[Un petit moment de cinéma] Cinq films que vous m'avez conseillés (+ 1)

Publié le 4 Juillet 2020

 

Hey les gens :D

 

Comme l’indique le titre, j’aimerais causer cinéma un moment. La journée a été plus consacrée à des dramas, parce que… ben… j’ai envie de parler de dramas ces derniers temps (« ces derniers temps » = depuis six mois, certes), mais je voulais quand même ajouter quelques films dans le mix, alors, pour cet article, j’en ai choisi cinq, conseillés par cinq personnes différentes (bon, une personne revient deux fois, mais c’est parce que certains films m’ont été conseillés par plusieurs personnes), et je m’en vais vous en parler gaiment. Oh, et puis à la fin il y a un sixième film en bonus, pour une raison que je vous laisserai découvrir.

 

En tous cas, j’ai aimé regarder tous les films dont je parle dans cet article donc merci à toutes les personnes ayant fait les recommandations

 

 

 

One cut of the dead

Tunnel

Whatcha Wearing / My P.S. Partner

Ditto

Castaway on the Moon

Origine

 

 

 

One cut of the dead (2017)

-film recommandé par Jodie, qui m’a également offert le DVD, merci à elle -

 

Une petite équipe cherche à réaliser un film de zombis à budget réduit, le tout en une seule prise, mais se heurte à un problème majeur : des zombis attaquent le tournage. Le réalisateur semble ravi de pouvoir enfin tourner quelque chose de réaliste, mais les acteurs le prennent drôlement moins bien.

 

Je ne vais pas vous mentir, au début, j’ai eu du mal à rentrer dans le film. Au bout de dix minutes, je me voyais déjà devoir annoncer à Jodie que le film ne m’avait pas beaucoup plu, et j’en sentais mon estomac se nouer de stress tandis que ma tête me faisait mal de voir la caméra trembler et d’écouter les personnages hurler (à juste titre, et moi aussi je hurlerais si je me faisais bouffer par un zombie, certes, mais QUAND MEME). J’ai même hésité à arrêter le film, à cause de ce mal de tête. Mais c’était une recommandation et un cadeau, donc j’ai décidé de continuer, d’autant que j’ai confiance en Jodie, et BORDAYL COMMENT J’AI BIEN FAIT !!!

 

Ce film a été un énorme coup de cœur, et je l’aime.

 

Ca lui prend un peu de temps pour réellement démarrer mais une fois qu’il est lancé, il est très drôle, tout tombe en place, et je me suis amusée comme c’est pas permis. Non seulement ça, mais ce petit film de zombis qui commence de façon hyper maladroite s’avère finalement super touchant. La pauvre équipe ne vit vraiment pas une bonne journée (et moi ça m’amusait follement, car je n’ai aucune compassion dans la vie), et si les efforts du réalisateur pour faire son film envers et contre tout sont, au premier abord, flippants et ne révèlent pas une santé mentale exemplaire, ils finissent par devenir très émouvants, et on sent que les gens qui ont fait One cut of the dead aiment le cinéma, aiment le processus de faire du cinéma, et s’amusent des problèmes que ça comprend (même si, certes, les zombis ne sont sans doute pas la principale cause de problème des tournages habituels… mais vous êtes terre à terre, aussi !), tout en célébrant l’amour, le soin et le travail d’équipe qui sont mis dans même les plus petites productions. Bon évidemment les projets cyniques existent, et certains personnages de One cut of the dead font preuve de ce cynisme d’ailleurs, mais c’est vraiment l’amour des films qui transparait, rouge comme un litre d’hémoglobine (en vrai, j’écris cela comme ça pour l’image, mais le film est bien moins gore qu’on pourrait le penser, et conviendra même à ceux qui ont du mal avec les zombis en général), et j'en suis même venue à aimer le premier tiers rétroactivement. La caméra à l’épaule m’a d’abord dérangée, mais elle prend son sens le long du film, et les acteurs qui, au début, ne me convainquaient pas outre-mesure semblent comme trouver leurs rôles au fil de l’histoire.

 

Vraiment, je ne peux que vous conseiller ce film. Il faut juste lui laisser un peu de temps pour démarrer, mais c’est une comédie très réussie, et un très joli film qui fait du bien au cœur. Merci Jodie !

