[They come at night] Kingdom 킹덤 - saison 1

Publié le 2 Octobre 2020

Addictive et tendue, la première saison de Kingdom m'a tenue absolument scotchée à l'écran. J'en ai savouré chaque seconde, et j'ai ressenti beaucoup d'empathie pour les zombis, parce que moi aussi j'étais affamée: je voulais plus de Kingdom.

 

 

Sorti en 2019

Sur Netflix

6 épisodes d’environ 50 minutes

Réalisé par Kim Sung Hoon

Ecrit par Kim Eun Hee

 

Avec :

Joo Ji Hoon : Lee Chang

Bae Doo Na: Seo Bi

Kim Sung Gyu: Young Shin

Ryu Seung Ryong: Jo Hak Joo

Kim Sang Ho: Moo Young

Jun Suk Ho: Jo Bum Pal

Kim Hye Joon: la Reine

Etc

 

 

Dontesque ?

Alors que le prince Lee Chang pensait que les luttes de pouvoir et la grossesse de la reine étaient ses soucis les plus pressants, le pays est pris d’une épidémie terrible et rapide qui fait revenir à la vie des morts affamés de chair humaine.

 

 

Fiche Ecrans d’Asie : ici

QuenotteLapin

 

 

oOo

 

 

Introduction

 

Un divertissement jouissif

They come at night

Le roi et son peuple

Le prince héritier et son entourage

 

Conclusion

 

 

 

A la seconde où le drama avait été annoncé, bien sûr, il s’était retrouvé sur ma liste de choses à voir. Je pense que vous savez que j’ai un faible énorme pour tout ce qui relève de l’horreur, et j’ai aussi un faible pour les sageuks, donc si vous me balancez des zombis dans un sageuk avec Bae Doo Na et Joo Ji Hoon en prime, forcément… Mais je n’avais pas sauté sur la série à sa sortie, parce qu’en apprenant que le drama aurait plusieurs saisons, je préférais attendre que tout soit disponible. Et franchement, vu le cliffhanger de ouf sur lequel se termine la saison 1, je pense que c’était la bonne attitude, et je comptais véritablement attendre que le drama soit définitivement terminé, mais la saison 1 a été le coup de cœur 2019 de Quenottelapin, donc j’ai craqué et sauté sur l’occasion. Et j’ai adoré. Sans surprise, Kingdom est pour le moment mon drama favori de ceux que j’ai vus pour ce projet « coup de cœur des dramavores 2019 ». J’étais tellement à fond dedans, je trouvais le drama tellement génial que, une ou deux fois, j’ai eu les larmes aux yeux, pas de tristesse, mais juste à cause du trop plein de génialitude. A la fin, j’avais le cœur qui battait à 200 battements la minute, et bref, oui, j’ai adoré. Donc on va parler de pourquoi.

 

 

… un divertissement jouissif

 

A la base, il y a quelque chose de très simple : le drama est fun, et plaisant à regarder d’un pur point de vue esthétique. Dès le début, j’ai été enchantée par les images de l’opening et on sent que le drama avait un budget parce qu’il multiplie les beaux décors et les plans qui les mettent en valeur. Regarder Kingdom m’a rappelé mon expérience du premier film Lord of the Rings, pas parce que les œuvres se ressemblent mais parce que j’étais ressortie de The Fellowship of the Ring les yeux émerveillés par les paysages Néo-Zélandais et avec une envie forte de prendre l’avion. Ça faisait longtemps qu’un Kdrama ne m’avait pas fait cet effet ! Bien sûr, plein de sageuks (et pas que) ont de très jolis paysages mais quelque part, je crois qu’à force d’en voir, je suis quand même un minimum habituée, alors que Kingdom, subtilement, propose quelque chose de neuf, et a ravivé mon excitation. Un truc tout con : dans l’épisode 4 on suit un personnage avancer dans le palais, et la caméra tourne vers le haut pour filmer le plafond du palais… J’en ai eu un sursaut ! Je ne dis pas que ce n’est jamais arrivé dans un sageuk, parce que je n’ai pas vu tous les sageuks qui existent (loin de là) et qu’en plus j’ai une mémoire pourrie, mais j’ai l’impression quand même que c’est un plan très peu courant, et c’était comme découvrir un recoin caché dans une maison où j’aurais vécu pendant des années. C’était enthousiasmant !

