[Feuilles d'érable] Tenchijin 天地人

Publié le 4 Juillet 2020

Pas très subtil, Tenchijin s'est malgré tout avéré être un drama attachant qui m'a fait m'intéresser à la période qu'il dépeint, et dont j'ai dévoré la cinquantaine d'épisodes, me réjouissant au passage de son joli casting.

 

 

Diffusé en 2009

Sur NHK

50 épisodes d’environ 45 minutes

Réalisé par Kataoka Keiji, Ichiki Masae & Noda Yusuke

Ecrit par Komatsu Eriko

D’après le roman d’Hisaka Masashi

 

Avec :

Tsumabuki Satoshi : Naoe Kanetsugu

Kitamura Kazuki : Uesugi Kagekatsu

Oguri Shun : Ishida Mitsunari

Tokiwa Takako : Osen

Abe Hiroshi : Uesugi Kenshin

Takashima Reiko : Sentoin

Sasano Takashi : Toyotomi Hideyoshi

Kikkawa Koji : Oda Nobunaga

Matsukata Hiroki : Tokugawa Ieyasu

Etc

(le drama a un cast important énorme, je peux pas mettre tout le monde ><)

 

 

Dontesque ?

 

De son enfance à ses derniers jours, Tenchijin suit la vie de Naoe Kanetsugu, samurai au service d’une grande famille : celle des Uesugis, d’abord menée par le grand seigneur de la guerre Uesugi Kenshin, puis par son fils Kagekatsu. Dans une époque mouvementée de combats, puis d’unification et changement de régime, Kanetsugu, mené par son sens de la justice à toute épreuve, essaie d’œuvrer pour le bien de son pays.

 

Fiche Ecrans d'Asie: ICI

 

 

oOo

 

 

Introduction

 

le style taiga et ses effets

les taigas et Tenchijin

un outil pédagogique

un frein à l’immersion

 

Kanetsugu : ses valeurs, et pourquoi tout le monde l’aime

 

Les gens autour de Kanetsugu

Osen (et la place des femmes dans Tenchijin)

Kagekatsu (et l’aspect familial de Tenchijin)

Ishida Mishinari (et les cheveux d’Oguri Shun)

 

Conclusion

 

 

Vous savez déjà pourquoi j'ai lancé ce drama: Projet Buki oblige, Buki est au casting, donc il fallait que je le regarde. Notez, il n'était pas le seul membre du casting à être motivant, parce que le drama se paye le luxe de mettre également à l'écran Tokiwa Takako, Abe Hiroshi, Kichise Michiko, Oguri Shun, Aibu Saki, Tamayama Tetsuji, etc, et même Matsuda Ryuhei, auquel je ne m'attendais pas du tout, et dont l'apparition m'a littéralement fait clapper des mains tellement j'étais contente de le voir. Il ne manquait plus qu'Eita et vous m'aviez perdue. Mais même sans Eita, c'était un sacré casting, et j'étais aux anges de passer le drama en leur compagnie, drama qui, à la base, me faisait un peu peur, parce que, voyez-vous, c'est un taiga. Or les taigas, je me suis plusieurs fois cassé les dents dessus par le passé. Généralement, au bout de moins de trois épisodes, je passais à autre chose, l'exception étant Atsuhime que j'ai tenté de regarder plusieurs fois, et dont j'ai fini par voir la moitié, mais sans jamais le finir (c'est mon nouveau Jumong, et un jour je le verrai, je me le promets... surtout que, en plus, la dernière fois, ça me plaisait bien). Et ce qui me détournait des taigas, ce n'était pas tant les spécificités de chacun que les spécificités du genre lui-même, spécificités que j'allais donc sans doute retrouver dans Tenchijin, et j'avais très peur de ne pas accrocher du tout. Heureusement, mes peurs se sont avérées infondées, et pour la première fois, j'ai commencé et terminé un taiga drama, le tout en deux semaines (donc je l'ai pas mal avalé) et avec le sourire.

 

Parlons-en, donc !

 

 

… le style taiga et ses effets

 

•  les taigas et Tenchijin

 

Pour commencer, je pense qu'il faut quand même que je vous définisse un peu ce qu'est un taiga, et ce qui vient avec. En notant quand même que je vais en partie faire part de mes observations de non-spécialiste, donc corrigez-moi si je dis des conneries.

 

Les dramas "taiga" sont une catégorie de dramas apparue dans les années soixante sur la chaine (japonaise, bien sûr) NHK. Ce sont des dramas historiques, centrés autour d'un individu (parfois très populaire et connu, et parfois moins) qu’ils suivent a priori sur l’étendue de sa vie. Il sont diffusés sur toute une année, à raison d'un épisode de 45 minutes par semaine, ce qui donne des séries d'entre 40 et 50 épisodes. C'est donc un format long (même si plus court que beaucoup de dramas chinois, et longs sageuks, finalement) pour un jdrama (à noter que la NHK propose aussi les dramas asadoras, qui font 150+ épisodes de 15 minutes, donc ce sont des pros du long format^^). Tenchijin a fait de bons taux d'audience, mais de façon générale, il semble que les dramas taiga soient bien moins regardés ces dernières années ce que, honnêtement, je peux comprendre, parce que, déjà, la télé japonaise en général a l'air de souffrir de taux d'audience plus bas, mais aussi parce que les taigas sont (dans la forme) conservateurs et ne correspondent sans doute pas aux tendances modernes, sans compter qu'ils demandent à leur public beaucoup de patience et de fidélité.