 

 

 

Tunnel (2016)

-film recommandé par Ilumys et Jodie, merci à elles -

 

Un père de famille conduisait tranquillement, le gâteau d’anniversaire de sa fille sur le siège arrière, et passait dans un tunnel quand le tunnel s’effondre autour de lui. Enfoui sous les débris dans une situation alarmante, il arrive à contacter les secours, et l’attention de la nation se porte sur lui. Mais le sauvetage compliqué risque de prendre du temps, et l’homme prisonnier n’a que deux petites bouteilles d’eau et le gâteau d’anniversaire pour tenir.

 

J’étais enthousiaste à l’idée d’enfin regarder ce film, que j’avais manqué au cinéma, mais dont j’avais entendu énormément de bien de tas de sources différentes. Je ne suis pas familière du travail de ce réalisateur (je n’ai toujours pas vu A Hard Day et Kingdom, non), mais en revanche, je connais bien le casting, et j’avais surtout hâte de voir Ha Jung Woo, pas parce que j’aime moins les autres (Bae Doo Na )(et Nam Ji Hyun !! je ne savais même pas qu’elle était dedans !)(et puis Oh Dal Su ! Kim Hae Sook ! Park Hyuk Kwon ! Tellement de beaux noms !), mais parce que je ne savais pas à quel point ils seraient présents, parce que je pensais que le film se déroulerait vraiment à 99% dans le tunnel, et pencherait vers le one man show claustrophobe. Au final, non, on voit bien plus l’extérieur que je m’y attendais,  et tout le monde a donc son petit quelque chose à faire. Il y a des films où j’aurais regretté qu’on ne soit pas complètement plongés dans le noir avec notre personnage principal, mais finalement j’ai trouvé qu’il y avait un bon équilibre et, surtout, le film met beaucoup l’accent sur l’hypocrisie du gouvernement, les manipulations des médias assoiffés de sensations, et le manque de préparation des sauveteurs, ce qu’il n’aurait évidemment pas pu faire sans nous montrer l’extérieur. Pour autant, ça ne l’empêche pas d’effectivement nous faire ressentir l’enfermement du personnage central, très joliment interprété par Ha Jung Woo.

 

On ne sait pas grand-chose de lui sinon où il travaille et qu’il a une famille, mais c’est parce que ce n’est finalement pas très important : on a juste besoin de savoir que c’est une personne dans une situation horrible, et que sa vie a de l’importance simplement parce qu'elle en a, même si les gens à l’extérieur ont parfois du mal à s’en souvenir. J’ai ressenti énormément d’empathie et de compassion pour le personnage, ainsi que pour sa femme à l’extérieur, et me suis sentie impliquée dans son sort, si bien que le film, sans donner dans la surenchère, m’a parfois méchamment serré le cœur. A la fois, comme c’est souvent le cas dans le cinéma sud-coréen, le film ne joue pas sur un seul ton, et est ponctué de plein de petits moments drôles qui permettent de ne pas rendre l’expérience insoutenable, même si ces petits moments se font bien sûr moins nombreux le long du film, à mesure que le personnage fatigue et désespère de plus en plus. A côté de ça, j’ai trouvé que toutes les scènes sous terre étaient très réussies, n’utilisant pour lumière que les sources de lumière du personnage principal, et nous plongeant sinon dans le noir total, histoire de vraiment nous faire vivre les choses comme il les vit lui.

 

Mon seul vrai reproche au film est que de temps en temps il me semblait manquer des transitions. Ce n’est jamais super dérangeant, mais il m’est arrivé une ou deux fois de regretter qu’il n’y ait pas deux lignes de plus entre deux scènes. Et puis, oui, certaines choses paraissent peu réalistes, comme le fait que la batterie du portable du personnage tienne aussi longtemps (même en l’économisant) mais ça n’a pas franchement entamé mon expérience : j’y ai pensé vite fait, m’en suis amusée, et puis après ça, le film était suffisamment prenant pour que je n’y pense plus.

 

Tunnel n’a pas été un coup de cœur, mais j’ai beaucoup aimé ! ... Et honnêtement, j’étais contente de ne pas devoir traverser de tunnel juste après o.o

 

 

 

Whatcha Wearing ? / My P.S. Partner (2012)

-recommandé par Bouya, merci à elle -

 

Pensant appeler son petit-ami, Yoon Jung compose un mauvais numéro et, sans s’en rendre compte, fait une séance de « sexe au téléphone » avec un parfait inconnu. Le parfait inconnu en question est Hyun Seung, un jeune homme qui sort d’une rupture douloureuse avec sa petite-amie et a bien du mal à en guérir. Si l’erreur est particulièrement gênante, de fil en aiguille, Yoon Jung et Hyun Seung, sans se voir, développe une amitié ambiguë.

