[Douloureux piédestal] Takane no hana 高嶺の花

Publié le 11 Septembre 2020

Drama aux personnages troubles, Takane no Hana propose une Ishihara Satomi au top de sa forme dans une réflexion sur les sacrifices que font les artistes au nom de leur art, et pourquoi ces sacrifices sont dangereux.  

 

 

Diffusé en 2018

Sur NTV

10 épisodes

 

Réalisé par Kariyama Shunsuke & Otsuka Kyoji

Ecrit par Nojima Shinji

 

Avec :

Ishihara Satomi : Tsukishima Momo

Mineta Kazunobu : Kazama Naoto / Pooh

Yoshine Kyoko: Tsukishima Nana

Chiba Yudai: Utsunomiya Ryuichi

Kohinata Fumiyo: Tsukishima Ichimatsu

Toda Naho: Tsukishima Ruriko

Etc

 

 

Dontesque ?

Prodige de l’arrangement floral et entrainée durement depuis très jeune, Momo était l’héritière désignée de l’école prestigieuse de son père, mais avait décidé de quitter ce monde-là après son mariage. Lorsque son mariage tombe à l’eau, Momo est effondrée, et son père lui propose de se trouver un « homme jetable » : quelqu’un avec qui se remettre de sa déception amoureuse pour ensuite le quitter et reprendre l’école familiale.

 

 

Fiche Ecrans d’Asie : ici

Alicia

 

 

oOo

 

Aujourd'hui, je me penche sur le coup de cœur dramatesque 2019 d'Alicia, et un drama que j'avais bien envie de voir, parce que, si je n'avais aucune idée de quoi il allait me parler, son rôle principal est tenu par Ishihara Satomi, une actrice que j'aime beaucoup. Verdict : j'avais raison d'être motivée ! J'ai beaucoup aimé ce drama. Et vous savez comme je n'arrête pas de vous répéter, chaque fois que je critique un personnage principal, que je n'ai pas besoin que mes protagonistes soient parfaits, que je peux aimer un protagoniste ambigu, voire carrément répréhensible ? L'héroïne de ce drama en est un excellent exemple ! Je l'ai énormément aimée, mais clairement Momo a des tas de défauts, et ne brille pas toujours par la justesse de ses actions. Globalement, de toute façon, Takane no Hana est un drama tordu avec des personnages eux aussi tordus, et la morale… n'est pas toujours sauve. Causons !

 

 

Introduction

 

Personnages tordus et série amorale

Héroïne ambigüe

Art et abus, pt 1/2

Les génies et les autres 

Art et abus, pt 2/2

Le nounours, la fleur et la bicyclette

 

Conclusion

 

 

 

personnages tordus et série amorale

 

Il y a deux personnages centraux à Takane no Hana: Pooh (le héros) et Momo (l'héroïne). Et si Pooh vit dans une communauté légèrement décalée, elle est majoritairement bienveillante, alors que du côté de Momo c'est une autre histoire, et c'est autour d'elle qu'on trouve une flopée de personnages tous plus amoraux les uns que les autres, et prêts aux pires coups bas, au point que, parfois, ça parait presque trop.

 

En partie, c'est vrai, il doit y avoir un décalage culturel. Le monde dans lequel évolue Momo est celui de l'arrangement floral (ou ikebana), et clairement, cet arrangement floral a une place très importante dans la culture traditionnelle japonaise qu'il n'a pas chez nous (du moins pas que je sache). Il y a des "représentations" d'ikebana, et lorsque Momo s'avance sur la scène pour faire étalage de ses dons, la musique et la mise en scène donnent le sentiment qu'elle part presque au combat. L'ikebana est pris mortellement au sérieux, avec de grandes écoles traditionnelles possédant chacune leur style d'arrangement, leur philosophie, qu'elles protègent à tout prix, et dont la transmission est un enjeu énorme. De mon côté, je vous avoue que je les regardais arranger les fleurs, et trouvais toujours ça hyper joli, mais les nuances de styles m'échappaient, et l'intensité de cet univers d'ikebana me dépassait clairement. Les personnages arrangeaient des choses magnifiques, et soupiraient que "ha, ce n'est pas à la hauteur", et je n'arrivais pas à voir pourquoi. Mais, eh, Pooh n'arrêtait pas de dire que les artistes voient des choses que les autres ne voient pas, et c'est également vrai des spécialistes, donc ce n'était pas étonnant que je ne saisisse pas les nuances d'un monde auquel je ne connais rien, et dans un sens, ça me plaçait du point de vue du personnage principal masculin...

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De toute façon, si le décalage culturel a pu jouer de façon inconsciente, l’histoire aurait pu être transposée dans le domaine du ballet, de la dégustation fromagère, de la musique, de la confection de carnets ou de l’élevage de crocodiles que j’aurais malgré tout été sidérée par ce que les personnages sont prêts à s’infliger et, surtout, à infliger aux autres, y compris leur propre famille.

