[Ce qu'on perd, ce qui reste] Guu Guu datte neko de aru グーグーだって猫である

Publié le 29 Janvier 2021

Tout en abordant des sujets sérieux et tristes, ce drama réconfortant et chaleureux fait un portrait engageant de son personnage principal et donne le sourire autant qu'il met les larmes aux yeux.

 

 

Diffusé en 2014

Sur WOWOW

4 épisodes d’environ 50 minutes

 

Réalisé par Inudo Isshin

Ecrit par Takada Ryo

D’après le manga autobiographique de Kojima Asako

 

 

Avec :

Miyazawa Rie : Kojima Asako

Kuroki Haru : Minami

Nagatsuka Keishi : Omori

Etc

 

 

Dontesque ?

A la mort de son chat, une mangaka profondément affectée n’arrive plus à dessiner et n’a plus goût à rien, mais son monde s’éclaire à nouveau lorsque son regard croise celui d’un chaton emmitouflé dans le manteau d’un homme sans-abris assis sur un banc public.

 

Katzina

 

 

Premier article sur un drama Coup de cœur des dramavores 2020, et il s’agit d’un des coups de cœur de Katzina. Parce qu’il y a deux saisons, que la première comprend 4 épisodes et la seconde 5 (ce qui fait peu au total), et parce que Katzina avait posté un poster de la saison 2 dans sa réponse au Calendrier de l’Avent, je comptais regarder les deux saisons et parler des deux en même temps, faisant ainsi une entorse à ma règle qui est généralement de procéder saison par saison, mais j’ai changé d’avis à la fin de la saison 1, parce qu’il s’avère que cette saison 1 (sortie deux ans avant la seconde) forme un tout très complet qui mérite qu’on en parle. Donc on ne va causer que de la saison 1 (je verrai sans doute la seconde un jour !) et j’espère que Katzina me pardonnera, d’autant que je m’apprête à dire beaucoup de bien de cette série.



A la base, j’avais mes inquiétudes quand j’ai tiré au sort le titre de ce drama. Les histoires d’animaux de compagnie contiennent souvent une mort d’animal (ici on commence carrément par ça, puisque le chat Guu Guu1 est adopté par l’héroïne après la mort de son chat Ça va) qui me fait mal au cœur, et je craignais aussi de moins accrocher à la série parce que je n’ai jamais eu d’animal de compagnie moi-même, donc le lien entre humain et animal est quelque chose que je ne connais pas. Cela dit, cette seconde crainte était une crainte à la con dont je ne sais pas d’où elle sortait parce que, certes, je ne ressens probablement pas les choses autant que quelqu’un ayant/ayant eu un animal de compagnie mais j’accroche quasiment toujours à ces histoires et finis généralement en larmes, donc bon… En plus, d’accord, je ne sais peut-être pas ce que c’est de vivre avec un animal de compagnie, mais il y a quelque chose dans la vie de l’héroïne que je comprends très bien et c’est l’isolement. Et la solitude.

 

 

Solitude et compagnons

 

Commençons par dire ceci: le personnage principal de ce drama, Kojima Asako (interprétée par Miyazawa Rie) n’est pas vraiment seule. Elle travaille avec plusieurs assistantes, dont une (Minami, interprétée par Kuroki Haru ♥) avec laquelle elle s’entend particulièrement bien et avec qui elle a des discussions très agréables. Elle a aussi son éditeur, Omori (interprété par Nagatsuka Keishi), qui est une source énorme de soutien pour elle. Lorsqu’elle sombre dans la déprime, il est là pour lui rappeler de manger, lui parler, la faire sortir, le tout sans jamais la presser question travail. Ils sont visiblement très amis. Et Asako n’est pas socialement inepte, on la voit avoir des discussions avec des gens extérieurs, notamment des personnes qu’elle a abordées dans la rue. Elle est capable de s’entendre avec les autres, d’avoir des discussions plaisantes et honnêtes avec.

