[Un long sommeil] Thirty but seventeen 서른이지만 열일곱입니다

Publié le 28 Mai 2021

Emouvant et feel-good, 30 but 17 propose un casting et des personnages super attachants que j'ai adoré regarder guérir et aller de l'avant ensemble.

 

 

Diffusé en 2018

Sur SBS

16 épisodes d’environ 1h10

Ou 32 épisodes d’environ 35 minutes

Réalisé par Jo Soo Won

Ecrit par Jo Sung Hee

 

Avec:

Shin Hye Sun: Woo Seo Ri

Yang Se Jong: Gong Woo Jin

Ahn Hyo Seop: Yoo Chan

Ye Ji Won: Jennifer

Jung Yoo Jin: Jang Hee Soo

Ahn Seung Gyun: Jin Hyun

Jo Hyun Shik: Kim Hyun Kyu

Lee Do Hyun: Dong Hae Beom

Etc

 

 

Dontesque ?

 

Woo Seo Ri, une adolescente de 17 ans promise à un futur radieux, sombre malheureusement dans un coma profond suite à un accident de bus. Elle ne se réveille que treize ans plus tard, dans un corps qui en a désormais trente, et elle a bien du mal à s’ajuster à son nouvel âge.

 

Traumatisé par le même accident, Gong Woo Jin, 30 ans, n’a vécu les treize dernières années de sa vie qu’à moitié. Ecrasé par les regrets, il s’est replié sur lui-même et s’est complètement isolé, incapable de dépasser l’évènement.

 

Nico

 

 

oOo

 

Note: pour une version courte de l'article, vous pouvez lire les passages en gras, bleus et écrits plus gros. Ils devraient vous donner un bon aperçu rapide.

 

 

Introduction

 

Quelques défauts qui ont à peine importé

Pause en bonne compagnie

Entrée subite dans l’âge adulte

A house is not a home

 

Conclusion

 

 

Dans le cadre de mon projet « Coups de cœur des dramavores », j’ai tiré celui-là, le coup de cœur de Nico, et j’étais enthousiaste, car c’est encore un de ces dramas que j’avais envie de voir à la base. En l’occurrence : parce qu’il y a Shin Hye Sun dedans, une actrice que j’ai commencé à apprécier avec Legend of the Blue Sea et qui n’a fait que me faire tomber de plus en plus sous son charme. Angel’s Last Mission et Mr Queen en particulier font une belle démonstration de son talent. J’aime aussi bien Ahn Hyo Seop et Ye Ji Won, et je ne connaissais pas encore Yang Se Jong mais en avais entendu beaucoup de bien donc j’avais hâte de le découvrir. Bref j’étais attirée par le casting. C’est vrai que, par contre, le concept m’inquiétait un peu, parce que je me souvenais de I Love Lee Tae Ri et du malaise que j’avais ressenti en regardant cette série que je n’ai jamais terminée. Je reviendrai sur la question dans l’article, mais pour le coup, dans 30 but 17 je n’ai pas ressenti ce malaise pour plusieurs raisons, et j’ai beaucoup, beaucoup aimé le drama. Il a ses défauts, mais pour moi les qualités l’emportaient grandement, et il m’a laissée avec un sourire aux lèvres et beaucoup de baume au cœur.

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Il a même réussi à me faire apprécier l’existence d’un papillon de nuit à un moment donné, c’est vous dire ! Donc je vais vous expliquer pourquoi le drama m’a plu, mais, d’abord, j’aimerais évoquer les quelques problèmes que j’ai eus, histoire de me débarrasser de ça.

 

 

… quelques défauts qui ont à peine importé

 

30 but 17 est un drama sans antagoniste. Il y a des tensions entre certains personnages par moments, mais la série n’a pas de « méchants », parce que la vie réserve déjà suffisamment de difficultés sans qu’il y ait besoin de plus. 30 but 17 a largement de quoi faire simplement avec les conflits intérieurs de ses personnages et la façon dont ces conflits jouent sur leurs relations avec les autres. Le fait qu’il n’ait pas d’antagoniste ne fait donc pas partie des faiblesses du drama Au contraire, c’est même quelque chose que j’ai apprécié, en l’occurrence. La raison pour laquelle j’en parle ici est que je me demande si c’est pour compenser cette absence que le drama essaie de créer du suspense ailleurs, et pas toujours avec de bons résultats.