 

Parfois, j’ai presque eu du mal à tout prendre au sérieux, parce que le drama n’était pas exactement subtil/léger, que ce soit au niveau de l’écriture (on nous martèle bien que Momo est la « takane no hana/fleur hors d’atteinte » du titre, par exemple),  de l’interprétation (l’antagoniste Ryuichi est interprété par un Chiba Yudai qui surjoue tellement qu’il en devient carrément cartoonesque par moments, et la mise en scène n’aide pas), ou de la présentation (notamment autour de Ryuichi justement), si bien que tout cet « over the top » jouait sur ma perception des agissements des personnages déjà excessifs, et j’en finissais par trouver un certain comique à des situations que j’aurais certainement dû prendre plus au sérieux.

 

Malgré tout, j’étais investie dans le drama, et les sentiments de ses personnages. Et comme j’ai perdu toute foi en l’humanité et nous pense capables de toutes les pires choses (sauf les gens qui lisent ce blog, vous êtes cools), je n’ai aucun doute que certaines personnes seraient prêtes à se déchirer comme se déchirent les personnages (certains victimes, certains bourreaux, certains les deux) de cette série. La plupart de l’entourage de Momo est au-delà de la rédemption, et à vrai dire, le drama n’essaie pas de les racheter… mais pas de les punir non plus ! [spoiler] La plupart des persécuteurs de ce drama finissent pardonnés par leurs victimes et ont droit à des fins bien plus douces que celles que je leurs aurais personnellement réservées. Les deux parents abusifs de Momo et Nana se réconcilient et sont pardonnés par leurs enfants pour leurs trahisons, maltraitance et torture psychologique ; Ryuichi est pardonné par Nana qui l’aime toujours et le rejoint après qu’il l’a manipulée et a couché avec sa mère dans le but de la blesser ; Momo est pardonnée par Pooh pour l’avoir volontairement trahi, blessé et utilisé, et ils sont ensemble à la fin du drama ; etc. [/spoiler]  S’ils n’atteignent pas tous le bonheur, les bourreaux du drama ont, pour plusieurs, droit au pardon, et même, pour certains, à l’amour de leurs victimes, le tout sans même avoir tous à bosser pour.

 

Et je comprendrais que ça puisse poser problème à certaines personnes, parce qu’elles pourraient se dire que le drama minimise l’abus dont ont été/sont victimes certains personnages, mais je trouve que Takane no Hana, au contraire, prend très au sérieux la souffrance de ses personnages, qui est son sujet principal. Je mentirais si je disais que je n’ai pas été frustrée par certains éléments de la conclusion (ne serait-ce que parce qu’il y a un personnage en particulier que je voulais oblitérer de la surface de la Terre, et aucune météorite ne lui est tombé dessus, et T.T), et ce n’est pas comme si le drama était parfait, mais je l’ai trouvé suffisamment intéressant pour qu’il n’ait pas besoin de m’offrir tout ce que je voulais voir sur un plateau d’argent.

 

Et aucun personnage ne m’a autant intéressée que le personnage central du drama (ça tombe bien, pas vrai ?), notre takane no hana elle-même : Momo.

 

 

héroïne ambiguë : Momo

 

Momo a grandi dans un contexte dur et cruel, où on lui a appris à marcher sur les autres. S'il n'était pas inévitable qu'elle devienne comme son entourage (Nana, sa petite sœur, par exemple, est très différente de sa famille, et a miraculeusement conservé sa décence), et si elle est loin d'être aussi "partie" que certains, il n'est pas étonnant qu'elle n'ait pas été imperméable à son éducation, faisant d'elle un être humain très imparfait, et un personnage que, au début du drama, il peut même être difficile d'apprécier.

 

Du moins en tant que personne. Parce qu'en vrai, j'ai immédiatement accroché à Momo,  en tant que personnage. Dès l'épisode 1, il y a des tas de choses chez elle que j'ai aimées, et que j'ai continué à aimer au fil du drama. La plus évidente de ces choses étant: Ishihara Satomi.

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Les gens, je propose qu'on observe une minute de "afnjflnqsxjkfùjkkaer*O*" (c'est l'équivalent de la minute de silence mais version "bruit de fangirl") à l'honneur d'Ishihara Satomi, que j'ai trouvée absolument parfaite. Elle est clairement la star du drama, et Takane no Hana en est très conscient. Pour faire une analogie peut-être pourrie (vu que je n'y connais rien en ikebana): Ishihara Satomi est la fleur centrale de l'arrangement, et tout le reste est utilisé pour mettre en valeur cette fleur centrale. Mais pas de mauvaise façon. Il y a des dramas/films dont l’obsession pour un de leurs acteurs/personnages joue en leur défaveur car tout le reste en devient négligé (c’était mon problème avec le film The Con Artists, par exemple), mais ici, ça ne dessert pas le drama à mes yeux, ça l'élève. Bref, j'aime Ishihara Satomi. J'aime même la façon dont elle prononce le nom de son personnage. Et ai-je besoin de préciser qu'elle est magnifique ? Non. Mais je le précise quand même, et sa beauté est soulignée par la multitude de costumes qu'elle porte le long du drama, en changeant constamment comme si elle se transformait en fleur différence à chaque fois Takane no Hana est encore plus un défilé de mode que l'était Jimi ni Sugoi ! (j'ai aussi aimé les changements de costumes de la jeune femme à fond dans le cosplay, dans un autre style). Charismatique, Ishihara Satomi attire le regard et le retient, et bref, est est clairement ce qui joue le plus immédiatement en faveur de Momo.