 

Pour ce film-là, j’ai dû faire un petit effort, au début.

 

A la base, c’était un de ceux que j’avais le plus envie de voir, parce que j’adorais l’idée de tomber amoureux de quelqu’un au téléphone, de développer une relation intime avec quelqu’un sans jamais voir la personne. D’ailleurs, les discussions au téléphone sont ce qui m’a le plus plu dans le film. En général, j’ai juste trouvé qu’il y avait énormément d’alchimie entre Ji Sung et Kim A Joong, qu’ils soient dans la même pièce ou pas, et j’ai aimé voir progresser leur relation, ainsi que le fait que le film garde leurs conversations très dynamiques en ne les mettant jamais en scène tout à fait de la même manière.

 

Si j’ai dû faire un effort au début, en fait, c’est parce que j’ai eu un peu de mal à apprécier le personnage masculin principal. Lorsqu’on le rencontre il sort d’une rupture difficile, il est blessé et amer, ce que je comprends parfaitement, de même que sa mesquinerie n’est, certes, pas glorieuse, mais bon, compréhensible parce que quand on souffre, des fois, on n’est pas au top de notre humanité (ça veut pas dire que c’est bien, mais c’est humain). Mais j’ai trouvé que le film forçait le trait. A trois reprises, on le voit évacuer sa colère par la violence : une fois il renverse une table, une fois il frappe quelqu’un, et une fois pendant une dispute avec sa copine, il jette contre un mur la guitare qu'elle lui a offerte. Si, pendant une dispute, mon petit-ami commençait à balancer des choses contre les murs, personnellement, je serais terrifiée, et ça m’a mise mal à l’aise. Lors d’un moment de colère, influencé par les propos hyper-misogynes d’un de ses meilleurs amis (interprété par Kim Sung Oh qui est super joli et que j’aime de tout mon cœur, mais « toutes les femmes ne sont que des trous et je les fourrerai tous » c’est… gerbant -intentionnellement de la part du film, je précise… mais le film veut quand même qu’on trouve le personnage un peu attachant, je crois ?-), il appelle l’héroïne pour se défouler en l’insultant et insultant toutes les femmes. Alors, elle réagit et il s’excuse, mais de base, c’est pas quelque chose d’anodin que n’importe qui aurait fait et, bref, il y a des tas de moments, généralement tous en rapport avec son ex où, sincèrement, ce n’était pas un type que je souhaitais à une femme. Dans une comédie romantique, je pense que je n’ai pas besoin de préciser pourquoi ça peut être un problème ? A un moment donné, il sort un « tu arrives à croire qu’elle ne m’aime plus, toi ? » (en parlant de son ex) et tout ce que j’avais en tête, c’était « … oui o.o ». 

 

Donc j’ai dû jouer au jenga émotionnel, comme je l’ai fait devant 1% of anything et son héros mesureur de jupe et amateur de « tu n’as plus le droit d’écouter ton chanteur favori ni voir tes amis masculins » : j’ai trié les scènes que je gardais et celles que j’allais ignorer. C’est pas génial, je sais, mais… Et puis je m’accrochais aussi à l’espoir que ça allait s’arranger, et bonne nouvelle, les scènes à ignorer (pour moi) se sont effectivement faites plus rares au fil du film. Il y a des couacs jusqu’au bout, et dans la vraie vie de la réalité véritable, je ne dirais pas que j’aurais confiance en ce type, mais puisque c’était un film et que, vers la fin, il y avait plus de scènes où je l’appréciais que le contraire (même avec son ex, où il prend en maturité [spoiler] et j’ai apprécié qu’il finisse par lui dire qu’elle a été une bonne petite-amie et que, non, elle n’a pas saboté leur relation, qu’elle n’est pas en faute [/spoiler]), émotionnellement, c’est passé. Pardon si ça ne parait pas hyper positif, mais en vrai, j’ai super bien réussi ma partie de jenga, donc j’ai passé un bon moment. Juste, il fallait bien que j’aborde ce qui, pour moi, a été le point négatif du film.