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Tenchijin, en l’occurrence, suit la vie de Naoe Kanetsugu (1560-1620), né Higuchi Yoroku, qui fut un samurai au service de la grande famille Uesugi Pour un drama long, Tenchijin passe très peu de temps avec son casting jeune, n’y consacrant que moins de deux épisodes pour retrouver aussitôt son casting adulte1, et passer aux choses sérieuses pour les personnages, qu’on va suivre sur une très longue période (56 ans).  Le long du drama, de grands leaders émergent et disparaissent, et via le parcours de Kanetsugu, c’est le portrait d’une époque que peint Tenchijin. Celle de puissants seigneurs de la guerre (dont Uesugi Kenshin) s’affrontant sur tout le territoire, celle de l’arrivée des premiers européens au Japon (bien que ce ne soit pas aussi traité que le reste, on peut sentir leur présence, ne serait-ce que dans l’intérieur d’Oda Nobunaga), celle de l’unification, celle des révolutions d’Hideyoshi dans le mode de vie des samourais, celle de l’instauration du régime Tokugawa… bref, il y a de quoi faire. 

 

Je dois dire que regarder le drama m’a donné deux envies en particulier :

 

1/ regarder un autre taiga mais, cette fois-ci, sur toute une année, comme prévu par la NHK. La raison est que j’aime beaucoup le sentiment de nostalgie qui vient à la fin des longs dramas (même s’il me pète le cœur), quand on a passé beaucoup de temps de sa vie dessus, et que comme les taigas suivent vraiment des gens du début à la fin de leur vie, je me dis que passer une année entière en leur compagnie, ça doit créer un lien fort. Par ailleurs, forcément, dans un drama couvrant une vie entière, vous vous doutez bien que vers la fin, il y a des gens à qui on doit dire au revoir, parce que c’est la vie, et les derniers épisodes de Tenchijin ont beaucoup de cela, avec pas mal de flash-backs à la clé, ce qui a du sens vu que pour les spectateurs regardant le drama pendant sa diffusion, il s’est passé beaucoup de temps entre la fin et les images des flash-backs… Pour moi qui avait tout avalé en deux semaines, forcément, c’était pas pareil. Bref, j’aimerais simplement regarder un taiga au rythme pour lequel il a été pensé. Le risque est que je lâche en cours de route, mais je me dis que si je trouve le bon, ça devrait le rendre d’autant plus efficace et émouvant.

 

2/ regarder plus de taigas, en général. Le long de la vie de Kanetsugu on croise le chemin de plein de figures historiques, certaines alliées des Uesugis et d’autres non, et ce sont surtout celles qui sont dans des camps opposés qui m’attirent, car je ne cessais de me demander à quoi ressemblerait un taiga de leur point de vue, sur leurs vies à elles. Surtout que s'il y a un reproche que je ferais volontiers à Tenchijin, c'est qu'il emprunte sans doute trop le point de vue des Uesugis. Ou même pas des Uesugis mais d'un fan/supporter des Uesugis. On sait toujours dans quel clan se situer, parce qu'on sait que les Uesugis auront toujours raison quoi qu'il advienne, et plus de nuances n'auraient pas fait de mal à la série.  Donc un jour, je regarderai sans doute d'autres taigas sur ces personnages, même si je ne sais pas encore quand, vu que j’ai envie de regarder tellement de choses.

 

Et malgré tout c’était très intéressant de découvrir l’époque couverte par Tenchijin, une époque tumultueuse et, aussi, riche en grands et petits noms, certains familiers et d’autres pas. Noms qui, au passage, changeaient parfois lorsque les personnages changeaient de statut, et je vais pas vous mentir, au début, c’était compliqué.

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Comme le drama contient pas mal de dialogues où les gens parlent politique, de qui est dans leur camp, qui fait quoi, qui menace de se retourner contre qui, etc, j’ai un peu galéré dans les premiers épisodes. Mais au bout d’un moment, j’ai fini par très bien me repérer, et ce n’était plus compliqué du tout. Déjà, tout simplement, parce que j’avais pris le pli, mais aussi, c’est vrai, parce que le drama aide énormément le spectateur. Car si les taigas ont pour but de divertir, ils ont également un objectif éducatif évident, et plusieurs éléments viennent « tenir la main » du public.

 

 

•  un outil pédagogique

 

Déjà, il y a la narration, bien entendu (qui est assurée par différents acteurs le long de la série), qui donne souvent des détails sur ce qui se passe à l’écran, et où on en est niveau contexte. J’ai mes problèmes avec les fictions qui se reposent beaucoup sur des narrateurs extérieurs (à moins que la narration deviennent réellement un personnage, comme c’est le cas dans Arrested Development, par exemple), et je mentirais si je disais que, par moments, le procédé ne m’a pas frustrée dans Tenchijin, parce que j’avais envie de crier au drama de nous montrer les choses plutôt que nous les raconter, mais j’admets que cette voix off (enfin ces voix off) était informative, et qu’elle m’a parfois fait rire car même si je ne dirais pas que les narrateurs ont de la personnalité, le timing de la narration et ce qu’elle nous raconte semble parfois directement troller les personnages. J’avais déjà noté cela dans Atsuhime, et dans Tenchijin on a ce moment où deux personnages se rencontrent, et l’un lancent que, urgh, il n’aime pas l’autre et espère ne jamais le revoir, avec derrière la voix off qui nous sort « ils deviendront des amis très loyaux ». Ha !

 

En plus de la narration qui nous aide à nous situer, les noms des personnages sont mis à l’écran lorsqu’ils apparaissent, ou réapparaissent après un peu d’absence, et on nous affiche même parfois des cartes pour nous dire où nous sommes, ou bien où les personnages sont les uns par rapport aux autres, comment un conflit évolue, etc. C’est très didactique, et chaque épisode se termine par quelques minutes documentaires où on nous montre, à notre époque, des lieux historiques, ou des artefacts dans des musées, des statues, bref, ce qui subsiste de l’époque qui a été recrée pour nous par le drama.

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Cela dit, de loin, ce que je préférais, moi, c’était les intros des épisodes. Sincèrement : ne les sautez pas. Parfois, ce ne sont que des récaps des épisodes précédents, mais parfois elles donnent du contexte sur des personnages en nous expliquant leur backstory ou quelle opinion le public avait d’eux à l’époque. Mais surtout, dans ces introductions, le drama se permet de petites fantaisies qui m’ont beaucoup fait rire, dont une en particulier dont je reparlerai plus tard et qui était purement magique.

