[Poussin légendaire, roi de fer] Kim Soo Ro 김수로

Publié le 5 Mars 2021

Raisonnablement plaisant mais trop long, Kim Soo Ro avait de quoi me plaire mais n'a pas su exploiter correctement son potentiel et tombe malheureusement un peu à plat.

 

 

Diffusé en 2010

Sur MBC

32 épisodes d’environ 1h

Réalisé par Choi Jong Su & Jang Soo Bong

Ecrit par Kim Mi Suk

 

 

Avec :

Ji Sung : Kim Su Ro

Bae Chong Ok : Jung Kyeong Bi

Yoo Oh Sung: Shin Gwi Gan

Kang Byul: Ah Hyo

Seo Ji Hye: Heo Hwang Ok

Go Joo Won: Lee Jin Ah Si

Lee Pil Mo: Seok Tal Hae

Jang Dong Jik: Deuk Sun

Lee Won Jong: Yeom Sa Chi

Wang Bit Na: Ah Ro

Etc

 

 

Dontesque ?

Nourrisson ayant miraculeusement survécu à un tragique naufrage, Soo Ro est élevé par ses parents adoptifs sans savoir qu’il est promis à devenir le premier roi de Gaya.

 

 

La chaine des sageuks:

 

 

oOo

 

 

Introduction

 

Point de départ classique

Soo Ro

Antagonistes décevants et manque d'ampleur

Gâchis de personnages

 

Conclusion

 

 

J’étais enthousiasmée par ce drama à la base. Je savais que sa production (qui, comme c'était le cas pour quasi tous les dramas à l’époque, se faisait en direct: le drama n’avait pas été pré-produit) avait été perturbée par une grosse grève à la fin qui avait touché plusieurs chaines, rapport à des salaires non versés, mais cela n’avait, semble-t-il, pas porté préjudice à la série, et elle m’enthousiasmait parce que, c’est vrai, j’aime bien Ji Sung (l’acteur principal) mais aussi parce qu’à ma connaissance c’est le seul drama à se centrer sur la Confédération de Gaya, à la création de laquelle on assiste ici. Malheureusement, je dois admettre que le drama n’a pas été à la hauteur de mon enthousiasme, et pour tout vous dire (et comme pourra en témoigner Luthien qui a suivi mon désespoir en direct) j’ai eu beaucoup de mal à planifier cet article. Au final, ça risque de ne même pas se sentir (et tant mieux, du reste), et ce post ressemblera à tous les autres, mais j’ai vraiment galéré à l’écrire, et ce pour trois raisons :

 

(1) Quasiment tous les éléments du drama qui m’ont le plus plu sont des spoilers. Je pourrais en parler entre balises spoilers, bien sûr, mais c’est malgré tout frustrant, et puis de toute façon ce sont des petites choses qui m’ont plu sans être essentielles, donc je ne sais pas si ça vaudrait le coup de les lister.

 

(2) Je craignais de donner une fausse impression du drama. Il y a beaucoup de choses, dans Kim Soo Ro, qui sont meilleures sur le papier que dans l’exécution si bien que, des fois, quand j’en parle j’ai l’impression de les rendre bien plus intéressantes qu’elles ne le sont dans la série elle-même, et je ne veux pas faire ça, ça me donnerait l’impression de parler d’un drama qui n’existerait pas ailleurs que dans mon article.

 

(3) Et c’est la principale raison : j’ai trouvé la série avant tout fade. Si j’avais détesté, j’aurais des choses à dire. Si j’avais adoré, je galèrerais, mais j’aurais des sentiments à évacuer. Je n’ai pas passé un mauvais moment devant Kim Soo Ro (même si je me suis parfois ennuyée), j’en ai même beaucoup apprécié certains éléments, mais globalement je trouve que la série n’est pas remarquable et pas très inspirante, ce qui est la pire chose possible pour écrire dessus.

 

 Mais je me suis engagée, dans ce Projet Sageuks, à écrire sur tout ce que je regarderais, donc ça va être un article dédié à expliquer pourquoi Kim Soo Ro m’a paru plat dans les pires moments, plaisant dans les meilleurs, et globalement peu marquant.