 

Bon, puis faut dire ce qui est : la partie de jenga a été super facilitée par Ji Sung, qui a un charme fou. Kim A Joong aussi, du reste, mais c’est vrai que je suis personnellement plus sensible à celui de Ji Sung, et j’avoue avoir eu pas mal de cœurs devant les yeux, ce qui aide beaucoup à s’aveugler quand on en a besoin. Sans compter que, oui, il y a quand même des tas de scènes où il m’a attendrie ou amusée. En particulier, à la fin, dans une scène où il chante, si le geste aurait pu me faire tiquer ([spoiler] car je trouve ça limite d’interrompre un mariage comme ça -même le personnage de Kim Sung Oh a essayé d’arrêter ça, c’est vous dire o.o… mais bon, elle finit soulagée qu’il l’ait fait et puis même moi, du reste, j’étais contente que le mariage n’ait pas lieu, d’autant que j’ai adoré la façon dont l’héroïne gère ça. Au final [/spoiler]), j’étais tellement occupée à rire, et à la fois m’émouvoir, et être contente, que c’est passé comme une lettre à la poste, d’autant que j’aime beaucoup la chanson ! Lorsque l’héroïne sort qu’elle trouve les chansons d’amour plates et qu’il promet de lui en chanter une qui ne sera pas plate, j’avoue que je m’attendais à quelque chose de pas ouf, mais effectivement, c’était tout sauf plat, et chantée par Ji Sung ou Kim A Joong, j’ai aimé la chanson les deux fois, et elle a intégré ma playlist de l’année, sous ses deux versions. J’ai aussi revu la scène où Ji Sung la chante plus de fois que de raison. En vrai, j’aime juste cette scène. Émotionnellement, elle est super satisfaisante, et puis de base les scènes où les gens chantent, j’y résiste très rarement, donc le film tapait dans mes faiblesses (pourquoi vous croyez que j’aime tant les fins de Music & Lyrics et The Wedding Singer ?!). A tel point que je pardonne même au film sa fin que je trouve cheloue : [spoiler] il chante sa chanson au mariage, elle dit qu’elle ne croit plus en l’amour, et zop, time jump, elle y croit à nouveau et elle lui chante la chanson à la radio, happy end… o-ok ? On est censés comprendre que pendant le saut dans le temps, où elle a fait avancer sa carrière (yay), elle s’est aussi reconstruite sentimentalement, et moi je dis pas non, mais niveau ressenti ça reste super abrupt. Cela dit, la scène en soi, même si mal amenée, est jolie, et on entend la chanson une seconde fois, donc… meh, je prends ! Avec le sourire, même ! [/spoiler] A mon avis, dans quelques années, cette chanson et la scène où Ji Sung la chante (que vous pouvez voir ici mais elle spoile, attention) seront ce qui me restera le plus du film, et j’y repenserai avec énormément d’affection.

 

Puis, tout simplement, j’étais investie dans cet OTP. Je l’ai déjà dit, je trouve que les deux acteurs ont énormément d’alchimie, et énormément de charme, donc ils portent le film sur leurs épaules tandis qu’ils passent par la plupart des étapes attendues. Car si My PS Partner a l’aspect « sexe au téléphone » pour faire sa particularité, finalement, on y retrouve beaucoup de tropes classiques des romcoms… et moi, j’aime bien les romcoms… Et puis je trouve l’aspect téléphone, encore une fois, bien exploité, et il y a plusieurs scènes douces qui m’ont embarquée et ont contribué à me faire entrer dans le film.

 

Donc voilà, j’ai dû faire une sorte de gymnastique, mais autant dans certains films/dramas je n’ai pas la motivation de la faire, autant dans certains elle ne suffit pas, autant dans celui-là il y avait suffisamment de choses qui m’enthousiasmaient et me parlaient pour que je la fasse, et que je vive une expérience positive que je n’ai pas regrettée. Et puis j’aime vraiment cette chanson (des fois que vous n’auriez pas compris). Moi aussi, je veux que Ji Sung me chante des trucs. La vie est trop injuste T_T

 

Ah, et P.S. (huhu)(mais moi ça veut dire "post scriptum") En raison du sujet, vous vous en doutez peut-être, mais il est souvent question de sexe dans le film, et il y a quelques scènes osées, dont une courte mais explicite avec nudité à la clé. Rien que j’ai trouvé excessif personnellement, mais mettons que je n’aurais pas regardé le film avec un parent.

 

 

 

Ditto (2000)

-recommandé par SALT, merci à elle -

-(« suggéré » plutôt, en vrai)-

 

En 1979, par un concours de circonstances, une jeune femme acquiert une radio qui n’est pas censée fonctionner. Or non seulement la radio fonctionne, mais, en plus, elle la met en relation avec un jeune homme qui prétend vivre en l’an 2000.

