[Off] 13-14 avril 2020: Hadestown

Publié le 13 Avril 2020

Lundi 13 – Mardi 14

 

Vous pourriez vous pencher sur la comédie musicale Hadestown

 

 

Une note : je vais traduire certaines paroles, mais je fais ça rapidement, et assez littéralement, juste pour vous donner un peu une idée. On n’est pas dans de la trad professionnelle, donc ne retenez pas les maladresses contre Hadestown, elles viennent de moi.

 

Bref, vous pourriez vous pencher sur la comédie musicale Hadestown , parce que :

 

1. L’histoire. L’histoire, c’est celle d’Orphée et Eurydice, que vous connaissez sans doute, mais pour vous la faire courte : Eurydice et Orphée s’aiment, Eurydice meurt mordue par un serpent et descend au royaume des Enfers, Orphée est effondré et va la chercher. Fils d’une muse, il arrive à attendrir Hadès avec sa musique, et Hadèls lui dit « ok, tu peux ramener Eurydice dans le monde des vivants si vous arrivez à sortir d’ici, toi marchant devant et elle marchant derrière, sans que tu te retournes vers elle une seule fois ». Sauf que c’est pas facile de ne pas se retourner, le doute assaillant Orphée. Hadestown, tout en gardant l’aspect mythologie grecque (donc les noms et l’histoire sont conservés), transpose le tout dans un contexte plus moderne, inspiré de la Grande Dépression. Eurydice devient une jeune femme affamée acceptant de suivre Hadès parce qu’elle n’en peut plus de la misère, et les Enfers deviennent une ville industrielle, où les âmes des morts sont exploitées, bossent à construire un mur qui n’a pas de sens et sont dépouillées de leur individualité au point d’en oublier leur propre nom. Lorsque Orphée vient chercher Eurydice, c’est elle qu’il veut sauver, mais il réveille et inspire aussi les travailleurs exploités. La transposition de l’histoire marche vraiment bien, les personnages sont émouvants (j’apprécie notamment ce qui est fait avec Eurydice), et le focus sur les âmes des travailleurs est une excellente idée, qui a beaucoup de sens à notre époque, et résonne de façon particulière.

 

Si c’est vrai, ce qu’ils disent,

Alors je n’insisterai pas...

Mais qui sont-ils pour décider de ce qui est vrai ?

 

Car ceux qui mentent

Font les plus solennels serments.

Et ceux qui pipent les dés

Insistent toujours que le jeu n’est pas truqué.

 

Ceux qui distribuent les cartes

Sont ceux qui nous dépouillent,

Une main sur le cœur,

Tandis que nous jouons le jeu qu’ils manipulent.

 

Et ceux qui prennent la parole

Insistent toujours qu’elle est l’unique.

Et il n’y aura pas de réponse

A la question que personne ne pose.

 

Alors je vous le demande : est-ce vrai ?

Je vous le demande, à moi, à vous,

Et vous, et vous.

 

Je crois que notre réponse vaut plus que tout ce qu’ils nous disent.

Je crois que quand on veut encore,

Alors on peut encore.

Je crois qu’on peut encore.

 

Je crois en nous ensemble,

Plus qu’en n’importe qui seul.

 

Je crois qu’ensemble, nous sommes plus forts que nous le pensons.

Je crois que nous sommes plus forts qu’ils le pensent.

 

Je crois que nous sommes beaucoup,

Je crois qu’ils sont peu,

Et que n’est pas au « peu »

De dire au « beaucoup » ce qui est vrai.

If it’s true – extrait

 

2. Si vous aimez la musique : bonne nouvelle, il y en a trois versions, wouhou !! En fait, à la base, tout est parti d’Anais Mitchell. Elle a écrit une première version de la comédie musicale, puis comme elle ne savait pas trop si ça allait marcher, elle en a fait un album concept, et enfin la comédie musicale a commencé à se produire off-Broadway, à rencontrer du succès et donc à se produire sur Broadway (et à gagner plein de prix largement mérités). On trouve donc plusieurs albums Hadestown ! L’album-concept, un live de la première version de la comédie musicale, et un enregistrement studio de la seconde version de la comédie musicale. Et chaque version est différente des autres, et je les aime toutes, en particulièrement l’album live, et l’album studio de la version 2. L’album live est plus énergique, je trouve, et le fait qu’on entende la réaction du public par moments devient une vraie part de l’expérience, mais l’album studio a plein de chansons en plus que j’adore et qui étoffent les personnages. Tous les albums sont bons, chacun apporte quelque chose, et plus de Hadestown dans notre vie, c’est une excellente chose

 

3. Les paroles… Il y a tellement de pépites dans cette comédie musicale, tellement de moments que j’aime. Il y a des jeux de mots que je peinerais trop à traduire pour essayer sans avoir assez de temps, des moments drôles comme la première rencontre entre Orphée et Eurydice (qui me fout les larmes aux yeux malgré tout) :

 

Hermès – Tu aimerais lui parler ?

Orphée – Oui !

Hermès –Vas-y ! Mais, Orphée ?

Orphée – Oui ?

Hermès – N’y va pas trop fort !

Orphée, à Eurydice – Viens vivre avec moi.

Eurydice – Qui êtes-vous ?

Orphée – L’homme qui va t’épouser. Je suis Orphée.

Eurydice, à Hermès – Il est toujours comme ça ?

