[La salvation, c'est les autres] SABU さぶ

Publié le 22 Mai 2020

Pas pressé, Sabu prend son temps et propose une histoire d’amitié qui m’a beaucoup touchée, mais a une attitude vis-à-vis de ses personnages féminins qui m’a dérangée.

 

 

 

 

Sorti en 2002

Dure 2h02

Réalisé par Takashi Miike

Ecrit par Takeyama Yo

D'après le roman de Yamamoto Shuugorou

 

Avec :

Fujiwara Tatsuya : Eiji

Tsumabuki Satoshi : Sabu

Tabata Tomoko : Nobuko /Onobu

Fukiishi Kazue : Osue

Etc

 

 

Dontesque ?

Eiji et Sabu ont grandi ensemble dans la pauvreté, apprentis dans la même boutique. Lorsqu’Eiji est accusé d’avoir volé, bien qu’il soit innocent, il est envoyé sur une île de prisonniers pour y travailler. En colère, il décide de se venger de quiconque a arrangé son arrestation. Le long de son emprisonnement, Sabu refuse d’abandonner son ami, malgré les efforts de ce dernier pour le repousser.

 

Fiche Ecrans d'Asie: ICI

 

 

oOo

 

 

Introduction

 

Eiji : le protagoniste

Sabu : le thème

Nobuko : le cadre

 

Conclusion

 

 

Le projet Buki !!!

 

Et ce film-là... je le redoutais. J'ai beaucoup repoussé son visionnage, parce que je l'avais déjà vu et tout ce qui m'en restait était le souvenir que ce film était long, plutôt ennuyeux, et déprimant à souhait. Donc je regardais son titre dans ma liste de choses Buki à voir, et chaque fois je me disais "non, plus tard", "pas tout de suite", "ça peut attendre". Mais, ouf, j'ai fini par me reprendre, me foutre un coup de pied au cul et me dire "allez, peut-être que ça va faire comme Su-Ki-Da, que tu avais trouvé chiant à mourir à une époque et que tu as adoré à la revoyure ! Et puis c'est réalisé par Takashi Miike, et il a fait des films que tu as adorés, des que tu as détestés, mais jamais aucun qui t'ait ennuyée ! alors arrête de procrastiner et regarde ce foutu film, espèce de lâche"... Le twist ?

 

En fait, je n’avais jamais vu ce film.

 

Je ne sais pas avec quoi je le confondais, mais je n'avais jamais vu Sabu, et donc j'ai repoussé son visionnage pendant des mois pour absolument aucune raison :'D Oh, et aussi, à chaud, ça m'a plu (de grosses réserves sont apparues à la réflexion), donc je n'ai toujours pas vu de film de Takashi Miike qui m'ait ennuyée, woohoo. Même si, en toute honnêteté, je comprendrais que certaines personnes puissent trouver le temps long devant celui-là, parce qu'il n'est clairement pas pressé et que, pour peu qu'on n'y accroche pas, on doit sentir les minutes passer. Si je ne me suis jamais ennuyée, le film a d'abord été diffusé en tant que téléfilm d'1h30 puis rallongé pour sa sortie au cinéma, et je pense sincèrement que le format précédent d'1h30 devait être suffisant. Bien sûr, ce serait à vérifier, puisque je n'ai vu que la version plus longue, et que tout dépend de ce qui a été ajouté, mais simplement, je pense qu'1h30 aurait suffi à raconter l'histoire.

 

Sur ce, causons.

 

 

… Eiji : le protagoniste

 

Si le titre du film est "Sabu", je pense que la plupart des gens s'accorderont à dire que c'est surtout l'évolution d'Eiji que nous suivons, c'est-à-dire l'ami de Sabu qui est envoyé en prison (une île-prison, où les criminels bossent, entourés par des gardiens). Sabu ne change jamais, c'est Eiji qui progresse réellement le long du film.

 

Pour résumer: Eiji a la haine contre le monde. Encore plus adulte, mais en vérité, déjà enfant, on sent bien que ce monde ne l'enthousiasme pas des masses et qu'il a du mal à accepter les autres, refusant notamment le parapluie que lui propose Nobuko, une petite fille que lui et Sabu croisent dans la rue. Une fois en prison, il ne cesse de se battre avec les autres détenus et même les gardes. Le coeur rongé par la soif de vengeance, il demande même à la femme qu'il aime de tirer un trait sur lui, parce qu'il sait qu'en voulant se venger il court à sa ruine, mais qu’il ne peutplus s’arrêter, consumé par la colère.

