[Great lonesome cowboy] GTO: The movie ジーティーオー

Publié le 22 Septembre 2020

Probablement plat pour les non-fans de la précédente adaptation de GTO, et décevant pour ses fans, ce film n'a véritablement que Sorimachi Takashi à proposer... (et j'aime bien Sorimachi Takashi, ça tombe bien).

 

 

 

Sorti en 1999

Dure 1h48

 

Réalisé par Suzuki Masayuki

Ecrit par Tanage Mitsuru & Hasegawa Takashi

D’après le manga de Tohru Fujisawa

 

Avec :

Sorimachi Takashi : Onizuka Eikichi

Tanaka Rena : Katsuragi Ayano

Kasahara Hideyuki : Raku

Fujiwara Norika : Kaoru

etc

(et Tsumabuki Satoshi, bien sûr)

 

 

Dontesque ?

Onizuka, professeur peu conventionnel, est engagé dans une petite ville de campagne et est mis en charge d’une classe difficile, dans laquelle plusieurs élèves ont des problèmes qu’Onizuka entend bien régler à sa façon.

 

Fiche Ecrans d’Asie : ici

 

 

oOo

Bien sûr, la raison pour laquelle je vous cause de ce film aujourd’hui n’est pas mystérieuse : Buki. Buki qui ne sera quasi plus mentionné dans le reste de cet article, parce qu’il a un rôle très anecdotique et qu’on le voit à peine, au point qu’au milieu du film j’avais oublié que c’était à cause de lui que je regardais le film. Néanmoins il est dedans :

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A la base, c’est donc pour ça que j’ai lancé le film, et j’étais un peu inquiète parce qu’il fait suite à la série (adaptée du manga, bien entendu, mais je n’ai pas lu le manga, donc je me passerai de commentaires à son sujet, envisageant le film en tant que continuation du drama, ce qu’il est clairement également) et que ça fait des années que je n’ai pas vu la série, donc j’avais peur d’être un peu perdue. Heureusement, il s’avère que le film tient tout seul, dans le sens où même sans avoir la série en tête, voire même sans l’avoir jamais vue (et sans avoir lu le manga, comme c’est mon cas), on n’a pas de mal à comprendre l’intrigue, qui a un début, un milieu et une fin. N’importe qui pourra le regarder sans se sentir perdu, donc. La question étant, cela dit : est-ce que ça vaut bien le coup ? Parce que je ne sais franchement pas si le film a grand-chose à offrir si vous n’avez pas vu et aimé le drama avant lui.

 

Pardon de le dire comme ça, mais… il est un peu plat, ce film.

 

Visuellement, déjà, il n’a rien de bien intéressant à offrir, son seul tic marquant étant son insistance à multiplier les zooms vers des personnages regardant la caméra. L’idée semble être que si on zoomee, ça rendra magiquement les scènes drôles ou intenses, mais, au choc de tout le monde, ça ne marche pas, et, la plupart du temps, ces zooms m’ont soit agacée soit mise mal à l’aise (comme quand quelqu’un s’approche beaucoup trop de vous pour vous parler). Le reste est simplement fade, et finalement, on n’a pas l’impression de regarder un film sorti sur grand écran, et plus un épisode spécial de la série. La réalisation du drama ne m’a jamais dérangée, mais on aurait été en droit de s’attendre à quelque chose de plus stimulant, je trouve, pour cette adaptation cinématographique.

 

L’histoire, elle, est classique : Onizuka arrive dans une ville, est engagé par une école, se retrouve en charge de la classe la plus à problèmes, et remet ses élèves dans le droit chemin grâce à ses méthodes non-conventionnelles et jugées « pas correctes ». Et puis, pour faire bonne mesure, le film a même un élément de « il faut sauver le prof/l’école/la ville », parce que c’est comme ça que doivent se terminer toutes ces histoires. Mais bon, ça fait très redite par rapport au drama, donc le film s’est quand même dit qu’il allait introduire quelque chose de plus sous la forme d’une « enquête criminelle » qui est très certainement son élément le plus oubliable.

 

L’idée est qu’une journaliste s’est mis en tête qu’Onizuka est un criminel fugitif et essaie de le démasquer, mais bien sûr, nous, on sait qu’elle a tort. Par ailleurs, ça n'empêche jamais Onizuka de faire son boulot, et le personnage de la journaliste n’est ni spécialement intéressant, ni spécialement attachant ou amusant. Elle sert surtout à réagir à Onizuka, d’abord pour nous signaler que « oh là là, il n’est pas conventionnel décidément », et ensuite que « ah, comme il est cool et magique », terminant le film sur un sourire bien niaiseux (pardon, j’ai rien contre l’actrice, c’est pas sa faute) sur lequel la caméra s’attarde bien trop longtemps, tandis qu’elle repense au miracle qu’est Onizuka.  Quant à la sous-intrigue du quiproquo « omg Onizuka sera-t-il pris pour un criminel jusqu’au bout ? » elle sert avant tout à justifier une scène de course-poursuite (qui rappelle vaguement celle finale de The Blues Brothers dans sa disproportion, mais en moins bien et moins drôle), aka la grosse scène d’action du film histoire qu’il se démarque un peu du drama, quand même.

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Mais le coeur du film reste, comme il se doit, la relation entre Onizuka et ses élèves, le film en choisissant deux pour être nos têtes principales : un garçon timide et malmené par ses camarades (et qui a pour meilleure amie une vache, ce que j’approuve), et une fille anti-sociale dont le père règne quasiment sur la ville, ce qui la met dans une situation gênante vis-à-vis de ses camarades, une gêne à laquelle elle « remédie » en étant aussi agressive que possible. Les deux personnages ne sont pas désagréables (elle plus que lui, mais c’est intentionnel), mais je ne peux pas dire non plus qu’ils soient passionnants et c’est là que, clairement, on réalise qu’un format sériel (que ce soit en version drama, ou autre je suppose) est bien plus adapté à GTO, parce qu’on a besoin de passer du temps avec la classe d’Onizuka pour développer une relation à ses occupants, s’attacher à leurs dynamiques, etc. Même si le drama utilisait un format « un épisode une affaire » où Onizuka, dans chaque épisode, réglait le problème d’un·e élève avant de passer à un·e autre l’épisode d’après, on conservait les élèves « Onizukés » à l’écran, on regardait la dynamique de toute la classe changer (ainsi que les relations d’Onizuka avec les professeurs), et quand le drama nous sortait le fameux « sauvons le prof/l’école/la classe ! », ça avait plus de poids simplement parce qu’on avait passé du temps avec. Ici, point de tout ça, et le film m’a juste laissée avec l’envie de revoir le drama, même s’il m’a aussi inspiré l’inquiétude de ce que je pourrais potentiellement y trouver, parce qu’il va sans dire que notre « Professeur génial Onizuka » se retrouverait rapidement viré et avec pas mal de procès sur le dos dans la vraie vie o.o (pousser les élèves à se battre et leur attraper l'entrejambe est généralement mal vu)

 

Bien sûr, un drama ce n'est pas la vraie vie, mais laissez moi expliquer: sans même parler de ce que le film (et par extension les autres versions de l’histoire, je suppose ?) inclus dans la définition d’un « super prof » et excuse au passage, il y a simplement le fait qu’en regardant le drama, je me souviens qu’effectivement, je m’étais dit que ç’aurait été cool d’avoir un prof comme ça ! C'était un des points vendeurs de l'histoire: je voulais un prof comme Onizuka. Et je serais triste de ne pas me dire la même chose à la revoyure. Prenez quelque chose comme Kazoku Game ou The Queen’s Classroom (deux dramas que j’avais beaucoup aimés, en particulier le premier que j’adore et vous recommande) : les deux proposent des professeurs aux méthodes efficaces mais clairement non conventionnelles et pas acceptables du tout (on parle de torture psychologique violente, quand même), et les dramas montrent ces méthodes porter leurs fruits, mais les professeurs restent des figures ambiguës et personne ne ressort de ces séries, je pense, en se disant « waouh, j’aurais voulu/je voudrais avoir un prof comme ça ». Ils n’ont pas l’aura cool et amicale d’Onizuka du tout, parce que les dramas ont des intentions différentes. Bref, sans commenter sur le manga, quand j’avais regardé le drama GTO, j’avais beaucoup envié les élèves d’Onizuka (pour leur prof, pas leurs autres circonstances) et j’ai un peu peur de revoir la série et me dire « euh, en fait j’ai échappé à quelque chose ».

[Great lonesome cowboy] GTO: The movie  ジーティーオー
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Bon, mais ce n’est pas cet aspect-là qui m’a gâché le film. Du reste, y avait pas grand-chose à gâcher, c’est bien le souci, le film étant, comme je le disais, plutôt plat.

 

Et quand il n’était pas plat, il était… gênant ? C’est pas le mot exactement… Je cherche un équivalent à une combinaison de « cheesy » et « cringe ». Mettons qu’il ne lésine pas sur la guimauve, qu’il n’est pas fin, et que j’en ressentais de la gêne par procuration. En particulier, GTO tient vraiment, vraiment, vraaaiment à ce qu’on trouve Onizuka cool, à tel point qu’au début Onizuka voit un élève sur le point de se suicider et décide de ne rien faire, parce que c’est plus cool de rester parfaitement immobile et disparaître lors du passage du train. Coup de bol pour lui, sa présence interloque suffisamment l’élève pour qu’il change d’avis, mais le film communique en gros qu’Onizuka est trop cool pour intervenir, et est parfaitement certain que son aura magique suffit.

