[Les lames de la colère] Blade Man 아이언맨

Publié le 24 Juillet 2020

Après un premier épisode peu engageant, il s'avère que Blade Man a des idées intéressantes, mais est très mauvais à les développer, et devient un gros bordel. Un bordel que j'ai aimé regarder, mais un bordel quand même.

 

Diffusé en 2014

Sur KBS2

18 épisodes d’1h

Réalisé par Kim Yong Soo

Ecrit par Kim Kyu Wan

 

Ecrit par :

Lee Dong Wook : Jo Hong Bin

Shin Se Kyung: Song Se Dong

Jung Yoo Geun : Chang

Han Jung Soo : Secrétaire Go

Lee Joo Seung: Jo Hong Joo

Shin Seung Hwan: Seung Hwan

Kim Gab Soo: Joo Jang Won

Lee Mi Sook: Gouvernante Yoon

Etc

 

 

Dontesque ?

Jo Hong Bin, riche président de compagnie, souffre d’une condition particulière : lorsqu’il se met en colère, des lames tranchantes lui sortent du corps et il perd conscience de ses actes. Il ne connait pas encore cette facette de lui-même lorsqu’entrent dans sa vie Song Se Dong, une créatrice de jeu vidéo qui n’entend pas se laisser marcher sur les pieds, et Chang, son fils dont il ignorait l’existence.

 

Fiche Ecrans d'Asie: ICI

 

 

oOo

 

Introduction

 

pères et fils

les lames de la colère

la belle et : la bête

la romance

don de soi excessif

OMG ce bordayl o.o

 

Conclusion

 

/!\ TW: maltraitance parentale

 

La journée anniversaire étant passée, vous savez que j’y ai publié un article sur Shin Se Kyung (et si vous ne le saviez pas, maintenant vous savez), et pour l’écrire j’avais décidé de revoir ce drama, en partie parce que j’aime beaucoup Lee Dong Wook (et Shin Se Kyung, mais c’était déjà sous-entendu), et en partie parce que je m’en souvenais beaucoup trop mal pour écrire un paraphe dessus, et n’avais aucun article auquel me référer. Tout ce dont je me souvenais était qu’à l’annonce de sa sortie, tout le monde avait dit que ce serait un désastre, puis il y avait eu une sorte de conflit entre les gens qui disaient que, oui, c’était un désastre, et ceux qui disaient que, finalement, c’était bien moins pire que ce à quoi ils s’étaient attendus… mais que c’était pas ouf, quand même. J’étais dans le second camp. Et maintenant je suis dans le camp de : c’était moins pire que ce à quoi je m’étais attendue à l’époque, mais c’était carrément plus mauvais que ce que j’en avais fait dans ma tête (car je n’avais gardé que les bons souvenirs, comme mon cerveau a tendance à le faire). Et pourtant, je ne peux qu’admettre que je me suis sentie émotionnellement investie dans ce drama, et que je ne me suis pas ennuyée pendant au moins ses deux premiers tiers. Le dernier est… frustrant, on va dire. Mais il y a de bonnes choses, ou de bons débuts de choses dans ce drama… C’est juste qu’ils sont perdus dans le reste, parce qu’il y a beaucoup de choses dans Blade Man. Il y a trop de choses dans Blade Man.

 

En ce sens, le premier épisode est un excellent pilote, malgré que ce soit un début catastrophique, parce que, certes, il est mauvais (dans le sens où il donne pas envie de poursuivre la série, je trouve), mais il donne une très bonne idée d’à quoi s’attendre.

 

Pas tellement dans le contenu : un des conflits majeurs posés par ce premier épisode sera complètement abandonné en cours de route (comme d’autres, et on y reviendra), et l’épisode est également plus léger que ce qui suivra. Mais il est bordélique, maladroit dans sa mise en scène, propose des moments s’approchant du malaisant (comme le héros qui se penche pour mieux sniffer l’héroïne), et ça, c’est carrément représentatif des 18 épisodes qui vont suivre (et au passage, oui, 18 épisodes, c’était trop long). Par ailleurs, entre ses acteurs qui surjouent et sa comédie qui revient beaucoup à crier très fort et faire des grimaces, ce premier épisode n’a aucun sens de la retenue, et ça aussi, ça se retrouve dans le drama plus tard, plus tant dans les moments humoristiques, mais dans l’écriture de certains personnages.

 

Commençons par ça.

 

 

…pères et fils

 

Les relations entre pères et fils est un des grands thèmes de Blade Man, quand bien même il a du mal à le développer correctement/pleinement. Après tout, ce qui créé un lien entre l’héroïne, Se Dong, le héros, Hong Bin, et le passé qu’il doit surmonter est Chang, le fils d’Hong Bin dont il ignorait l’existence. Le long du drama (ok, ça dépend des épisodes, des fois le drama oublie que Chang existe), Hong Bin va s’efforcer d’être un père pour Chang, et autant vous dire que c’est pas simple, parce qu’Hong Bin n’a pas exactement grandi avec le meilleur des modèles. Son propre père, interprété par Kim Gab Soo, est un tyran avare en affection qui a mené la misère à toute sa famille, et avec lequel la communication est très difficile.

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Parfois, ça donne lieu à des scènes touchantes (tant qu’on les isole de leur contexte), où père et fils règlent leurs comptes, et essaient de défaire des années de malentendus, mais la plupart du temps, ça n’a pas pris pour moi, pour une raison sur laquelle je vais revenir dans juste une minute. Pour le moment, histoire de me concentrer simplement sur Hong Bin, il a été négligé toute son enfance et n’a jamais appris à s’exprimer sainement, et certainement pas à montrer de l’affection, donc forcément, sa relation avec Chang part très mal. Au début, il terrifie ce pauvre gosse, et en réponse à ses pleurs, il n’arrive qu’à s’énerver et crier, mais petit à petit, leur relation s’améliore et je dois dire que certaines des scènes les plus touchantes du drama, pour moi, ont été celles entre Chang et Hong Bin. Les voir progresser, former une connexion, et être heureux, ça me réchauffait le cœur. Certes, parfois, le drama ne lésinait pas sur la présentation (j’ai en tête la slow-motion un peu niaise de l’épisode 12, par exemple, où Chang court vers son père, tout sourire au ralenti), mais ils avaient l’air tellement heureux que finalement, ça me faisait sourire et je trouvais ça simplement attendrissant.