 

Mais Momo a aussi ses qualités en dehors de l’interprétation bien sûr. Par exemple, j’ai aimé la façon dont elle ne s’offusque pas mais s’amuse que les amis de Pooh la pensent hostess. Une autre aurait pu mal le prendre, mais à la place, ça fait beaucoup rire Momo qui décide de jouer le jeu. Certes, ça devient plus sombre quand on réalise qu’en vérité elle aime juste follement la liberté d’être n’importe qui sauf elle-même, mais son enthousiasme m’a conquise. J’ai aussi eu beaucoup d’appréciation pour son aplomb et sa confiance en soi. Ça en devient carrément de l’arrogance par moments, mais j’ai aimé qu’elle soit très sûre de son talent, de sa beauté, de son intelligence, et j’adorais sa façon de réagir aux compliments : chaque fois qu’on lui fait un compliment, elle l’accepte, exprime son plaisir, et en redemande. Parce qu’elle sait les mériter.

 

Ou bien parce qu’elle a désespérément besoin qu’on lui fasse des compliments parce qu’elle a besoin de se sentir aimée et appréciée…

 

Personnage complexe, Momo, malgré son attitude très sûre d’elle, a des failles à l’amour de soi aussi profondes que le Grand Canyon, et elle dira elle-même se détester.  

 

Lorsqu’on la rencontre au début du drama, elle vient de vivre un traumatisme énorme : elle a été trahie par l’homme qu’elle aimait. Le choc a été tel qu’elle en est physiquement atteinte [spoiler] (elle a perdu son odorat et son goût) [/spoiler], d’autant que son mariage n’était pas juste une union à l’homme qu’elle aimait et auquel elle faisait confiance, mais également une porte de sortie qui lui aurait permis de quitter sa famille et le monde dans lequel elle a grandi, porte qui lui a claqué violemment à la face à la place. Dans cette histoire avec son ex, on voit pour la première fois (mais pas la dernière) la fragilité extrême de Momo, et ça l’humanise énormément. [spoiler] (Du reste, la dignité et la clémence avec lesquelles Momo gère sa relation avec son ex le long du drama font partie des choses les plus admirables chez le personnage, et font beaucoup pour l’attachement et la fierté qu’on peut ressentir à son égard.) [/spoiler]

 

Mais, pour moi, le moment tournant du drama a été dans l’épisode 3 où, après une dispute terrible, Momo se regarde dans la glace, son reflet déformé, et se met à pleurer et supplier qu’on l’aide, bien qu’elle soit seule. La confrontation, puis cette scène courte de panique où on voit plus clairement que jamais tout le mal qui lui a été fait, sont les moments où le drama s’est dévoilé, pour moi. A partir de là, j’étais profondément impliquée dans le parcours de Momo, et l’exploration de ce personnage prenant, émouvant, et parfois révoltant.

 

Parce que Momo est égoïste.

 

Elle essaie parfois de protéger ceux qu’elle aime, et elle grandit le long de la série, mais elle n’a souvent que très peu de considération pour les sentiments des autres, n’hésitant pas à les blesser, même quand ce n’est que par pur amusement. Au début, par exemple, elle se moque brutalement du poids d’un gamin, de façon complètement gratuite (pas que ce serait plus cool si ce n’était pas gratuit, mais là il n’y a même pas de provocation, elle avait juste envie de se moquer). Elle n’hésite jamais non plus à rappeler à Pooh à quel point elle lui est supérieure, et qu’il devrait se sentir honoré de pouvoir la côtoyer. Et parce qu’elle a été éduquée pour ça, elle n’hésite pas à se servir des autres, les frappant là où elle sait que ça fera le plus mal possible, leur infligeant une douleur qu’elle est particulièrement bien placée pour savoir cruelle. Ça ne lui plait pas, elle n’aime pas le faire, mais elle le fait quand même, donc ¯\_(••)_/¯ 

 

Faut dire que, voilà, utiliser les autres, surtout au nom de l’Art (mais pas que) c’est une tradition familiale.