 

 

… point de départ classique

 

L’action du drama se situe dans la première moitié du premier siècle après JC. Gaya, qui est une confédération de plusieurs clans politiques, aurait été créée en 42, avec Kim Soo Ro comme premier roi. Pour référence, Silla aurait été fondé en -57, Goguryeo en -37 (c’était le sujet de Jumong) et Baekje en -18, donc Gaya viendrait après tous ces royaumes, mais pas beaucoup après à l'échelle de l'Histoire. Si je vous raconte ça, ce n’est pas pour vous impressionner avec ma capacité à lire le titre des chapitres d’un livre d’histoire, mais plus pour dire qu’on est à une époque de créations de royaumes, et une période lointaine couverte en grande partie par des légendes, avec des rois fondateurs nés dans des œufs : Jumong pour Goguryeo (dont un fils, Onjo fonda ensuite Baekje), Park Hyeokkeose pour Silla, et, pour Gaya, on a donc Soo Ro, né dans un œuf, lui aussi. Bon, pas dans le drama, mais il y a bien un œuf sacré qui s’illumine quand il est pas loin, c’est juste que Soo Ro n’en est pas sorti.

 

En conséquence, c’est pas complètement étonnant que les dramas couvrant cette période aient des points communs. Par exemple : ils ont tous leur part de magie sans être présentés comme des dramas fantastiques. On est à une époque où légendes et histoire se confondent donc on retrouve artefacts magiques de la Destinée, prophéties, et prêtresses (ou shamans) qui lisent l’avenir. Par ailleurs, Jumong comme Kim Soo Ro racontent la création d’un nouveau pays et si ce n’est pas le cas de Kingdom of the Wind qui suit Muhyul, petit-fils de Jumong, le drama se déroule malgré tout dans un royaume jeune et en extension (on pourrait argumenter des choses similaires pour Ja Myung Go). Et à cause de ça, ça a du sens que ces dramas se déroulant dans des pays qui naissent et grandissent prennent la forme d’histoires de « coming of age » de leurs héros, qui sont tous des Elus avec une prophétie collée au cul, choisis par les Cieux qui, dans ces dramas, ont réellement une volonté et réagissent aux actions des personnages, cf. le tonnerre lorsque des personnages s’en prenaient à Jumong dans Jumong ou celui dans Kim Soo Ro quand des personnages essaient de forcer leur entrée dans un temple.

 

Bien sûr, les histoires d’Elus, y en a partout, et les histoires de « coming of age » également, surtout dans les dramas historiques et encore plus ceux centrés autour d’une figure historique réelle où l’idée est explicitement de suivre cette figure historique de son enfance à sa mort ou l’apogée de sa vie. J’explique juste pourquoi c’est particulièrement peu étonnant que Kim Soo Ro soit tel qu’il est. Et bien sûr, c’est aussi mieux si le personnage est un underdog à la base. Il est de sang royal mais il l’ignore, parce que c’est sûr que « Type sort d’un œuf, déclare qu’il est l’Elu, fonde royaume direct, règne une petite centaine d’années », c’est pas #relatable, et ça titille pas autant un instinct de soutien. Donc on nous fait le coup du bébé sauvé des eaux et élevé dans l’ignorance totale de ses origines, qui va ensuite grandir et devenir digne de sa destinée en affrontant tragédies et adversité.

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Kim Soo Ro a une structure classique donc, et commence de façon particulièrement peu originale. Il y a des choses qui m’interpellaient : des personnages dont je comprenais la frustration, par exemple, et puis j’aimais aussi beaucoup l’idée de la mère enceinte de Soo Ro cachée sur un bateau où se trouve également l’homme qui veut la tuer. Il y a de quoi faire monter une tension de ouf ! Mais le drama n’en fait pas grand-chose, et je dois admettre que dans les premiers épisodes j’avais l’impression de passer par des cases obligatoires et je soupirais un peu au drama qu’il pouvait accélérer, que je connaissais le topo. Vous me connaissez, je ne suis pas une adepte de l’originalité à tout prix, mais mon souci était que le drama ne se démarquait pas particulièrement, à mes yeux, par son exécution et puis, c’est vrai, que les ressorts scénaristiques à l’œuvre ne font tout simplement pas partie de mes favoris. C’est pas que je les déteste mais autant il y a des choses que je peux regarder cent fois sans m’en lasser, autant la voie qu’avait choisie Kim Soo Ro ne fait pas partie de celles qui m’accrochent sans efforts.