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Mais elle donne souvent un sentiment de retrait. C’est encore plus prononcé dans les flash-backs où on la voit manger seule loin de ses camarades de classe, ou dans le saut dans le futur où elle se retrouve dans une pièce pleine de monde et ne semble pas à sa place. Mais même avant ce saut dans le futur, on voit qu’elle n’écoute pas toujours Omori, elle se perd souvent dans ses pensées, et elle a beau travailler avec ses assistantes, elle a sa propre salle de travail où elle passe une bonne partie de son temps face à ses dessins, ou son miroir (dans lequel elle s’observe pour dessiner les bonnes expressions à ses personnages). Surtout, lorsque la journée de travail s’achève, la maison se vide et elle n’a personne d’humain à retrouver. Son monde est plutôt petit (Omori est très surpris, dans l’épisode 2, d’apprendre qu’elle a fait un long trajet en train) et son foyer est compris d’une seule personne. Humaine, en tous cas.

 

Parce qu’il y a son chat, bien entendu. Quelqu’un à qui dire « je suis rentrée » lorsqu’elle rentre chez elle, quelqu’un à qui parler quand elle en a besoin.

 

Ce sont les sentiments que je comprends. Le fait d’être capable d’aller vers les autres, d’avoir des relations satisfaisantes avec, mais aussi le besoin de s’isoler, de se replier sur soi-même, et à la fois l’envie d’avoir une présence à la maison pour ne pas qu’elle soit vide.

 

Peut-être, aussi, le besoin de se sentir utile, désirée, attendue, le besoin de s’occuper de quelqu’un.

 

Asako ne semble pas intéressée par la romance. Les seuls sentiments potentiellement romantiques qu’on la voit avoir sont dans le passé, pour une camarade de classe, et encore c’est sujet à interprétation (personnellement je pense qu’elle en était amoureuse, mais vous verrez peut-être les choses autrement), mais sinon ce n’est simplement pas quelque chose qui semble l’attirer ou lui manquer (dans le film adapté du même manga il y a apparemment un lead romantique, et je ne sais pas s’il était dans le manga ou s'il a été ajouté dans le film, mais en tous cas il n’est pas dans le drama). Elle ne semble pas non plus intéressée par la notion traditionnelle de famille. Mais ça ne veut pas dire pour autant qu’elle n’a pas envie d’avoir quelqu’un près d’elle, et qu’elle n’a pas envie de s’occuper de quelqu’un, et Guu Guu entre dans sa vie parce qu’elle s’inquiétait pour lui, de son bien-être, et voulait l’aider. De même, elle recueille plus tard Bee, un chat qu’elle a trouvé blessé. Et nourrit un autre chat affamé plus tard.

 

Il y avait à la fois plus et moins de chats que je m'y attendais dans ce drama.

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C’est-à-dire que dans ma tête le drama serait réellement centré sur Guu Guu, mais en fait il y a plusieurs autres chats. Et ils ont une place importante dans la série, parce qu’ils ont une place importante dans la vie d’Asako. Ils sont essentiels au drama car essentiels au fonctionnement d’Asako qui, lorsque Ça Va meurt au début du drama, sombre dans une profonde déprime, incapable de manger correctement ou de dessiner. La vie s’arrête pour elle et tout l’épisode 1 est consacré à comment elle finit par se remettre, après avoir dû déménager et, surtout, après avoir rencontré Guu Guu qui vient combler le trou laissé par Ça Va après sa mort. Pas que Ça Va soit jamais oublié, mais Guu Guu aide avec la solitude, lui donne une nouvelle personne à aimer, à retrouver à la maison, et dont s’occuper. Il devient une part importante de sa vie, elle en fait même le personnage principal de son manga, et donc bref, oui, les chats sont une part importante de la série car une part importante de son héroïne… mais malgré tout ils en sont une part, pas le tout, et pas le sujet principal, qui reste Asako. Après l’épisode 1, ils sont juste là et ne contribuent pas à l’intrigue.

 

Pas qu’il y ait vraiment d’intrigue, cela dit. Le drama, avant tout, est un portrait.

