’histoire et que nous n’avons presque aucun autre point de vue sur les choses, c’est difficile de trancher, tout le long du roman. Cette ambiguïté, néanmoins, rend le livre d’autant plus intriguant, à mes yeux. On a envie de savoir, on se retrouve aussi fasciné que le docteur (même si pas toujours pour les mêmes raisons, parce que lui, il y a aussi une question de désir déplacé).

 

3. Néanmoins, la culpabilité ou l’innocence de Grace ne sont finalement pas ce qu’il y a de plus important ou intéressant. C’est le point de vue des autres personnages sur elle, et pourquoi ils ont ce point de vue qui est le véritable sujet du roman. Grace est une femme qui a eu une vie très difficile, et malheureusement, banale pour une femme. Le roman dresse un portrait terrible de la réalité d’être non seulement une femme, mais aussi une femme de classe sociale pauvre, dans la société dans laquelle il se déroule. Jeune et jolie, elle est l’objet de tous les désirs mais aussi de tous les mépris, et le roman nous rappelle constamment à quel point la situation des femmes est terrible, non seulement via le récit de Grace mais aussi via les pensées du Dr. Jordan, auxquelles on a droit, et qui ne peut s’empêcher de juger des femmes en fonction du désir qu’il ressent ou pas pour elles : s’il croise un personnage féminin, on saura ce qu’il pense de son physique, ce qu’il imagine de ses mamelons ou de son entrejambe. Son hypocrisie est assez gerbante, honnêtement. Malgré tout, la façon dont le livre dépeint la société et la condition des femmes est intéressante, j’ai trouvé, même si le constat que certaines choses n’ont pas changé (ou pas assez) est plutôt triste.  

 

Bonus : 4. Il y a eu une adaptation en mini-série, disponible sur Netflix sous le titre Alias Grace (le titre original du roman). La mini-série a été réalisée/crée par Mary Harron, et écrite/adaptée par Sarah Polley, donc elle est restée dans des mains féminines (ce qui, je trouve, est de bon ton, compte tenu du sujet). Elle coupe forcément des passages et éléments du roman, mais elle reste quand même très fidèle à son contenu et son esprit, et la plupart des dialogues dedans sont directement tirés du roman. Sarah Gadon est excellente dans le rôle principal, et le reste du casting ne faillit pas plus à la tâche. J’ai regardé la série après avoir lu le livre, et personnellement, je recommanderais les deux :)

 

 

 

Cet article bref a été écrit dans le cadre de mon mois off d'avril 2020

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Rédigé par Milady

Publié dans #Off Weeks, #Littérature, #Roman, #Captive, #Alias Grace, #TV

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