 

 

art et abus, pt. 1/2

 

Chef de famille, et tête de l'école d'ikebana dont Momo va probablement devenir l'héritière, Tsukishima Ichimatsu n'est pas juste présenté comme un professeur strict et un chef d'entreprise, mais réellement comme un maître spirituel, avec une ascendance considérable sur les membres de son école, qu'on l'apprend très capable de manipuler. Pour lui, utiliser les autres n'est pas un souci, et dès l'épisode 1, lors de sa première interaction avec sa fille qui a le cœur brisé, il lui dit explicitement de trouver un nouvel homme et de l'utiliser: sortir avec, se remettre de sa déception amoureuse, puis s'en débarrasser sans considération. Ça annonce plutôt bien la couleur, même si ça ne montre pas encore tout ce qu'il est capable de faire, parce qu'à ses yeux l'Art est au-dessus de tout, surtout des gens, et ça inclut même l'auteur de l'Art lui-même, le bien-être de l'artiste n'étant pas autant important que ses oeuvres. Pour schématiser, la hiérarchie donne: l'Art >> l'artiste >>>>> le reste.

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Le père de Momo n'est pas le seul personnage du drama à mettre les artistes sur un piédestal: Pooh le fait également constamment. Bon, c'est vrai que Pooh, de façon générale, a tendance à voir tout le monde comme plus important que lui, et il lui sera même semi-reproché d'être accro au sacrifice de soi. Certes. D'ailleurs, il a encore plus tendance à idéaliser les femmes, dont il dira qu'elles sont toutes des artistes, les deux étabt des créatures dont il ne comprend pas bien le processus de pensée. Je ne suis pas très fan de cette idée que les femmes seraient des créatures opaques et spirituellement flottant au-dessus du reste du monde, mais c'est néanmoins comme ça que Pooh les voit, et à sa décharge, celles qu'il côtoie sont particulières et ont, pour plusieurs, des aspirations artistiques ou semi-artistiques qui peuvent en effet échapper au reste du monde, de la cuisinière obsédée par sa recherche de la croquette parfaite (au point de ne plus prononcer un mot) à la cosplayeuse permanente en passant par Momo elle-même.

 

Bref, toujours est-il que Pooh considère les artistes comme des gens au-dessus de l’humanité, voyant des choses que les autres ne voient pas, et qui, s’ils blessent les autres, n’avaient sans doute pas le choix, parce qu’ils sont si autres, et ont des besoins si différents. Ce qui le pousse à accepter les mauvais traitements de Momo avec une abnégation excessive. La victime parfaite, donc, pour le plan du paternel de Momo, même si ce plan menace de prendre l’eau lorsque Momo s’attache au type qui était censé être jetable.

 

Par ailleurs, si Pooh et le père de Momo placent les artistes au-dessus des autres et leur confèrent un droit d’abus, ce n’est visiblement pas ce que cherche à faire le drama. Au contraire, il rend très clair que ce genre d’attitude et les actions qui en découlent ne produisent pas de meilleures œuvres et ne rendent personne plus heureux. C’est même, à mes yeux, le thème principal de la série (du moins avec celui de la souffrance en général). Et je vais revenir sur cette idée de l’art au-dessus de tout, mais d’abord j’aimerais faire une petite parenthèse, parce que le drama ne défend peut-être pas l’idée que l’art justifie tout, mais il semble en revanche défendre l’importance du talent, du moins à première vue.  

 

 

les génies et les autres: Ryuichi et Nana

 

Ryuichi, pour vous le situer, est un des personnages antagonistes de la série : un jeune entrepreneur qui déboule dans le monde de l’ikebana avec comme idée de souffler un vent de renouveau sur le domaine, en se débarassant des traditions austères pour les remplacer par de jolis jeunes hommes dansant sur scène pour émoustiller les dames. En fait il s’est dit « ikebana + Johnny’s Entertainment + tambours traditionnels + grosses guitares = argent », et écoutez, ça marche plutôt bien pour lui, ce qui fait de lui une menace pour l’école plus traditionnelle du père de Momo.

 

Le personnage fait lui-même le lien entre lui et Momo, et il n’a pas tort, [spoiler] mais si lui se reconnait en elle parce qu’ils sont tous les deux des enfants illégitimes, ils ont plus de points communs que cela [/spoiler] : ils sont tous deux issus de familles dysfonctionnelles, qui les ont bien abîmés et, le long du drama, ils utilisent la même technique, pour servir leurs propres intérêts, de se rapprocher de quelqu’un autant que possible pour mieux trahir et blesser cette personne. Et tous les deux ne sont pas encore complètement pourris jusqu’à la moelle, si bien qu’ils trouvent une chance de rédemption auprès de leurs victimes, innocentes et si prêtes à leur faire confiance. Après, ce n’est pas dit qu’ils la saisissent tous les deux. Ça, vous verrez bien.

 

Néanmoins, il y a une grosse différence entre Ryuichi et Momo, à savoir que Momo a un talent inné pour l’arrangement floral alors que Ryuichi pas du tout, et n’est arrivé là où il en est que par travail acharné et esprit d’entrepreneur. Bien sûr, ça ne signifie certainement pas que Momo n’a pas bossé du tout : elle aussi a sué sang et eau pour devenir qui elle est, mais simplement, elle avait dès le départ cette petite étincelle que Ryuichi ne peut simplement pas reproduire et, en ça, il est bien plus proche de Nana, la petite sœur de Momo, qui vit constamment dans l’ombre de notre héroïne.