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Par ailleurs, qui dit « zombis » dit « il va y avoir de l’action » et j’ai été également très enthousiasmée par l’action du drama qui est tendue, violente, et variée, changeant de terrains et de tons. L’attaque du village dans l’épisode 3 est sans merci et une grande poussée d’adrénaline, et à côté de ça on va avoir, dans le même épisode, un type en prison accroché à un zombi dont il ne peut pas se défaire mais qui ne peut pas l’atteindre non plus, et ça donne quelque chose d’assez comique. L’épisode 4 propose une très jolie scène d’assaut dans le brouillard, on a une scène dans un champ dans un autre épisode, etc… Que les personnages se battent contre des zombis ou des humains, j’ai trouvé chaque scène d’action percutante et bien exécutée. Et il va sans dire que les zombis étaient impeccablement foutus, avec d’excellents effets et une mise en scène très efficace, et de jolis moments d’horreur corporelle, avec des images qui restent en tête.

 

Ma favorite est celle des corps tous emmêlés les uns aux autres. Ça m’a beaucoup rappelé l’imagerie d’Ito Junji dans Uzumaki:

 

 

Ça m’a toujours perturbée chez Ito Junji (qui est un maître de l’horreur corporelle), et c’est délicieusement glauque dans Kingdom également. Le drama a, comme ça, des moments que j’ai trouvés sincèrement dérangeants. Dès l’épisode 1, voir une pauvre jeune femme être ensevelie sous une montagne de zombis m’a fait frissonner, et tout le long de la série il y a des passages qui font leur petit effet. Et ce n’est même pas que le drama est gore car, s’il contient bien sûr du sang et quelques membres coupés (c’est quasi inévitable vu le genre et le sujet), je trouve qu’il reste finalement plutôt sage par rapport à ce qu’on peut voir ailleurs (mais je suis désensibilisée par une grosse consommation de films d’horreur, donc prenez ça avec un grain de sel), et c’est surtout qu’il met mal à l’aise, soit parce qu’il dénature les corps (le méli mélo de zombis), soit à cause de son choix de victimes (une femme qui mange son enfant, par exemple, histoire de bien appuyer sur le tragique de la situation du peuple), etc ce genre de choses. Bref, question horreur, il n’a vraiment pas à rougir.

 

Question frissons, j’ai aussi regardé le drama à un timing parfait pour les amplifier: on est toujours en pleine pandémie, on a même été confinés chez nous pour éviter la propagation du virus, et dans ces circonstances, regarder l’épidémie s’étendre dans Kingdom a quelque chose de particulièrement sinistre. [spoiler] Notamment, à la fin de l’épisode 3, lorsqu’on voit s’éloigner le bateau sur le fleuve, alors que nous, on sait qu’il y a un zombi à bord, j’ai eu de sacrés frissons, parce qu’on sait ce que ça signifie : la maladie avance [/spoiler] Et comme dans 28 days later ou Train to Busan, on n’est pas dans le zombi qui avance lentement : les zombis courent, et ils courent vite même, de même que les gens infectés se transforment vite, donc il y a intérêt à courir vite soi-même, et l’infection se propage vite.

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Et, oui, ça fait peur tout ça, mais c’est aussi… fun.