 

Bref, oui, il a la haine, et franchement, on ne peut pas lui en vouloir, parce que pour les gens pauvres comme lui, c'est la merde. Si les parents de Sabu ont abandonné leur fils parce qu'ils étaient trop pauvres, ceux d'Eiji sont morts dans un incendie quand il avait huit ans. Il s'est retrouvé tout seul, à travailler très jeune dans un environnement dur. Après avoir volé à manger une fois parce qu’il avait trop faim, il est devenu un adulte tout à fait respectable, mais lorsqu'il est accusé de vol, son passé le rattrape : les gens se disent qu'après tout, s'il a volé une fois, c'est quasiment certain qu'il a récidivé. Il se retrouve donc en prison pour un crime qu'il n'a pas commis. Après la pauvreté, la famine, la lutte pour survivre, vient donc l'humiliation... et la violence, aussi, car la scène où Eiji est arrêté, se débat, et est frappé en retour est particulièrement violente. Mais pas dans le genre "débauche de sang et tripes" : on n'est pas dans l'exagération, mais dans une présentation bien plus réaliste de la violence, avec une caméra qui se concentre beaucoup sur le visage d'Eiji plus que sur les coups eux-mêmes. Et c'est sur son visage qu'on ressent chaque impact, sa douleur, sa rage, sa dégradation... Les coups font mal, mais c'est à l'intérieur d'Eiji que les blessures les plus difficiles à guérir se font, et c'est là qu'est la vraie violence de la scène.

[La salvation, c'est les autres] SABU  さぶ
[La salvation, c'est les autres] SABU  さぶ[La salvation, c'est les autres] SABU  さぶ
[La salvation, c'est les autres] SABU  さぶ[La salvation, c'est les autres] SABU  さぶ

De façon générale, le film est dans la restreinte question présentation (et Fujiwara Tatsuya aussi, ce qui est une bonne nouvelle, le concernant). Beaucoup d'immobilité, beaucoup de silence ou de musique calme et discrète, voire de moments simplement rythmés par le bruit d'une bourse qui est tournée et retournée sur une table, ou accompagnés de bruits de pluie. Il se passe pas mal de choses dans la vie des personnages quand on y réfléchit, mais le film donne un sentiment de tranquillité, et de temps qui passe lentement. Personnellement, j'ai trouvé comme une qualité hypnotique à ce film. J'en aime tout particulièrement le début, lorsqu'on regarde Sabu et Eiji grandir.

 

/!\ TW suicide /!\: j'en profite pour avertir que la première scène du film montre le corps d'une jeune femme qui s'est suicidée. L’image revient brièvement plus tard dans le film. Si vous avez besoin de détails, n’hésitez pas à demander en commentaire, et prenez soin de vous

 

Après une introduction mémorable, aussi simple, terre à terre et esthétique que sombre et dramatique, le film nous présente ses personnages principaux, puis, via un montage qui sert également de générique de début, il nous montre ce qu’a été l’enfance d’Eiji et Sabu. Tout commence par un soleil qui réapparait après la pluie, des mouettes qui volent simplement au-dessus d’une eau calme (et associée à la musique, cette image pourtant très brève me donne envie de pleurer chaque fois que je la revois, allez savoir pourquoi), un marché bondé, puis des scènes de vie simples, où les deux personnages, même quand ils ne font pas les mêmes gestes, semblent partager le même rythme. Sans un mot, cette introduction nous dit tout ce qu’on a besoin de savoir sur Eiji et Sabu, qui ont grandi constamment ensemble, accordés l’un à l’autre, et je trouve que c’est une séquence particulièrement émouvante et réussie.

[La salvation, c'est les autres] SABU  さぶ[La salvation, c'est les autres] SABU  さぶ
[La salvation, c'est les autres] SABU  さぶ

Sur ce, parlons justement de Sabu. Parce que, certes, c’est l’évolution d’Eiji qu’on suit, mais si le film porte le nom de Sabu ce n’est pas pour rien : Sabu est le thème du film.