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Le thème « talent vs travail et entrainement » est un thème populaire qu’on retrouve dans des tas d’œuvres (là tout de suite, je pourrais vous citer par exemple Amadeus ou encore Naruto avec le personnage de Rock Lee1), et Takane no Hana semble d’abord suggérer que tout le travail du monde ne saurait égaler un talent inné ([spoiler] Nana et Ryuichi sont rendus affreusement malheureux par leur compétition contre les génies dans leur vie, et ils n’atteignent enfin le bonheur que lorsqu’ils cessent de courir après la réussite dans un domaine où ils n’ont pas un talent exceptionnel[/spoiler]). Mais il n’y a pas de génie dans Takane no Hana qui ne travaille pas à son art, et quand on regarde la conclusion qu’atteignent les personnages ([spoiler] Momo n’atteint également le bonheur que lorsqu’elle s’affranchit des ambitions de son père et retrouve la joie de créer pour le plaisir, sans compétition [/spoiler]), on se rend compte qu’en vérité le drama met surtout en garde contre les obsessions, la comparaison aux autres, et les compétitions malsaines. Vouloir à tout prix être numéro 1, ou viser une excellence artistique immaculée, ne rend pas heureux si cela se fait au dépend de nos relations humaines, semble vouloir nous dire Takane no Hana, qui continue à nous répéter que « art/réussite/réussite artistique > les gens (nous y compris) » est une attitude qui mène au désastre.

 

Je profite de cette parenthèse pour dire, par ailleurs, que si Momo est clairement le personnage le plus intéressant du drama à mes yeux, j'ai également eu un gros faible pour Nana. J'ai *toujours* un faible pour ce genre de personnages qui bosse dur, essaie de toutes ses forces, et fait de son mieux, sauf que son mieux n'est juste pas suffisant. Je trouve toujours cela particulièrement tragique, et j'ai donc ressenti beaucoup de compassion à l'égard de Nana qui, du côté de chez Momo, est un des personnages les plus faciles à aimer de toute façon, parce que c'est la seule qui n'a pas encore été pervertie par son entourage, et qui retient toute sa gentillesse et sa décence. Combien de temps elle va les retenir, vous verrez bien, mais bref, j'ai eu un faible pour ce personnage. J'ai, en revanche, été un peu déçue par la façon dont son histoire se développe. La relation de Nana avec sa sœur Momo, elle, est bien gérée : on sent que les deux sœurs s’aiment, mais c’est difficile de ne pas avoir l’esprit empoisonné par une vie entière à être mises en compétition par leurs parents, et ça donne une relation complexe et, par moments, tendue, qui m’a intéressée. Néanmoins,  [spoiler] j’ai trouvé sa relation avec Ryuichi bien moins réussie. En mettant de côté toute objection qu’on pourrait avoir sur le ship lui-même (il couche avec sa mère dans le but explicite de blesser Nana autant que possible le moment venu), la façon dont il est amené m'a semblé si brusque que, lorsque Nana exprime qu'elle est amoureuse de Ryuichi au point de vouloir hériter de l'école de son père, j'ai sincèrement cru qu'elle jouait la comédie pour tendre un piège à Ryuichi. Et, oui, effectivement, après ça, comme Nana est un personnage attachant qui souffre injustement et auquel on souhaite le meilleur, c'est dur de lui souhaiter Ryuichi. [/spoiler]

 

 

art et abus, pt. 2/2

 

Le long du drama revient plusieurs fois la question de la souffrance et la noirceur dans l’art. Deux personnages en particulier se serviront de leur art de façon thérapeutique, pour évacuer la douleur et l’y laisser, ce qui va à l’encontre de ce que le père de Momo et Nana essaie d’enseigner à ses filles, puisque lui leur demande de rechercher la douleur et la noirceur. Pas de s’en décharger mais au contraire de l’emmagasiner, pour améliorer la qualité de leur art, car le père de Momo et Nana souscrit à l’idée commune que la souffrance nourrit l’art et le rend meilleur, et qu’un bon artiste est un artiste malheureux. Son école d’ikebana repose sur un principe d’ombre et de lumière, et pour obtenir cette ombre, il faut ressentir la douleur et la solitude qui la produisent.

 

Mais le drama ne partage absolument pas les idées du patriarche : au contraire, il s’attaque à montrer qu’être malheureux ne rend pas l’art meilleur, ça rend juste malheureux.

 

L’opening du drama, très joli au demeurant, illustre assez bien ce que vit Momo : avec sa musique lourde, ses images de fleurs très belles et hypnotiques mais rendues oniriques par l’effet kaléidoscope, ses visages aux traits cachés par l’obscurité et sa couleur rouge qui s’étale comme une tâche de sang, l’opening donne le sentiment de plonger dans un cauchemar. Un cauchemar fleuri, certes, mais un cauchemar. Par ailleurs, le père de Momo et Nana semble aussi penser qu’un artiste ne doit vivre que pour son art, quelque chose que le drama présente également comme dangereux : lorsque Momo n’arrive plus à produire quoi que ce soit de satisfaisant, vu qu’elle n’a plus rien d’autre, elle ne s’en trouve que vide et cassée, et également très seule avec elle-même.