 

De façon générale, le drama s’assure que tout soit aussi clair que possible, et se veut informatif. Par rapport aux sageuks qui inventent souvent beaucoup et tordent l’histoire au profit du divertissement (voire partent en roue libre pour certains *hum*Kingdomofthewind*hum*), les taigas ont bien plus à cœur de respecter les faits historiques, semble-t-il. Entendons-nous bien : ça ne veut pas dire que les taigas sont des documentaires. Même sans parler d’inexactitudes (et il doit y en avoir, ainsi que des libertés pour donner du sens à la fiction, je suppose, même s’il faudrait l’avis d’experts sur la question), il y a simplement le fait que Tenchijin a très nettement choisi un camp, et donne donc une version des faits, avec un trait pas très nuancé et beaucoup de bons sentiments. Mais quand même, quand j’ai ouvert mes livres d’histoire après coup, parce que le drama m’avait donné envie de le faire, j’ai retrouvé, dans leurs pages, beaucoup de ce que j’avais vu dans les épisodes de Tenchijin, au moins au niveau des dates, endroits et noms.

 

Je salue au passage le fait que le drama, justement, m’ait donné envie d’ouvrir ces livres d’histoire, envie de m’intéresser à ses figures historiques, parce qu’il leur avait donné un visage, et m’avait fait prendre à cœur leurs conflits et avancées dans une période complexe. En lisant mes livres, les noms semblaient soudain plus vivants, ils avaient des traits d’acteurs que j’apprécie… et on pourrait discuter de si c’est bien ou pas (parce que tous ces gens avaient de véritables visages, quand même) mais, au moins, c’est un premier pas, et éveiller l’intérêt, c’est une bonne chose, je trouve. Du reste, même juste en regardant le drama, j’avais déjà l’impression d’avoir appris plein de trucs, plus que devant la grande majorité des historiques que j’ai vus dans ma vie.

 

Néanmoins, si l’aspect didactique du drama est intéressant, et aide à ne pas être perdu, il peut aussi, je pense, être une barrière. D’ailleurs, c’est lui qui m’avait détournée des taigas précédemment tentés, et même si j’ai beaucoup accroché à Tenchijin, je ne peux pas prétendre que tout le caractère éducatif n’a pas été un frein à une appréciation plus intense.

 

 

•  un frein à l’immersion

 

Car c'est vrai que, parfois, j'avais un peu le sentiment d'être en cours, face à cette série. Ce qui n'est pas mal en soi, d'autant que le sujet du cours était intéressant, mais mettons que ça demande d'être d'humeur, et que ça peut donner au drama quelque chose d'austère et un peu guindé, qui n'est pas aidé par le fait que, jusque-là, mon expérience des dramas historiques longs se résumait largement à des dramas chinois (rarement terminés, sauf un), et plusieurs dramas sud-coréens, et qu'en comparaison (et je ne dis pas qu'il faut comparer, mais que c'est humain, instinctivement, de se repérer par rapport à ce qu'on connait) Tenchijin (et les taigas que j'ai commencés) est bien plus sobre. Il donne largement moins dans le spectacle, consiste beaucoup à regarder des gens parler, et si, dans cette période de conflits guerriers, il y a bien quelques batailles et combats à l'écran, une grande partie nous sont simplement racontés (par exemple, dans l'épisode 8, Hatsune raconte la fin du conflit Uesugi Kenshin/Oda Nobunaga à Kanetsugu et on n'en voit pas un bout) et ce qui nous est montré n'est parfois pas tant montré que représenté, avec une mise en scène minimaliste qui fait parfois abstraction des décors, comme si on virait soudain dans quelque chose de plus proche du théâtre. La cynique en moi y voit en partie une façon d'économiser le budget, en plus d'être une décision artistique, mais je dois admettre que lors de certaines scènes, ça rendait particulièrement bien et que ces ruptures stylistiques participaient à donner un peu de diversité visuelle au drama. Néanmoins, pour revenir à ce que je disais : on est bien loin des spectacles parfois complètement démesurés, que peuvent offrir les sageuks ou les dramas historiques chinois.

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Le côté didactique de Tenchijin, et les méthodes qu’il utilise, peuvent également devenir un frein à l'immersion.

 

Ne vous méprenez pas : je me suis impliquée dans le drama. Je me suis attachée aux personnages, j'ai pris à coeur leurs objectifs, leurs défaites, leurs victoires et toutes les choses qui leur étaient chères. Par exemple, lorsqu'ils doivent quitter leur terre, à laquelle ils sont tellement attachées, j'ai ressenti un véritable pincement au coeur, et chaque fois qu'ils l'évoquaient ou y retournaient, c'était un moment émouvant pour moi aussi. Certains épisodes m’ont donné envie de pleurer, même ! (l’épisode 15, en particulier était terriblement triste T.T) Donc, non, je ne suis pas restée en dehors du drama, mais force m'est de constater quand même que j'aurais pu être plus immergée dans l'histoire mais que le format me freinait. Chaque intervention de la narration, et chaque carte à l'écran me tirait hors du monde du drama pour me rappeler à la réalité, et, coupait plus ou moins (selon les scènes) l'émotion, parce que, par exemple, mettons qu'on termine un épisode sur un moment tragique ou intense, invariablement, après, on avait une voix calme nous faisant visiter des rues historiques ou nous présentant un musée, et ça venait saboter la note sur laquelle l'épisode m'avait jusque-là laissée. En clair, le drama injecte beaucoup d'informatif dans sa fiction, et c'est très... eh bien…  informatif, mais ça casse aussi l'illusion de la fiction, et minimise l'effet qu'elle pourrait avoir, je trouve.