 

Par ailleurs, apprendre à communiquer avec Chang est une chose, mais c’est avec le monde entier qu’Hong Bin apprend à dialoguer. Avec son propre père, avec ses employés, et puis, bien sûr, avec Se Dong. Au début, ce n’est pas gagné mais j’ai trouvé que, pour quelqu’un qui partait de loin, Hong Bin, après plusieurs épisodes à évoluer, s’avérait capable de beaucoup d’écoute, et il veut faire l’effort de comprendre et respecter les vues de Se Dong. J’ai donc été agréablement surprise d’avoir un OTP qui ne communique pas mal du tout. Notamment, dans le dernier tiers, lorsque la situation devient inutilement compliquée, il y a plusieurs fois où je pensais que les personnages se cacheraient certaines choses ([spoiler] par exemple, je ne pensais pas que Se Dong confirmerait si vite à Hong Bin que son ex est en vie [/spoiler]), et en fait pas du tout.

 

Maintenant, histoire de tempérer tout ça : oui, Chang et Hong Bin ont des moments adorables mais la façon dont la présence de Chang dans la vie des autres personnages est gérée est un fiasco, et oui, l’OTP m’a bien plu, mais j’ai aussi mes soucis de ce côté-là (j’y reviendrai). Comme je disais : le drama a de bonnes choses… il a juste beaucoup de mal à s’en servir correctement. Et là j’en reviens au père d’Hong Bin. Et son petit-frère, aussi.

 

Oui parce que je l’avais complètement oublié avant de revoir le drama, mais Hong Bin a un petit frère ! Les deux frères n’ont pas une relation très proche. Comme leur père est un tyran, Hong Bin a coupé les ponts, avec toute sa famille, petit-frère inclus. C’est au point qu’à un moment donné le petit-frère est surpris à l’idée qu’Hong Bin se soucie de savoir s’il est mort ou vivant. C’est hyper triste. Et à la fois hyper drôle, parce que ça se situe à l’épisode 8, et le drama en profite pour nous ressortir en flash-backs toutes les scènes de ces deux personnages ensemble, qui sont littéralement au nombre de deux. Et ne croyez pas qu’après ça le drama s’intéresse beaucoup plus à leur relation. Oui, le petit frère est un peu plus présent, mais on ne peut pas dire que la série creuse beaucoup.

 

Mais c’est pas pour ça que je vous parle de lui.

 

La première scène qu’il partage avec Hong Bin se déroule dans un poste de police. Le petit frère a été arrêté, et la police a appelé Hong Bin, qui fait mine de ne pas connaître son frère, mais qui finalement revient l’aider lorsque le père des deux se pointe, et commence à frapper son fils. Et c’est ça qui m’intéresse. Lors d’une autre scène, dans un moment de rage, le père détruit violemment la guitare de son fils. Lorsqu’Hong Bin ramène son petit-frère à la maison qu’il a fuie, le petit-frère fait une remarque qui m’a un peu glacé le sang : « il va falloir que je cache les clubs de golf ». Sous-entendu : « sinon, papa risque de me frapper avec ». Apparemment c’est déjà arrivé, c’est même suffisamment récurrent pour être attendu. Et Hong Bin n’est pas surpris. Mais il ne décide pas de prendre son petit-frère et le ramener plutôt chez lui. Ce n’est pas comme s’il n’avait pas les ressources de loger, nourrir, et payer pour l’éducation de son petit-frère : il est pété de thunes. Mais voilà, l’idée du drama est que le père a surtout du mal à s’exprimer, et a besoin d'un bon dialogue. Sauf que… non ? C’est pas juste qu’il ne dit pas assez clairement à ses enfants qu’il les aime : il les frappe. Ou, en tous cas, il frappe le petit-frère. Hong Bin on ne sait pas, mais il bat son plus jeune fils. Ce n’est pas « des difficultés à dialoguer », c’est de la maltraitance physique (en plus de l’émotionnelle) le genre de truc qu’on ne résout pas en  « au fond, mon fils, je t’aime ».

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Mais c’est pas traité comme ça du tout par le drama, et parfois, j’en roulais des yeux si fort. J’ai détesté toute la partie du drama où Se Dong (qui n’a aucune réelle connaissance de la situation) apprend à Hong Bin à avoir pitié de son père, et le pousse à faire des concessions, se réconcilier, etc, faisant en gros culpabiliser une victime de maltraitance pour qu’elle renoue des liens avec le parent abusif qu’elle a coupé de sa vie. C’est ça que j’entendais quand je disais que le drama n’a aucun sens de la mesure : il ne réalise pas l’ampleur de ce qu’il écrit, et comme il ne comprend pas ce qu’il écrit, forcément, il ne peut pas le développer correctement, et c’est ce qui créé la frustration.