 

L’Autre Soi est un des concepts centraux du drama.

 

 

- Je t’aime. J’aime ton talent, plus que quiconque. L’amour, le mariage… Les gens se contentent généralement de ces choses, et appellent ça le bonheur, malgré ce qu’ils doivent sacrifier. Mais les artistes sont différents ! Lorsqu’on a ce talent pour l’arrangement floral, on n’a pas le temps pour quelque chose d’aussi banal que l’amour.

- Je ne veux pas vivre comme ça. Je serais seule toute ma vie.

- C’est bien comme ça. C’est comme ça… que l’Autre Toi vient te trouver.

 

Le patriarche et Momo, épisode 3

 

 

Il y a, à vrai dire, plusieurs mentions d’Autres Sois dans le drama. Par exemple, lorsque Momo décide de jouer le jeu et de se faire passer pour une hostess, elle dit plusieurs fois que c’est une autre version d’elle-même, une version plus libre. Mais l’Autre Soi dont il est plus souvent question dans Takane no Hana, aux yeux de ceux qui l’évoquent, représente grossièrement la part sombre de l’artiste qui lui permet de créer, en dialoguant avec lui-même. C’est un peu plus compliqué que cela, mais on y est introduit dans l’épisode 3, lorsque Momo se regarde dans le miroir, son reflet déformé la terrifiant soudain, parce que son père l’a entrainée à user de cet Autre Soi avec une telle pression qu’à présent, ce Soi est un monstre dans lequel Momo voit tout ce qu’elle a dû endurer et tout ce qu’il y a de pire chez elle.

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[spoiler] Cet Autre Soi, cela dit, n’a pas été créé par le père de Momo : c’était un ami qui a été perverti par les mauvais traitements. Pooh, dans l’épisode 7, rapproche cet Autre Soi d’un ami imaginaire qu’un enfant se créerait pour pallier la solitude, et auquel cet enfant parlerait comme il pourrait parler, par exemple, à une poupée ou son ours en peluche. Cet enfant, cet ami merveilleux et innocent, cette part d’imagination, a été transformé en monstre par l’éducation qu’a subie Momo. [/spoiler] Et c’est ce qui m’a fait reconnaître l’auteur du drama.

 

Depuis le début, sans trop savoir pourquoi, Takane no Hana m’évoquait un peu Bara no nai hanaya, sans doute à cause de la dynamique entre un homme trop prompt à se sacrifier (et ayant mis longtemps ses envies en pause) et une femme blessée se rapprochant de lui pour de mauvaises raisons mais finissant par tomber sous le charme de sa gentillesse à toute épreuve. Mais c’est cette histoire d’Autre Soi qui a été mon déclic et m’a fait réaliser que je regardais un drama écrit par Nojima Shinji, également auteur de Strawberry on the shortcake. Et de tas d’autres trucs dont Ashita mama ga inai, Love Shuffle, ou encore Pride et Ningen Shikkaku, mais en l’occurrence c’est SOS qui nous intéresse. Pas parce que SOS est un excellent drama (à vrai dire je le trouve très moyen) mais parce que dedans il y a une scène qui m’a marquée, celle du discours de Kubozuka Yosuke (enfin, son personnage) dans le dernier épisode, discours qui 17 ans avant Takane no Hana présentait déjà des idées similaires. C’est une de mes scènes favorites de drama donc j’y ai repensé aussitôt, et le discours donne ceci :

 

 

Nous sommes nés pour aimer ! Nous sommes nés pour aimer.

 

Nous ne sommes pas nés pour souffrir. Ce vingtième siècle créé par des adultes irresponsables est jonché de conflits et de pièges. Nous ne sommes pas nés pour souffrir.

 

Nous rencontrerons parfois des personnes sans cœur, et voudrons les frapper dans le dos. Mais nous ne sommes pas nés pour blesser les autres.

 

Nous rencontrerons parfois des personnes sans cœur, et nous aurons peur ou nous sentirons étouffés. Mais nous ne sommes pas nés pour être blessés par les autres.

 

Il arrive parfois que nous créions quelqu’un d’autre au fond de nous, peut-être pour échapper à la tristesse, à la souffrance… Nous cherchons peut-être simplement à fuir.  A nous barricader chez nous, ou nous enfuir très loin, pour parler à cette autre personne, cet ami au fond de nous. C’est pourquoi personne n’est jamais vraiment seul. Nous avons tous un ami, cette personne au fond de nous.

