[Cicatrices douloureuses] He’s Psychometric 사이코메트리 그녀석

Publié le 13 Novembre 2020

Bien qu’il devienne plus bancal dans sa dernière ligne droite, He’s Psychometric est un drama engageant aux personnages attachants sur l’impact des relations sociales sur nos vies.

 

 

Diffusé en 2019

Sur tvN

16 épisodes d’environ 1h

Réalisé par Kim Byung Soo

Ecrit par Yang Jin A

 

Avec :

Jin Young : Lee An

Shin Ye Eun : Yoon Jae In

Kim Kwon : Kang Sung Mo

Kim Da Som : Eun Ji Soo

Ro Jong Hyun : Lee Dae Bong

Go Yoon Jung : Kim So Hyun

Etc

 

 

Dontesque ?

Après avoir perdu ses parents dans un incendie tragique, le jeune Lee An a développé le pouvoir de voir des bribes de passé lorsqu’il touche une personne ou un objet. Recueilli par Kang Sung Mo, l’adolescent qui lui a sauvé la vie et a lui-même perdu sa mère dans l’incendie, Lee An voudrait utiliser ses pouvoirs pour résoudre des cas criminels. Sa vie va prendre un nouveau tournant lorsqu’il rencontre Yoon Jae In, sans savoir qu’elle est la fille de l’homme arrêté pour avoir mis le feu à l’immeuble où vivait Lee An.

 

 

Fiche Ecrans d’Asie : ici

Yunha et Whitaeh

 

 

oOo

Aujourd’hui, on s’intéresse au coup de cœur de non pas une mais deux personnes : Yunha et Whitaeh ! C’est aussi un drama que j’avais envie de voir à la base, parce que j’ai toujours un faible pour les séries avec un élément fantastique ou surnaturel (ici le pouvoir du héros) et puis aussi parce que j’avais déjà vu Kim Kwon dans Marry me now et qu’il m’y avait beaucoup plu, donc j’avais envie de le voir dans autre chose, même si j’avais entendu des avis mitigés sur ce drama. Les gens semblaient surtout dire qu’il était bien plus sombre et triste qu’ils s’y étaient attendus, et ça me faisait un peu peur. En le commençant, cela dit, je me suis dit « oh bah en fait, okay c’est un peu triste, mais ça va ! ils exagèrent les gens… » Lol. Naïve que j’étais. Mais bref : j’ai aimé le drama. Son dernier tiers n’est pas aussi solide et efficace qu’il aurait pu l’être, je trouve, mais dans l’ensemble c’est une série qui m’a plu, sur un thème qui m’a intéressée aussi, à savoir : les relations entre êtres humains. Pas vraiment des relations spécifiques mais plus les relations en général. Il est fait plusieurs fois référence au Petit Prince qui, lui-même, apprend ce qui relie les gens les uns aux autres et ce que cela signifie d’avoir un lien avec quelqu’un, et He’s Psychometric est centré autour de ce thème de l’humain en tant que créature sociale, de l’importance des liens entre les gens, de leur poids, et aussi des dégâts que peut faire l’absence de socialisation, ou de socialisation saine.

 

 

Introduction

 

Les relations, leurs bienfaits et leur coût

Isolement et relations toxiques

Victimes abandonnées et poids du passé

Ce qui a fait le drama, ce qui l'a (un peu) défait (pour moi)

 

Conclusion

 

 

 

 

… les relations, leurs bienfaits et leur coût

 

Le drama met en scène différents types de relations.

 

Comme c’est un Kdrama, forcément, on a droit à une romance (et elle est toute choupette), mais He’s Psychometric nous propose également plusieurs amitiés, durables et profondes, parfois compliquées mais sincères, et surtout le drama parle beaucoup de familles, avec une variété de dynamiques. D’un côté, il y a la famille du cœur, celle qu’on choisit, et le long du drama j’ai eu l’impression de voir de petites familles s’étendre et finalement se rejoindre, ce qui donne beaucoup de chaleur au drama. Il a plusieurs personnages secondaires attachants et voir les liens affectifs entre eux, ça faisait du bien au coeur. C’étaient les liens sur lesquels les personnages se reposent quand la vie devient trop dure, et ce qui faisait aussi que même quand le drama vire au sombre, nous aussi, on a quelque chose à quoi nous raccrocher. Et puis, à côté de cela, il y a les liens du sang, et dans les familles « de sang », le drama porte une attention particulière à la relation parent/enfant, avec semble-t-il, une vision bien plus positive de la maternité que de la paternité, pour le coup. Parmi les représentations de mères qu’on trouve dans le drama, on va avoir une mère célibataire qui essaie d’élever seule sa fille, une autre qui essaie de protéger son enfant de circonstances terribles, une qui élève l’enfant de son frère comme si c’était le sien, alors que du côté des pères, quand ils sont bons ils sont généralement absents (qu’ils soient morts ou en prison, pour Jae In et An), et les autres sont soit décevants (voir, par exemple, le père de So Hyun, l’amie de Jae In [spoiler] et celui de Ji Soo, bien entendu [/spoiler]), soit carrément violents (cf. par exemple le père de Dae Bong, le meilleur ami d’An [spoiler] et celui de Sung Mo, surtout [/spoiler]).

 

A travers tout ça, le drama illustre les différents impacts que différentes relations ont sur la vie de leurs personnages.

 

Tous ces personnages, à un moment donné, ont eu besoin de quelqu’un d’autre pour s’en sortir. Lee An en est certainement le meilleur exemple, puisque Sung Mo lui a littéralement sauvé la vie, au péril de la sienne, si bien que sans lui, An n’aurait jamais eu la chance de grandir. Et après cela, on voit bien la différence que fait d’avoir Sung Mo dans la vie d’An : quand son grand-frère n’est pas là, An part en vrille, et c’est être élevé par Sung Mo qui lui donne une raison de se ressaisir. A côté de cela, An note lui-même que son pouvoir marche mieux lorsqu’il a Jae In à ses côtés, et c’est elle qui va l’entraîner à mieux s’en servir. Au début du drama également, An n’aurait jamais pu prouver son innocence dans l’affaire « vol de questions d’examen » sans l’aide de Jae In, et sans le fait que tous les deux se complètent (il a son pouvoir qu’on pourrait rapprocher d’une forme d’instinct, et elle est bien plus réfléchie et méthodique que lui). Bref, que ce soit via Jae In ou Sung Mo (mais pas que), c’est grâce aux autres que Lee An surmonte les difficultés, développe son potentiel, et devient une meilleure version de lui-même.  C’est tout aussi vrai pour Jae In qui, si elle est très indépendante parce qu’elle a l’habitude d’être isolée, a, entre autres, reçu beaucoup d’aide de Sung Mo, sera inspirée par Ji Soo, et trouvera un grand soutien émotionnel en la personne de Lee An. Elle lui dit elle-même qu’elle est, en quelque sorte, comme un oisillon qui sort d’un œuf, et qu’elle a besoin de l’aide de Lee An pour l’aider à sortir de sa coquille. Même Sung Mo, qui laisse si peu de gens être vraiment proches de lui, est tiré vers le haut par les gens qu’il aime et qui l’aiment, en particulier Lee An.

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Bref, le drama ne cesse de nous montrer et nous dire que ses personnages sont élevés, guidés, soutenus, rachetés, motivés, etc, par les gens dans leur vie, et qu’ils ont besoin d’aimer et d’être aimés pour avancer. C’est pas une idée révolutionnaire, certes, mais c’est celle de base. Et une fois ceci posé, le drama peut passer au reste, à commencer par le simple « revers de la médaille ».

 

C’est-à-dire, déjà, que les relations ont un coût.

 

Elles sont compliquées, bien plus que ce que le livre d’Antoine de Saint Exupéry laisse entendre. Elles sont difficiles à maintenir et protéger, et même quand elles ne sont pas toxiques, elles peuvent avoir des conséquences néfastes sur les individus. Être connecté à quelqu’un signifie qu’on a un effet sur la vie de cette personne, et que cette personne a un effet sur la nôtre. Ca signifie aussi y être associé, et on voit les ravages que cela peut faire avec l’exemple de Jae In : lorsque son père est arrêté, elle est traitée comme coupable avec lui, alors qu’elle n’a clairement rien à voir avec le crime (potentiel) de son père. Elle est estimée « coupable par association », et en conséquence, son père essaie activement de rompre leur lien, parce qu’il pense que c’est le seul moyen de la protéger. Un autre exemple serait l’épisode où An se fait blesser par quelqu’un qui en voulait à Sung Mo : An n’a rien fait, mais il est une cible par association.

 

Et puis, bien entendu, certaines relations sont simplement toxiques en soi, et le drama s’attarde aussi beaucoup là-dessus : les conséquences des relations abusives et du manque de relations positives.

 

 

… isolement et relations toxiques

 

La cruauté de l’isolement est un des grands thèmes du drama, qui ne cesse de nous montrer le handicap que représente l’absence de « relations » pour les personnages qui en souffrent. Il y a des épreuves extérieures : par exemple, parce que Lee An est orphelin, il est aussitôt perçu comme « enfant à problème » par un de ses professeurs, qui a également un préjugé contre les enfants élevés par des parents seuls. Parce qu’il y a un « package » à avoir en matière de relations, et si une personne n’a pas tout le package, tout de suite, les gens se disent qu’il y a quelque chose qui ne va pas chez cette personne. Cela dit, ce n’est pas là-dessus que le drama appuie le plus, et il est plus intéressé par les effets internes de l’isolement, surtout quand elle est subie avant l’âge adulte, donc dans des années particulièrement formatrices.

 

Un premier problème est qu’il arrive (généralement) un moment où on attend des gens qu’ils s’insèrent dans la société, qu’ils cohabitent avec les autres, et que c’est difficile de faire ça quand on n’a jamais appris. On ne connait pas forcément les règles, on ne sait pas forcément lire les autres, on ne sait pas forcément comment créer des liens et interagir. Ce sont des choses qui s’apprennent aussi, et s’attendre à ce que des personnes n’ayant jamais appris sachent faire, ce serait comme attendre d’un animal ayant passé sa vie entière en cage qu’il sache parfaitement survivre tout seul une fois lâché dans la nature. Même demander de l’aide est compliqué, parce que ça aussi, c’est quelque chose qui s’apprend, et pour une personne ayant pris l’habitude de ne compter que sur elle-même (voire, pire, ayant été déçue chaque fois qu’elle a essayé de demander de l’aide) se reposer sur les autres ne vient pas naturellement, même quand les autres sont très prêts à offrir leur soutien.

 

Un autre problème proposé par le drama est que le manque peut mener à des dérives quand les personnes qui en souffrent essaient de le combler. C’est une chose qu’on voit particulièrement chez un personnage qui fait une fixation sur une personne et n’en démord pas, sombrant dans une obsession destructive. [spoiler] Je pense bien sûr au père de Sung Mo, qui l’a gardé enfermé, lui et sa mère, pendant toutes ces années. Sa fixation sur la mère de Sung Mo est née du fait qu’il n’avait jamais ressenti de connexion à qui que ce soit, jusqu’à elle, qui lui a même donné son nom. Pour revenir aux histoires d’œufs et d’éclosion de Jae In, en sortant de sa coquille à lui, le personnage s’est fixé sur la mère de Sung Mo, et ça a donné lieu à une obsession effrayante. Cette obsession est aussi, je pense, mise en contraste avec celle de Dae Bong (le meilleur ami de Lee An) sur So Hyun (la meilleure amie de Jae In). Dae Bong est raide dingue amoureux de So Hyun, et ça vire à l’obsession de façon inconfortable, si bien que pendant une partie de drama, j’avais envie de lui remonter les bretelles et lui dire qu’il était temps pour lui de laisser la madame tranquille, là. Et c’est ce qu’il finit par faire, soulignant ainsi la différence entre lui et le père de Sung Mo. Sauf qu’après ça le drama finit par lui offrir sa happy-end avec So Hyun ce qui, je trouve, affaiblit un peu le propos, mais d’un autre côté, je vais pas vous mentir, je shippais un peu quand même donc mon cœur est tiraillé ;; Pardon ;; [/spoiler]

 

Enfin, l’isolement(celle dont est victime Jae In, par exemple, chaque fois que ses camarades de classe découvrent qui est son père) est une forme de maltraitance, et le manque de relation aux autres peut entrainer un problème de relation à soi-même. En partant de l’idée qu’on se construit en partie par rapport aux autres, en les imitant, en les étudiant (par exemple, on apprend à parler en écoutant les autres), être privé des autres c’est être privé des outils pour se construire pleinement, et on en finit « incomplet ».

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[spoiler] L’alexithymie de Sung Mo est évidemment un des points centraux du drama (mais je ne peux pas en parler sans spoiler). Comme cette condition semble héréditaire dans le cas de Sung Mo, la série parait s’en servir pour poser la question éternelle « Les monstres naissent-ils monstrueux ou le deviennent-ils ? », et je pense qu’il répond à cette question, parce qu’à mes yeux ne pas arriver à identifier, ressentir ou exprimer les émotions n’a rien de monstrueux, et ce qui fait de quelqu’un un « monstre », ce sont des actions monstrueuses. Sung Mo est parfaitement capable de se comporter en grand-frère et en ami, de s’occuper des autres, et d’être une présence positive dans la vie des gens. Il n’a rien de monstrueux jusqu’à ce qu’il se mette à commettre des actes terribles. Par ailleurs, sa difficulté à ressentir et exprimer les émotions n’est pas non plus définitive et plus le drama avance, plus on le voit faire preuve de sentiments forts. Il est évident qu’il aime sincèrement son entourage, que ce soit sa mère, Lee An ou Ji Soo. S’il est capable de changer, même en acceptant qu’il soit un monstre, ça signifie que ce n’est pas une chose à laquelle il est condamné, et qu’il peut choisir de devenir autre chose. Donc, non, pour ce drama, les gens ne naissent pas monstrueux, ils sont « faits », et ce qui est fait peut être défait.

 

D’autre part, l’alexithymie de Sung Mo, si elle est présentée comme quelque chose de physique, représente surtout les effets de la maltraitance qu’il a subie dans son enfance. Et c’est vrai pour son père également, qui a grandi dans des conditions horribles, lui aussi. Les deux personnages portent encore sur leur peau les traces de leurs enfances maltraitées : au cou pour le père, à la cheville pour le fils. Littéralement, les cicatrices sont encore là, et l’alexithymie, mécanisme de défense, est une autre cicatrice, mais à l’âme plutôt qu’au corps. Ca a du sens qu’elle soit héréditaire, parce que la maltraitance l’est parfois aussi, les enfants reproduisant quelque fois les comportements de leurs parents.  Bien sûr : pas tous. C’est une chaine qui peut être brisée. C’est juste que c’est dur. Le père de Sung Mo n’y est pas parvenu, mais Sung Mo, lui, a encore une chance d’y arriver, de ne pas laisser son passé lui faire faire les pires décisions dans le présent et gâcher son avenir (cf. le tableau Allégorie du temps gouverné par la prudence que Sung Mo a dans sa chambre). [/spoiler]

 

 

… victimes abandonnées et poids du passé

 

Les gens avaient raison : le drama vire en effet sombre, et triste. Il ne m’a pas brisé le cœur (pour des raisons sur lesquelles je reviendrai un peu plus tard) mais il l’a clairement pas mal serré, parce que c’était triste de voir tous ces gens se débattre, et toutes ces victimes essayer de faire le boulot qu’auraient dû faire les autorités qui ont failli à leurs devoirs. Plusieurs des personnages du drama expriment un manque de confiance à l’égard de la police et du système judiciaire, et on ne peut pas leur en vouloir : l’enquête sur l’incendie ayant coûté la vie des parents de Sung Mo et Lee An a clairement été expédiée et sciemment mal faite, quelque chose qui revient lors d’une seconde affaire d’incendie. On a aussi un exemple d’un adulte qui essaie de balancer de l’acide au visage d’un personnage adolescent et qui s’en tire sans rien. Tu m’étonnes que les personnages n’ont pas une confiance folle en le système et ses acteurs. Les victimes n’obtiennent ni la justice ni l’aide auxquelles elles devraient avoir droit, et à la place sont abandonnées à elles-mêmes, blessures béantes. Et comme on nous le répète plusieurs fois dans le drama : quand une blessure n’est pas traitée, plus le temps passe plus elle s’infecte.

 

Le passé des personnages est comme une blessure infectée qui les fait souffrir quotidiennement, ou comme un bâtiment si grand qu’il semble faire de l’ombre aux personnages où qu’ils aillent (cf. Jae In qui se lamente de voir l’ancien immeuble où elle habitait de partout). A partir de là, ils ont un choix à faire, différentes options plus ou moins faciles, plus ou moins accessibles, plus ou moins destructives.

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Ils peuvent essayer de fuir, comme le fait Jae In au début du drama, sans beaucoup de succès (en général, fuir n’est pas présenté comme une option qui réussit à ceux qui essaient, de toute façon). Ils peuvent essayer de faire face à leur passé et essayer de le dépasser en travaillant sur eux-mêmes, ou essayer de l’enterrer. Certains sont bloqués dans le passé, certains le répètent, et d’autres essaient de se faire justice eux-mêmes. Ca créé de vraies tragédies, et des moments où le drama a fait mal à mon palpitant faible, c’est vrai. Tous les personnages, à leur façon, essaient simplement de gérer le passé.

 

Ce n’est pas pour rien, après tout, que Lee An a comme pouvoir la psychométrie : c’est un pouvoir orienté vers le passé, qui révèle celui des autres, des objets, et, bien sûr, leurs faces cachées aussi. Et c’est également un pouvoir très isolant, déjà parce que les gens, quand ils sont mis au courant de l’aptitude de Lee An, ont peur de lui, n’appréciant pas qu’on puisse voir ce qu’ils essaient de dissimuler. Il faut voir la façon dont il a l’air ébranlé lorsque Jae In lui dit qu’il n’est pas un monstre, et, à l’inverse, son expression blessée (mais résignée, parce qu’il a l’habitude) lorsqu’elle s’éloigne de lui, de peur qu’il puisse la « lire ». Ca m’a serré le cœur de le voir raconter à Jae In à quel point il aime la neige parce qu’il a le droit de la toucher sans crainte (il a d’ailleurs appelé son chien « neige blanche »). Et puis, à côté de ça, Lee An lui-même n’a pas envie d’être sans arrêt bombardé des secrets des gens, parce que c’est un coup à perdre foi en l’humanité, et parce que c’est aussi un trop plein d’informations, tout simplement. Bref, on retombe donc sur le thème de l’isolement1, cette fois à cause du passé : celui de Lee An l’a doté d’un pouvoir qui met une distance entre lui et les autres, Jae In porte la culpabilité de son père et est exclue par ceux qui la découvre, [spoiler] Sung Mo a son alexithymie qui fait qu’il a du mal à être proche des gens, sa mère doit vivre constamment cachée [/spoiler].

 

J’ai eu beaucoup de peine pour tous ces personnages.

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… ce qui a fait le drama, ce qui l’a (un peu) défait (pour moi)

 

Dans un drama sur les relations entre les gens, il est approprié que ce soient ces relations qui aient réellement fait le drama pour moi. Je me suis beaucoup investie dans les liens qui nous sont montrés le long du drama. Bien sûr, j’aimais aussi simplement les personnages chacun de leur côté, en particulier Lee An et Jae In. Lee An m’a plusieurs fois serré le cœur mais à la fois c’est quelqu’un d’enjoué et amusant, et il n’est pas toujours très mature mais il a bon cœur, et Jae In est quelqu’un d’emporté face à l’injustice, qui se bat pour ses convictions, et j’ai aimé son ambition et sa résolution. Mais c’est vraiment l’association des deux qui a fonctionné pour moi. A la fois, ils sont différents : Lee An est impulsif, pas toujours très réfléchi, et pas du genre « premier de classe », tandis que Jae In, plus réservée, est plus préparée et plus dans la déduction que l’instinct (après tout : lui ressent/voit les choses, là où elle doit les déduire d’après les preuves qu’elle a). Mais ils ont le même sens de la justice, et ils forment un bon duo, qui travaille bien ensemble. Par ailleurs, côté romance, ils sont adorables. J’aime le respect avec lequel Lee An l’approche, promettant simplement d’aider Jae In quand elle en aura besoin, sans essayer de s’immiscer de force dans sa vie, et faisant aussi attention à ne pas la toucher (on parle de contact physique simple, pas intime) jusqu’à ce qu’elle lui en ait donné l’autorisation. Le drama, à ma grande surprise, garde aussi cette relation relativement vide de drames. Il y a bien un moment plus sombre entre eux, mais alors que le drama aurait pu l’étirer, il dure au contraire peu de temps, en accord avec qui sont les personnages. Je pense que comme la série vire au triste à un moment donné, elle a dû se dire (enfin la scénariste) qu’il ne fallait pas trop forcer le trait sur tous les plans, et garder au moins le couple principal (et les bonnes relations dans leurs vies) comme espace où les spectateurs puissent respirer un peu. Et à mon sens, c’était la bonne décision.

 

J’ai aussi beaucoup aimé la relation entre Lee An et Sung Mo. Lee An est un livre ouvert et Sung Mo un livre tellement fermé qu’il est la seule personne que Lee An n’arrive pas à lire, mais l’affection est évidente, et j’ai été très touchée par la façon dont leur relation évoluait. J’aimais beaucoup leurs interactions, non seulement entre eux deux mais également avec Ji Soo qui fait partie de leur petite famille aussi, finalement. [spoiler] Et j’ai tellement tellement prié pour que Sung Mo ne soit pas coupable des meurtres qu’il a commis… :( Je voulais protéger cette petite famille, je voulais que Sung Mo ne déçoive pas Lee An, et lorsque dans l’épisode 15 Lee An finit par s’effondrer, le cœur stoppé par la violence de ce qu’il a vu du passé de Sung Mo, c’était comme si Sung Mo lui avait littéralement brisé le cœur, et le mien était serré aussi (même si pas brisé, pour une raison que je vais expliquer dans très peu de temps) [/spoiler]

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Je leur souhaitais vraiment tout le meilleur du plus profond de mon petit cœur. Et j’ai également aimé les amitiés des personnages avec les personnages secondaires, et puis la relation entre Jae In et sa tante, BREF les relations entre les personnages me plaisaient, c’est là qu’était le cœur de la série et c’était là que naissait réellement l’émotion à mes yeux… du coup, c’est quand le drama a commencé à séparer les personnages qu’il y a eu un couac pour moi.

 

Dans le dernier tiers de la série, certains personnages sont isolés des autres [spoiler] (okay, en vrai je parle juste de Sung Mo qu’on ne voit plus interagir avec les protagonistes pendant plusieurs épisodes, mais je ne peux pas spoiler) [/spoiler] et ça a été un vrai souci pour moi parce que non seulement on est privés d’interactions que j’appréciais, mais surtout ces relations sont le focus de la dernière partie du drama, et qu’on nous en parle sans nous montrer de véritables interactions entre les personnages impliqués, pour moi, ça a freiné l’émotion. Les confrontations entre les personnages étaient les moments les plus intenses, et le drama se prive des confrontations qui auraient été les plus prenantes à mes yeux. Bien sûr, on finit par les avoir quand même, et certaines m’ont prise à la gorge, mais je ne peux m’empêcher de penser que trop séparer les personnages n’était pas la bonne chose à faire, et la fin, lorsqu’il faut caser tous les dénouements émotionnels, m’a semblé précipitée. Certaines conclusions à certaines relations auraient mérité plus de temps d’écran, des scènes plus longues, et si je n’ai clairement pas été insensible, je pense simplement que j’aurais pu être bien plus dévastée que cela.

 

Bon, puis aussi, les « larme unique » de tout le monde me faisait rire, j’avoue. Dans les derniers épisodes, il y a un festival de « plan sur le visage du personnage et une larme roule sur sa joue » et ça devient tellement récurrent que ça me faisait rire, parce que je suis cruelle comme ça.

 

Cela dit, ce n’est pas juste émotionnellement que la fin m’a paru précipitée, et dans les derniers épisodes les pouvoirs de Lee An se mettent à fonctionner de manière très inconsistante, parce qu’il faut arriver à la conclusion. On pourra m’avancer qu’il a juste vraiment développé ses pouvoirs à ce stade, mais même comme ça, tout parait trop facile, et je ne peux m’empêcher de me dire que ça aurait été plus satisfaisant que le drama prenne son temps et le fasse venir à ses conclusions en côtoyant les personnes dont il découvre le passé plutôt qu’en touchant plein de trucs qui lui apprennent des choses qu’il ne devrait pas être capable de voir.

 

Mais surtout le drama ne répond jamais à la vraie grande question que j’avais, à savoir : mais qu’est-il arrivé à l’oiseau de Sung Mo ? ;A; Sung Mo a un oiseau de compagnie (qui bouge si peu qu’au début je croyais que c’était juste un élément décoratif, haha) mais a l’air de ne jamais s’en occuper, et à la fin on sait ce qu’il advient du chien de Lee An, mais l’oiseau de Sung Mo semble avoir été complètement oublié, et JE VEUX SAVOIR BORDAYL. #JusticeForTheBird

 

 

… en conclusion

 

Plus sérieusement, je pense que la dernière ligne droite du drama aurait pu être meilleure, et plus efficace, mais dans l’ensemble, j’ai beaucoup apprécié le drama, et ce n’est comme si mes yeux étaient restés secs non plus. J’ai juste le sentiment que la série avait le potentiel de me remuer plus que cela. Néanmoins, je me suis prise d’affection pour ses personnages, d’intérêt pour ses thèmes, et je me suis investie dans les relations à l’écran. J’ai souri, j’ai retenu mon souffle, pleuré un peu, c’était cool :)

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1 Cela dit, je voulais juste relever un truc étrange : au tout début, dans l’épisode 1, lorsque Lee An arrive à l’école, on voit que tout le monde se presser aux fenêtres et semble célébrer son arrivée comme s’il était les quatre membres du F4 combiné. Ca n’a pas l’air d’être quelque chose d’imaginaire, mais après ça, ce n’est plus jamais mentionné ni montré, il n’a pas l’air spécialement populaire… du coup je ne comprends pas bien ce qu’il s’est passé. Si quelqu’un qui a vu le drama sait, plize expliquer moi :: => reprendre la lecture

 

 

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