 

 

… Sabu : le thème

 

Sabu nous est, au premier abord et selon les personnages, présenté comme le plus faible des deux jeunes hommes. Il n’est pas aussi prompt à l’ouvrir, il parait moins solide, il est moins bagarreur, et il pleure très souvent (un truc que Buki maitrise parfaitement, du reste, et il rend très bien toute la bonté, la générosité, et l'innocence de son personnage). Mais alors même qu'il admire la capacité d’Eiji à résister et se rebeller, je pense qu'il oublie que lui-même n'est pas passif du tout. Il essaie de protéger Nobuko contre son proxénète, par exemple, et même s'il n'arrive pas à le dominer physiquement, c'est grâce à son intervention que le-dit proxénète est arrêté. Et il proteste également au nom d'Eiji, défendant l'innocence de son ami. Sabu n'est pas aussi passif qu'il semble se considérer, et en vérité, il n'est pas faible du tout. C'est juste qu'il n'a pas les caractéristiques traditionnelles de la virilité, mais il traverse la laideur du monde en conservant tout ce qu'il a de bon et de pur, un exploit qui demande une sacrée force. Si Eiji manque de chuter et marche sur une corde fine, Sabu est son bâton d'équilibriste, droit, solide, incassable, qui l'empêche de tituber et basculer.

 

En cherchant si "sabu" avait une signification, je suis tombée sur plusieurs sites selon lesquels ce prénom d’origine hindi voudrait dire « personne forte et loyale ». Je ne peux pas corroborer, et je ne sais pas si c'est la référence que voulait faire le film, mais force est de constater que ça collerait bien au personnage qui choisit d'être loyal à Eiji à chaque occasion qui se présente. Il ne démord jamais de son amitié avec lui, même lorsque celui-ci essaie de le repousser, n'envisageant de la sacrifier que si c'est le seul recours qu'il a pour sauver son ami. Le long du film, tout le monde est suspecté d'avoir fait arrêter Eiji, et j'ai moi-même suspecté pas mal de gens, mais Sabu est le seul personnage dont je n'ai jamais douté.

 

Par ailleurs, si Sabu est un personnage, un être humain, il est aussi plus que cela : il représente une part d'Eiji, la meilleure part.

 

Sans Sabu, Eiji n'est plus réellement Eiji. D'ailleurs lorsque Eiji est envoyé en prison et coupe les ponts avec Sabu, il change de nom pour se faire appeler Bushu (et je me demande si ce nom-là a une signification ? j’avais commencé à entrevoir un sens possible, mais c’est dur de savoir sans avoir les kanjis qui composent le nom…), donc littéralement, il n'y pas d' "Eiji" sans Sabu. Et vers la fin du film, sans vous spoiler ce qui se passe, un personnage prend une décision importante, et très difficile, parce que ce personnage sait que s'il ne prend pas cette décision, le lien entre Eiji et Sabu sera brisé, et que ce serait détruire Eiji. Pour les gens qui ont vu le film, je parle de [spoiler] la décision de la future épouse d'Eiji d'avouer que c'est elle qui l'a fait arrêter... c'était ça ou laisser croire à Eiji que Sabu est coupable, et ça aurait clairement achevé de détruire Eiji. [/spoiler]

[La salvation, c'est les autres] SABU  さぶ[La salvation, c'est les autres] SABU  さぶ[La salvation, c'est les autres] SABU  さぶ
[La salvation, c'est les autres] SABU  さぶ[La salvation, c'est les autres] SABU  さぶ

Sabu est la part d’Eiji qui contient toute sa compassion, sa foi en l'humain, sa capacité à se lier aux autres, et c'est illustré dans l'évolution d'Eiji en prison. Jusque-là, les deux personnages ont grandi et vécu ensemble quasiment toute leur vie, mais pour la première fois, les voilà séparés pour longtemps, et Eiji, dévoré par sa colère et sa haine, au début, veut même ne plus revoir Sabu, qui, néanmoins, insiste, et continue de lui rendre visite. Petit à petit, on peut voir comme retrouver Sabu, et le réaccepter, transforme Eiji. Plus Sabu lui rend visite, plus Sabu se réintroduit dans sa vie, plus Eiji créé des liens avec ses codétenus, plus il communique avec le monde de façon positive et plus le monde le lui rend. De "Bushu", il commence à redevenir Eiji. Sabu est donc l’histoire d’un homme tellement maltraité par le monde qu’il en rejette son humanité, un « sabu » qui résiste et veut refaire surface. Et non seulement Sabu le pousse à être plus humain, mais l'influence de Sabu sur lui devient l'influence d'Eiji sur les autres, comme un caillou qui tombe dans l'eau et provoque de petits ronds qui finissent par s'étendre à toute la surface d'un lac.