 

Donc : (1) Le squelette de Kim Soo Ro n’est pas très original (2) La chair et la peau ajoutées à ce squelette peinent à l’étoffer de façon intéressante (3) Le squelette choisi ne fait pas partie de mes types de squelettes favoris. Cette métaphore vaguement macabre est un début d’explication à pourquoi j’ai trouvé Kim Soo Ro peu remarquable.

 

Histoire de nous intéresser à présent à la chair, à la peau sur le squelette, je continuerai cet article en disant que Kim Soo Ro, notre personnage central, n’est simplement pas un personnage que j’ai trouvé passionnant.

 

 

… Soo Ro

 

Ne vous méprenez pas, je trouve que Soo Ro fait un protagoniste sympathique. Ji Sung est attachant (et très joli), et Soo Ro est quelqu’un qu’il est facile d’apprécier. Déjà enfant, c’est une personne avec des opinions progressistes, du talent et du courage, qui n’hésite pas à protéger les autres, cf. la façon dont il vole au secours d’une petite fille sur le point d’être injustement tuée pour suivre une tradition cruelle, se mettant lui-même dans une situation très dangereuse où il pourrait tout perdre, sa vie y compris. Déjà si jeune, il force l’admiration chez ceux qui auraient voulu agir mais n’en ont pas eu le courage, et il se rebelle contre des choses que, nous-mêmes, spectateurs, nous aimerions bien stopper.

 

Dans ses années adolescentes puis de jeune adulte, Soo Ro a beau manquer de direction dans la vie, il n’en reste pas moins héroïque, sauvant la vie de plusieurs personnes, dont les deux femmes qui tomberont amoureuses de lui, mais aussi celle de son rival en absolument tout (même si Soo Ro ne le voit pas comme un rival, mais l’inverse n’est pas vrai). Il a beau vivre de façon chaotique et qui déçoit sa mère, on voit déjà qu’il est un bon leader, quelqu’un attaché à la notion de justice, d’équité, et même à cette époque-là, il donne déjà des leçons aux autres sur comment être un bon roi, notamment en s’excusant quand on a fait une erreur et en prenant ses responsabilités.

 

Le type est honorable, juste, inclusif, s’oppose à l’esclavage et à la cruauté égoïste des puissants, bref, c’est quelqu’un de bien. Et niveau qualifications, il est doué à l’épée, charismatique, séduisant, et a un talent pour la forge. Les gens autour de lui, ceux du peuple qui ne sont pas aveuglés par une ambition que Soo Ro mettrait en péril, l’adorent, et c’est aisé de comprendre pourquoi. Son défaut principal est l'immaturité qui n’est, certes, pas extrême (surtout grâce à l’extraordinaire contraste que nous offre son rival) mais malgré tout le pousse parfois à agir sans commencer par réfléchir, et plusieurs fois il doit être stoppé dans son élan par une figure de mentor. Ses élans sont toujours compréhensibles, mais oui, il fait souvent preuve d'impulsivité et le long du drama on le voit apprendre que sa position et ses actions viennent avec des responsabilités qui ne sont pas à prendre à la légère.

 

La seconde chose qu’il doit apprendre c’est accepter sa destinée. Ce sont véritablement les deux points qu’il a à travailler. Et sa destinée, il a bien du mal à l’accepter, parce que lui ne se voit pas du tout roi alors que c’est en gros évident qu’il est parfait pour le job. Et je pense que c’est ce qui fait qu’il n’est pas passionnant honnêtement : je trouve que le personnage n’évolue pas beaucoup parce que, de base, il ne partait pas de bien loin de toute façon. Il faut juste qu’il apprenne à voir ce qu’on voit tous. C’est pas forcément inintéressant, notez bien, et je mentirais si je disais qu’à la fin du drama je n’avais pas eu le sentiment d’avoir fait du parcours avec lui, mais c’était plus parce qu’il s’était passé des choses que parce que, véritablement, j’avais été passionnée par le parcours intérieur du personnage. Dans l’épisode 28, il y a un moment où il exprime ses peurs : il craint de devenir roi parce qu’il a peur de se perdre lui-même, et au lieu de ressentir de la compassion pour lui, j’étais en mode « pff, mais tu racontes n’importe quoi ! Ca va forcément bien se passer, tu es le type de la situation depuis le début ». Comparez cela à ma réaction aux doutes de Mu Hyul dans Kingdom of the Winds : je n’avais pas vraiment apprécié le drama et avais fini par profondément me désintéresser du personnage mais lorsqu’il exprime sa détresse de devoir gérer le pays sans plus pouvoir se reposer sur son père, j’avais ressenti beaucoup d’empathie pour lui parce que le type vient de loin, a fait beaucoup d’erreurs, et je comprenais parfaitement sa peur de se retrouver soudain avec toutes cette responsabilité sur les épaules.

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Bien entendu, je comprends malgré tout les doutes de Soo Ro. Ce n’est pas parce qu’il est évident pour tout le monde qu’on est parfait pour un poste que c’est évident pour nous (#syndromedel'imposteurtoimêmetusais), et notre vision de nous-même est souvent déformée, de même que l’angoisse n’est pas toujours rationnelle et que, oui, on demande quand même à Soo Ro d’endosser un rôle écrasant. Ses sentiments sont naturels et compréhensibles, je voulais simplement illustrer le fait que, d’un point de vue extérieur, ses doutes semblaient irrationnels et qu’ils semblaient irrationnels parce que Soo Ro n’a pas eu tant de chemin intérieur à faire pour devenir digne de sa destinée, et c’est parce que Soo Ro n’a pas eu tant de chemin à faire qu’il m’a moins passionnée qu’il aurait pu.

 

Je réitère néanmoins qu’il évolue quand même un peu, il n’est pas statique et devient plus adulte au fil du drama, et aussi, encore une fois, que j’aimais bien le personnage ! La sympathie que j’avais pour lui faisait partie des trois plus grandes raisons qui me tenaient devant ce drama avec mon appréciation de Ji Sung et mon amour de Hwang Ok, un des personnages féminins principaux qui dévoile sa force tranquille au fil des épisodes. J’étais contente de suivre Soo Ro, de le voir devenir adulte et continuer à être quelqu’un de bien. Il était sympa. Juste pas marquant.

 

Aussi j’aimerais ajouter que le fait que Soo Ro soit quelqu’un d’admirable tout le long du drama ne le vouait pas à manquer d’impact. Parce que je pense que l’idée était de nous montrer que ce personnage subit tragédie après tragédie et pourrait si facilement se laisser entamer, ou corrompre par son entourage ou sa propre rancœur, mais qu’il arrive à garder le bon cap et à se tenir droit, ce qui le rend admirable. Un personnage n’existe pas dans le vide, il faut prendre en compte le genre de l’histoire, son ton, son but, et ce qu’il y a autour du personnage. Le souci ce n’est donc pas Soo Ro sans contexte, mais Soo Ro avec son contexte, parce que comme je l’écrivais, Soo Ro va devoir se rendre digne de sa destinée en affrontant tragédies et adversité… sauf que les tragédies et l’adversité manquent beaucoup d’impact, et d’ampleur.

 

 

antagonistes décevants et manque d'ampleur

 

J’ai trouvé que la plupart des obstacles rencontrés par Soo Ro étaient simplement trop rapidement surmontés. Tout semblait se régler très vite. Le meilleur exemple, c’est encore [spoiler] la mort d’Ah Hyo, c’est-à-dire le premier et grand amour de Soo Ro. Elle meurt dans la seconde moitié de l’épisode 25, et dans l’épisode 27 Soo Ro est tout heureux avec Hwang Ok, ça y est. J’étais plutôt contente, parce que j’étais très pro-Hwang Ok, et oui, elle et Soo Ro avait déjà développé une relation d’affection, respect et soutien avant cela, mais on voit à peine Soo Ro faire réellement le deuil d’Ah Hyo et sa guérison parait très subite [/spoiler]. Ce n’est pas que les difficultés et pertes subies par Soo Ro ne l’affectent pas, mais j’ai toujours eu le sentiment que tout était trop facile, trop rapidement résolu. Il y a des exceptions, bien sûr, mais il y avait beau avoir des moments très durs pour les personnages, je ressentais toujours un manque d’impact.

 

Mais plus que cela, ce sont les antagonistes qui m’ont laissée sur ma faim. Ils étaient tellement… « petits ».

 

A vrai dire, tout le drama faisait « petit ». La romance entre Ah Hyo et Soo Ro, par exemple, se voulait torturée et grande, mais je la trouvais simplement mignonne et je n’arrivais pas à ressentir les grands sentiments dans le jeu des acteurs, si bien que la partie « torturée » m’est passée au-dessus de la tête.

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Même le décor m’a semblé limité.

 

Gaya est une confédération de plusieurs petits états, que Soo Roo va fonder en se hissant au pouvoir de celui dans lequel il a grandi, c’est-à-dire Gooya. Il ne créé pas un royaume à partir de rien, il y a déjà une structure en place, donc il s’agit de prendre les rênes de cette structure puis la modifier et l’agrandir. Et Soo Ro est dans une position de choix pour cela (en même temps vu qu’il a été divinement choisi pour être l’Elu, forcément). Gooya, en effet, a deux leaders majeurs : un leader spirituel, et le maitre de la forge, le fer de Gooya étant sa force, ce qui lui permet de se défendre mais aussi de commercer avec d’autres nations. Par sa naissance, Soo Ro est l’Elu, reconnu par le leader spirituel, et parce qu’il a été adopté et élevé par le maitre de la forge, il a également appris le savoir-faire de celui-ci. Par naissance et par éducation, Soo Ro est tout indiqué pour mener Gooya. Bon mais je m’égare, là. Pour revenir à ce que je disais : Soo Ro ne créé par quelque chose de toutes pièces, il se hisse au sommet de quelque chose qui existe déjà (pour ensuite modifier cette chose). Et c’est ce « quelque chose » qui manque pas mal d’ampleur à mes yeux aussi. C’est-à-dire qu’on voit quasiment toujours les mêmes décors, et le monde finit par en sembler limité, petit. Pourtant, on le sait qu’il est vaste : Soo Ro lui-même vient de loin, Hwang Ok (), bien qu'elle soit interprétée par une actrice sud-coréenne, est d’un autre pays (l’Inde a priori ? c’est pas clair, parce que dans les textes historiques le nom du pays ne correspond à aucun qui existe aujourd’hui, et apparemment il y aurait débat), Gooya commerce avec d’autres nations, va unifier plusieurs états. Donc il y a un monde au-delà de Gooya, clairement, mais malgré tout, je trouve qu’on voit tellement les mêmes endroits, que d’un point de vue ressenti, j’ai fini par avoir l’impression de regarder des personnages se déchirer pour devenir roi d’un village.

 

Notez bien que, en soi, c’est pas spécialement un défaut, et une lutte pour prendre la tête d’un village peut très bien être passionnante. J’essaie simplement de montrer que le manque d’ampleur du drama se fait un peu à tous les étages, et que c’est le combo de tout ça qui m’a laissée sur ma faim. Parce que oui, ça aurait pu être passionnant quand même, pourvu que la lutte elle-même soit passionnante mais j’en reviens à ce que je disais : les antagonistes ne m’ont simplement pas impressionnée du tout. Ils sont… tellement mauvais à ce qu’ils essaient de faire o__o

 

Limite, j’avais de la peine pour Shin Gwi Gan, le chef d’un état voisin qui veut devenir roi de Gooya par soif de pouvoir, parce qu’il est tellement nul et passe tellement sa vie à échouer que c’en était pitoyable.

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Je ne l'ai jamais trouvé attachant (et après il a commencé à violer les gens, donc il m'était encore moins sympathique, forcément) mais à la base j’avais quand même une forme d’empathie à son égard ? Pas pour sa soif de pouvoir, et je n’étais clairement pas fan de ses méthodes mais j’aurai toujours un faible, je pense, pour les personnages qui essaient d’aller contre la volonté divine/le destin, même si c’est par pure ambition. Une partie de moi voulait qu’il arrive à entrer dans ce temple et qu’il casse l’œuf sacré. Bien sûr, je voulais aussi voir Soo Ro triompher, mais ce n’était pas à cause d’une prophétie, et, yep, j’y peux rien, j’ai toujours un minimum envie de voir triompher tous les personnages anti-destinée. Sur son lit de mort, le vieux père de Shin Gwi Gan le met en garde de ne pas s’opposer à ceux choisis par les Cieux, Shin Gwi Gan répond que le pouvoir est aux mains des hommes et j’étais en mode « pom pom girl » dans ma tête.

 

Mais le truc c’est que… le type est tellement un échec que même quand il réussit, il échoue.

 

Vous savez à qui il m’a fait penser ? A Scar, du Roi Lion. Qui est peut-être basé sur Claudius dans Hamlet mais j’ai pas lu Hamlet depuis le lycée, donc je connais bien mieux le Roi Lion, et Shin Gwi Gan m’a fait penser à Scar, parce que quand il arrive enfin à obtenir (partiellement et momentanément) un truc qu’il veut, ça se barre aussitôt en sucette, d’une façon qui rappelle beaucoup celle dont une sécheresse tombe sur la terre des lions lorsque Scar est au pouvoir, puis se résout instantanément dès que Simba retrouve sa place. Scar a aussi déconné, certes, mais la façon instantanée dont la végétation et le beau temps reviennent dès que Simba reprend le pouvoir est quand même bien la preuve qu’il y avait à l’œuvre des forces dépassant Scar, avec des Cieux qui attendaient le retour du Vrai Roi. Le Roi Lion est un film très pro-monarchie, et Scar n’est pas un personnage hypra complexe (ce qui ne l’empêche pas d’être un de mes antagonistes Disney favori), il est simplement défini par sa soif de pouvoir, sa convoitise d’une place qui ne lui est pas destinée. Bon bah vous prenez ça, et vous le mettez sur 32 épisodes, avec autant d’échecs que Coyote essayant de choper Bip Bip sans y arriver, et vous avez Shin Gwi Gan. Ca vous donne donc un personnage peu complexe et comiquement nul. Et comme Scar, Shin Gwi Gan sert à renforcer l’idée que Soo Ro est le One True King, dans un drama où Soo Ro n’a pas l’air d’être fan du principe de royauté (le type est un communiste, il veut partager les richesses et rendre le contrôle et les profits des entreprises aux travailleurs :o) mais où les autres personnages finissent par lui faire voir la lumière : la royauté c’est bien et nécessaire (parce que dans leur contexte, il faut dire, ils ont besoin de pouvoir être reconnus par la Chine, et pour cela il leur faut un représentant et quelqu'un dont le statut soit respecté par les autres puissances), faut juste que la bonne personne soit sur le trône, et heureusement le Ciel ne laisserait personne d’autre s’y asseoir... n'est-ce pas ?

 

Et on sait que Soo Ro est la bonne personne parce qu’il a été reconnu par l'oeuf sacré, parce qu’il a toutes les qualifications qu’il faut mais aussi grâce au contraste créé avec Shin Gwi Gan, la différence entre les deux étant évidente pour tout le monde, et ce n’est jamais aussi bien illustré que lorsque Shin Gwi Gan essaie d’argumenter en public que lui et Soo Ro sont pareils. Ce qui est ridicule. Alors que, en revanche, lorsque Soo Ro compare Jung Kyeong Bi (mère de son rival, qui veut mettre son fils sur le trône, et aussi la mère biologique de Soo Ro, même s’il ne le sait pas) à Shin Gwi Gan, ça fait parfaitement sens : Shin Gwi Gan et Jung Kyeong Bi ont la même ambition, le même aveuglement dans la course au pouvoir, et on voit clairement que certaines de leurs actions se font écho (par exemple, ils essaient tous deux d’entrer dans le temple par force à un moment donné). Aussi ils sont nuls tous les deux, mais Shin Gwi Gan un peu plus (mais pour compenser Jung Kyeong Bi est plus agaçante, donc il y a un équilibre, yay). Quand Soo Ro les compare tous les deux, il y a de la vérité dans ses propos. Mais quand Shin Gwi Gan essaie de persuader le public que lui et Soo Ro se valent, personne n’est dupe, parce qu’il y a une différence majeure entre eux : Jung Kyeong Bi et Shin Gwi Gan veulent le pouvoir, Soo Ro s’y résigne parce qu’il faut bien que quelqu’un s’y colle et qu’apparemment ça ne peut être que lui. Grosse différence d’attitude, donc.