 

J’ai été surprise par Ditto. Au vu du synopsis, je m’attendais bien plus à une romance entre les deux personnages communiquant par radio (et comme je disais, c'est le genre de concept qui me parle), mais finalement, plutôt qu’un partenaire romantique, notre personnage masculin principal devient un confident pour l’héroïne, So Eun, qui le compare à son journal intime, une idée renforcée par une scène où elle veut écrire dans son journal mais n’y arrive plus, tellement elle est habituée à se confier à Dong Hee à présent. Le film, par ailleurs, met un peu de temps à introduire le personnage de Dong Hee (il apparait vers la 25ème minute) et, après ça, continue de plutôt se concentrer sur So Eun. On a un tout petit peu de contexte sur Dong Hee : on rencontre deux de ses amis (très furtivement pour l’un d’entre eux), il reçoit une lettre de sa mère à un moment donné, on sait dans quelle université il va, mais c’est à peu près tout, alors qu’on rencontre les parents de So Eun plusieurs fois, et on voit bien plus ses relations avec son entourage en général. Par ailleurs, peut-être parce que la période (contemporaine, à la sortie du film) à laquelle vit Dong Hee était familière pour le public de Ditto, celle de So Eun nous est plus montrée. Ca se passe dans le fond, mais la télé parle du président, on voit manifester les étudiants et la police les réprimer violemment, etc. De façon générale, le film semble plus intéressé par So Eun et son contexte que par Dong Hee et le sien.

 

Quelque part, j’ai trouvé cela un peu dommage. Dong Hee est un personnage attachant, d’autant que j’aime beaucoup l’acteur, Yoo Ji Tae (même si Kim Ha Neul reste la star du film), mais le film s’y intéresse un peu moins, et une fois établi que oui, il est bien en l’an 2000 et So Eun est bien en 1979, les discussions entre eux deux consistent surtout à parler de So Eun. Elle se livre beaucoup à lui, et lui bien moins à elle, si bien qu’on a effectivement le sentiment qu’il devient son journal intime, pas qu’ils deviennent amis. Le film nous montre bien qu’il s’attache à elle, et que chacun devient une présence importante dans la vie de l’autre, mais il manque un sentiment de réciprocité, au point que je me suis demandé si le film n’aurait pas pu carrément se passer de nous montrer Dong Hee [spoiler] en ne nous le dévoilant qu’à la fin, lorsqu’il va voir So Eun en 2000 (une très jolie scène que le film exécute avec une belle retenue délicate)… on aurait alors découvert son visage en même temps que So Eun, et [/spoiler] je pense que ça aurait tout aussi bien fonctionné. Ou presque. Mettons que ça aurait évité le sentiment de « on m’en montre un peu mais pas assez » en faisant réellement de Dong Hee juste un élément dans l’histoire de So Eun dont on aurait entièrement épousé le point de vue, et je pense que ça n’aurait pas été un frein du tout à l’émotion, mais ça aurait changé le film, parce que là où le point de vue de Dong Hee devient important, à mes yeux, est dans le message de Ditto sur la reconnaissance qu’on doit avoir, selon lui, pour les sacrifices des générations précédentes.

 

1979 est une année difficile pour les sud-coréens, et dans le fond du film, on les voit se battre pour un meilleur futur qui, à leur époque, est incertain. Le monde dont jouit Dong Hee est une conséquence des combats de ses ainés, et plutôt que de le formuler exactement comme ça, Ditto décide (du moins il m’a semblé) de l’exprimer indirectement via les choix de l’héroïne dans sa vie personnelle : [spoiler] vers la fin du film, So Eun découvre que Dong Hee est le fils de sa meilleure amie et de l’homme qu’elle aime et avec qui elle sort plus ou moins… Elle comprend donc que sa romance, qui a occupé une grosse partie du film (sans beaucoup me passionner, du reste ^^’) et semblait être sa priorité numéro 1 dans la vie, est vouée à l’échec. Elle a donc le choix : accepter le destin, ou essayer de le changer. Mais le changer impliquerait que Dong Hee ne naitra jamais, et pour finir, elle décide donc de renoncer à l’homme qu’elle aime, restera amie avec les parents de Dong Hee (comme on le voit dans plusieurs photos que Dong Hee découvre chez ses parents) et restera célibataire. Elle choisit de sacrifier son bonheur personnel, un fait que reconnait Dong Hee, et dont il se sent désolé et reconnaissant à la fois. La comparaison entre les combats des activistes et le choix de So Eun de ne pas s’interposer dans la romance de sa meilleure amie n’est évidemment pas parfaite, les deux choses n’étant pas équivalentes, mais l’état du monde en 2000 par rapport à 1979 et l’avancement de la romance de So Eun sont les deux sujets principaux des personnages principaux, et dans les deux cas les choix du passé ont directement créé le présent, donc je pense qu’il n’est pas irraisonnable de lier les deux, émotionnellement, et de penser que [/spoiler] Ditto espère voir la génération présente ressentir, à l’égard de la génération passée, la même reconnaissance que Dong Hee ressent à l’égard de So Eun. Du moins c’est comme ça que j’ai perçu les choses.