 

[spoiler] Notamment, le proxénète envoyé en prison trouvera sa rédemption (du moins c'est ce veut signifier le film, mais j'y reviendrai) en se sacrifiant dans les flammes pour sauver une femme, disant un "merci" silencieux à Eiji avant de mourir, et indirectement, ce "merci" s'adresse à Sabu car non seulement Sabu l'a "envoyé" en prison, mais c'est aussi lui qui a permis à être d'Eiji la personne qu'il devait être pour inspirer le proxénète [/spoiler]

 

Par ailleurs, on notera aussi qu’à un moment du film, Sabu est comparé (par Nobuko) à une divinité, bienveillante qui veillerait sur les gens, et les sauverait, insistant bien sur le côté plus qu’humain de Sabu. Parce qu’il ne représente pas juste la meilleure part d’Eiji mais aussi celle de l’humanité en général, à savoir: les autres. Dans la prison, la véritable leçon qu'apprend Eiji, c'est qu'on ne peut pas vivre sans les autres, et que la solidarité, la bienveillance et la générosité entre individus sont ce que l'humain a de mieux à offrir.

 

Maintenant, tout cela ne signifie pas que l'humain ne reste pas faillible, et même après avoir appris sa leçon, Eiji n'en reste pas moins fixé sur sa vengeance, donc je vous laisserai découvrir qui de Sabu ou de la rage d'Eiji finira par prendre le dessus.

 

 

… Nobuko : le cadre

[La salvation, c'est les autres] SABU  さぶ[La salvation, c'est les autres] SABU  さぶ[La salvation, c'est les autres] SABU  さぶ
[La salvation, c'est les autres] SABU  さぶ[La salvation, c'est les autres] SABU  さぶ

Complétons à présent notre trio de personnages principaux : Eiji est le protagoniste. Sabu est le thème. Et Nobuko est le point de vue, ainsi que le cadre du récit. Non seulement c'est elle qui compare Sabu à une divinité, et rend donc évidente la dimension que le film veut lui donner, mais on commence et finit le film avec elle, et c'est elle qui introduit les personnages d'Eiji et Sabu.

 

Le procédé donne, je pense, de l'importance à l'histoire et aux personnages. D’une part, Nobuko souligne verbalement cette importance (entre autres choses, elle nous dit qu’Eiji et Sabu donnent des couleurs au monde, par exemple), mais, aussi, le simple fait qu’elle veuille parler d’Eiji et Sabu signifie qu’au sein du récit ils sont un souvenir qui mérite d’être évoqué et partagé. Bien sûr, de base, le film a été tourné, à partir d’un roman, puis diffusé donc c’est bien que plusieurs personnes ont jugé qu’il serait bon de nous mettre tout ça devant les yeux, ce qui est vrai de tous les films, mais le procédé souligne et communique l’importance de l’histoire qui va nous être racontée pour Nobuko, et on est ainsi invités, nous aussi, à la prendre d’autant plus à cœur.  

 

Bien sûr, Nobuko n’est pas qu’un outil pour encadrer le récit : elle est elle-même un personnage, avec son propre parcours… mais malheureusement, c’est là que le bât blesse.

 

Nobuko, tout comme Eiji, en a après le monde. C'est d’ailleurs une des premières choses qu'elle nous dit, alors qu'elle jette des pierres aux canards : le monde pourrait bien partir en flammes que ça ne lui ferait rien. Et comme Eiji, elle a de bonnes raisons de ressentir cette rage.  Sa grande soeur est la personne qui s'est suicidée au début du film, la laissant seule au monde, et Nobuko est non seulement pauvre, mais aussi une femme, donc elle cumule les désavantages. Plusieurs fois volée par le proxénète du coin, elle vit généralement une vie sans joie dont elle n'a qu'une envie: en sortir. Peut-être pas de la même façon que sa soeur (qui a dû mener une existence similaire, si bien que son corps sans vie a quelque chose de prophétique dérangeant), mais s'enfuir. Mais contrairement à nos deux personnages masculins (qu'elle supplie chacun leur tour de partir avec elle), qui ont au moins une lumière au bout du tunnel, pour Nobuko, le passage à l'âge adulte est un parcours vers la résignation.