 

Bon et puis, aussi, c'est un rappel un peu constant que tous les personnages à l'écran sont des gens morts et, si vous êtes comme moi, ça rend tout très mélancolique. Ce qui n'est pas spécialement mal. Juste... mélancolique. Et ça créé, quand même, aussi de la distance entre nous et les personnages, parce qu'on nous rappelle sans cesse le temps qui a passé et nous sépare des personnages. Du coup, et même si je suis tout à fait ouverte à l'idée qu'un taiga puisse un jour me prouver tort (et j'en serai ravie), je n'arrive pas à m'imaginer m'enflammer autant devant un taiga que devant d'autres dramas historiques qui rationnalisent et relativisent moins tout et sont bien plus dans l'émotion, et l'exploration de gens sans nous rappeler sans cesse qu'il s'agit de figures historiques mortes depuis des siècles.

 

Maintenant, je n'aimerais pas que vous vous imaginiez que Tenchijin est un drama froid ou trop austère non plus, parce qu'il a ses moments émouvants, sa chaleur et, aussi, ses moments d'humour. Parfois, je ne pense pas que ce soit volontaire et c'est juste que le drama fait des choix étranges (par exemple, la première fois que Kanetsugu rencontre le moine qui l'éduquera, le montage est pris d'une drôle de frénésie, et Tenchijin a également beaucoup d'amour pour la superposition d'images qui devient parfois amusante dans ses moments les plus excessifs), ou n'était pas subtil sur son symbolisme (de façon générale, le drama n'est pas subtil de toute façon), mais il y a aussi des moments légers, voire des épisodes légers, comme l'épisode 21 qui m'a beaucoup fait sourire, entre Kanetsugu qui est pris dans une situation gênante et Ishinari (le personnage d'Oguri Shun) qui se met absolument tout le monde à dos avec son manque de tact incroyable. Et puis je vous parlais des introductions des épisodes, et certaines m'ont énormément amusée. La plus magique restant :

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C’est beau, les gens.

 

Tout simplement, le drama suit des personnes et ces personnes ne vont pas que de moments intenses en moments intenses mais vivent leur vie. Comme tout le monde, elles plaisantent, et se mettent parfois dans des situations gênantes qui prêtent à sourire. Paradoxalement, si le drama nous rappelle souvent, par sa forme, qu’on suit des figures historiques mortes depuis longtemps, elle les humanise aussi énormément en nous les montrant comme de vrais gens, avec des vies domestiques et presque ordinaires à côté de ce qui l’est moins. L’un va se sentir complexé par les accomplissements de son frère (mais pas de façon qui mène à une tragédie, juste de façon banale quand un frangin réussit particulièrement et qu’on ne se sent pas aussi bon), l’autre a des soucis d’angoisse et se sent mal à l’aise en société, ce genre de choses, et je trouve que ça participe beaucoup à les rendre attachants.

 

Et personne n’est plus attachant que Kanetsugu, un fait que les personnages du drama eux-mêmes ne manquent pas de tous réaliser… à tel point que c’était parfois un peu excessif, du reste. Parlons de Kanetsugu ! et Buki ! Buki

 

 

… Kanetsugu : ses valeurs, et pourquoi tout le monde l’aime

 

Parce que le drama suit réellement la vie de Kanetsugu, de son (presque) début à sa toute fin, on le regarder grandir, murir et évoluer tout le long de la série, d'un enfant qui ne veut pas du tout se mettre au service d'Uesugi Kagetsugu, à un jeune homme qui découvre les horreurs de la guerre, tue son premier homme pour se défendre et panique complètement, puis un adulte qui ne recule plus devant les conflits, mais aime autant éviter les morts inutiles. J’ai été attendrie, touchée, puis me suis sentie si fière de lui, et ces sentiments positifs ont été un des grands attraits de la série pour moi.

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Tout le long, la constante est que le personnage a profondément bon coeur, et Tsumabuki Satoshi était un excellent choix pour ce rôle, parce que, de ce que j'ai vu de lui pour l'instant, s'il y a un type de rôle qui lui va particulièrement bien, c'est celui du jeune homme au coeur pur et sincère, et un peu vulnérable aussi. Il faut dire que je suis biaisée, c'est vrai, mais j'ai trouvé qu'il était attachant, et jamais irritant même si c'est vrai que, dans les premiers épisodes les personnages lui font la remarque qu'il pleure beaucoup, ce petit, et... c'est pas faux. Lorsque, dans l'épisode 7, il fait la promesse de ne plus jamais pleurer, j'avoue, j'ai ri intérieurement, parce que je n'y croyais pas une seconde. Même si, c'est vrai, au bout d'un moment, le personnage finit par effectivement avoir les yeux humides bien moins souvent, voire rarement, et pas tant parce que son coeur s'est asséché (jamais !), mais simplement parce qu'il est plus sûr de lui, et peut répondre au monde autrement.

 

Dès l'enfance, Kanetsugu nous est présenté comme un petit garçon gentil et généreux avec un fort sens de la justice, et le long de la série, il s'avèrera très digne de toute l'admiration et l'affection dont il est l'objet. Sa puissance ne réside pas dans ses aptitudes physiques, ses effectifs de guerriers ou l'étendue de ses terres, mais dans la façon dont il gagne les loyautés, et inspire les autres. Plusieurs fois dans le drama, on a des démonstrations de gens qui choisissent le chemin le plus ardu pour le suivre, qui sont inspirés par ses idées et ses valeurs, et c'est ça qui fait de lui un grand homme, et un homme puissant.

 

 

Il est la seule personne en qui on puisse avoir confiance. Il m'a appris tout ce que je sais. Les batailles ne sont pas toujours gagnées par les plus puissants. Ceux qui laissent quelque chose derrière eux, dans l'histoire, pour les générations futures, ce sont eux, les vrais vainqueurs.

Yukimura à propos de Kanetsugu, épisode 46

 

 

Kanetsugu a des idées très différentes de celles de son entourage. Il parait souvent en avance dessus, et tire tout ce monde en avant avec lui. Et quand il ne peut pas tirer suffisamment, il essaie au moins de poser les bases pour que la génération d’après tire à sa place quand il ne sera plus là/ne pourra plus.

 

J’admets néanmoins que, parfois, je trouvais que le drama en faisait vraiment des tonnes sur à quel point Kanetsugu, il est quand même trop cool, t’as vu comment il est cool et comment tout le monde le kiffe, et aussi il est cool, non ? C’était pas du tout assez pour me dégouter du personnage ni même entamer l’affection que j’avais pour lui, mais je me demande si mon biais pro-Buki n’a pas aussi joué, parce que de scènes artificielles (oh dis-donc, les paysans du coin passaient justement par là pour montrer à Ishinari comme Kanetsugu est un bon seigneur proche de son peuple, quelle coïncidence qui ne fait pas forcée du tout !) en femmes tombant amoureuses de lui en trois interactions (sérieusement, c'était ridicule à force), en passant par tous les gens, adversaires compris, qu’il charme le long de la série et émeut même parfois aux larmes, y a un moment donné, j’avoue, j’avais un peu envie de dire au drama « okay, zen, drama, j’ai capté que Kanetsugu est super, et je suis 100% convaincue, donc tu peux arrêter d’en remettre des couches ». Il y a un moment où il déconne l’espace d’une seconde, mais sinon, la plupart du temps, quand il fait une erreur (et il en fait) c’est par naïveté et manque d’expérience, mais bonnes intentions, si bien que c’est juste attendrissant, finalement. Ca faisait un peu « mon pire défaut ? mmmh, je dirais que je suis du genre trop perfectionniste ».

 

Je n'aurais pas dit non à un Kanetsugu plus imparfait, mais il y a quand même une évolution entre le début et la fin du drama (c’est juste qu’il part de quelqu’un de bien mais pas hyper compétent, à quelqu’un de bien et compétent, et gagne en maturité), et je pense surtout que Tenchijin aurait largement pu/du se passer de chanter aussi souvent ses louanges. Mais je vous avais prévenus que le drama n'était pas subtil...

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Bref, néanmoins : Buki aidant, j’ai ressenti beaucoup d’affection pour le personnage, et, aussi, de l’admiration.

 

 

Le « casque de l’amour » exposé au sanctuaire d’Uesugi-jinja à Yonezawa… Il a servi pendant la période Sengoku, il y a environ quatre siècles. Il appartenait à Naoe Kanetsugu, qui, à l’âge de 22 ans, devint le chef vassal de la famille Uesugi. Il est coiffé du kanji « ai » (amour). En temps de guerre, les trahisons et ruses étaient courantes, mais Kanetsugu a vécu selon des principes de justice et bienveillance. C’est que représente ce casque.

Narration, introduction de l’épisode 1

 

 

Littéralement, la première chose qu’on nous dit à propos de Kanetsugu est qu’il était quelqu’un de bienveillant, pas motivé par l’appât du gain, et dont la loyauté ne pouvait être achetée, comme le drama s’empresse aussitôt de le démontrer, s’ouvrant sur une scène où le shogun essaie littéralement d’acheter Kanetsugu, qui, quitte à devoir y laisser le cou, refuse sa proposition, insistant qu’il ne sert qu’un seul seigneur, et que ça ne changera jamais. Sa bienveillance, par ailleurs, ne se limite pas qu'à ses amis, mais s'étend également à ses ennemis vaincus, toute cruauté post-victoire semblant non seulement inutile mais également contreproductive à Kanetsugu. Et tout en n'hésitant pas à exprimer son avis très haut, même face à des gens bien plus hauts placés que lui (la franchise de Kanetsugu faisant partie de ses qualités les plus mises en avant par la série), il a du respect pour ses ennemis (voire, parfois, une certaine admiration), qui font que ses ennemis finissent généralement par le lui rendre. La façon dont il gagne le coeur de Yukimura, qui lui avait été envoyé en tant qu'ôtage, en est un bon exemple, Kanetsugu finissant par gagner le respect du jeune homme en lui accordant simplement sa confiance dans des circonstances qui ne s'y prêtaient pas.

 

 

Ceux qu’on réprime par la force essaient toujours de riposter par la suite. Mais ceux qu’on traite avec décence nous rendront cette décence. C’est pour ça qu’il est important d’agir avec le cœur.

Kanetsugu, épisode 29

 

 

- J’ai connu un homme comme toi. Il voulait tout conquérir par la force. Mais il lui manquait quelque chose… Le cœur du peuple. Plus il amassait de pouvoir, plus le cœur des gens lui échappait. Pour finir, il s’est détruit lui-même.

- Qui était cet homme ?

- Oda Nobunaga. On ne peut pas construire un bon pays que par la guerre. Après ces années de batailles… les soldats et le peuple sont exténués. Il nous faut les laisser se reposer, à présent, et nous efforcer de créer un nouveau pays. Si tu ne comprends pas ça, alors les Cieux ne seront jamais de ton coté. […] A vrai dire… tu as beau régner d’une main de fer sur les terres qui t’appartiennent… tu ne pourras pas résister indéfiniment aux grandes armées de ce pays. […] Cesse de t’accrocher à de vieilles idées à un si jeune âge.