 

Il y a des aspects du film qui ne m’ont pas autant emballée qu’ils auraient pu, et je réprouve la façon dont So Eun traite ses tortues de compagnie (c’est juste une scène, mais elle en sort une de leur tout petit bocal et la met à deux reprises sur le dos pour la voir se débattre… j’ai du mal avec les scènes de détresse animale, et je voulais en parler, voilà ><). Mais j’ai trouvé que Ditto était un film très… élégant. Très peu dans la surenchère, il est souvent silencieux, et sa bande originale est composée de morceaux au piano ou violon qui lui confèrent quelque chose de simple et raffiné. Le film prend son temps, et propose de jolis moments visuels comme, par exemple, son introduction au personnage de So Eun où on la voit apparaître dans un monde en sépia qui retrouve peu à peu ses couleurs, comme une vieille photo prenant vie devant nos yeux. Les deux acteurs sont bons, et, oui, encore une fois, j’ai un faible pour Yoo Ji Tae, ce qui n’a pas dû faire de mal.

 

Donc même si ça n’a pas été un coup de cœur, dans l’ensemble, c’est un film que j’ai aimé regarder et suis contente d’avoir vu :)

 

 

 

Castaway on the moon (2009)

-recommandé par Luthien + une personne anonyme, merci à elles -

/!\ TW: tentatives de suicide

 

Ecrasé par les dettes et éreinté par sa vie, un homme décide de sauter du haut d’un pont mais, au lieu de se noyer, il échoue sur une île déserte en plein milieu du fleuve Han. N’arrivant à contacter personne, il n’a plus qu’à tâcher de survivre dans son nouvel environnement. De loin, une jeune femme qui n’a pas quitté sa chambre depuis des années se met à l’observer avec son télescope.

 

Ce film est mon second gros coup de cœur de cet article Ca faisait un moment que j’en entendais du bien, et je suis contente de l’avoir enfin regardé grâce à Luthien et l’autre personne l’ayant mis dans ma liste, parce que je n’ai pas vu le temps passer, je me suis beaucoup amusée, et surtout, j’ai été profondément touchée par ce film. Quelque part, il m’a un peu rappelé I’m a cyborg but that’s okay. Ou, plus exactement : il m’a rappelé le souvenir flou que j’ai de I’m a cyborg but that’s okay. Je ne me souviens pas très bien du film de Park Chan Wook, j’en ai juste gardé ce sentiment général de tendresse et de deux personnages atypiques se trouvant dans un monde qui ne les écoute pas, ainsi qu’un sens du surréel dans la mise en scène qui n’est pas aussi présent dans Castaway on the moon mais qu’on retrouve dans certaines scènes très belles, comme lorsque des lumières automatiques évoquent la trainée de feu derrière une fusée qui s’élance dans l’espace, ou lorsque l’héroïne, en plein sentiment de bonheur et liberté, se met à flotter dans l’air. Il y a une magie douce dans Castaway of the moon, beaucoup de délicatesse, de chaleur, et on retrouve tout ça dans la façon dont sont traités les deux personnages principaux.

 