 

Le père d’Hong Bin n’est pas le seul personnage à ne subir aucune conséquence et être excusé par le drama pour des actes extrêmement violents, d’ailleurs… [spoiler] Je pense à la majordome qui a engagé un gang pour faire tabasser une femme enceinte, qu’elle a pensé morte sous les coups pendant des années… mais apparemment, ça lui a pas travaillé la conscience plus que cela, et à la fin, elle a droit à sa petite scène douce-amère émouvante avec Hong Bin, son crime n’est jamais exposé, et elle va s’occuper de son fils, le ton du drama nous indiquant de ne pas trop lui en vouloir, au fond. Même si, dans ce cas, on est face à un « j’ai introduit un truc mais finalement j’ai pas envie d’en faire quoi que ce soit » classique de ce drama : wtf, Blade Man ?! Je dis pas que toutes les personnes qui font tabasser des femmes enceintes (ou pas enceintes, du reste) doivent finir en prison, parce qu’une fiction a le droit de ne pas se terminer en parfait happy-end, mais si on pouvait éviter de nous dire que tout ça n’est pas si grave, et qu’au fond, le personnage reste un peu attachant quand même… Car tout cela n’était qu’un malentendu aussi, et personne n’est vraiment mort, donc yay ! … bref. [/spoiler]

 

Encore une fois, je réitère bien : c’est pas un souci que des personnages principaux craignent moralement, et c’est pas un souci qu’ils soient pas tous punis pour leurs actions. Ce qui me dérange c’est que la scénariste ne semble pas se rendre compte de ce qu’elle écrit et que, en conséquence, elle a du mal à bien tout gérer. Pour faire une analogie pourrie, c’est comme si elle avait écrit à Hong Bin une fracture au genou mais pensait lui avoir écrit une coupure sur le doigt, du coup à la fin elle lui écrit un pansement au doigt et nous dit « voilà, c’est bon, il est soigné, yay ». Vous situez le problème, je pense (si vous ne situez pas, ne faites jamais médecine, plize).

 

 

… les lames de la colère

 

Les lames qui sortent du dos d’Hong Bin lorsqu’il se met en colère sont une métaphore transparente (et littéralement soulignée par le drama) pour son incapacité à extérioriser et exprimer de façon saine la rage et la douleur qu’il a accumulées le long d’une enfance négligée et maltraitée, sans compter sa culpabilité vis-à-vis de tous ceux qu’il n’a pas réussi à aider et/ou protéger.

 

 

Quand je suis triste, je sens comme un noyau de pèche grossir au fond de moi. Plus je suis triste, plus le noyau grossit aussi. […] Lorsque je ressens également de la frustration, le noyau grossit encore. Je suis faible et je manque de courage… Donc même lorsque je suis en colère, un noyau grossit au fond de moi et m’étouffe. Les noyaux grossissent encore et encore, jusqu’à m’envahir complètement… Lorsqu’ils n’ont plus la place de grossir à l’intérieur, ils se mettent à germer à l’extérieur de moi, et c’est comme si des lames coupantes naissaient de ces germes.

Episode 10, Hong Bin

 

 

Donc parlons de ces lames.

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C’était ce que les gens, avant que le drama ne sorte, pointaient du doigt lorsqu’ils disaient que le drama serait ridicule, une catastrophe, et on va pas se mentir, les transformations d’Hong Bin prêtent souvent à sourire. Le fait que les effets spéciaux ne soient pas oufs est aisément pardonnable, mais le montage qui en fait des tonnes un peu moins, et la prestation faible de Lee Dong Wook achève le tout. Personnellement, je trouve que le plus grand atout de Lee Dong Wook (du moins dans ce dans quoi je l’ai vu) en tant qu’acteur est son regard. Je le trouve bon dans les nuances. Il est bon quand il doit être glacial, stoïque, sarcastique, et, dans ce drama, les moments calmes où tu sens que son cœur se brise m’ont fait beaucoup de mal… Il est aussi adorable, et ses yeux de chiot me font fondre le cœur. Mais s’il y a un truc, à mon sens, qui ne convient pas du tout à Lee Dong Wook, c’est l’exubérance, et dans Blade Man, chaque fois qu’il se mettait en colère et en faisait des tonnes, en roulant des yeux et criant très fort, je n’arrivais pas une seule seconde à le prendre au sérieux, je trouvais ça ridicule.

 

Je trouve, par ailleurs, que l’écriture autour de ces lames est également maladroite. Les réactions des gens aux pouvoirs d’Hong Bin, par exemple, m’ont laissée très perplexe. Oui, « pouvoirs » parce que je parlais de « lames » jusque-là, mais il ne s’agit pas que de ça : les lames viennent avec une super force, la capacité à sauter de building en building, voler, et, aussi, une influence sur la météo, vu que les colères d’Hong Bin provoquent la pluie1. Le long du drama, plusieurs personnages sont témoins de ces pouvoirs : Se Dong verra les lames, sera témoin direct de la superforce d’Hong Bin, et plusieurs personnages le verront également voler… mais bizarrement, peu de gens ont réellement de questions. Ils n’ont pas l’air plus perturbés que ça, même lorsqu’Hong Bin soulève littéralement une voiture devant leurs yeux (c’est si banal, après tout !).

 

Cela dit, c’est la nature des pouvoirs qui m’a plus fait me creuser la tête.

 

• Les lames représentent la colère et la frustration d’Hong Bin qui le blessent et blessent les gens autour de lui.

 

• Sa superforce, je pense, joue un rôle similaire, dans le sens où, plus d’une fois, il lui arrive d’involontairement blesser quelqu’un, parce qu’il n’arrive pas à doser sa force, donc ça joue dans l’idée d’apprendre à se contrôler.  Du reste, au début Hong Bin n’est pas conscient de ses pouvoirs. Il les réalise petit à petit en en constatant les conséquences et séquelles autour de lui, puis apprend à les gérer lentement. Bref, il n’avait pas réalisé ses propres problèmes, finit par les voir et les admettre, puis à travailler dessus.

 

• La pluie, je suppose, est une façon de rendre les scènes plus dramatiques, mais on peut aussi y lire une expression de la façon dont un individu peut affecter les choses autour de lui, même si c’est un peu tiré par les cheveux.

 

• Le pouvoir de voler, par contre, je sais pas trop, pour le coup. Peut-être que ça ne représente rien du tout, ou peut-être que je rate un parallèle évident.

 

En tous cas, personnellement, je pense que le drama aurait gagné à se contenter des lames et de la superforce, voire la pluie s’il y tenait vraiment, au lieu de s’éparpiller, comme il a tendance à le faire de façon générale. Juste histoire de garder la métaphore claire. D’autant que j’ai un peu simplifié les choses, parce que, par exemple, la superforce dans la vie de tous les jours n’est pas là dès le début mais arrive en cours de route après qu’il ait été frappé par la foudre pendant qu’il était transformé. Bref, j’essaie de dire que c’est un peu le bordel, un truc récurent dans cette série.

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Cela dit, je trouve intéressante la façon dont ces pouvoirs sont gérés. Parce qu’à partir du moment où Hong Bin apprend à les contrôler et même s’en servir, ils deviennent un outil positif. Le drama, en faisant ça, ne remet donc pas en cause la colère d’Hong Bin, et la juge même saine et positive, parce qu’il a raison d’être en colère, sa rage est justifiée, et peut l’aider à avancer. Ce qui n’était pas sain, c’était d’ignorer cette colère et de la laisser prendre le contrôle, jusqu’à en blesser les autres et s’isoler.

 

Le revers de ça, c’est que, du coup, il y a un lien direct entre l’enfance maltraitée d’Hong Bin et ses superpouvoirs, comme pour dire qu’avoir autant souffert l’a rendu plus fort, a fait de lui un surhomme. C’est pour ça, aussi, que j’aurais aimé que la métaphore soit plus « propre », parce qu’autant la superforce est une épée à double tranchant, dont on peut simplement dire qu’elle existe, comme la colère du personnage, et qu’elle peut aussi bien lui être utile que le desservir, autant le fait de pouvoir voler me parait difficilement à double tranchant, et on ne nous montre qu’à quel point c’est une source de liberté et plaisir pour le personnage… Dans un drama qui finit par minimiser énormément l’abus parental, le fait d’ajouter à ça que ça a donné à Hong Bin les outils pour devenir un superhéros, je trouve que c’est discutable.

 

Néanmoins, j’ai beaucoup de mal à me positionner sur cet aspect du drama, parce que, déjà, je ne maitrise pas le sujet des maltraitances familiales, et ensuite, tout simplement, parce que j’ai du mal à faire complètement sens de la façon dont le drama gère les pouvoirs d’Hong Bin. Si un jour je revois à nouveau le drama, je ferai sans doute particulièrement attention à cet aspect-là, mais en attendant, je vais résumer ça comme ça : le drama a des idées intéressantes, mais c’est très fouillis.

 

 

… la belle et : la bête

 

Le parallèle entre Blade Man et le conte de la Belle et la Bête est certainement involontaire, mais est néanmoins facile à faire2. L’un n’est pas une adaptation de l’autre, mais le drama en a des aspects, étant l’histoire d’une jeune femme généreuse (et belle) qui se sacrifie pour les autres (après qu’ils se soient introduits dans la propriété de la « bête ») et d’un jeune homme qui vit isolé dans un gigantesque « manoir » et se transforme en « monstre » dangereux dans ses moments de rage. Et son statut « monstrueux » ne se résume pas à ses transformations, car de façon générale, Hong Bin est présenté comme quelqu’un de dur, d’insultant et violent. Malgré tout, dans la catégorie « manque de mesure », Daddy dearest n’est pas le seul à voir sa violence minimisée : c’est le cas de Hong Bin également, et je vais pas vous mentir, il y a des moments, c’est chaud de la prendre en compassion cette « bête », parce que, pfiou, qu’est-ce qu’elle craint en tant qu’humain.

 

Dans l’épisode 1, la première chose qu’on nous montre à propos d’Hong Bin, c’est qu’il terrifie ses domestiques. Peu de temps après, au travail, on le voit humilier deux employés, leur envoyer un ordinateur portable au visage, se réjouir d’avoir atteint sa cible, et, pour finir, les violenter tellement que les deux employés se retrouvent alités dans une chambre d’hôpital. Le tout sur un ton très léger, comique, et, plus tard, les deux employés finiront par pardonner à Hong Bin assez facilement.

 

Et puis : il nous faut parler du Secrétaire Go.

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Ah, le Secrétaire Go Je crois bien que c’est mon personnage favori de ce drama. Entièrement dévoué à son patron, il lui sert à la fois d’assistant, et… eh bien… de punching bag, en fait. J’adore le côté très stoïque, toujours prêt du personnage, et il m’a très souvent fait sourire, de même que j’ai été touchée par sa dévotion, mais sa relation avec son patron est tordue.

 

Parfois (souvent), Hong Bin frappe le Secrétaire Go. Parfois, le secrétaire n’est pas blessé du tout, parce que c’est un bad-ass de ouf et une force de la nature (il récupère tellement vite des coups qu’il reçoit le long de la série que j’en suis venue à me demander si lui aussi a des superpouvoirs, à vrai dire), mais il fait semblant d’avoir mal pour satisfaire son employeur ce qui, déjà, est assez tordu quand on y réfléchit, parce que ça montre qu’Hong Bin n’a pas juste besoin de se défouler physiquement, mais aussi de voir qu’il a fait mal pour être satisfait. Par ailleurs, il y a aussi toutes les autres fois où Hong Bin est en possession de sa superforce, et parfois de ses lames, et, pour évacuer sa frustration, démonte complètement le Secrétaire Go sur un ring de boxe. Et là, le secrétaire est blessé. Néanmoins, il continue d’encourager son patron, la logique étant que si Hong Bin le frappe lui, ça lui permet d’extérioriser sa rage et de ne faire mal à personne d’autre, lui-même y compris. Je ne déconnais pas : le Secrétaire Go est un punching bag humain. Et il a beau être consentant, ça n’en rend pas Hong Bin plus reluisant, qui profite de sa dévotion. Dans l’épisode 1, en voyant Hong Bin s’apitoyer sur son sort, dans des scènes se voulant visiblement émouvantes, tout ce que j’arrivais à penser était qu’il faisait bien de s’apitoyer sur lui-même parce que je ne risquais pas de le faire pour lui.

 

J’ajouterais que (pour ne pas changer) le drama semble confus, traitant la colère et violence d’Hong Bin comme quelque chose de monstrueux et tragique pour lui-même, tout en présentant de nombreuses scènes de maltraitance et abus sur le ton de l’humour. Comme si, finalement, ça glissait sur le dos des autres personnages sans grosses séquelles. Ils ont peur de leur employeur, bien sûr, mais ça reste traité légèrement. Bien sûr, Hong Bin s’arrange au fil de fil de la série, et commence à traiter ses domestiques et ses employés avec plus de respect : son évolution est, après tout, un des sujets centraux du drama, telle la Bête qui redevient humaine, trouvant sa rédemption grâce à la Belle. Néanmoins, j’ai trouvé que son histoire et sa conclusion présentaient exactement le même problème que celle de son père : le drama le rend coupable d’actes de violence tellement extrêmes qu’on aimerait bien qu’ils lui soient pardonnés moins facilement, ce serait plus satisfaisant.

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Avec tout ça, vous vous dites peut-être que j’ai détesté le personnage… mais en fait, non. Des fois, oui, en effet, mais dans un sens, je suppose que le drama a atteint son objectif, parce qu’en faisant sembler certaines des scènes qui craignaient le plus complètement « over the top », émotionnellement, il a réussi à faire qu’elles aient moins d’impact sur moi et que j’arrive à les détacher du reste. En un sens, je trouve ça malhonnête de raconter les conséquences dramatiques d’une maltraitance sur une personne tout en s’efforçant de nous détacher émotionnellement des conséquences de la maltraitance infligée par cette personne sur les autres, histoire qu’on puisse bien s’y attacher, mais je ne peux que reconnaître que la manipulation a fonctionné sur moi, après l’épisode 1.

 

J’ai été touchée par la prestation de Lee Dong Wook (dans les scènes plus calmes, surtout sur la fin), et par la relation d’Hong Bin avec Chang. Je me suis beaucoup émue de sa culpabilité et du vide qu’a laissé son ex dans sa vie, parce qu’elle n’était pas « juste » une petite-amie mais aussi une amie d’enfance, une meilleure amie avec laquelle il avait grandi quasiment toute sa vie. J’ai compati avec lui, j’ai compris sa douleur d’avoir autant perdu, j’ai pris à cœur sa colère après toutes les injustices qu’il a subies… Bref, je maintiens tout ce que j’ai écrit, mais, oui, j’ai pris très à cœur le personnage.

 

Et, oui, si vous vous posiez la question, j’étais aussi investie dans sa romance avec Se Dong.

 

 

… la romance

 

Je le dis tout de suite pour les gens qui aiment leurs romances enflammées: vous n'êtes pas à la bonne adresse pour ça. En revanche, si vous adorez sniffer les gens…

 

Oui, va falloir vous attendre à quelques passages chelous, parce qu'à la base, Hong Bin remarque Se Dong car certains jours il a l'odorat très développé, et déteste l'odeur de la plupart des gens, mais tombe sous le charme de celle de Se Dong, parce qu'elle lui rappelle celle de son ex. En soi, même si le "elle lui rappelle son ex" est peut-être de trop, j'ai toujours bien aimé l'idée de tomber amoureux d'une "part" d'une personne comme ça, avant de la rencontrer. Tomber amoureux de ce qu'elle écrit, par exemple, ou bien de sa voix. Donc, au fond, j'aimais bien l'idée que ce soit d'abord le parfum de Se Dong qui évoque à Hong Bin de belles images, de la paix, du bien-être, du bonheur. Mais c'est dur de ne pas trouver ça chelou face à ce genre de scène:

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où Hong Bin se met à genoux pour sniffer la fenêtre ouverte de Se Dong...

 

Ou bien celle-là:

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ou toutes les autres fois où, quand elle parle, il ferme les yeux et s'approche d'elle pour lui respirer l'haleine.

 

Je...? Qui a cru que ce serait une bonne idée de mettre ça en scène comme ça ? C'est même pas (juste) que ça donne des images un peu ridicules, mais c'est surtout qu'à la place de Se Dong je trouverais ça drôlement malaisant aussi... Ecoutez, ça se fait pas de sniffer les gens comme ça ! (sauf quand c'est Hannibal qui sniffe Will Graham, mais c'est pas pareil, okay ;; !)

 

Personnellement, je trouve aussi que les sentiments de Se Dong pour Hong Bin sont mal amenés. Au début, les deux personnages sont clairement antagonistes, puis ils commencent à mieux se supporter, et lui tombe sous le charme avant elle, mais, quand même, il reste un type arrogant qui a l'air d'exaspérer Se Dong constamment (à juste titre !). Certes, parfois, il l’amuse, et j'appréciais d’ailleurs beaucoup que Se Dong voie toujours clair dans ses conneries et ne manque jamais de le remettre à sa place, sur des trucs importants (elle le force, par exemple, à lui faire des excuses lorsqu'il est clairement en tort, et les domestiques s'évanouissent presque sous le coup de l'émotion, car apparemment c'est une grande première) comme sur de plus petites choses (par exemple, dans l’épisode 5, alors qu’ils sont à la campagne, elle voit tout de suite quand il se cherche des excuses pour ne pas admettre qu’il a peur du noir, ou de ne pas trouver son chemin). Donc, oui, leur relation évolue, mais elle prend un tournant très subit très rapidement (dans l’épisode [spoiler] 7 [/spoiler]), et lorsque Se Dong sort à Hong Bin que non seulement elle a des sentiments pour lui, mais qu’en plus elle se faisait violence pour les réprimer, je n’ai pu m’empêcher de me demander intérieurement « Hein ? Depuis quand ? Wtf ? ». Même si, oui, les deux personnages s’entendaient un peu mieux, et que Se Dong avait fait preuve de compassion à l’égard d’Hong Bin plusieurs fois, j’ai eu l’impression que le drama sautait des étapes. Qu’il commence à lui plaire, je dis pas, mais l’intensité grimpe d’un coup.

 

Cela dit… merde, j’ai marché à fond.

 

Malgré les débuts chelous, malgré les étapes brûlées, malgré les moments où j’avais envie de taper Hong Bin, j’ai accroché de tout mon petit cœur à cet OTP. En grande partie parce que j’ai énormément de mal à résister au visage de Lee Dong Wook, et à sa douceur, c’est vrai, mais aussi parce que j’aimais la dynamique des deux personnages, surtout après qu’ils avaient établi qu’ils se kiffent l’un l’autre. J’ai aimé qu’ils soient honnêtes l’un envers l’autre, qu’ils s’écoutent malgré des couacs, et je trouvais qu’ils avaient l’air confortables ensemble, qu’il y avait quelque chose de chaleureux et joueur à leurs interactions.  Je me suis repassée des tas de scènes plusieurs fois, j’étais tel un marshmallow devant mon écran, et aussi j’ai eu envie de revoir Touch my heart, un peu.

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Une de mes scènes favorites, personnellement, est celle de l’épisode 7 où Se Dong prend Hong Bin dans ses bras pour la première fois. Il lui avait déjà sauté au cou par réflexe dans un épisode précédent parce qu’il avait eu les boules dans le noir, mais elle était restée figée, car surprise par le geste de panique soudain. La scène de l’épisode 7 est différente. Sans vous spoiler ce qui s’est passé avant, Hong Bin admet quelque chose qui lui fait mal, Se Dong commence par poser une main sur son épaule pour le réconforter, puis il se retourne, et très lentement, il vient poser sa tête sur l’épaule de Se Dong qui le prend dans ses bras. La scène, après les lignes d’Hong Bin, se fait entièrement sans paroles, et la musique est très discrète, ce qui est déjà quelque chose qui me parle, et j’aime juste la façon dont il accepte son réconfort, en demande plus sans un mot, et dont elle lui en donne sans hésiter. Mais, surtout, j’aime cette scène avec le recul.

 

Un truc que vous entendrez beaucoup Hong Bin dire, si vous décidez de regarder le drama, est « prends moi dans tes bras », et dans cet épisode 7, c’est la première fois (mais pas la dernière) où il demande ça à Se Dong, même sans prononcer les mots. Ces mêmes mots qu’on l’entend pleurer dans un flash-back où, enfant, il aimerait être dans les bras de sa mère malade, mais où ça lui est refusé. Certainement ce que j’aimais le plus chez le personnage est qu’une fois en confiance, il n’hésite jamais à se montrer très vulnérable, et demander du soutien émotionnel quand il en a besoin, et je pense que cette scène de l’épisode 7 est le moment où, avec Se Dong, il réalise qu’il peut. Et, bien sûr, le fait que le personnage demande si souvent à Se Dong qu’elle le prenne dans ses bras quand il a besoin d’affection, de réconfort ou d’être rassuré, le fait que le drama souligne verbalement le geste, sont à mettre en relation avec les lames d’Hong Bin, parce que, évidemment, quand elles sont sorties, elles rendent le geste dangereux/impossible. Pour moi, ça exprime l’idée que si Hong Bin veut recevoir l’amour de Se Dong, qu’elle est toute prête à lui offrir, il a un travail à faire sur lui-même pour être capable de l’accepter, mais aussi éviter de blesser Se Dong, même si quelques coupures sont certainement inévitables.

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don de soi excessif

 

J’ai aimé Shin Se Kyung dans ce drama. Dans certaines scènes, son interprétation laissait un petit peu à désirer, mais j’ai trouvé qu’elle arrivait à donner quelque chose de joueur à Se Dong, et, surtout, je trouve qu’elle a une présence très apaisante qui va bien au personnage. Il y a des scènes de toute douceur dans cette série, l’une de mes favorites étant celle où Se Dong arrive à faire manger Chang en transformant ça en sorte de jeu. C’est un moment adorable, qui m’a réchauffé le cœur, et Hong Bin a beau le regarder d’un air cynique, c’est évident qu’il partage mes sentiments, et que cette douceur chez Se Dong, ainsi que la façon dont elle s’occupe des autres, sont les raisons pour lesquelles il s’est senti attiré par elle à la base.

 

Elle est présentée comme quelqu’un de très bienveillant, ouvert et enthousiaste. A tel point que c’est exagéré parfois, et, par exemple, dans l’épisode 4, lors d’un trajet en bus, elle s’émerveille du paysage (qu’on ne nous montre pas) à grand renfort de « waaah » qui embarrassent grandement Hong Bin… et pour le coup, je le comprenais, parce que ça faisait super forcé, et chaque fois que le drama nous ressortait la scène en flash-back, j’avais une petite grimace, j’avoue. Néanmoins, si le trait est parfois forcé, la gentillesse et l’envie d’aider de Se Dong brillent le long de la série, qu’elle aide des personnes âgées à porter leurs bagages, prenne sous son aile un petit garçon perdu, ou entre instantanément dans le jeu d’une vieille dame atteinte d’Al Zheimer et accepte de jouer le rôle de sa fille (sans doute en partie aussi parce que Se Dong a perdu sa mère jeune, et que la démonstration d’affection maternelle remue quelque chose de particulier chez elle).

 

Mais cette dévotion et cette générosité, aussi admirables soient-elles, sont aussi du poison pour Se Dong. Pour revenir à cette vieille dame : Se Dong, jouant toujours le rôle de la fille disparue, laisse la vieille dame la nourrir. Sa fille ayant énormément manqué à la vieille dame, elle veut la couvrir d’affection, et lui donne à manger encore et encore. Se Dong, ne pouvant se résoudre à faire de la peine à la vieille dame, accepte toute la nourriture jusqu’à se rendre malade : comme toujours, elle fait passer le bien-être des autres avant sa personne et sa santé.