Kanetsugu et Date Masamume, épisode 28


 

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Il ne faut pas prendre la bienveillance de Kanetsugu pour de la passivité, évidemment : il est au contraire quelqu'un d'extrêmement motivé, actif, et même ambitieux et rentre-dedans (dans l'épisode 37, il écrit une lettre ouverte devenue célèbre qui remet à sa place l'homme le plus puissant du Japon, et o_o). C'est juste que ses ambitions ne sont pas pour son bien-être personnel. Très tôt, sa mère lui raconte que les feuilles des érables tombent en hiver pour protéger l'arbre, pour qu'il ait l'énergie de survivre à la saison au lieu de devoir s'en servir pour nourrir les feuilles, et Kanetsugu jure alors de devenir un vassal semblable à une feuille d'érable, qui puisse se sacrifier pour le "tronc", c'est-à-dire son seigneur, mais, plus largement, ce en quoi il croit. Il ne court ni après l'argent ni après le pouvoir, mais veut améliorer la condition du pays et ses habitants en général, et, pour cela, propose des idées révolutionnaires. Plusieurs fois dans le drama, Kanetsugu nous est présenté comme en décalage avec l'esprit de ses contemporains. Notamment, et je vous avoue que c'est quelque chose que j'ai apprécié, si Kanetsugu est tout à fait disposé à se battre jusqu'à la mort pour défendre ses idéaux et améliorer le monde, il est largement moins disposé à mourir par fierté, faisant, de façon générale, passer sa vie et ses objectifs en priorité.

 

 

- Pour former une alliance avec les Takeda, j’ai entendu dire que tu leur avais offert des pièces d’or. […] Il me semblait que le Seigneur Kenshin n’aimait pourtant pas utiliser l’argent et les possessions pour acheter les gens. Comment en es-tu arrivé à cette décision ?

- Il me fallait soulager les souffrances du peuple d’Echigo. Eviter les batailles inutiles était un autre précepte du Seigneur Kenshin.

- Te sacrifierais-tu pour Echigo alors ?

- En sacrifiant bêtement sa propre vie, on ne peut protéger ce qu’on doit protéger. Avec une volonté de fer, on peut tout accomplir. Tous ceux qui servent les Uesugis partagent ce sentiment.

Toyotomi Hideyoshi et Kanetsugu, épisode 20

 

Je vous avoue que ça m'a fait l'apprécier particulièrement. Le long de la série, plusieurs personnages décident de se suicider, ou veulent se suicider, pour sauver leur honneur, et je comprends très bien qu'il y a un décalage culturel et temporel entre eux et moi, je ne jugeais pas ces personnages, j'empathisais (je sais que le mot n'existe pas, mais je l'utilise quand même), et m'émouvais de ces scènes sincèrement, mais c'est vrai que je ne pouvais m'empêcher d'avoir un faible pour le personnage disant "non, ne nous tuons pas, et à la place, trouvons un moyen de nous en sortir, de résoudre le problème, et de vaincre, malgré que tout semble contre nous".

 

Kanetsugu est un personnage de son époque, dans la façon, par exemple, dont s’organise sa vie de famille, et dont le devoir passe avant tout, mais, à la fois, il est très progressiste, et je pense que c’est ce qui fait qu’il est facile à suivre et soutenir pour le public.

 

 

… les gens autour de Kanetsugu

 

Vous vous en doutez certainement, Tenchijin fourmille de personnages, plus ou moins importants, plus ou moins présents à l'écran (et non, ce n'est pas la même chose), et chacun laisse sa marque dans le drama, que ce soit l'imposant Uesugi Kenshin, l'inquiétant Oda Nobunaga, le belliqueux Date Masamune (Matsuda Ryuhei !)(I love him), l'original mais touchant Hideyoshi, ou le tragique Kagetora... J'ai trouvé que presque tous les membres du casting faisait du boulot solide, et chaque personnage est distinct des autres, et apporte sa pierre à l'édifice, faisant de ce drama une fresque historique passionnante (pour moi), mon seul regret étant que la série force parfois trop le trait et finit par faire sembler certains personnages trop caricaturaux. Néanmoins, dans ceux que j'ai appréciés, sans les aborder tout parce que ce serait beaucoup trop long, il y a quand même trois personnages dont j'aimerais rapidement toucher quelques mots.

 

La première, c'est Osen, la cousine de Kanetsugu dont il est amoureux, et qui l’aime aussi.2

 

Vous avez peut-être remarqué que, jusque-là, je n’ai évoqué que des personnages masculins, et c’est parce que, même s’il y a des personnages féminins dans le drama, et qu’ils sont intéressants et attachants, ils sont quand même bien moins mis en avant que les personnages masculins. Ce sont rarement elles qui influencent le plus le court de l'histoire au sein du drama (même si, parfois, elles l'influencent quand même), et, aussi, les personnages féminins et masculins sont souvent séparés, ayant des places très distinctes dans la société (même si on a, par exemple, une femme ninja en la personne d'Hatsune), or on suit en grande majorité Kanetsugu, qui est du côté masculin de l'histoire. Pour autant, oui, on a quand même plusieurs personnages féminins à l'écran, qui, pour certains, ont un peu d'influence, dans le sens où elles peuvent influencer leurs conjoints ou leurs fils, et la question de leur position dans la société dépeinte dans le drama est abordée, la plupart de ces personnages étant baladés par les hommes de leur vie, et se retrouvant dans des mariages politiques où elles n'ont pas leur mot à dire, ce qu'elles vivent avec beaucoup d'amertume. Et si la plupart finissent par s'accommoder de leur position et leurs partenaires (au point que ça parait même un chouïa idyllique), il reste la pression de leur donner un héritier, et les épouses qui n'y arrivent pas discutent plusieurs fois de leur sentiment d'avoir failli à leur devoir. Sans compter que lorsque le mariage est politique et que l'intérêt politique disparait (par exemple parce que la famille de l'épouse perd sa puissance, rendant l'alliance avec elle inutile), celui de l'épouse peut disparaître avec. Les personnages féminins du drama ont moins de temps d'écran, mais Tenchijin se penche donc malgré tout sur leurs difficultés, leurs tragédies, et de leur côté aussi, on assiste à beaucoup de sacrifices de soi, de solidarité et de preuves de loyauté.