 

En partie, c’est l’adrénaline, mais aussi il y a l’aspect sageuk, parce que les zombis, certes, ce n’est pas nouveau, mais ils sont placés dans un contexte dans lequel on ne les avait presque jamais vus (« presque » parce que Rampant, que je n’ai toujours pas vu, est sorti quelques mois avant la saison de Kingdom et est sur ma liste de choses à voir depuis tout ce temps), et ça injecte de la fraicheur dans le genre, parce que les gens plongés en pleine infection zombie dans ce drama ont une culture et des valeurs différentes des gens qu’on a l’habitude de voir plongés dans cette situation. Un truc tout con, mais à un moment donné est soulignée la nécessité de détruire les corps des infectés, afin de les empêcher de se relever, sauf que voilà, ça va contre les enseignements de Confucius (qui disent de chérir le corps qu’on doit à ses parents), strictement respectés, et ça pose problème. S’en suit toute une discussion sur « okay on peut détruire des corps, mais seulement ceux des pauvres » qui donne envie de hurler sur les personnages parce que le temps presse, s’inscrit dans le thème de la lutte des classes développé par le drama, et a quelque chose d’amusant à la fois, parce que ça parait tellement absurde dans cette situation. Par ailleurs, j’ai aimé la façon dont le drama utilise l’architecture propre à son contexte. Par exemple, dès l’épisode 1, dans le palais, on a cette scène où on voit l’ombre du roi zombi derrière un mur en papier, et le drama stresse en utilisant joliment l’ombre grandissante mais aussi la finesse du mur qui n’offrirait aucune réelle protection si jamais le roi sentait la présence de sa potentielle victime.

 

Je ne vais pas tout énumérer, mais voilà, on a des zombis dans un contexte différent de d’habitude, que ce soit dans les décors, la mentalité des gens plongés dans l’apocalypse, leurs croyances, la façon dont ils se défendent, les armes qu’ils ont à disposition, etc, et ce sentiment de nouveauté fait partie des atouts de la série.

 

Enfin, il y a les zombis eux-mêmes, et j’adore le fait que le drama introduise le fait que les zombis ne prennent « vie » que la nuit. C’est une excellente idée et un outil super efficace.

 

 

… they come at night

 

Le drama établit rapidement que les zombis ne bougent pas la journée, restant des cadavres sans vie jusqu’à ce que le soleil se couche et qu’ils s’animent. Et je ne m’étais jamais imaginé que ce serait une aussi une bonne idée, mais ça fait énormément pour le drama.

 

Ça créé un compte à rebours permanent pendant la journée. On se dirait qu’avoir des zombis présents tout le temps serait plus tendu, parce que la menace ne disparaitrait jamais, mais ici non plus, la menace ne disparait pas réellement : elle s’endort simplement un temps, et quand elle dort, la peur est toujours là, c’est juste que Kingdom varie les types de peurs.  De toute façon, ce n’est pas comme si la vie était tranquille le jour, parce que le pays est dans un état déplorable, parce que notre personnage le plus central (le prince héritier, interprété par Joo Ji Hoon) a bon nombre d’ennemis sur le dos, et parce  qu’il n’y a pas que les morts-vivants qui s’attaquent aux vivants : les vivants sont bien capables de s’attaquer entre eux, surtout quand il y a une lutte de pouvoir au sommet et qu’en bas de l’échelle tout le monde crève la dalle.

 

Mais oui, il y a une terreur et une tension particulières à regarder le jour disparaitre en sachant que bientôt, le cauchemar va reprendre. Ou à regarder un personnage essayer d’en prévenir d’autres de ce qui va se passer, mais personne ne l’écoute, et les cadavres… sont… juste… là… et… la… nuit… est… en… train… de… tomber… ETBOUGEZBORDAYLOMG. Savoir ce qui est inévitablement sur le point de se produire rend le moment délicieusement intenable. Plus il fait sombre, plus les personnages paniquent, plus notre cœur s’accélère, et pendant tout le drama, j’ai eu un œil constamment sur le ciel, priant pour le jour la nuit, et redoutant la venue de la nuit le jour ([spoiler] du coup, j’avais noté dans l’épisode 5, en particulier, que les zombis s’animaient alors que la nuit n’était pas encore tombée et je pensais que c’était une erreur du drama, ha ! dramavore de peu de foi ! [/spoiler]). Le drama, ce faisant, encadrait aussi mes attentes, m’entrainant (même sur peu d’épisodes) à un schéma récurrent qui n’est jamais répétitif mais suffisamment installé pour que toute déviation mette aussitôt mal à l’aise. [spoiler] A la fin, lorsque la nuit passe sans que rien ne se passe, les personnages étaient soulagés, mais j’étais déjà à un niveau d’alerte maximal… c’était presque pire que si les zombis avaient attaqué parce que ce n’était pas normal, ce n’était pas ce à quoi le drama m’avait habituée, ce qui ne pouvait que signifier que quelque chose d’affreux était sur le point de se produire [/spoiler]