D’un côté, on a Kim Seung Geun (impeccable Jung Jae Young, aussi drôle qu’il peut péter le cœur), un salaryman dont on ne sait pas grand-chose sinon l’essentiel : sa vie l’étouffe. Plus exactement, il se noie, comme c’est visuellement exprimé lors d’une scène où il essaie de rejoindre la rive mais manque de mourir noyé, « hallucinant » au passage sa copine, des employeurs potentiels, son père, etc le regarder se débattre sans l’aider. Bref, Seung Geun n’en peut plus. En plus il est endetté jusqu’au cou, et il n’a donc qu’une envie : en finir. Lorsqu’il se retrouve bloqué sur l’île, au début, il y voit un signe de malchance, qu’il est tellement infoutu de faire quoi que ce soit qu’il n’est même pas capable de mourir. Mais petit à petit, cette île devient un refuge dans lequel il se sent bien. Oui, la survie n’est pas simple, et il rencontre plein d’épreuves le long du chemin, dans des scènes parfois crève-cœur et parfois très drôles (lorsqu’il essaie de pécher et se plante son arme dans le pied, par exemple, j’ai éclaté de rire), mais il n’a plus à subir la pression du monde extérieur, il a tout le temps dont il a besoin, et ses victoires après les gros efforts sont plus sucrées parce qu’il n’a fait ces efforts que pour lui-même, et pas pour satisfaire un système qui profite de lui. Il retrouve le goût de vivre sur cette île et je trouve que c’est joliment illustré par une scène où il essaie de se tuer à nouveau (au tout début) mais à la place va déféquer dans un buisson (avec des bruitages suggestifs o.o… c’est un peu crade, oui) puis bouffer des champignons qu’il espère comestibles (mais au pire, l’idée d’en crever ne le travaille pas plus que ça). Ca m’a rappelé une scène de Soredemo Ikite Yuku qui fait partie de mes favorites de ce drama où le personnage d’Eita explique qu’il a beau avoir vécu sa vie en voulant mourir, il a continué à manger, faire ses besoins, et survivre mécaniquement sans avoir envie de vivre pour autant (d’ailleurs il se compare à une limace s’accrochant à la terre, ce que Seung Geun fait aussi). J’avais trouvé cette scène à la fois très triste mais porteuse d’espoir, parce que tant que le personnage d’Eita survivait, il aurait peut-être un jour envie de vivre. J’ai ressenti la même chose face à cette scène de Castaway on the moon.

 

Et qui l’observe de loin, nous avons Kim Jung Yeon (interprétée par une excellente Jung Ryeo Won), enfermée dans sa chambre. On ne sait pas trop ce qui lui est arrivé, sinon qu’elle a une cicatrice au visage qui semble la complexer, et elle passe sa vie à s’en inventer une autre la journée, mentant aux internautes qui la lisent, et à observer la lune la nuit. Jusqu’à ce qu’elle tombe sur Seung Geun et se mette à l’observer lui plutôt que la lune (d’où le titre « on the moon ») comme si elle observait une vie extra-terrestre, s’amusant de ses étrangetés et commençant à ressentir l’envie de communiquer avec lui. Les deux personnages sont tous deux des « castaways », des naufragés sur leur propre île déserte, pour des raisons similaires, à savoir qu’ils ne se sentent plus adaptés à la vie en dehors de l’île, qui est devenue leur refuge. Ce sont deux personnes très seules, très abîmées, et le lien qu’ils forment le long du film, en ayant pourtant peu d’interactions, est particulièrement émouvant. Je les regardais réapprendre à vivre et je ne leur souhaitais que du bien du plus profond de mon cœur.

 

Devant ce film, j’ai plusieurs fois senti les larmes me monter aux larmes, que ce soit de tristesse ou de joie (j’ai aussi eu super envie de manger des nouilles o.o), et je ne vais pas m’étendre plus, mais bref, j’ai adoré Castaway on the moon, et je ne peux que vous le recommander chaudement si vous ne l’avez pas déjà vu

 

 

 

Bonus :

 

Origine (2006)

-sur un malentendu-

 

Plusieurs siècles dans le futur, suite à une catastrophe écologique, la nature, hostile, a pris le contrôle de la planète et l’humanité est à la merci de la forêt qui contrôle les réserves d’eau. Dans ce contexte, un jeune homme trouve une jeune femme endormie depuis des siècles, qui, en se réveillant, découvre un monde complètement différent de celui qu’elle connaissait. En sa possession, elle pourrait bien avoir ce qu’il faut pour restaurer le monde d’avant, mais à quel prix ?

 

Oui, à la base, c’était la recommandation de SALT que j’avais décidé de suivre, ne serait-ce que parce que j’ai le DVD depuis des années, donc c’était pratique. Mais aussi parce que le film me tentait. C’est pour ça que j’avais le DVD. Après avoir vu le film, cela dit, j’ai eu un doute et il s’est avéré que j’avais mal noté le titre du film que m’avait recommandé SALT et que ce n’était pas du tout celui-là… Je vous avoue que ça m’a un peu soulagée. Je me suis sentie bête, certes, mais aussi soulagée, parce que j’ai trouvé ce film vraiment pas ouf, et que ça me faisait de la peine d’être aussi peu enthousiasmée par une recommandation… Cela dit, j’ai décidé d’en parler quand même, parce qu’après tout, je l’ai regardé, et aussi parce que ça me permet de partager avec vous ce que j’aime le plus à propos de ce film, à savoir cette bande-annonce :

C’est la bande-annonce qui m’avait acheté le DVD à la base, je l’adore toujours, et elle contient les trois choses que j’ai le plus appréciées dans le film :

 

. la musique est très belle, particulièrement les deux morceaux chantés par Kokia.