 

Le truc c’est que voilà, créer un contraste c’est sympa, mais si les antagonistes avaient pu être intéressants, ç’aurait été mieux, et là ces personnages ne sont ni particulièrement complexes, ni particulièrement charismatiques, ni particulièrement intelligents, si bien que l’affrontement avec Soo Ro, ou leurs affrontements entre eux, ne sont pas passionnants. Ce qui est d’autant plus dommage dans le cas de Jung Kyeong Bi parce qu’elle et Soo Ro sont mère et fils sans le savoir : sacré potentiel tragédie !

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Mais mon plus gros regret va certainement à Tal Hae, parce que c’est typiquement le genre de personnage qui aurait dû être mon favori : il a une ambition qui dépasse sa naissance (il est en bas de l’échelle sociale et veut devenir roi, rien que ça), et [spoiler ?] une loyauté pleine de failles à quiconque sert mieux ses intérêts sur le moment. J’aime ces personnages-là, et sur le papier Tal Hae était censé être ce type rusé qui manipule son monde pour gravir les échelons, mais dans les faits le type est tellement peu subtil que non seulement je ne l’ai pas trouvé bien impressionnant mais en plus il faisait sembler tout le monde très bête parce que dès que quelqu’un lui faisait confiance, je soupirais devant mon écran.  [/spoiler ?] Bref, tristesse, et de toute façon, ce drama gâche énormément de personnages qui avaient du potentiel.

 

 

… gâchis de personnages

 

Voyez-vous, la grande tragédie de Kim Soo Ro c’est qu’il y a des tas de choses dedans que j’aurais pu aimer. Des personnages, surtout, que j’aurais pu aimer. Que j’aurais dû aimer. Parce que dans l’idée, il y a des tas de personnages qui me plaisaient ! Que je trouvais attachants ou intéressants. Mais ils sont gâchés. Certains semblent littéralement s’évaporer du drama, mais pour d’autres, c’est juste que, argh, le drama survole tellement. Passe si vite sur les moments importants. Et je ne suis que tristesse.

 

La relation entre Tal Hae et Soo Ro, qui étaient aussi proches que des frères, mais sont déchirés par l’ambition de Tal Hae, aurait dû me passionner, mais nope. La relation entre Soo Ro et sa mère biologique aurait pu donner quelque chose de profondément dramatique qui aurait pu m’arracher le cœur, mais nope. Oh, tenez, une de mes favorites : dans le premier épisode, la mère enceinte de Soo Ro est dans un bateau avec l’homme qui veut la tuer. Il y a un naufrage après l’accouchement. Soo Ro est adopté, Jung Kyeong Bi le croit mort et se remarie avec l’homme le plus puissant du coin, et l’homme qui voulait la tuer, amnésique, est à Gooya également. Plus tard, il deviendra l’ami, le mentor, la figure paternelle de Soo Ro, sans savoir qu’il est le fils de la femme qu’il s’était juré de tuer. Est-ce que vous réalisez le potentiel de liens pareils ?! Et le pire c’est que lorsque, enfin, la question vient sur le tapis, j’ai aimé la direction que prenait le drama, et il y a une scène en particulier qui aurait dû me parler à fond, mais tout était tellement abrupt et rapide qu’au lieu d’avoir le cœur hyper serré, j’étais juste en mode « oh, cool ». Ce n’est pas que je n’aimais pas ce qu’il se passait à l’écran en théorie, mais dans l’exécution tout manquait d’impact.

 

Le drama a des tonnes de scènes où je me disais « oh, c’est cool, je ne pensais pas que le drama ferait ça, mais c’est exactement ce que je voulais voir… » mais ma réaction n’allait pas plus loin que « c’est cool ». J'étais terriblement frustrée.