Hermès - Oui

Come home with me – extrait

 

De grandes envolées magnifiques, des moments qui me serrent la gorge, et puis des moments de construction que j’adore, comme toute la chanson Why we build the wall qui se base sur le principe de répétition, avec une ligne ajoutée à chaque fois, comme des briques qu’on empilerait pour bâtir un mur. Et à la fois, elle souligne l’absurdité de la tâche, qui n’est en vérité qu’une manipulation d’Hadès pour garder les âmes sous son contrôle.

 

Hadès-

Pourquoi bâtissons-nous le mur,

Mes enfants, mes enfants ?

Pourquoi bâtissons-nous le mur ?

 

Ouvriers-

Pourquoi bâtissons-nous le mur ?

Nous bâtissons le mur pour garder notre liberté.

C’est pour cela que nous bâtissons le mur.

Nous bâtissons le mur pour garder notre liberté.

 

Hadès-

Comment le mur garde-t-il notre liberté,

Mes enfants, mes enfants ?

Comment le mur garde-t-il notre liberté ?

 

Ouvriers-

Comment le mur garde-t-il notre liberté ?

Le mur empêche l’ennemi d’entrer,

Et nous bâtissons le mur pour garder notre liberté.

C’est pour cela que nous bâtissons le mur.

Nous bâtissons le mur pour garder notre liberté.

 

Hadès-

Qui est cet « ennemi » ?

Mes enfants, mes enfants ?

Qui est cet « ennemi » ? 

 

Ouvriers-

Qui est cet « ennemi » ?

C’est la pauvreté, l’ennemi,

Et le mur empêche l’ennemi d’entrer,

Et nous bâtissons le mur pour garder notre liberté.

C’est pour cela que nous bâtissons le mur.

Nous bâtissons le mur pour garder notre liberté.

 

Hadès-

Parce que nous avons ce qu’ils n’ont pas,

Mes enfants, mes enfants.

Parce qu’ils veulent ce que nous avons.

 

Ouvriers-

Parce que nous avons ce qu’ils n’ont pas,

Parce qu’ils veulent ce que nous avons,

C’est la pauvreté, l’ennemi,

Et le mur empêche l’ennemi d’entrer,

Et nous bâtissons le mur pour garder notre liberté.

C’est pour cela que nous bâtissons le mur.

Nous bâtissons le mur pour garder notre liberté.

 

Hadès-

Qu’avons-nous qu’ils convoitent,

Mes enfants, mes enfants ?

Qu’avons-nous qu’ils convoitent ?

 

Ouvriers-

Qu’avons-nous qu’ils convoitent ?

Nous avons un mur à bâtir.

Nous avons du travail, ils n’en ont pas.

 

Hadès-

Et le travail n’est jamais terminé,

Mes enfants, mes enfants !

Et la guerre n’est jamais gagnée !

 

Hadès et les ouvriers-

C’est la pauvreté, l’ennemi,

Et Le mur empêche l’ennemi d’entrer,

Et nous bâtissons le mur pour garder notre liberté.

C’est pour cela que nous bâtissons le mur.

Nous bâtissons le mur pour garder notre liberté.

Nous bâtissons le mur pour garder notre liberté.

Why we build the wall

 

4. La scène. J’ai eu la chance de pouvoir voir la comédie musicale à Broadway, sur scène, et je suis consciente que c’est une opportunité que tout le monde n’a pas, parce qu’il faut se déplacer, et que ça coûte des sous. Mais si vous en avez l’opportunité et les moyens, je vous recommande chaudement d’aller voir ce spectacle, parce que ça en vaut largement le coup. Déjà, si l’aspect tragédie est palpable dans la musique et me prend à la gorge à chaque écoute, il y a beaucoup de moments drôles dont on saisit mieux l’humour quand on les voit joués. Et bien sûr, la portée tragique est également encore plus intense sur scène. Mais aussi, la mise en scène d’Hadestown est remarquable d’ingéniosité, comme c’est le cas de beaucoup de comédies musicales, et c’est impressionnant de voir ce qui est fait avec une scène d’apparence plutôt simple, quelques accessoires, et juste un sol qui tourne et des lumières bien placées.

 

5. J’ai gardé la musique pour la fin, mais c’est bien sûr l’essentiel, et je m’en vais donc vous laisser écouter des bouts, mais j’aime absolument toutes les chansons de cette comédie musicale, et vous recommande simplement de l’écouter en entier

Je ne vous mets pas l’avant-dernière chanson, Road to Hell (reprise) parce que je pense qu’on l’apprécie mieux quand on a vécu tout le reste, mais chaque fois qu’Hermès commence à chanter, l’air fatigué et triste, j’ai envie de pleurer. Son « C’est une chanson triste mais nous la chantons quand même » me fout des frissons, et quand la musique commence à revenir comme si le monde reprenait vie, quand le morceau commence à reprendre de l’intensité (« Est-ce que vous le voyez ? Est-ce que vous l’entendez ? Est-ce que vous le sentez venir, comme un train ? Est-ce qu’il vient ? Est-ce qu’il vient par là ? »), et qu’on en revient au début, à Perspéhone sortant du train à nouveau, c’est foutu, vous m’avez complètement perdue. Je ne peux pas exprimer tout l’amour que j’ai pour cette comédie musicale, mais j’espère sincèrement que si vous décidez de l’écouter, vous ressentirez le même

 

 

 

Cet article bref a été écrit dans le cadre de mon mois off d'avril 2020

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Rédigé par Milady

Publié dans #Off weeks, #Hadestown, #Musique

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