[Eye of the beholder] A boy who wished to be Okuda Tamio and a girl who drove all men crazy 奥田民生になりたいボーイと出会う男すべて狂わせるガール

Publié le 15 Janvier 2021

En épousant le point de vue de son personnage masculin central, le film propose quelque chose d'intéressant mais a peiné à me toucher. Pour autant, il est resté agréable à regarder, notamment grâce à son esthétique et un casting plein de gens que j'apprécie.

 

 

 

Sorti en 2017

Dure 1h40

Réalisé et écrit par One Hitoshi

 

Avec :

Tsumabuki Satoshi : Koroki Yuji

Mizuhara Kiko : Amami Akari

Arai Hirofumi : Yoshizumi

Matsuo Suzuki : Kinoshita

Ando Sakura : Mikami Yu

Lily Franky : Koda Shu

Amami Yuki : Eto Mikiko

Eguchi Noriko : Makino

Etc

 

 

Dontesque ?

Un jeune homme qui rêve de devenir comme son idole, le chanteur Okuda Tamio, commence à travailler pour un magazine en tant qu’éditeur et, ce faisant, fait la rencontre d’une jeune femme travaillant dans la presse de mode. Il tombe immédiatement sous son charme et pense n’avoir aucune chance mais, étonnamment, les deux jeunes gens entament une relation. Malheureusement, la relation n’est pas si facile à gérer.

 

 

oOo

Au titre et au poster, je vais pas vous mentir, je pensais que ce film serait une romcom bien légère et heureuse, et c’est pour ça que je me suis orientée vers ce film au moment où je l’ai fait (oui, j’ai abandonné toute idée de chronologie dans le projet Buki, on dirait). Et ça en avait l’esthétique mais ce n’était pas exactement cela pour autant. En revanche je voulais également voir le film parce que j’aime beaucoup Mizuhara Kiko, en plus de Tsumabuki Satoshi, et là, pour le coup, pas de déception, ils sont très bien tous les deux, même s’ils jouent des personnages pas forcément attachants. Mettons que ça va dépendre du spectateur. Comme toujours, me direz-vous (et vous auriez raison), mais certains personnages de films sont clairement créés pour être aimés du public, alors que dans ce film-là, c’est moins clair.

 

Parlons-en !

 

En commençant par cette « femme qui rend fous tous les hommes ». Qu’est-ce qui pourrait ne pas la rendre attachante ? Eh bien, pour commencer, elle est superbe, oui, mais ses expressions sont trop exagérées, elle parait trop fausse, on a du mal à la croire sincère la plupart du temps. D’ailleurs, elle est infidèle. Et puis même si elle se met parfois en colère pour de bonnes raisons, elle est parfois bien moins raisonnable, et ses changements d’humeur donnent le tournis. C’est le genre à effectivement rendre dingue la personne avec qui elle sort, et aucun des hommes qui tombent entre ses griffes n’y échappe. Mais… est-ce que le problème c’est vraiment elle (Akari) ? Le titre nous dit qu’elle rend les hommes fous, mais se pourrait-il que le souci ne vienne pas d’elle, mais d’eux ?  Non parce que, certes, elle a souvent l’air fausse, mais ça ne veut pas dire pour autant qu’elle ment. Par exemple, lors d’une conversation, elle confie à Koroki que son petit-ami est abusif, et, oui, elle exagère à mort ses expressions mignonnes, et elle surjoue le côté poupée innocente en faisant de grands yeux de biche à Koroki, mais les ex/petits-amis d’Akari sont abusifs. Ils la stalkent, ils lui font du chantage au suicide, ce genre de choses, et même en admettant qu’elle ne soit pas une petite-amie parfaite, elle n’est pas responsable des abus des hommes avec lesquels elle sort (et qui finissent par aller assez loin… [spoiler] d’ailleurs, à la fin lorsqu’elle disparait complètement de la circulation jusqu’à effacer son nom, oui, ça donne à son existence quelque chose de flottant et mystérieux qui s’accorde avec l’histoire et le caractère insaisissable d’Akari, mais ça pourrait aussi être interprété comme une victime d’abus qui fuit et essaie d’effacer ses traces pour ne pas être retrouvée, ce qu’on ne saurait lui reprocher vu qu’un de ses ex en a quand même attaqué un autre au couteau avant d’essayer de la tuer elle [/spoiler]). Donc il y a bien un problème avec les hommes avec lesquels elle sort. Et, finalement, Akari est-elle même si fausse que cela ? Ou serait-ce plutôt que l’image qu’on nous montre d’elle est faussée ?