. il y a des moments super beaux dans le film, niveau animation

. Origine est plein de décors et concepts prometteurs, proposant un monde intriguant sur lequel on a envie d’en savoir plus

 

Le souci étant que

 

. oui il y a des moments super beaux dans le film, et on sent qu’ils ont foutu le paquet sur les décors qui sont superbes, mais il y a aussi des tas de moments qui ne tiennent pas la route et, en particulier, le film fait un gros usage d’images de synthèse pour, surtout, les machines et les « lianes dragons » des plantes et… ça se voit. Ca se voit énormément. Et je sais pas si en 2006 ce n’était pas choquant, mais en regardant le film pour la première fois en 2020, l’écart de style et de qualité est évident, et le décalage est dérangeant pour les yeux, je trouve. Pour certains films, c’est toute l’animation qui a vieilli, donc on rentre dedans et on s’y fait, mais ici il y a des moments de toute beauté qui n’ont pas pris une ride, et quand soudain on introduit une machine mal intégrée en CGI daté, ça casse la fluidité du film.

. oui, il y a des tas de choses intéressantes dans le film, mais il va tellement vite qu’on a finalement à peine le temps d’en profiter, et, de façon générale, le rythme, c’est le gros souci d’Origine.

 

Tout va super vite et à aucun moment je n’ai eu le temps de m’impliquer émotionnellement dans quoi que ce soit. Le monde est riche, mais parait trop souvent survolé, les personnages secondaires sont souvent superflus (et mention spéciale à Endo Kenichi, que j’aime en tant qu’acteur mais qui livre une prestation affreusement plate dans le rôle d’un des antagonistes principaux, et le rend encore moins passionnant qu’il ne l’était déjà), des décisions énormes sont prises super rapidement sans leur donner le poids qu’elles mériteraient, des pouvoirs sont donnés et maitrisés en un claquement de doigt, tout parait beaucoup trop facile. Je n’avais le temps de m’intéresser ni m’attacher à rien, donc je m’ennuyais ferme. Oui, on peut s’intéresser au message du film sur la façon dont l’humain a détruit son propre environnement et subit donc un juste revers de bâton, et sur ramener le passé vs accepter le présent et regarder vers le futur, mais tant qu’à faire j’aurais aimé que ces thèmes soient explorés dans un film qui fonctionne mieux en tant qu’histoire. Ma petite sœur, qui a regardé le film avec moi, a dit une chose avec laquelle je suis d’accord, à savoir qu’Origine donne le sentiment d’être en fait un anime (sans doute bon) de plusieurs épisodes dans lequel on aurait viré tout le développement des personnages et exploration approfondie des conflits pour en tirer un résumé d’1h30.

 

La bonne nouvelle, cela dit, c’est que le film m’a donné super envie de revoir Le Château dans le CielOrigine (qui s’inspire aussi visiblement de Nausicaa de la Vallée du Vent) a beaucoup de points communs avec ce film de Miyazaki, de moments qui y font penser (du reste, l’auteur à la base d’Origine, Umanosuke Iida a bossé sur Nausicaa et Le Château dans le Ciel), la différence étant que dans Le Chateau dans le Ciel j’étais intéressée par les personnages. Ils avaient des personnalités mieux définies, et ils passent plus de temps ensemble, alors que dans Origine, ils se rencontrent, passent douze heures ensemble puis on est censés croire que c’est bon, ils ont un lien profond, et, après cela, ils passent la majeure partie du film séparés. A aucun moment je n’ai réussi à croire à leur relation, ni même leurs émotions, et j’avais l’impression que tous les personnages du film n’étaient que des marionnettes récitant des lignes, pas de véritables personnes. Et c’est con, parce que franchement, il y a des moments dans ce film qui sont très beaux, des images marquantes et des concepts qui auraient mérité meilleure écriture.

 

Je suis donc ressortie d’Origine frustrée. Mais très amoureuse de la bande-son. Et je vais donc vous laisser sur une version plus longue de mon morceau favori, qui est aussi l'opening du film~

 

 

 

Merci encore à tout le monde

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