 

Par ailleurs, si la rapidité des zombis souligne ce qu’ils ont de vivant dans le mot « morts-vivants », le fait qu’ils ne bougent pas de jour souligne au contraire l’aspect mort dans « morts-vivants ». La journée, nos zombis sont des cadavres, des corps qui pourrissent dans l’eau, sous les pierres, sous le sol, empoisonnant tout le pays jusqu’à ses racines. D’ailleurs, le fait qu’ils soient partout et qu’ils soient cachés de cette manière est une autre source de tension, sans compter la couche de suspense et d’ambiguïté parce qu’en s’approchant d’un corps, on ne peut pas savoir s’il va se réveiller pour nous bouffer. Mais je trouve surtout ça bienvenu que le drama appuie sur ce que ses zombis ont de mort, parce que si les zombis, selon les œuvres, peuvent représenter des tas de choses telles que les retombées de la course à la consommation, le communisme ou l’isolation sociale, dans Kingdom, ils représentent… ben… la mort. La mort due à la maladie, à la famine, mais aussi aux abus des puissants qui se construisent sur les corps des plus faibles, comme c’est illustré de façon particulièrement claire dans l’épisode 6 où le drama passe d’une chambre pauvre pleine d’un sang versé au nom d’un membre de la famille royale, à la chambre de la reine dans laquelle deux servantes parlent de la fois où la reine a fait brûler une robe de soie dont ses servantes ne peuvent que rêver, juste parce qu’il y avait une minuscule tâche de sang dessus. Le drama n’avait pas été discret sur ses thèmes jusque-là, mais il appuie bien le message, des fois qu’on l’ait loupé (mais je vois pas comment on pourrait) : le pays est en train de pourrir... et ça part de la tête

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… le roi et son peuple

 

Assez souvent, dans les sageuks, quand une épidémie est écrite dans le scénario (comme dans Kingdom of the wind ou Rookie Historian Goo Hae Ryung par exemple), elle commence en dehors du palais, dans les conditions de vie précaires du peuple, et ne franchit parfois jamais les murs de ce palais. Dans Kingdom, en revanche, le patient 0 se trouve dans le palais et, plus précisément, sur le trône. Le roi est la source de l’épidémie qui ravage son pays, c’est la façon dont le drama a choisi d’aborder les thèmes centraux à son histoire.

 

Le palais de Kingdom est un palais de mensonges, et faux-semblants dans lequel un roi malade et incapable de régner est toujours vu comme le roi par ceux qui prêtent plus d’importance à la tradition et sacralité du pouvoir qu’à la vie du peuple et bien du pays, et surtout par ceux qui l’utilisent comme une marionnette dans la lutte pour obtenir le pouvoir. Le roi est réduit à la position de pion mort-vivant en laisse, il n’est plus un individu mais représente le pouvoir lui-même, et un pouvoir qui se nourrit littéralement des gens en bas de l’échelle sociale.

 

Qui se nourrit de qui, ou grâce à qui, est au cœur du drama : le roi se nourrit de ses sujets, le serviteur du prince héritier nourrit sa femme enceinte des restes des repas de son maitre, et les pauvres crèvent tellement la dalle qu’ils doivent manger leurs propres morts. C’est d’ailleurs le début de l’épidémie qui ne commence pas parce que le roi mord un de ses sujets, mais parce que des paysans affamés dévorent la chair du pauvre jeune homme tué par son souverain.  