 

Eh oui : si Akari n’est pas très attachante telle qu’elle nous est montrée, c’est difficile de trancher sur elle en tant qu’ « être humain » parce qu’elle n’est jamais une vraie personne, et j’en viens donc à la question du point de vue qu’épouse le film. C’est-à-dire celui de Koroki.

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C’est évident :

 

toutes les scènes fantasmées et les métaphores visuelles visent à exprimer ses sentiments à lui. On a la séquence d’animation au début où il nous explique son rêve d’enfance, la scène de générique de fin qui exprime visuellement son combat pour garder la tête hors de l’eau et avancer dans la vie, et puis, bien sûr, les scènes où il imagine Akari en train de le tromper, par exemple. Chaque fois que le drama part dans la fantaisie et les métaphores, c’est pour exprimer ce qu’il a dans la tête ou le cœur.

 

•  Il n’y a quasiment aucune scène sans Koroki. Il n’y en a que deux dont on peut estimer que les évènements ont échappé à sa perception (à elles deux, elles doivent faire à tout casser 1 minute 30), et encore, on pourrait argumenter qu’une de ces scènes est une construction de son esprit. Sinon, s’il n’est pas dans une scène c’est qu’elle illustre quelque chose qu’on lui raconte, donc il n’est peut-être pas dans la scène elle-même mais elle reste une histoire qui lui est destinée, et donc qu'il visualise.

 

• Le plus évident : tout le long du film on entend les pensées de Koroki (parfois sans que ce soit nécessaire, du reste, à mes yeux), et il est littéralement notre narrateur.

 

J’espère vous avoir convaincu : le film emprunte le point de vue de Koroki.

 

Or il y a une scène où lui et Akari font leurs courses, ils ont une petite embrouille, et Akari demande à Koroki « c’est quoi, ma personnalité ? ». Sa réponse : « tu es ma petite-amie ». De façon compréhensible, Akari est assez contrariée, mais pour revenir au sujet : lorsqu’on lui demande de décrire la personnalité d’Akari, Koroki répond simplement par la fonction qu’elle remplit dans sa vie. Comme l’histoire nous est présentée selon son point de vue à lui, ça vous donne une bonne idée d’à quel point on va apprendre à réellement connaître Akari le long du film. A savoir : quasiment pas. Comme je le disais, il n’y a que deux scènes qui échappent à la perception de Koroki, et les deux contiennent Akari mais aucune ne donne un grand aperçu de qui elle est, et la seconde est la réplique tellement parfaite d’une histoire que Koroki a entendue plus tôt qu’on pourrait avancer que cette scène n’est qu’un fantasme du personnage qui, après tout, sort tout juste d’une scène d’hallucination.

 

Bref, on voit le personnage d’Akari à 99,9% du point de vue de Koroki, donc on a du mal à discerner qui elle est exactement, et le film passe plus de temps à rendre à quel point elle est désirable. Elle est entourée d’une aura blanche quand elle sourit, pour qu’on sente bien les paillettes qu’elle fout dans les yeux de Koroki, et parce qu’on parle quand même du type qui a essayé de prendre ses fesses en photo en cachette, forcément, elle est aussi sexualisée et chosifiée à mort par le film. Le personnage la voit comme un objet de désir, pas tellement une personne qu’il apprend à connaître réellement, donc le film fait pareil.

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Dans le film, elle existe à travers ses yeux et pour lui, en tant qu’élément ayant (grandement) participé à son évolution.

 

Le personnage de Koroki a, à la base, deux soucis principaux : il a du mal à s’affirmer, et il a du mal à communiquer avec les gens. S’affranchir du regard des gens (comme son héros Okuda Tamio), avoir confiance en lui, c’est ce dont il rêve, et il a aussi besoin d’apprendre à mieux gérer ses relations, surtout qu’il bosse dans un milieu où elles sont cruciales. Ce sont sur ces manques-là que le film décide de travailler, et Akari sert à la fois d’épreuve du feu, de motivation, de boost d’égo, et même de modèle à Koroki.