 

[spoiler] A la fin, elle finit mariée à un homme bien plus âgé qu'elle qui tient un restaurant, c'est-à-dire précisément ce qu'elle avait refusé de faire peu de temps avant. Mais elle conclue qu'elle est heureuse, parce que c'est le mieux qu'une femme comme elle puisse espérer, qu'elle n'est plus en colère contre le monde... En clair elle a accepté son sort, et c'est terriblement triste, surtout dans un film qui, sinon, me parait plutôt optimiste. Après, il y a d'autres personnages féminins pour qui ça finit mieux, c'est vrai, et donc, dans le cas de Nobuko on peut se dire qu'elle a, en quelque sorte, été "punie" d'avoir voulu séparer Eiji et Sabu, mais d'un autre côté, dans sa situation, qui n'aurait pas cherché à s'enfuir en s'accrochant à toutes les branches possibles ? (on pourra noter aussi que dans les deux personnages féminins principaux, l'une est une tentatrice qui finira punie, et l'autre, Osue, est l'élément déclencheur qui a fait arrêter Eiji par jalousie vis-à-vis d'une autre femme... que des emmerdes, donc, même si Osue finit par se repentir et donc être pardonnée)[/spoiler]

 

Mais ce qui m'est surtout resté en travers de la gorge, c'est l'histoire du proxénète, personnellement.

 

En prison, Eiji fait la rencontre de plusieurs personnes, et deux sortent particulièrement du lot à mes yeux, parce que le film leur donne une importance particulière. L'un est un homme qui a tué sa femme, mais qui est présenté comme un personnage attachant auquel le film laisse le soin de délivrer une des lignes les plus importantes, et la grande leçon de Sabu, à savoir qu'on ne peut pas vivre sans les autres. L'autre, c'est donc le proxénète, également violeur récidiviste qui trouve sa "rédemption" dans la prison. La « rédemption » (si tant est qu’une rédemption soit possible) est déjà plus que mince, mais, aussi, après ça, Eiji arrive quand même à convaincre (hyper rapidement, en plus) Nobuko qu’il y avait du bon chez son violeur récidiviste, et que c’est peut-être elle qui juge trop vite (dude, seriously ?!). Le film rendait déjà clair que le proxénète violeur s’était racheté (non), et il enfonce le clou un peu plus en faisant sa victime elle-même, et notre personnage point de vue, accepter la chose.

 

Les personnages féminins de ce film finissent soit graciés et sauvés par les personnages masculins, soit morts (je pense à la grande sœur de Nobuko), soit résignés à l’existence médiocre qu’elles méritent, et en soi ça me dérange pas qu'elles tirent la courte paille parce que je n'ai aucun mal à croire que, dans leur contexte, c'est comme ça que ça se passerait pour elles, mais mon souci est qu'à côté de ça que leurs tueurs et violeurs se trouvent aisément pardonnés et rachetés par le film (et pas juste par leurs pairs, ce qui serait différent)… Alors je sais pas, peut-être que j’ai compris des trucs de travers, c’est toujours très possible, mais moi, ça m’a laissé un goût amer dans la bouche.

 

 

… en conclusion

 

Sabu est un film, à mes yeux, sur les façons dont nous pouvons répondre à un monde qui craint, et sur ce qu'il y a de beau à protéger dans l'humanité mais qui peut si facilement être perdu. Au coeur de l'histoire, les deux personnages principaux m'ont beaucoup touchée, surtout Sabu, et sur le moment, j'ai aimé regarder le film (même si certaines scènes m’ont fait grimacer). Néanmoins, je regrette fortement le traitement des personnages féminins et leurs agresseurs, et la misogynie que j’ai perçue dans le film. Malgré tout, je suis contente de ne pas en avoir repoussé le visionnage éternellement. Une conclusion mitigée donc : j'ai beaucoup aimé ce que j'ai aimé, mais j'ai été dérangée par une partie du film.

[La salvation, c'est les autres] SABU  さぶ[La salvation, c'est les autres] SABU  さぶ
[La salvation, c'est les autres] SABU  さぶ[La salvation, c'est les autres] SABU  さぶ
[La salvation, c'est les autres] SABU  さぶ[La salvation, c'est les autres] SABU  さぶ[La salvation, c'est les autres] SABU  さぶ
[La salvation, c'est les autres] SABU  さぶ[La salvation, c'est les autres] SABU  さぶ

Sur ce, plus d'histoires d'amitié touchantes :

 

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :