[Qui surveille ceux qui surveillent ?] Watcher 왓쳐

Publié le 30 Octobre 2020

Avec ses personnages troubles, on ne sait trop à qui se fier dans Watcher, mais le drama a beau être sombre, il laisse à son public des instants de répit humain qui font que j'ai bien accroché à la série.

 

 

Diffusé en 2019

Sur OCN

16 épisodes d’environ 1h

Réalisé par Ahn Gil Ho

Ecrit par Han Sang Woon

 

Avec :

Seo Kang Joon : Kim Young Goon

Han Seok Kyu: Do Ji Kwang

Kim Hyun Joo: Han Tae Joo

Park Joo Hee: Jo Soo Yeon

Heo Sung Tae: Jang Hae Rying

Joo Jin Mo : Park Jin Woo

Jung Do Won: Hong Kae Sik

Etc

 

 

Dontesque ?

Enfant, Young Goon a assisté au meurtre violent de sa mère. Traumatisé, il est retrouvé sur les lieux par un policier, Do Ji Kwang, et mené au commissariat où la procureure Han Tae Joo est mise sur l’affaire. Le père de Young Goon est rapidement jugé coupable. Des années plus tard, Young Goon est devenu policier et, par un concours de circonstances, intègre la petite équipe menée par Do Ji Kwang, qui enquête sur les affaires internes de la police. L’équipe comprend également Jo Soo Yeon, une jeune recrue, et Han Tae Joo ne tarde pas à se trouver mêlé à leurs affaires, tandis que le passé ressurgit.

 

 

Fiche Ecrans d’Asie: ici

Idril

 

 

oOo

Je l’ai dit quand je parlais de When we were young : Watcher n’était pas dans mes priorités de dramas à voir avant qu’il devienne une « obligation », étant le coup de doeur d’Idril. Je savais qu’il avait plu à des gens dont je respecte et apprécie les opinions, et le casting me tentait bien (j’étais surtout enthousiasmée par Han Seok Gyu qui était excellent dans Tree with deep roots, que j’ai enfin vu cette année), mais OCN (la chaine) a une identité assez marquée, et si je sais que beaucoup de gens adorent cette chaine, je ne suis pas aussi cliente convertie qu’eux (peut-être parce que je n’ai pas vu les meilleurs, bien sûr), et j’avais peur que Watcher tombe dans la catégorie des dramas d’OCN qui ne me parlent pas. Heureusement : j’ai beaucoup aimé. Pour des tas de raisons, la principale étant que Lee Jae Yoon est très agréable à regarder…

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Okay, c’est pas vrai, ça fait pas partie des raisons principales, surtout qu’il tient un petit rôle, mais je voulais le dire et ne savais pas où le caser, donc je l’ai casé là, voilà.

 

Sur ce, parlons des vraies raisons pour lesquelles j’ai apprécié le drama.

 

Déjà, son introduction m’a immédiatement accrochée. On commence par suivre une voiture de police, avec au premier plan le gyrophare allumé, puis on pénètre dans une station de police très occupée, le drama nous montrant le monde dans lequel il va se dérouler (l’intérieur des forces de l’ordre). Puis la caméra s’approche d’un personnage en particulier : un petit garçon aux pieds ensanglantés, qui sera notre futur personnage principal (interprété par Seo Kang Joon). Si lui nous est montré clairement, tout autour de lui est flou, et les voix lui parviennent étouffées, une façon simple mais efficace de nous montrer la scène de son point de vue, lui qui, après avoir vécu un traumatisme, se sent perdu au milieu de tout ce chaos. Puis, on nous balance le titre du drama.

 

C’est une technique que le drama va réutiliser à chaque épisode : flou + slow motion + titre, et au début j’aimais particulièrement ce qu’il faisait, car il se servait justement du flou pour souligner le point de vue d’un personnage. Par exemple, dans l’épisode 2, on suit Ji Kwang (le policier, interprété par Han Seok Gyu, à la tête de l’équipe qu’intègrera notre héros) qui entre dans un appartement obscur où quelqu’un (la mère de Young Goon) a été tué, et le fait que tout ce qui est un peu éloigné de lui soit flou insiste sur l’idée qu’il découvre petit à petit la scène de meurtre, les choses se « défloutent » au fur et à mesure qu’il avanc. Malheureusement, le flou finit par perdre de sa signification et, au bout d’un moment, associé à la slow-motion et à la musique cool, il n’est plus qu’un moyen de mettre un personnage en valeur avant de mettre le titre à l’écran de façon classe.

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C’est dommage mais bon, d’un autre côté, c’est vrai que l’effet est assez classe, d’autant que j’ai particulièrement aimé la musique utilisée. Elle va crescendo, chaque note construit un peu de suspense, et ce morceau (intitulé Watcher) est un de mes favoris de l’OST, même si j’ai aussi un faible pour Watchin, Blurry et Horizon. J’aurai toujours un faible pour les pistes de rap dans les OST, d’où Watchin’, et Horizon et Blurry sont plus douces, appuyant sur ce que le drama a de triste, les personnages ayant vécu des choses difficiles.

 

Puisqu’on parle de flou, au passage, j’ai été soulagée de constater que, tout en parlant de meurtres, Watcher n’était pas un festival du pixel flouté (parce que censuré). Comme je ne savais pas exactement de quoi allait causer la série, j’avoue que je craignais un peu de me retrouver face au même de genre de ridicule qu’on trouvait dans certaines scènes de Tell me what you saw, mais heureusement, pas du tout. Par ailleurs, même si Watcher n’est pas un drama d’action, j’ai trouvé que ses quelques scènes d’action étaient bien foutues, avec des personnages principaux qui ne semblent pas inhumains car indestructibles (en particulier Young Goon -le personnage principal- s’en prend plein la gueule, le pauvre o.o), et une violence qui parait effectivement brutale. Ça fait toujours plaisir (que ce soit bien foutu, pas que les persos souffrent).

 

Bref, j’ai immédiatement accroché à l’ambiance pesante mais pas lourde, et mélancolique mais pas mélodramatique de Watcher. Et je trouve que, dans l’écriture aussi, le drama trouve un bon équilibre.

 

J’ai beaucoup apprécié toutes les petites touches de chaleur et d’humour qui sont parsemées partout dans Watcher. Je craignais un peu que le drama force sur le côté « sombre », et veuille faire tellement sérieux qu’il m’en paraitrait juste lourd, mais pas du tout, et Watcher sait quand insérer, notamment, un peu de légèreté, avec des moments comiques qui m’ont effectivement fait sourire. Par exemple, à un moment donné, Young Gun, piégé dans une voiture, essaie d’attirer l’attention de passants en tirant avec son pistolet, ce qui a surtout pour conséquence de faire flipper les passants, et quand sa collègue vient le libérer, elle lui demande pourquoi il n’a pas juste klaxonné. C’est un petit moment, mais ça m’a fait rire. Ou bien, on va avoir ce moment :

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D’autre part, l’avocate Han Tae Joo (sur la screencap ci-dessus, et interprétée par Kim Hyun Joo) a un assistant, Hong Jae Sik (interprété par Jung Do Won) et c’est un des personnages à m’avoir le plus amusé. Il est du genre stoïque et pragmatique, et est la source de plusieurs moments légers. Par exemple, deux personnages vont avoir une bagarre hyper dramatique dans le bureau d’Han Tae Joo, et voir Hong Jae Sik, avec ses éternelles lunettes de soleil, constater le bordel qu’il va devoir se taper à ranger, ça m’a fait sourire. Il a tendance à sortir, de façon très terre à terre, des trucs qui font se dire aux autres « attends, quoi ? », et c’est un personnage que j’ai beaucoup aimé en général. Sa dynamique avec Young Goon et Soo Yeon (la dernière membre de l’équipe, une rookie, interprétée par Park Joo Hee), qu’il laissait bien souvent perplexes, me plaisait particulièrement.

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Par ailleurs, s’il m’a souvent amusée, le personnage a clairement un passé pas reluisant, se sent très redevable d’Han Tae Joo, et sa loyauté et son dévouement à son égard étaient sincèrement touchantes. A vrai dire, même si on ne se penche pas sur la vie personnelle de tous, les relations entre les personnages m’ont émue, de toute façon, et malgré le thème et les horreurs qui se déroulent à l’écran, il y a de la chaleur à Watcher, j’ai trouvé. Autour de Young Goon, particulièrement.

 

Déjà, c’est clairement quelqu’un d’apprécié dans son quartier, et il est plusieurs fois abordé avec le sourire.

 

Sa relation avec son père, aussi, m’a aussi beaucoup touchée. C’est une relation compliquée, évidemment, le père de Young Goon ayant été arrêté (possiblement à tort, vous verrez bien) pour avoir assassiné sa femme/la mère de Young Goon. Vous vous doutez que son fils en garde une certaine… hum… rancœur (histoire de faire des euphémismes). Et à la fois, alors que le doute s’installe, on sent une volonté de reconstruire quelque chose. Je vous avoue que j’ai eu un peu les larmes aux yeux une ou deux fois. De toute façon, le drama semble avoir un intérêt particulier pour les relations père/enfant, et, avec plusieurs personnages (certains majeurs, d’autres anecdotiques), on retrouve ce thème du père qui veut se racheter pour son enfant, ou au moins être quelqu’un de bien à ses yeux.

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Par ailleurs, Young Goon trouve du soutien auprès de sa nouvelle équipe, et forme des liens avec eux qui sont compliqués pour certains, mais également affectueux.

 

J’ai beaucoup aimé sa relation avec Seo Yeon, par exemple, parce qu’ils sont tous deux de nouveaux arrivants, et sont sur un pied d’égalité qui leur permet de devenir réellement amis. J’ai aimé voir Seo Yeon s’en faire sincèrement pour lui, et vouloir l’épauler dans mes moments difficiles. Le long du drama on n’a pas l’impression de voir juste des collègues qui résolvent des affaires ensemble, mais bien des personnes qui créent une connexion à un niveau humain. Le drama suit Young Goon tandis qu’il découvre à quel point le monde peut être cruel et corrompu. Or à trop regarder l’abîme, l’abîme nous regarde aussi, et quand on combat des monstres, il faut prendre garde à ne pas en devenir un soi-même. Young Goon combat des monstres, marche sur une corde fine, et est parfois à deux doigts de tomber du mauvais côté. Le garder sur la corde, faire en sorte qu’il ne bascule pas, est un effort de groupe, auquel participe toute son équipe. Ji Kwang le verbalise même littéralement lors d’une confrontation où il essaie d’empêcher Young Goon de faire une bêtise, et lui dit qu’il est venu « le sauver ».

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Mais ma relation favorite est celle qui s’installe entre Young Goon et Han Tae Joo (qui n’est pas une romance, je précise, car il n’y a pas de romance dans ce drama, et qu’en plus ce serait chelou vu qu’elle l’a connu lorsqu’elle était adulte et que lui devait avoir encore dix ans).

 

J’en reparlerai un peu plus tard, mais ce sont deux personnages qui se comprennent particulièrement bien, parce qu’ils ont tous les deux vécu un violent traumatisme ayant, en plus, un lien avec la même affaire, et parce qu’ils en sont tous les deux ressortis avec des envies de vengeance. Plusieurs fois, le long du drama, on va trouver des moments où Tae Joo tend une main à Young Goon, parce qu’elle comprend ce qu’il doit ressentir suite à telle ou telle révélation, ou tel ou tel rebondissement. Parfois elle est même accompagnée de Seo Yeon, car il y a un épisode où elles décident toutes les deux de se rendre chez lui, sachant qu’il vaut mieux ne pas le laisser seul. Mais une scène qui m’a vraiment rendu les yeux humides est celle de l’épisode 12 où, cette fois, c’est Young Goon qui fait preuve de soutien et d’affection à l’égard de Tae Joo, la prenant légèrement dans ses bras, sans trop la serrer ou s’attarder (elle n’aime pas être touchée) pour lui dire qu’il espère vraiment qu’elle va pouvoir se reposer. La compréhension et l’attention m’ont touchée.

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Le drama est sombre, et souvent triste, mais il a plein de ces petits moments qui font sourire ou réchauffent le cœur, et ce sont ces moments qui, à mes yeux, rendent les personnages, et par extension le drama, humains. Ce qui est d’autant mieux qu’on est dans un drama où la question « Qu’est-ce qui fait l’humanité ? » revient sans arrêt. Pour certains, la réponse est « le pouce » (qui nous distingue des animaux), pour d’autres ce sont les émotions et la capacité à les exprimer ou les cacher, les contrôler. Dans le cas du drama en tous cas, pour moi, ce qui le rend humain, ce sont ses touches de lumière dans l’obscurité, et son approche nuancée, pas « noir et blanc » du tout, où les personnages sont complexes, les « méchants » pas des monstres caricaturaux, et les « gentils » pas infaillibles.

 

Même si, oui, c’est vrai que je me suis pas mal attachée à la petite équipe.

 

Ça aide que j’aime beaucoup le casting : Park Joo Hee est très attachante, Kim Hyun Joo est charismatique dans son rôle d’avocate qui n’est loyale qu’à elle-même, Seo Kang Joon fait du boulot très solide dans le rôle central, aussi à l’aise en comédie que dans les moments plus dramatiques, et dans tout ça, c’est Han Seok Kyu (dans le rôle de Ji Kwang) qui, à mes yeux, qui sort le plus son épingle du jeu. Peut-être parce que son personnage est le plus ambigu de tous, si bien qu’il a de quoi bosser, mais cet acteur a aussi simplement beaucoup de présence, il attire les regards, et après Tree with deep roots, j’ai à nouveau été impressionnée par les nuances qu’il apporte à ses personnages. Mais bref, oui, j’ai aimé tout le casting, et j’ai en particulier beaucoup aimé suivre nos personnages principaux, petite team d’underdogs qu’on ne peut qu’avoir envie de soutenir.

 

Comme je le disais, j’ai beaucoup aimé les liens qui se créaient entre eux, et c’est à travers ces liens que je me suis attachée à eux. Et parce que j’y étais attachée, et parce que ce sont tous des personnages ayant fait des erreurs et essayant de les corriger, et j’espérais vraiment pour eux qu’ils y arrivent. Soo Yeon, la policière transférée dans le service au début, a dû quitter la division dans laquelle elle était suite à une erreur, donc c’est l’occasion pour elle de faire ses preuves. L’assistant d’Han Tae Joo avait une vie peu reluisante avant de travailler pour l’avocate et essaie de prendre le bon chemin cette fois. Han Tae Joo se retrouve confrontée à un choix qu’elle avait déjà dû faire par le passé, une occasion, peut-être, de prendre une décision différente : [spoiler] elle avait fait le choix que le pouce de son mari soit coupé plutôt que le sien, mais lorsqu’elle se voit demandé de choisir entre son pouce et celui de Young Goon, cette fois-ci elle préfère qu’on coupe le sien [/spoiler]. Ji Kwang a la conscience lourde et cherche à l’alléger : [spoiler] il a planté de fausses preuves chez le père de Young Goon, et donc participé à l’arrestation d’un innocent, une erreur qu’il entend rectifier. Quant à Young Goon, il a également témoigné contre son père et obtient donc une chance d’enquêter sur l’affaire, et innocenter son père, rétablir la vérité. [/spoiler]  

 

Et puis à côté de ça, il y a l’aspect « underdog ». C’est humain, je pense, de vouloir soutenir un underdog, et nos personnages font effectivement face à un ennemi immense et nébuleux qu’il est bien compliqué d’arrêter : ils peuvent faire tomber quelques têtes, mais comment vaincre « la corruption dans la police » ? D’autant qu’ils manquent de soutien, leur unité n’étant pas très appréciée. Ils travaillent littéralement au sous-sol dans une ancienne salle de sport, et même Young Goon, avant qu’il rejoigne l’équipe, n’en avait pas une très bonne image, parce qu’en tant que flic, les flics chargés d’enquête sur les flics sont perçus comme des ennemis, des suceurs de sang qui ne se mettent pas en danger et s’en prennent à « la famille ». La police protège la police, et c’est difficile de bosser dans ces conditions… mais Ô combien nécessaire !

 

Le fait que le titre du drama soir introduit par des plans à moitié floutés et que l’OST contienne une chanson intitulée Blurry me parait très approprié, puisque le principe du drama est qu’il est impossible d’y voir clair la moitié du temps. On ne peut faire confiance à personne, les gens sont hyper difficiles à cerner. Même Young Goon, au début, a des intentions qu’on ne discerne pas très bien, même si c’est rapidement dissipé. Mais sinon, c’est dur de se fier à qui que ce soit, même les « gentils » sont louches, ce qui créé un suspense sympathique et une tension presque constante. Et ce n’est pas comme dans 365 : repeat the year où on enchaine les twists au point que ça devienne un peu fatiguant et qu’on finisse par ne même plus essayer de percer les personnages à jour, je n’ai pas trouvé que le drama était si manipulateur que ça, c’est juste que tout le monde est ambigu et, donc, inquiétant. Ce qui est certain, au moins, c’est que personne n’est « pur », et les personnages sont tous au bord d’une pente savonneuse.

 

Même Young Goon, le seul personnage dont on sache exactement ce qui le motive et le personnage qu’il est le plus facile de soutenir, n’est pas « pur », vu qu’à l’instar d’Han Tae Joo il est mû en grande partie par un désir de vengeance, les deux personnages étant profondément marqués par leurs traumatismes respectifs.

 

Le long de ses épisodes, Watcher aborde plusieurs façons dont les expériences des personnages les ont affectés. Par exemple, on nous montre comment les flash-backs d’un traumatisme peuvent interférer dans des moments importants, comment un traumatisme joue sur la mémoire des gens et peut la rendre très peu fiable. Certains personnages se sont tournés vers de dangereuses addictions pour gérer leur traumatisme, certains ne supportent plus d’être touchés, d’autres se sont entièrement consacrés à un seul but pour ne pas sombrer, mais tous vivent encore dans leur passé douloureux. Young Goon, littéralement, vit encore dans l’appartement où son père a assassiné sa mère, et ce n’est pas juste que lui et Han Tae Joo n’arrivent pas à dépasser leur passé : ils ne veulent pas le dépasser. Ou bien est-ce qu’ils se sont convaincus qu’ils ne veulent pas le dépasser parce qu’ils n’y arrivent pas ?

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En tous cas, la plaie ne guérit pas, elle s’infecte, même, et bientôt Young Goon et Han Tae Joo vont avoir un choix à faire entre justice et vengeance. Un choix difficile, que d’autres avant eux ont eu à faire, et mettons qu’ils n’ont pas toujours fait le bon choix.