 

En revanche, il ne semble pas réellement tirer de leçon de la façon dont le regard qu’il porte sur Akari joue sur leur relation. [spoiler] Oh, le film (même si c’est dur de se fier à ce qui nous est montré) ne présente pas Akari comme une oie blanche, mais il est clair que la relation de Koroki avec elle a en partie capoté à cause de la façon dont il l’envisageait, et donc la traitait. Et apparemment, son regard n’a pas changé à la fin du film.

 

Notez que tout cela n’est pas une critique négative à l’encontre du film. La scène où Koroki fait face à son lui passé est sujette à l’interprétation, ce n’est pas clair s’il rit ou pleure, ou les deux, et pourquoi exactement. Même si (selon sa propre analyse), le personnage n’est pas devenu comme son idole Okuda Tamio, il a réussi professionnellement grâce à ce qu’il a appris d’Akari, mais moi, quand je le vois pleurer face à son lui passé, je vois quelqu’un qui a tiré les mauvaises leçons de l’histoire qu’il nous a racontée, et qui n’est pas heureux. Quelqu’un qui (si on décide que la dernière scène où il voit Akari est quelque chose qu’il imagine) est toujours hanté par un fantôme dont il n’a pas réussi à se débarrasser. C’est une fin triste, telle que je la vois. [/spoiler] Et selon cette interprétation, le regard de Koroki sur Akari serait emprunté, oui, mais aussi critiqué à son insu. Le personnage ne réaliserait pas ce qu’il nous raconte vraiment, et ce serait ça, son défaut et ce qui l’empêche d’être heureux. Pour moi, ça va avec la scène qui joue pendant le générique de fin (et ça ne spoile pas le déroulement des évènements): on voit Koroki dans l’eau qui essaie d’avancer malgré le courant et les vagues, sauf qu’il ne nage pas vers la terre ferme mais, a priori, vers le large. Bref on a l’image d’un personnage qui lutte très sincèrement pour progresser, mais pas dans la bonne direction. Je trouve cela intéressant, personnellement ! Mais bien sûr, ça tient à l’interprétation personnelle, donc vous aurez peut-être une vision complètement différente des choses.

 

Maintenant, le fait que j’aie trouvé l’idée du film intéressante signifie-t-elle que j’ai aimé le film ?

 

Je ne sais pas trop ? Enfin, clairement, je n’ai pas détesté : le film est joli à regarder (One Hitoshi oblige), j’ai aimé les couleurs et les choix visuels (par exemple les paroles de chanson qui s’affichent à l’écran lors de la scène où Akari et Koroki finissent par coucher ensemble), j’ai apprécié les chansons d’Okuda Tamio qui accompagnaient (forcément !) le film, et j’ai trouvé que les acteurs étaient tous bons, même s’il y a une scène où j’ai trouvé que Buki en faisait peut-être un peu trop sur les larmes au point de faire sembler le personnage plus pathétique que nécessaire. Mais bon, je suppose que c’était voulu, et ce n’est pas grand-chose. Sinon il y a des tentatives d’humour qui n’ont pas spécialement marché pour moi, mais d’autres qui m’ont fait rire, et j’ai trouvé que le film (qui est plutôt court) ne trainait pas, si bien que je ne m’y suis jamais ennuyée. Par ailleurs, certes, Akari est chosifiée à mort, mais le film cherche à mettre sa beauté en valeur autant que possible, et il se trouve que je suis très sensible à cette beauté, donc certes, j’y suis sensible aussi dans ses autres œuvres, mais je vais pas vous mentir, regarder sourire Mizuhara Kiko dans un halo de lumière en slow-motion ça me parlait pas mal.

 

Et pourtant le film ne m’a pas passionnée ? Il se regarde facilement, et je ne peux pas dire qu’il soit creux, il raconte même un truc qui m’intéressait, et malgré tout… malgré tout, j’avais un sentiment de surface. Je n’arrivais pas à me connecter émotionnellement au film. Il m’intéressait, il ne m’a juste pas émue. Enfin, néanmoins, je suis contente de l’avoir regardé, et j’en suis ressortie avec l'envie d’écouter Okuda Tamio, donc :D

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