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Parmi tous ces personnages féminins, j'ai eu un faible pour Chacha, une favorite d'Hideyoshi, interprétée par Fukada Kyoko (qu'honnêtement je n'avais pas reconnue physiquement, parce que je suis nulle comme ça, mais la voix ne trompe pas), mais encore plus pour Osen, en partie parce qu'elle est interprétée par Tokiwa Takako qui a toujours beaucoup de charisme et a une présence très forte, mais sans doute aussi simplement parce qu'elle est le personnage féminin qu'on voit le plus, vu qu'elle a la relation la plus proche avec Kanetsugu, et oui, je les shippais complètement. Osen partage beaucoup de traits de caractère avec Kanetsugu, dont sa franchise, sa bravoure et sa loyauté sans faille, si bien que leur association semblait juste aller de soi, et j'admirais ces traits de caractère autant chez elle que chez lui. elle est une grande source de soutien pour lui, et lui permet plusieurs fois d'y voir plus clair. Et j'étais contente de pouvoir les shipper, parce que vous savez que j'aime les romances, et honnêtement je ne m'attendais pas particulièrement à en trouver une qui me fasse vibrer dans ce drama, parce que tout est exprimé de façon très retenue. Mais de leurs débuts maladroits à leur relation plus mature par la suite, j'ai beaucoup accroché à leur histoire finalement, et ça a été un grand plus pour moi. Mais, à la fois, si vous n’êtes pas particulièrement branché romance, elle ne prend que peu de place, donc elle ne devrait pas déranger.

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Uesugi Kagekatsu est un autre personnage à m'avoir beaucoup plu, et sa relation avec Kanetsugu a été ma première attache émotionnelle au drama. Je l'ai déjà dit : j'attaquais Tenchijin peu confiante, et ma grande peur était que je trouve le taiga trop froid, et n'arrive pas à m'y impliquer qu'intellectuellement, mais pas du tout émotionnellement. Or, l'intellectuel, c'est très sympa, hein, mais pour regarder plus de 37h de drama, j'ai besoin de plus que cela, j'ai besoin de ressentir quelque chose, parce que sinon, autant lire un livre d'histoire. Donc, quand, dans ses deux premiers épisodes, Tenchijin (qui joue finalement bien plus sur l'émotionnel que l'intellectuel) pose les bases de l'amitié loyale entre le futur seigneur Kagekatsu et son vassal Kanetsugu, je me suis sentie rassurée, parce que j'étais sincèrement touchée de voir ces deux enfants, tous les deux "orphelins" (Kagekatsu ayant perdu son père, Kanetsugu ayant été envoyé servir Kagekatsu par sa famille), apprendre à communiquer et entamer une relation dont je savais qu’elle leur durerait toute une vie (parce que le drama s’ouvre dessus, mais aussi parce qu’il nous dit et nous rappelle plusieurs fois, de façon peu subtile du reste, que les personnages sont littéralement « écrits dans les étoiles »).

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Une fois Kagekatsu adulte, j’ai eu du mal avec l’interprétation de Kitamura Kazuki, c'est vrai. Généralement je l’aime bien, mais ici je le trouvais très figé. Il avait l'air d'un type bourré qui essayait de se retenir de roter et tomber par terre... Pardon Kitamura Kazuki. Mais je l'ai apprécié malgré l'interprétation, car Kagekatsu nous est présenté comme quelqu’un d’angoissé, donc mettons que ça excusait un minimum l'aspect figé (mais pas vraiment, okay). Renfermé, introverti, doutant sans cesse de lui, il n’est pas à l’aise dans sa position de seigneur, ne se sentant pas digne de l’héritage de son père, et il n’est pas non plus à l’aise avec les autres, à tel point que, lorsqu’il se retrouve à devoir côtoyer trop de monde, il en devient physiquement terrassé par l’angoisse. C’était très humanisant, je trouve, de le voir succomber à la simple angoisse de devoir parler aux gens, et Kagekatsu est un autre personnage que j’ai aimé voir évoluer, car s’il ne devient jamais un leader hyper charismatique, il assume peu à peu ses responsabilités, et c’était satisfaisant de le voir faire, sans jamais trahir ce qu’il a de droit et honorable. Sa relation avec Kanetsugu m’a beaucoup émue. Bon, moi, c’est vrai, quand des personnages se sortent « je refuse de survivre au prix de ta vie » (Kagekatsu à Kanetsugu, épisode 2), de base, je suis faible, et Kanetsugu comprend particulièrement bien son seigneur, qui lui voue une confiance aveugle et finit même carrément par lui dire de faire tout ce qu’il veut, de gérer les affaires des Uesugis, et que lui, lui servira de bouclier et soutiendra toutes ses décisions. Kagekatsu n’a jamais le charisme qu’avait son père mais il devient une force sur laquelle on peut compter, un soutien stable et solide sur lequel Kanetsugu peut s’appuyer pour mettre en oeuvre ses idées révolutionnaires.

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Vers la fin du drama, j’étais juste contente de les voir vieillir ensemble. A vrai dire, si le drama est une fresque historique, et que la période est passionnante, c’est dans l’aspect familial que j’ai trouvé le cœur du drama (et Kagekatsu et Kanetsugu font partie de la famille l’un de l’autre, à ce stade). Voir les personnages grandir, avoir des enfants (pour certains), perdre ces enfants (pour certains), devoir emprunter des chemins différents, gérer le deuil inévitable de leurs parents, construire un foyer... Toutes ces petites choses, qu’ils faisaient différemment de nous (parce que différente culture, différente époque = différentes valeurs et priorités en conséquence) mais dans lesquelles se cachent des sentiments, des expériences, dans lesquels on peut reconnaitre les nôtres.  

 

Enfin, je ne peux juste pas ne pas mentionner Ishida Mitsunari (une figure historique célèbre, grand général de Toyotomi Hideyoshi qui s’opposa à Tokugawa Ieyasu lors de la bataille de Sekigahara), inteprété par Oguri Shun. Parce que l’amitié et le partenariat qu’il construit avec Kanetsugu font partie de mes relations favorites de la série, les deux personnages ayant des objectifs similaires, mais des méthodes très différentes.