 

Ça m’a un peu évoqué le mythe du wendigo, personnellement. Si vous me connaissez un peu, vous savez que c’est un de mes mythes favoris, parce que je le trouve particulièrement effrayant. Il s’agit à la base d’une légende algonquienne, et pour vous la faire très courte, l’idée était que si un homme consommait de la viande humaine, il se transformerait en créature constamment affamée. Selon certaines interprétations, cette légende aurait eu pour but de dissuader les gens de manger des membres de leur propre clan pendant les périodes de grande famine. C’est vrai que j’ai une sorte de fixation sur le wendigo, mais j’y ai pensé immédiatement, et, en tous cas, je trouve l’origine de l’épidémie encore plus glaçante de cette façon, parce qu’elle n’est que le résultat d’une situation déjà dramatique et effrayante à la base. C’est juste le stade suivant, l’évolution logique d’un monde dans lequel certains crèvent la faim pendant que d’autres se gavent de viande.

 

Bref, les puissants mangent les démunis, les gens qui servent les puissants se nourrissent de leurs restes, les pauvres se mangent entre eux, et la maladie finit par bouffer tout le monde, démontrant que ce système injuste ne fonctionne pas et était voué à se casser la gueule. Pas immédiatement bien sûr : la maladie avance vite et ne discrimine pas elle-même, mais les gens avec plus de pouvoir ont plus de chance d’y échapper, parce qu’ils possèdent les armes et moyens avec lesquels se défendre. Ils peuvent ériger des murs, et décider de qui est autorisé à l’intérieur et qui est condamné à mourir à l’extérieur. Mais comme l’illustre le drama : il arrive un moment où les murs ne suffisent plus.

 

Et c’est sur l’état déplorable de son pays que notre prince héritier ouvre les yeux le long de la série, lui qui se trouvait globalement du bon côté du mur, et est à présent du mauvais.

 

 

… le prince héritier et son entourage

 

Le drama n’a pas réellement un personnage principal à mes yeux, je l’ai plus vu comme un drama d’ensemble (et c’est tout à l’honneur de Kingdom que chaque fois qu’il passait d’un personnage à l’autre, je restais également intéressée), mais malgré tout, le personnage de Joo Ji Hoon est mis en avant, l’acteur est un des plus populaires du casting (même si Bae Doo Na est certainement le nom qui sera le plus reconnu par les non-habitués des productions sud-coréennes), et surtout son personnage est le seul dont on puisse dire, je pense, qu’il a un arc narratif réellement développé au premier plan.

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Au début du drama, le personnage (Lee Chang) n’est certes pas un zombi, mais il pourrait être qualifié de « dead man walking » (littéralement un « mort marchant ») comme disent nos amis anglophones, c’est-à-dire un homme qui est toujours vivant, certes, mais à qui a été donné une sentence de mort. Ici, c’est sa position de prince héritier qui le met en danger, et avec la reine sur le point de donner naissance à un héritier, les jours de Lee Chang semblent comptés. En conséquence, ce prince à qui on a bien fait comprendre qu’il faudrait qu’il se protège lui-même car personne ne pourrait le faire à sa place (cf. épisode 5) n’a jamais envisagé le pouvoir que comme un outil pour sa survie. Il n’a pas de grands idéaux, il a juste besoin de s’élever suffisamment pour être intouchable.

 

A la fois, s’il craint pour sa vie et a grandi dans un type d’adversité, il n’a pas l’expérience du monde, et s’avère assez naïf et pas toujours prêt aux épreuves du dehors. Ainsi, on le verra, lors d’une scène de violence, avoir un moment de sidération, ou bien s’attendre à des politesses et bonnes manières dans les quartiers les plus pauvres où les gens ont bien autre chose à faire que des ronds de jambes. Dans l’épisode 2, on lui jette au visage qu’il n’a pas mérité sa position, qu’il est simplement né là où il est né par chance, et si le personnage à l’origine de cette remarque est un antagoniste, il n’a néanmoins pas tort : Lee Chang est au-dessus des autres, et il a eu la chance d’une éducation qui fait qu’il est meilleur que d’autres sur certains aspects, mais il n’est pas non plus exceptionnel, et même lors de cette altercation, il aurait certainement perdu le combat si  la chance ne s’en était pas mêlée.