 

Ce n’est pas tout ce qui nous hurle de trouver Onizuka cool. Sur sa moto (qui, certes, a des ratés) il est mis en scène comme un cowboy solitaire arrivant dans une nouvelle ville pour la sauver. Une ville qui, en l’occurrence, était autrefois vivante mais ne l’est plus : échec économique, leur parc d’attraction a dû fermer, et même l’horloge est cassée, le temps s’est arrêté… mais bien sûr Onizuka va changer tout ça ! Par ailleurs, l’histoire de la journaliste est également une façon d’appuyer sur la génialitude d’Onizuka, parce qu’elle nous raconte l’histoire après les faits, donc même si pendant les évènements qu’elle passe en revue elle pense qu’Onizuka est un criminel, au moment où elle écrit son article elle a « vu la lumière » et présente Onizuka comme une sorte de miracle pour ses élèves et la petite ville. Bref, le film est à deux doigts d’entourer Onizuka d’un halo de lumière, et entre ça et les bons sentiments de certaines scènes (la fin avec les applaudissements m’a tuée), j’avoue que des fois j’étais à deux doigts de regarder l’écran entre mes doigts.

 

 

(Oh, et aussi, parenthèse : quand Onizuka sort à un élève qu’il ne fait que fuir ses problèmes, et qu’il faut qu’il arrête de fuir, j’ai eu un gros flash-back de Dream Again, haha… ça parlera à ceux qui ont regardé cette série avec moi, j’en suis certaine)

 

 

Du coup, vous vous demandez peut-être ce qui me gardait devant l’écran…

 

Bien sûr, en partie, il y avait l’obligation du Buki project, mais aussi il y avait deux éléments importants : Sorimachi Takashi et ma propre nostalgie. J’aime beaucoup cet acteur, je suis attachée au drama ayant précédé le film, et il y a une partie de moi qui était simplement heureuse de revoir Sorimachi Takashi dans ce rôle. Je suis très attachée à sa version d'Onizuka (d'où ma peur de revoir le drama, je ne veux pas que mon affection soit trop entachée), donc malgré que le film soit fade et gênant, je suis restée devant, et non seulement ça mais à la fin… j’ai fondu en larmes o_o

 

Oh, pas à cause des personnages ou de l’histoire, certainement pas, mais parce qu’à la fin, pendant le générique de fin, le film joue Poison, la chanson de Sorimachi Takashi qui servait d’opening au drama. J’adore cette chanson, elle me ramène plein de bons souvenirs, elle me réchauffe le cœur, et j’avais attendu tout le film qu’elle arrive enfin. Et non seulement elle arrive (et j’ai eu les yeux humides à la seconde où on entend la première note), mais en plus la version utilisée par le film est différente de celle du drama : [j’ai décidé de mettre ça en spoiler, parce que si vous décidez de regarder le film, c’est mieux de le découvrir vous-même, même si bien sûr, ça n’a rien avoir avec l’intrigue du film] après une feinte où on pense que la chanson va s’arrêter, elle reprend, d’abord avec Sorimachi Takashi presque acapella, puis il est rejoint par un chœur (qui sont certainement censés être ses élèves) et la musique repart, et… vous m’aviez perdue, à ce stade. Honnêtement, je me suis pas mal ennuyée devant ce film, mais si je ne l’avais pas regardé jusqu’au bout, je n’aurais jamais entendu cette version de la chanson, donc… ça valait le coup. [/spoiler]

 

Mais bien sûr, vous, si vous aimez Poison autant que moi mais n’avez pas envie de voir le film, vous pouvez juste écouter la chanson/regarder le générique de fin :

(même les paroles un peu bateau me mettent la larme à l’œil, c’est terrible)

 

Concluons !

 

Pour les non-fans du drama (et du manga ? je sais pas, forcément), GTO : the movie sera, je pense, une expérience molle et pas passionnante. Pour les fans du drama, c’est un épisode spécial qui, sans que ce soit justifié, est sorti sur grand écran et qui, sans les personnages auxquels on s’était attachés, fait en accéléré et moins bon ce que le drama faisait mieux. A mes yeux, ce n’est pas un film qui manquera à votre vie si vous décidez de le sauter, et je ne vous le « conseillerais » (pas chaudement, mais) que si vous êtes très fan de Sorimachi Takashi et êtes, comme moi, très attaché à lui dans ce rôle d’Onizuka. Oh, et il va sans dire que si l’idée est juste de voir Buki, ce n’est pas le film qu’il vous faut.

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Sur ce, plus de profs atypiques (certains bienveillants, d'autres moins) :

 

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