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Même si ça lui coûte, Mitsunari se salit bien plus les mains que Kanetsugu, au grand damne de son ami, et ça créait une tension entre les deux qui me plaisait. Leur amitié (qui nous est « teasée » dès l’introduction du drama, puis « spoilée » par la narration dès leur première rencontre) ne se forme pas facilement, mais les deux personnages semblent très complémentaires, car comme on le fait remarquer à Mitsunari, Kanetsugu a tout ce que Mitsunari n’a pas, à savoir la capacité à inspirer les gens et se faire aimer. Manquant de tact, et brutalement honnête mais de façon moins bienveillante que Kanetsugu, Ishida Mishinari a les idées et l'ambition mais est très conscient de ses limitations, et ne se voit que second en commande, parce qu’il sait qu’il n’a pas le charisme pour mener. Voir le cœur de ce personnage, qui semble très froid et cynique au premier abord, être touché par la candeur et la bonté de Kanetsugu ; ne pas vouloir y croire d’abord, les percevoir comme des faiblesses même, puis en voir la force ; et finir par être ému aux larmes de l’amitié de Kanetsugu… c’était profondément satisfaisant, et le personnage m’a plusieurs fois serré le cœur, je dois dire, parce qu’il est dans une position très difficile et ingrate la plupart du temps, donc le voir trouver du réconfort et de la douceur dans sa relation avec Kanetsugu m’a émue. Par ailleurs, si j'ai passé beaucoup de temps à m'amuser des cheveux d'Oguri Shun (parce que je suis immature comme ça) , la vérité est que le détail est insignifiant, parce que non seulement il est très bon, mais en plus que je pense qu'au sein du drama Ishida Mitsunari est un personnage plus intéressant que notre protagoniste central, car bien moins rendu "plus pur que pur" par le drama qui passe moins de temps à en chanter les louanges, et plus à lui donner de l'épaisseur et des nuances. J'étais très attachée à Kanetsugu, mais c'est vrai que c'est dans la tête d'Ishida que j'aurais aimé passer plus de temps, parce que ce qui s'y passait semblait plus complexe.

 

Je ne vais pas m’étendre plus, mais je tenais quand même à évoquer au moins ces trois relations, parce que, encore une fois, ce sont ces liens forts, et graduellement construits par la série, qui ont été mon attache émotionnelle au drama, m’ont permis d’entrer dedans, et donc de l’aimer.

 

 

… en conclusion

 

J’espère avoir réussi à transmettre que ce drama m’a plu. En partie, je soupçonne que mon manque d'expérience sérieuse dans le genre a joué : je n'ai pas d'éléments de comparaison, et si j'en avais, je me dis que les défauts d'écriture de Tenchijin (son manque de subtilité, de nuances, au profit de son adulation de sa figure centrale) me dérangeraient peut-être plus (pour ce qui est des défauts de la réal, des trucs un peu cheaps, ou kitsh, etc, ça je trouve ça attachant, par contre). Mais le drama m'a intéressée et m’a donné envie de regarder d’autres taigas, et plus particulièrement d’autres taigas mettant en scène les mêmes personnages, mais selon des points de vue différents, pour voir ce qu’ils en feraient, le drama étant ici très très pro-Uesugi et carrément amoureux de Kanetsugu, à un point excessif. En particulier, j’aimerais voir des taigas centrés sur Oda Nobunaga, Date Masamune, et la famille Yukimura (et les deux premiers existent, en tous cas), c’est-à-dire les gens que les Uesugis ne se mettent pas immédiatement ou complètement, voire pas du tout, dans la poche. Et puis Ishida Mitsunari aussi. En attendant, Tenchijin m’a plu, m'a laissée sur des sentiments très positifs (même si j'admets qu'il force justement un peu trop sur les sentiments positifs) et, si j’ai été un peu retenue dans mon immersion par les spécificités liées au style « taiga » et ne peux parler de coup de cœur, j’ai passé un très bon moment, me délectant de la concentration d’acteurs et actrices que j’apprécie (dont Matsuda Ryuhei… ai-je mentionné Matsuda Ryuhei ?).

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Sur ce, laissez-moi partager quelques screencaps de Matsuda Ryuhei (j’ai été sage jusque-là, mais en vrai quand j’ai dû classer mes screencaps de ce drama, 60% d’entre elles étaient de lui… Date Masamune apparait tard et n’a pas tant de temps d’écran que ça mais en se fiant à mes images on aurait pu croire qu’il était le personnage principal du drama, haha) :

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1Même si au début du drama, d’après les dates, Buki joue apparemment un gamin de 13 ans, haha. C’est un peu le souci de n’avoir qu’un seul acteur pour un même personnage : de 13 à 60 ans, on n’a que Buki dans le rôle (et c’est vrai pour les autres également) du coup, si on ne fait pas trop attention aux dates, c’est parfois compliqué, juste en regardant les acteurs, de savoir où les personnages en sont de leur vie exactement. Parfois, la voix-off le rappelle explicitement, mais quand même, ça créé un petit manque de repères, à moins de calculer à chaque fois. => reprendre la lecture

 

2C’était une autre époque… Et encore, on oublie assez facilement qu’ils sont cousins, parce que ça ne revient pas beaucoup dans le drama, mais à un moment donné, le père de Kanetsugu, largement dans la soixantaine, épouse une jeune fille même pas majeure, et là, grimace. Je ne peux pas en vouloir au drama d’avoir inclus cet élément, vu que l’Histoire, tout ça, mais le point de vue est une autre question, et chaque fois que les personnages du père et sa nouvelle femme, dépeints comme un couple comblé (parce que la famille de Kanetsugu ne saurait être présentée sous un jour négatif !), revenaient à l’écran, j’étais mal à l’aise… Heureusement, ce n’était pas souvent. => reprendre la lecture

Et re-sur ce, plus de dramas et films historiques japonais :

 

 

Cette image n'a pas été retouchée et apparait telle quelle dans le drama.