 

Et puis de toute façon, même être motivé par les bonnes choses n’est pas une garantie. Les antagonistes du drama parlent aussi de justice, et honnêtement, à une époque, je suis certaine qu’ils voulaient effectivement faire une différence positive dans le monde. Le souci c’est que quand on prend un mauvais chemin pour atteindre le bon objectif, on risque de s’égarer, puis s’égarer encore plus, jusqu’à ce que l’objectif initial soit complètement perdu de vue. On en a un excellent exemple tout le long du drama en la personne de Ji Kwang qui dit lui-même que pour faire ce qui est juste, il n’hésitera pas à se salir les mains, et c’est ainsi que dans l’épisode 5 on le voit étrangler à moitié un suspect, ou en menacer un autre plus tard. Ji Kwang fait partie, du moins pendant un temps (je vous l’ai dit : rien n’est clair dans ce drama) des personnages qu’on est censés soutenir, de notre équipe d’underdogs qui se battent contre la Grande Méchante Police, mais je crois qu’aucun personnage ne m’a autant foutu les boules que lui. [spoiler] L’épisode 13, où il interroge quelqu’un en lui filant du poison et le laissant agoniser par terre est terrible à regarder… c’est, à mes yeux, le moment le plus violent et le plus choquant du drama, et voir Ji Kwang regarder ce type se tordre à terre sans exprimer le moindre sentiment, c’était glaçant. [/spoiler] Au final, peu importe de savoir si Ji Kwang est du côté de Young Goon ou pas, parce que qu’il soit un traitre ou serve le même objectif, parce qu'il utilise les mêmes méthodes que la « Grande Méchante Police » de toute façon, donc il en fait partie.

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C’est pour ça que je n’ai aucun mal à croire qu’à une époque même les gens que combattent Young Goon et compagnie étaient pleins de bonnes intentions, parce que Ji Kwang est l’exemple parfait qu’une erreur en mène à une autre, que, rapidement, on dégringole, et bonne chance pour se rattraper après ça, surtout quand on n’a même pas conscience d’à quelle vitesse on chute. Vous verrez bien si Ji Kwang finit par se ressaisir ou pas, mais la façon dont on le regarde évoluer en attendant le ressaisissement ou le dernier basculement s’associe au fait que les antagonistes du drama ne sont pas présentés comme des monstres caricaturaux mais comme des êtres humains, vulnérables et avec des gens qu’ils aiment, une vie de famille même. Tout ça pour nous signifier une seule chose : les êtres humains sont faillibles et n’importe qui peut trébucher et se retrouver sur la même pente. Même Young Goon. Même la meilleure des personnes (alors la pire, vous imaginez !).

 

Et c’est d’autant plus inquiétant dans une institution comme la police, parce que, c’est ce que le drama illustre, les policiers ont plus de pouvoir qu’un citoyen lambda, ils ont plus de protection, ils sont plus difficiles à mener en justice, ils peuvent plus facilement effacer leurs traces, et ils se serrent les coudes, font preuve de solidarité dans l’injustice. C’est pour ça que c’est important qu’il y ait quelqu’un pour les surveiller, et le drama nous laisse sur une image de face à face, la même musique montante et inquiétante qui a accompagné tous ses moments tendus, et ces mots : « qui surveille ceux qui surveillent ? ».

 

 

… en conclusion

 

Watcher est un drama très trouble où on doute d’un peu tout le monde. Quand ce ne sont pas de leurs allégeances ou de leurs motivations qu’on doute, on remet en question leurs méthodes et on se demande jusqu’où ils sont prêts à aller. Personnellement j’ai trouvé ça intéressant, et j’ai beaucoup aimé les personnages ambigus, et impeccablement interprétés, de la série. Par ailleurs, le drama a beau être généralement sombre, il n’oublie pas d’offrir à son public des moments légers ainsi que de chaleur humaine. Je ne parlerais pas de coup de cœur pour ma part, parce que je n’ai simplement pas ressenti cet « élan du cœur » qui caractérise les coups de cœur, mais j’ai pris beaucoup de plaisir à le regarder, je l’ai trouvé très efficace, et j’en suis ressortie avec l’envie de voir ses acteurs dans des tas d’autres projets :)

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Tous les coups de coeur des dramavores vus pour ce projet :

 

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