 

Parfois, nous trouvons cet ami de mauvaise compagnie, nous le trouvons lâche ou cruel. Mais nous nous trompons. Ce n’est pas notre ami qui est lâche et cruel, c’est nous. Pourquoi ? Parce qu’en vérité, nous avons créé cet ami pour nous-même.

 

C’est pourquoi… nous devons un jour quitter cet ami merveilleux. Sinon, nous serons toujours dépendants de cette autre personne au fond de nous.

 

Bon… mais quand y arriverons nous ?

 

Nous y arriverons quand nous rencontrerons la personne que nous aimons. Lorsque, pour la personne que nous aimons, nous nous déferons de la solitude, la tristesse, la douleur, et de cette personne au fond de nous. Alors cherchons cette personne à aimer ! Une personne à laquelle nous pourrons tout dire, avec qui nous pourrons rire, pleurer, une personne que nous prendrons dans nos bras, embrasserons, et avec qui nous coucherons. Une personne qui nous donnera du courage et à laquelle nous donnerons du courage en retour.

 

Nous ne sommes nés que pour aimer !

 

Saeki Tetsuya, Strawberry on the Shortcake, episode 10

 

 

Quiconque a vu Takane no Hana, je pense, pourra comprendre pourquoi ce discours m’est revenu en tête. Pour le reprendre rapidement et pas en détails (cet article est bien assez long comme cela) :

 

• on y trouve l’idée d’adultes irresponsables qui ont niqué le monde pour les générations d’après, et même si le contexte est différent, on peut rapprocher cela de la façon dont l’éducation de Momo l’a « brisée », et lui a créé une réalité d’adversité, pièges et trahisons, même au sein de sa propre famille.

 

• nous ne sommes pas nés pour souffrir : je pense que le reste de l’article parle de lui-même, mais oui, les mauvais traitements infligés à Momo (et autres personnes mais je reste sur Momo) sont injustifiés/injustifiables, et souffrir ne la rapproche pas de la réussite comme son père le prétend. 

 

• nous ne sommes pas nés pour blesser les autres : de même, les mauvais traitements infligés par Momo sont injustifiés/injustifiables, et, encore une fois, la détruisent plus qu’ils ne l’aident à atteindre la réussite.

 

• on retrouve le concept de l’Autre Soi, qui peut être un ami mais également devenir monstrueux. C’est pourquoi il faut se détacher de cet ami devenu cruel pour être heureux.

 

• et, enfin, on y retrouve l’idée de Takane no Hana dont je n’ai pas encore parlé, et qui est que « l’amour est la solution ». C’est la solitude, d’après le père de Momo, qui fait apparaître l’Autre Soi, et lorsque cette solitude disparait, l’Autre Soi aussi.

 

 

… le nounours, la fleur, et la bicyclette

 

Pooh, en anglais, ça veut dire… okay, ça veut dire « caca », mais aussi, « Winnie the pooh » c’est « Winnie l’Ourson » et clairement c’est à cela que fait référence le drama. « Pooh » n’est pas le vrai nom du personnage, mais un surnom qui lui a été donné, et Pooh est en effet un nounours humain: plusieurs fois dans la série, il est fait référence aux nounours que les personnages féminins avaient dans leur enfance, qui étaient leurs confidents et dans lesquels elles étouffaient leurs larmes, un rôle que Pooh va à présent remplir pour Momo, et joue déjà auprès d’autres personnages.

[Douloureux piédestal] Takane no hana  高嶺の花[Douloureux piédestal] Takane no hana  高嶺の花
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A vrai dire, Pooh a vécu toute sa vie pour les autres, au point que Momo lui fait remarquer qu'il ne parle que d'eux, et jamais de lui-même. C'est un personnage attachant, profondément gentil, et si je n'ai pas bien compris pourquoi le drama en faisait un "génie secret", puisque ça ne joue pas du tout sur l'histoire, ça a au moins le mérite de faire que la notion de gentillesse n'est pas associée à celle de bêtise. On voit souvent des duos de génie froid et antisocial et personne moins géniale mais chaleureuse et gentille. Ici, le drama semble indiquer que Pooh est très intelligent et pourrait certainement faire "plus" que réparer des vélos, mais il vit simplement sa vie comme ça le rend heureux, et ça comprend être gentil et généreux avec tout le monde. Malgré tout, oui, son indulgence, sa douceur et sa clémence infinies semblent souvent excessives, parce qu'il les exerce à ses propres dépens, particulièrement dans sa relation avec Momo.

 

Bien sûr, ce n'est pas comme s'il ne tirait rien de sa relation avec elle, car en le bousculant pas mal, elle l'aide à remettre un peu de vie dans son existence et à le "dégeler". Et lorsque tout se passe bien, ils sont adorables ensemble. Elle a beau l'intimider un peu, ils ont l'air à l'aise l'un avec l'autre, et il y a plein de petits moments de complicité qui m'ont touchée et amusée, ainsi que de scènes qui auraient pu mal se passer dans d'autres dramas mais se déroulent ici très bien parce que les personnages se comprennent et s'acceptent.