 

 

Portrait et fantômes

 

Le portrait qu’on nous peint d’Asako se fait via une multitude de petites interactions, parfois avec elle-même, parfois avec Guu Guu, parfois avec les gens qu’elle voit régulièrement, et puis parfois avec des gens qu’elle ne croise que temporairement. Il y a un casting régulier, mais aussi beaucoup de personnages qui n’interviennent qu’une fois. Si l’épisode 2, lorsque Asako prend le train et va se promener, est particulièrement riche en rencontres, chaque épisode apporte son lot de nouveaux personnages, et on a un aperçu de qui ils sont eux, mais ils nous permettent aussi de rajouter des nuances et couleurs au portrait d’Asako. Parfois parce que ces interactions révèlent des « faits bruts » (par exemple, on voit comment a été son parcours dans le dessin), et puis souvent parce que, tout simplement, on étoffe sa personnalité en voyant comment elle interagit avec les autres.

 

Le drama ne reste pas toujours dans le présent, ni même dans le tout à fait réel pour cela. Il y a des flash-backs, et des petites scènes magiques où le drama exprime visuellement des sentiments en se permettant une fantaisie que j’ai trouvée très attirante et qui faisait beaucoup pour l’ambiance générale de la série à laquelle j’ai beaucoup accroché. Je ne sais pas trop comment le dire, mais le drama semble à la fois toujours en mouvement et pourtant immobile. C’est-à-dire que le temps passe, on apprend de nouvelles choses, l’héroïne passe par de grands changements et à la fois le drama est paisible. C’est un peu comme regarder un arbre par une journée de vent calme. Les feuilles bougent, des oiseaux se posent sur les branches peut-être, et il y a des insectes sur le tronc, ça grouille de vie, et à la fois l’arbre est immobile. Il y a plein de petites choses excitantes à regarder, mais un sentiment de tranquillité aussi. Le tout est par ailleurs accompagné d’un OST paisible, comprenant notamment le morceau Parade qui est tout doux et joli. Regarder Asako dessiner, avec les bruits de la plume sur la page, était également particulièrement relaxant, et bref, c’est un drama où on se sent bien.

 

Je disais tout à l’heure que les chats étaient essentiels parce qu’ils font partie du portrait de l’héroïne, et je pense aussi qu’ils dictent l’ambiance.

 

Alors, prenez cela avec des pincettes, parce que je ne suis pas quelqu’un qui a fréquenté beaucoup de chats, surtout régulièrement, donc tout ce que je vais dire va se baser sur des clichés, mais on retrouve, dans l’ambiance de ce drama, la douceur de leurs poils, la chaleur de leur présence dans une maison qui n’en est plus vide, la tranquillité des siestes, l’errance de ceux qui vont se balader la journée, et on dit souvent que les chats ont quelque chose de secret et mystérieux, voire un peu magique, ce qui, pour moi, se retrouve dans les scènes les plus fantaisistes qui arrivent en fin d’épisodes, comme celle de danse de l’épisode 2 ou celle de l’épisode 1 où Guu Guu tombe du ciel et tous les personnages essaient de l’attraper comme on essaierait d’attraper le bonheur.

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Ces moments étaient mes favoris (de façon complètement prévisible), et j’ai eu un faible encore plus énorme pour toutes les scènes avec les divers « fantômes » que rencontre (ou ne rencontre pas) Asako, le drama mêlant léger fantastique à scènes du passé pour construire son portrait, vu que ce que nous sommes comprend nos sentiments présents et tout ce que nous avons vécu, ce qui nous a construit. Il y a donc beaucoup de « fantômes » dans ce drama, qui dialoguent avec le présent.

 

Je mets « fantômes » entre guillemets, cela dit, parce qu’on ne parle pas nécessairement de personnes mortes (et si vous faites partie des gens qui ont peur des fantômes dans les films d’horreur, je vous rassure, le drama n’a rien d’horrifique). Certains fantômes, oui, sont des visualisations de personnes chères disparues, mais d’autres ne sont simplement que des images du passé, comme, par exemple, la version plus jeune de l’héroïne. Dans ce drama, je qualifie de « fantômes » toutes les traces de souvenirs qui se manifestent sous forme d’apparition. Et bien sûr, parfois, ces traces ne sont pas des apparitions. Par exemple, le manga qu’écrit Asako sur Guu Guu, un jour, sera lui aussi une trace non seulement de Guu Guu mais également d’Asako lorsqu’ils ne seront plus de ce monde. Parfois, les traces ne sont pas quelque chose d’aussi tangible, elles peuvent être l’influence qu’on a sur la vie des autres. Notamment, dans ce drama, il y a, je trouve, un thème récurrent de femmes qui en inspirent et encouragent d’autres : Asako a reçu un encouragement d’une inconnue qui l’a poussée à continuer à dessiner, puis, à son tour, elle a servi de mentor à Minami, et sa nouvelle éditrice est visiblement une fan également. Les fantômes sont l’expression d'abord de deuils difficiles à faire puis du réconfort que ce et ceux qu’on aime ne nous quittent jamais vraiment, et le drama est également plein de l’idée qu’après notre mort, le monde sera encore empli de nous, d’une façon ou d’une autre.

 

Oui, au fait, le drama parle beaucoup de mort, de pertes, de deuils.

 

 

Mort et entrainement

 

C’est encore une façon dont les chats dictent un peu son ambiance au drama. Pas parce que les chats sont des agents de la mort (ou peut-être que si, je sais pas o_o) mais parce qu’ils ont une vie plus courte que la nôtre. C’est pour cela, je suppose, que beaucoup de films et séries qui parlent d’animaux de compagnie se terminent sur leur mort (et si vous voulez savoir si Guu Guu meurt dans le drama également : [spoiler] oui [/spoiler]), et avoir un animal de compagnie, j’imagine, c’est aussi avoir à l’esprit qu’il ne sera pas toujours là (les enfants en sont sans doute moins conscients et la mort d’un animal est probablement souvent la première dont ils font l’expérience).

 

Et si vous ne faites pas partie des gens qui, dès qu’ils voient un drama ou film s’articuler autour de la relation d’un (ou plusieurs) personnage à un animal, pensent déjà à la douleur que ce sera de perdre cet animal, le drama commence par une piqûre de rappel en s’ouvrant sur la mort de Ça Va, puis la déchirure et le vide qui viennent après cela. Du coup quand Guu Guu s’invite dans la vie d’Asako, tout petit et tout jeune, on a bien en tête qu’un jour, Guu Guu lui aussi partira, ce qui donne à toute la série un parfum de mélancolie tandis qu’on pense au deuil à venir. Mais aussi à notre propre mortalité. En particulier, dans l’épisode 4, des vieilles dames se comparent elles-mêmes à un chat vieillissant dont la santé décline et qui ne peut plus manger ce qu’il veut. Elles n’ont pas l’air si déprimées à l’idée, cela dit.

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L'idée est qu’on se réconcilie avec la mort avec le temps, je pense.

 

Une précision: je vais discuter de ce qui, à mon sens, se dégage du drama, et je vais prendre un ton de généralité, mais bien sûr, tout ce que je vais raconter (parce qu’à mes yeux c’est ce que raconte le drama, ce qu'il essaie de dire) ne s’applique certainement pas à toutes les circonstances. Je ne voudrais pas avoir l'air de prendre à la légère ce que certaines personnes peuvent vivre. 

 

Notre héroïne, Asako, est une mangaka.

 

Son art est une expression d’elle-même, et chaque aperçu qu’on a des dessins d'Asako à chaque étape de sa vie vient compléter le portrait que fait le drama d’elle et de son évolution. Ainsi, de façon non-linéaire, on reconstitue son parcours, de petite touche en petite touche, et on regarde son art évoluer, à la fois dans les sujets qu’elle choisit, son style, et puis sa maitrise. On la voit s’améliorer au fil du temps mais, surtout, de la pratique. Elle a continué à dessiner encore et encore, et c’est ce qui l’a menée là où elle se trouve. En dessinant, elle est devenue meilleure en dessin. Et je pense que le drama essaie d’exprimer qu’il n’y a pas qu’en dessin qu’on devient meilleur en pratiquant. Les relations et la socialisation, par exemple, sont également un art où l’entrainement joue et on voit qu’à la fin du drama Asako semble plus mal à l’aise avec les gens qu’elle ne l’était au début, parce qu’il semble qu’elle ait perdu l’habitude. Même avec Minami, elle semble un peu gênée.