 

Donc, oui, il réalise l’état de son pays, mais aussi ses propres limites, les conséquences de ses actes, sur qui elles s’abattent le plus durement, et la direction qu’il veut prendre. L’arc de Lee Chang est celui d’un personnage qui ouvre les yeux, prend position, et se prouve dans l’action. Dans l’épisode 2, il se formalisait du manque de politesse d’un homme miséreux, mais deux épisodes plus tard, il est déjà transformé, et ne punit plus mais essaie d’aider à la place. Progressivement, il prend de plus en plus ses responsabilités, réalise ses privilèges et décide de les utiliser autrement. Le pouvoir qu’il ne convoitait que pour sa survie devient enfin quelque chose de plus complexe, plus concret, un outil qui vient avec des responsabilités, et un outil à manier pour les autres, puisqu’il s’est juré d’être meilleur que les autres hommes puissants, et de n’abandonner personne à son sort. Au cœur de l’action, via l’action, le personnage évolue réellement et gagne le respect des gens qui l’entourent.

 

Le véritable test, néanmoins, c’est Young Shin.

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Le long de la série, Lee Chang a rangé de son côté plusieurs personnages, mais Young Shin est le plus difficile à convaincre, car le plus méfiant et cynique. Il a un mépris profond pour les puissants et leurs guerres, pour les monuments qu’ils érigent à leurs victoires pendant que le peuple paye pour leurs combats. Il n’attend, dès le début, d’aide de personne, et est le personnage avec le moins de scrupules à faire ce qui doit être fait. Il n’hésite pas non plus à être brutalement honnête avec Lee Chang et c’est pourquoi il est le test ultime : si Lee Chang arrive à gagner la loyauté et le respect de Young Shin, il aura réellement réussi à prouver sa valeur.

 

Et, au passage, Young Shin est mon personnage favori.

 

Je n’y peux rien, c’est typiquement le genre de personnage que j’adore. Certes, il y a aussi le fait que je suis tombée amoureuse de son visage au premier regard, et [spoiler] qu’il s’avère être un bad-ass total (j’avais des étoiles plein les yeux à le voir en mode sniper, notamment *0*) [/spoiler], mais, surtout, le personnage est en mode survie, de façon extrême, et j’aurai toujours un faible pour ce genre de personnages, comme je le dis souvent. J’ai développé un gros faible pour l’acteur, plus que tout autre membre du casting, donc j’ai une filmographie à explorer maintenant, et il a intérêt à continuer à percer !

 

Bien sûr, à côté de ça, Kingdom a tout un tas d’autres très bons acteurs à proposer, ainsi que des personnages que j’avais envie de suivre. J’ai été en particulier contente de retrouver Kim Sang Ho dans le rôle du garde du prince, j’ai trouvé Ryu Seung Ryong intimidant dans le rôle du grand méchant de la série, et bien sûr, Bae Doo Na est toujours un plaisir à avoir à l’écran, même si je l’ai trouvée un peu sous-utilisée dans cette saison et espère qu’elle sera plus exploitée dans la seconde.

 

 

… en conclusion

 

J’ai adoré cette première saison. Je ne sais pas encore quand je verrai la seconde, parce que je ne sais pas s’il vaut mieux attendre la troisième ou pas, mais en tous cas, quand je me lancerai dans la suite, je ne manquerai pas de d’abord revoir la première saison, et même si je passe après tout le monde, je le dis quand même : je vous recommande fortement ce drama.

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Tous les coups de coeur des dramavores vus pour ce projet :

 

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