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Si Se Dong est décidée, fière de son travail, prête à le défendre, et résolue à ne pas se laisser marcher sur les pieds face à l’adversité, en revanche, là où elle se laisse complètement marcher dessus, c’est quand elle n’a pas, en face d’elle, quelqu’un qui s’en prend à elle, mais quelqu’un qui a l’air d’avoir besoin d’aide. Parce que ça réveille chez elle la culpabilité qu’elle ressent de n’avoir pas pu empêcher une tragédie personnelle ([spoiler] la mort de ses parents [/spoiler]). Bien sûr, elle n’est en vérité pas responsable de cette tragédie, mais néanmoins, c’est resté une blessure permanente, et son ami d’enfance, Seunghwan, résume assez bien l’effet que cette blessure a sur elle dans l’épisode 11 lorsqu’il explique à Hong Bin qu’il pourrait faire faire n’importe quoi à Se Dong en jouant la carte de la compassion, mais lui demande également de ne pas le faire, parce que ce serait comme menacer Se Dong avec une arme.  

 

Et à la décharge d’Hong Bin, une fois qu’il comprend la façon dont Se Dong fonctionne, son réflexe n’est pas de l’exploiter mais de dire à Se Dong de prendre du recul, de ne pas s’occuper de lui mais d’elle-même, et de lui revenir si elle l’estime digne d’elle. Néanmoins, malgré les bonnes intentions d’Hong Bin, Se Dong se retrouve avec du poids supplémentaire sur les épaules. Elle est en stress constant, au point que sa santé en prenne un coup et qu’elle s’évanouisse plusieurs fois, le médecin concluant à juste titre qu’elle est dans un état d’épuisement psychologique. Si Hong Bin doit apprendre à contrôler ses lames pour permettre aux autres de s’approcher de lui et pour, lui-même, se rapprocher des autres, Se Dong, elle, sans perdre son bon cœur, doit apprendre au contraire à prendre parfois de la distance par rapport aux autres pour pouvoir s’occuper d’elle-même.

 

Personnellement, j’ai trouvé que c’étaient des conflits intéressants, et j’étais contente de voir que le drama reconnaissait la charge mentale énorme que Se Dong endosse. Les héros froids et riches sont souvent opposés à des héroïnes choupettes, pauvres mais bosseuses et au cœur sur la main, et si, généralement, ces dramas montrent les conséquences physiques du labeur de ces héroïnes, ainsi que l’épuisement qui résulte de leurs combats contre la société, la pauvreté, et, oui, le héros, j’en ai rarement vu s’intéresser à l’épuisement qui vient avec le fait d’aider et soutenir en permanence (même si, bien sûr, il y a ce genre de dramas ! mais ce n'est pas toujours exprimé de façon aussi claire). J’ai donc apprécié que le drama choisisse de s’intéresser à ce sujet, même s’il est majoritaiement développé dans la partie la plus faible du drama, car post-« gros retournement relou à la con pour rendre tout plus dramatique ».

 

Passons donc à ce qui fâche le plus.

 

 

…OMG ce bordayl O_O

 

Sérieusement, ce drama est un bordayl sans nom.

 

Et, pour ma part, je classe ce n’importe quoi en deux catégories :

 

 

1/ Les greffes inutiles qui ne vont nulle part

 

Par là, j’entends tout ce qui est amené en cours de route et qui s’ajoute à la trame principale, mais finalement ne donne absolument rien. Malheureusement, les deux plus gros exemples que j’ai sont des spoilers donc je ne vais pas pouvoir les développer, mais en gros, au lieu de développer les histoires dont il avait posé les bases, le drama, qui est déjà bien chargé, décide de rajouter des retournements et axes, mais de ne rien en faire. Du coup ça prend du temps d’écran, mais ça ne mène nulle part.

 

[spoiler] Le premier exemple est celui de la gouvernante d’Hong Bin, qui a ordonné le passage à tabac de Tae Hee, son ex. Le drama a l’air de vouloir développer le personnage et ses circonstances, mais finalement n’en fait rien. Néanmoins, si la façon dont son histoire se termine en pétard mouillé est frustrante, ça reste quand même raisonnable, d’autant que ça ne parasite pas tant le drama que ça.

 

En revanche, le second exemple…

 

Il s’avère à l’épisode 10 que Tae Hee, l’ex d’Hong Bin et la mère de Chang est en fait vivante ! On la pensait morte depuis le début, et Hong Bin comme Chang avaient fait leur deuil, mais nope, twist : en fait elle est en vie, et vient donc plomber l’ambiance pour toute la dernière partie du drama. Et même si j’étais impressionnée de voir les personnages communiquer à son sujet, et de voir qu’elle et Se Dong n’avaient aucune animosité l’une envers l’autre, même si certaines scènes entre Se Dong et Hong Bin en rapport m’ont émue, même si ça continue d’exploiter le thème de l’abnégation excessive de Se Dong (qui aurait pu l’être autrement, cela dit), même si j’aime l’actrice qui joue Tae Hee, le retour de ce personnage m’a rendue dingue. Pour toutes ces raisons :

 

=> cette partie-là de l’histoire n’est qu’une série de répétitions où un personnage veut s’éclipser pour laisser les autres être heureux, et se fait retenir par un autre personnage, et on rince et on répète, et c’est relou, et c’est chiant.

 

=> l’histoire est que Tae Hee est malade et que pour épargner à Chang de la voir souffrir, elle a simulé sa mort. Après son retour, donc, les personnages sont déchirés intérieurement parce qu’Hong Bin se sent responsable de Tae Hee et pense qu’il a l’obligation d’être à ses côtés pour la soutenir dans cette maladie, et donc de rompre avec Se Dong. Sauf que c’est complètement con, parce que Tae Hee, à plusieurs reprises, indique qu’elle ne veut pas se remettre en couple avec Hong Bin, donc il insiste pour faire un truc dont personne ne veut. Les personnages ont l’air de partir du principe, aussi, qu’il ne peut soutenir Tae Hee et être à ses côtés qu’en tant que petit-ami, ce qui est évidemment absurde.