 

Néanmoins, c'est vrai que si Pooh est très prompt à défendre les autres, il a bien plus de mal à se défendre lui-même et sa personnalité, ainsi que sa vision des artistes, font qu'il accepte bien plus qu'il ne devrait. Mais, oui, il est parfait pour Momo, parce qu'elle a été trahie par quasiment tous les gens en qui elle avait confiance et qu'il est la personne la plus désarmante, la plus patiente, et la plus loyale au monde, et malgré les moments où j'aurais aimé qu'il se rebiffe plus, Pooh est un personnage que j'ai trouvé profondément attachant, et j'espérais de tout cœur que lui et Momo trouveraient leur happy end.

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Pooh, cela dit, n’est pas le seul ajout positif à la vie de Momo, même s’il est le principal, et j'ai gardé pour la fin quelque chose qui m'a d'abord rendue très perplexe dans le drama.

 

Au début de Takane no Hana, on nous introduit un personnage d'adolescent perturbé et violent que son professeur décide de confier à Pooh pour qu'il l'aide. Dans l'épisode 1, Momo lui prête son vélo (le même qui a provoqué sa rencontre avec Pooh), et l'adolescent part en voyage tout seul. Dans chaque épisode, Pooh lui envoie des sms, et on nous montre le parcours de l'adolescent qui semble complètement déconnecté du reste de la série, et c'était pas exactement que c'était inintéressant, mais je dois admettre m'être plusieurs fois demandé ce que ça avait à avoir avec le schmilblick (au-delà du fait que ça souligne encore toute la patience et la gentillesse de Pooh, qui ne se laisse jamais démonter).

 

A présent, je pense que je comprends: le voyage de cet adolescent qui s'isole en maltraitant les autres reflète celui de Momo. L'idée est qu'il avait besoin de s'aventurer en dehors de son monde, de rencontrer d'autres gens, des gens bienveillants, et c'est exactement ce que fait également Momo: elle sort de son univers, et c'est la meilleure chose qui pouvait lui arriver, parce qu’elle ne rencontre pas juste Pooh, mais également un cercle d’amis, un monde plus sain, des choses qui lui faisaient cruellement défaut.

 

Le drama s'intitule "Takane no Hana", c'est-à-dire "la fleur qui ne peut être atteinte", et le drama ne manque pas de faire savoir à son public (et ses personnages) qui ces mots sont censés désigner. Momo et les personnages eux-mêmes disent littéralement que Momo est la "takane no hana". Certes, elle n'est pas la seule "takane no hana": plusieurs personnages ont des objectifs/"fleurs" qu'ils cherchent désespérément à atteindre mais qui semblent juste un centimètre trop loin. L'adolescent perturbé a même carrément une fleur perchée sur un rocher qu'il cherche à cueillir, sans succès, mais, pour d'autres personnages c'est moins littéral, comme c'est le cas pour Nana, par exemple, qui aimerait rattraper sa sœur mais semble toujours un pas derrière. Et généralement ce sont les sentiments de ceux qui essaient de cueillir leur fleur hors de portée qui sont explorés.

 

Mais la principale "takane no hana" du drama reste Momo, et si le drama nous parle bien des sentiments de ceux qui essaient de l'atteindre (que ce soit le père de Momo qui essaie de lui faire entendre sa raison, ou Pooh qui essaie de se rapprocher d'elle par amour), la série explore en vérité surtout les émotions de la fleur elle-même. Parce qu’elle est belle, cette fleur hors d’atteinte, mais quelle tristesse de vivre si haut au-dessus du reste du monde qu’on ne peut être qu’admirée et jamais touchée. Plus que quiconque, c’est la fleur qui a besoin d’être cueillie, et c’est ça que le drama illustre épisode après épisode.

 

 

conclusion

 

Takane no Hana a des personnages qu’il peut être difficile d’aimer, parce que ce ne sont certainement pas des anges et que leurs blessures ne justifient pas celles qu’ils infligent aux autres. La série ne cherche pas non plus à satisfaire la soif (potentielle) de justice de son public, et pourra s’avérer frustrante, de même qu’elle est parfois maladroite. Mais j’ai trouvé ses personnages intéressants, particulièrement son anti-héroïne, et je me suis passionnée pour son exploration de la relation des artistes à leur art, et de ce qu’elle peut avoir de malsaine. Aussi, j’aime les chansons d’Elvis Presley qu’il y avait dans le drama. Et Ishihara Satomi = . Bref : j’ai beaucoup aimé.

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Vous, après avoir enfin fini de lire l’article :

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1Est-ce que c’est juste un prétexte pour vous caser cette vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=ltn2YITCdFw  ? Oui.  Pour les gens qui n’ont jamais regardé Naruto (et moi-même je suis loin d’avoir tout regardé) je suppose que ça ne représentera rien, mais bordayl cette scène = ;A; *O*  #WeStanRockLeeInThisHouse => reprendre la lecture

 

 

 

Tous les coups de coeur des dramavores vus pour ce projet :

 

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