 

Lee Jin Ah Si, le demi-frère et rival de Soo Ro, est un autre personnage, par exemple, que j’aurais vraiment pu apprécier. Malgré son arrogance et sa jalousie qui se transformait en méchanceté, j’avais une certaine compassion pour lui parce que sa mère (Jung Kyeong Bi, donc) ne cesse de le houspiller et lui a monté la tête toute l’enfance en lui répétant qu’il est l’Elu, qu’il va devenir roi, et qu’il doit se montrer digne de sa future position. Le type a l’égo gonflé parce qu’elle a soufflé dedans, et à la fois il est sans arrêt engueulé parce que quoi qu’il fasse, Soo Ro est toujours meilleur que lui, et soudain boum, en fait Soo Ro était l’Elu depuis le début ! C’est cruel ce qu’on a fait à Lee Jin Ah Si, et sans le trouver agréable, j’avais de la compassion pour lui et une part de moi ne pouvait s’empêcher de lui souhaiter de trouver la paix d’esprit, et même se réconcilier avec Soo Ro si possible. Mais le type est tellement geignard, tellement petit et tellement bête, que j’ai fini par ne plus l’en supporter, et même les moments où je l’aimais bien étaient gâchés. [spoiler] Et après ça il vire dans une relation malaisante avec une quasi-enfant (elle est clairement plus jeune, il y a dix ans d'écart entre les acteurs, mais l'actrice fait plus jeune que son âge, donc je sais pas exactement quel âge elle est censée avoir... cela dit, il la manipule complètement, et elle fait clairement enfant dans sa naïveté) , ça aide pas [/spoiler]

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[Poussin légendaire, roi de fer] Kim Soo Ro  김수로[Poussin légendaire, roi de fer] Kim Soo Ro  김수로
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Les deux seuls personnages, finalement, qui ne m’ont pas déçue, sont Soo Ro et Hwang Ok. Soo Ro n’est peut-être pas un personnage marquant mais il était attachant, j’avais envie de le suivre, et j’adorais sa relation avec Hwang Ok. Au début, quand elle arrive à Gooya, j’ai grimacé fort car je sentais venir le second rôle féminin relou, mais j’ai été surprise de constater que plus les épisodes passaient, plus j’aimais le personnage. Elle et Soo Ro construisent un véritable partenariat. Il est impulsif, elle est réfléchie, il connait la forge, elle connait la mer, ils ont chacun quelque chose à s’apporter, et j’ai aimé la force douce de Hwang Ok, sa loyauté et sa justice. Clairement, à la fin du drama, elle en était devenue mon personnage favori (même si c’est un peu dommage que son appartenance à un autre pays ne se ressente jamais beaucoup, ni dans le choix de l’actrice, ni tellement dans le personnage qui, certes, s’habille différemment, mais ne s’exprime qu’en coréen, autant avec les autres que lorsqu’elle réfléchit).

 

Mais bon, j’ai beau aimer Hwang Ok, ça n’a pas rendu le drama exceptionnel pour autant.

 

 

… en conclusion

 

Kim Soo Ro fait 32 épisodes mais n’a ni souffle épique ni personnages bien complexes malgré la complexité de leurs relations jamais pleinement exploitée. En conséquence, il parait trop long pour ce qu’il a à raconter, et il y a des moments de creux où je n’ai pu m’empêcher de soupirer que 16 ou 24 épisodes auraient été suffisants. Ou bien qu’il aurait fallu creuser plus et mieux le potentiel de l’histoire.

 

Pour autant, je n’ai pas détesté le drama qui m’a même laissée sur une note positive, car j’en ai beaucoup apprécié la conclusion, et je pense que dans quelques années, j’y repenserai avec une certaine affection. Ce drama, je pense, est le genre de série que mon cerveau embellit avec le temps, parce que je me souviendrai plus de l’idée des personnages que de ce qu’ils sont réellement à l’écran. On verra bien. En attendant, non, je n’ai pas détesté… Mais j’ai été déçue. Le plat sonnait bien sur le menu, mais l’assiette était trop grande pour la portion de nourriture, le tout manquait de sel, et je suis sortie de table en ayant encore faim. Dommage. Mais Ji Sung est joli, c’est déjà ça !

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Et sur ce, plus de jolis messieurs avec des cheveux un peu longs :

(même s'il n'y a que des dramas et films coréens et qu'il devrait y avoir des cdramas qui sont les rois des cheveux longs... je n'écris pas assez sur des cdramas ;; I'm sorry, Hair God ;;)

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