 

=> de toute façon, au final, elle re-meurt pour éviter que les gens aient besoin de prendre une vraie décision… donc en fait, tout ça n’a pas servi à grand-chose.

 

=> dans l’épisode 7, Chang et Hong Bin avaient enfin fait leur deuil de Tae Hee. Ils avaient organisé une cérémonie juste entre eux, et c’était un moment crucial, un pas en avant pour Hong Bin, et pour sa relation avec Chang. C’était aussi une très jolie scène, et la fin d’un cheminement. Le retour de Tae Hee met à néant ce cheminement, pour le remplacer par un autre cheminement carrément moins satisfaisant. On y perd cent fois plus qu’on y gagne.

 

Et, en plus, il faut ajouter à ça la façon dont le drama met en scène la relation de Tae Hee et son fils… ou plus exactement la façon dont il ne la met pas en scène. Ils n’ont quasi pas une seule scène ensemble, et lorsqu’elle meurt, Chang réagit à peine, et le prévenir de la mort de sa mère est juste une anecdote. Le personnage de Tae Hee est super mal intégré dans le drama, et utilisé comme pur rebondissement.

 

Cela dit, elle n’est pas la seule dont la relation avec Chang est bâclée, car la gestion de Chang, en général, est une débâcle. [/spoiler]

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2/ Les trucs qui auraient eu de l’intérêt mais que le drama oublie en cours de route

 

Je ne sais pas ce qui s’est passé dans ce drama, mais il lance des tas de trucs pour ne rien en faire du tout. Les trois exemples les plus importants à mes yeux :

 

=> la relation entre Hong Bin et son petit-frère, abordée et intéressante, mais qui se retrouve largement zappée par la suite.

 

=> les histoires de boulot de Se Dong. Dans l’épisode 1, Se Dong nous est présentée comme une passionnée, qui veut absolument récupérer les droits du jeu qu’elle et son équipe ont créé. C’est une source de fierté pour elle, et le drama passe beaucoup de temps sur elle et son équipe, leurs galères à trouver un emploi, etc. Mais une fois dans l’entreprise d’Hong Bin, c’est comme si sa passion pour son travail disparaissait presque entièrement. J’étais contente que son équipe prenne son indépendante et cesse de lui sucer le sang, parce qu’ils étaient encore une charge qu’elle endossait et qui lui brisait le dos, mais en revanche, la passion de Se Dong pour son travail ne refait surface que par sursauts, et on ne la voit quasiment jamais bosser, ce qui n’est pas démonstratif d’une écriture bien constante du personnage.

 

=> de loin la plus grosse débâcle du drama : Chang et la gestion de ses relations avec les personnages. Le drama commence à construire quelque chose entre Chang et son grand-père : ils ont trois scènes et on n’en entend plus parler. Chang mentionne sa mère un peu au début, et après ça, c’est comme si sa mort ne lui faisait rien. Chang est hyper attaché à Se Dong au début, mais on les voit aussi de moins en moins ensemble. Même sa relation avec Hong Bin au cœur d’un des thèmes centraux de la série, est zappée au bout d’un moment. Le drama, en fait, ne se souvient de l’existence de Chang que quand ça l’arrange/il en a besoin, et le reste du temps, c’est comme si Hong Bin n’avait pas de fils du tout. De tous les trucs que le drama gère mal et oublie en cours de route, Chang est de loin ce qui blesse le plus la série, parce qu’il était au cœur de tellement de choses, et aurait dû être au cœur d’autres, que son absence se fait cruellement sentir, et remet en question la solidité de l’écriture du drama. Ou du moins la remettrait en question, si on y croyait encore.

 

 

…en conclusion

 

Blade Man est, comme je l’ai répété plusieurs fois, bordélique. Il introduit des idées pour ne rien en faire, en développe tardivement d’autres qui coûtent au drama plus qu’il n’y gagne, et il perd bien trop souvent de vue ce qui faisait son intérêt et son cœur, se terminant sur un dernier tiers faible, et une note ultime médiocre. Et c'est sans compter sa tendance à minimiser des sujets graves, et son hypocrisie. Le plus triste dans l’affaire est qu’il y avait de bonnes choses qui auraient mérité plus d’attention et un développement mieux maitrisé. Le fait est, cela dit, que si je ne conseillerais ce drama à personne, je ne regrette pas mon temps, parce que j’ai été émue par les personnages, me suis attachée à eux, et ai aimé les voir progresser, même quand ce n’était pas géré de façon excellente par le drama. Leurs blocages respectifs m’ont intéressée et, c’est vrai, mon affection pour les acteurs a été un bonus certain. Du coup c’était moins bon que dans mon souvenir, qui n’en faisait déjà pas un très bon drama, mais je ne regrette absolument pas mon revisionnage, parce que malgré les nombreuses frustrations, sur le plan émotionnel, j’en ai tiré plus de positif que de négatif.

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1Un lien est fait avec une petite chanson que l’ex d’Hong Bin chantait, et a appris à leur fils. Les paroles de la chanson donnent « Rain, rain, go away, come again another day » (« Pluie, pluie, va-t’en, reviens un autre jour »), et Chang, le petit garçon, les chante dans les moments où il a peur, où il est triste, comme un mantra pour se protéger, la pluie représentant ce qui l’effraie. Vous pouvez entendre cette comptine ici, par exemple. https://www.youtube.com/watch?v=LFrKYjrIDs8  => reprendre la lecture

 

2Je me demande aussi si on ne peut pas voir, dans l’image d’Hong Bin grimpant le long des buildings, une référence à King Kong, un film dont la réplique la plus célèbre est « It was beauty killed the beast ». Mais c’est possible que j’affabule, là. A vrai dire j’en suis quasiment certaine. But oh well. => reprendre la lecture

 

 

 

Sur ce, plus de dramas où des coeurs se retrouvent réchauffés par la poupettitude d'une nouvelle personne dans leur vie :