 

Et le deuil, la mort, sont aussi des choses qu’on répète, d’après le drama, je pense.

 

Ca ne veut pas dire qu’elles deviennent des choses faciles (de même que dessiner des mangas reste du travail qui demande du temps et de l'énergie), et à la fin du drama Asako note toujours qu’elle ne comprend pas bien la mort, mais elle semble aussi plus sereine par rapport au début, et dans le drama je trouve cette idée que les pertes sont inévitables mais que plus on en vit, plus on devient « meilleurs à perdre ».  A vrai dire, je ne parle même pas que de morts. On peut perdre une amie simplement parce qu’on prend des directions différentes, on peut perdre aussi une option, [spoiler] comme Asako qui ne peut plus avoir d’enfants [/spoiler] . Il y a des tas de types de pertes, il y a des tas de deuils différents à faire, en attendant le moment où nous disparaitrons nous-mêmes. Certaines pertes sont plus faciles à encaisser, d’autres frappent de plein fouet, certaines sont difficiles à ne serait-ce qu’imaginer ou comprendre, mais je vois, dans cette série, la notion qu’avec le temps et la pratique on les encaisse mieux, on se réconcilie avec, on sait aussi que ce qu’on a perdu ne nous a pas entièrement quitté, et on arrive mieux à aller de l’avant (il y a, dans l’épisode 4, une scène de marche où l’héroïne va, justement de l’avant tandis que tout son passé se mêle à son présent, et la scène est magnifique).

 

Et si, dans la vie, comme pour Asako, ce sont les coups durs déjà encaissés qui nous entrainent aux prochains, les fictions sont également une forme d’entrainement. Pas que : si on vit une situation similaire, elles peuvent aussi être une façon d’évacuer des sentiments, et, si elles viennent avec un message d’espoir à la fin, d’obtenir une forme de rassurement (c’était ce qui s’était passé entre moi et Yume no California par exemple). Mais même quand on n’est pas dans une situation similaire au moment où on les regarde, même si on ne se trouvera peut-être jamais dans exactement la même situation, les histoires nous font vivre, par empathie pour leurs personnages, leur tristesse et leur déchirure, et émotionnellement c’est comme une répétition, un entrainement, avec à la fin, dans ce drama en particulier, l’assurance que ça va aller, qu’on ne va pas s'effondrer, qu'on va s’en sortir.

 

 

Conclusion

 

Vous vous en doutez, mes yeux ne sont pas restés super secs devant ce drama. Surtout pendant l’épisode 4, où lorsque l’héroïne se retrouve face à ses fantômes j’ai fondu en larmes. En plus, l’actrice principale m’a troué le cœur à force de douceur. Mais je n’aimerais pas que vous vous imaginiez que le drama est déprimant. Au contraire, il est plein de réconfort et de chaleur, et il m’a fait me sentir mieux. J’ai noté, d’ailleurs, que je n’y avais réellement accroché que dans l’épisode 2. J’avais déjà aimé l’épisode 1, mais j’avais lancé le drama parce que c’était celui que j’avais tiré au sort et le jour où j’ai regardé l’épisode 1, j’étais dans une journée radieuse et pleine d’énergie, sans doute plus d’humeur à regarder quelque chose de plus dynamique. Pour l’épisode 2, j’avais vécu une journée fatigante, pour les épisodes 3 et 4 des journées épuisantes, et j’ai remarqué que plus j’étais fatiguée et un peu triste, et plus j’appréciais ce drama pour le bien qu’il me faisait au cœur. Guu Guu datte neko de aru est le portrait d’un personnage central touchant et complexe, et aussi un pansement pour le cœur, et j’ai beaucoup beaucoup aimé le regarder.

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1Je sais que son nom est souvent romanisé en « Gou Gou » mais cette romanisation se prononcerait « go go », or dans le drama ils disent bien « gou gou » parce que Guu Guu vient de « Good Good » (good = bien/bon en anglais) donc j’utilise Guu Guu. => reprendre la lecture

 

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