 

Qui est le personnage mystérieux à avoir payé les factures d’hôpital de Seo Ri toutes ces années ? Où est passée la famille de Seo Ri ? Pourquoi ont-ils déménagé si vite ? Qui est la femme aux chaussures jaunes qui semble surveiller la maison ? Seo Ri et son ancien ami ne cessent de se croiser sans le savoir : finiront-ils par véritablement se retrouver un jour ?

 

C’est normal qu’il y ait des questions en suspense, parce que Seo Ri se réveille d’un long coma donc il y a forcément plein de zones d’ombres et de choses qui pour elle relèvent effectivement du mystère. Parfois, ça m’a même paru avoir du sens que la présentation verse limite dans le thriller : par exemple, la femme mystérieuse qui surveille la maison est un vestige du passé d’un des personnages, passé qui pèse sur ce personnage en permanence et donc l’entourer d’une aura pesante et presque menaçante avait un sens à mes yeux. Mais à d’autres moments, je trouvais que le drama en faisait trop. Je me suis fatiguée des scènes « oh là là mais qui a payé ces factures d’hôpital ? » avec le fameux personnage filmé toujours caché, limite comme si on allait nous révéler un serial-killer. Alors : [spoiler] là aussi, ça a du sens finalement parce qu’on découvre à la fin qu’il s’agit du conducteur qui a provoqué l’accident au début, et nos personnages principaux le voient effectivement comme la personne ayant tué leurs proches et ayant, de façon imagée, tué leurs existences. Mais malgré tout, je ne peux vous cacher que pendant le drama, chaque fois qu’on nous « teasait » un peu, je soupirais légèrement. [/spoiler] Le plus agaçant, néanmoins, était toutes les scènes de « omg, il va découvrir la vérité », « omg elle va enfin croiser son ami » et finalement non. Il y a simplement plusieurs scènes de suspense inutile qui m’ont plus irritée qu’autre chose, et je m’en serais passée.

 

Il y a aussi un élément de la fin qui m’a frustrée. Je vais être obligée de tout mettre entre des balises spoiler, mais pour vous faire la version courte qui ne spoile pas : j’ai majoritairement beaucoup aimé les derniers épisodes, mais il y a juste une « révélation » qui, à mes yeux, fragilisait le chemin parcouru par un des personnages principaux, et j’ai trouvé ça un peu dommage.  C’était pas critique, juste un peu dommage à mes yeux.

 

[spoiler] Okay, parlons en.

 

Déjà, je veux commencer par dire que, oui, j’ai beaucoup aimé les derniers épisodes. Lorsque Gong Woo Jin comprend qu’il s’est trompé et que la jeune fille qu’il pensait avoir « tuée » est en vie, sa réaction m’a profondément émue et serré le cœur. Yang Se Jong est excellent. J’ai adoré le fait qu’il décide de ne pas fuir, finalement. J’ai adoré le moment où il sort à Seo Ri tout ce qu’il a sur le cœur et j’ai adoré qu’à ce stade, malgré la culpabilité, il ne veuille plus la quitter. Après cela, j’ai adoré voir nos personnages être heureux ensemble et enfin libérés de leurs poids. J’ai adoré les hésitations de Seo Ri sur son avenir, et même s’il était un peu forcé, j’ai adoré le retournement de « je ne pars pas finalement », et la comédie d’imaginer Woo Jin pleurer une journée entière parce qu’il n’a laissé à personne le temps de lui expliquer la situation. Le dernier épisode était drôle, chaleureux, émouvant et parfait. Donc, vraiment, dans l’ensemble, je suis hyper satisfaite de la fin.

 

Le seul truc qui m’a laissé un petit regret, c’est la révélation que Seo Ri, lors de l’accident qui l’a mise dans le coma, savait parfaitement où elle allait et n’était pas réellement restée dans le bus à cause du conseil de Woo Jin.

 

Le fait qu’elle aussi avait un crush sur Woo Jin et était toute nerveuse de lui parler, c’était mignon et ça joue dans le thème « les personnages ont juste fait une parenthèse dans leur vie, et reprennent l’histoire là où ils l’avaient laissée », donc pas de souci, mais l’autre révélation, c’est une autre question, parce qu’à mes yeux, Gong Woo Jin était un personnage dont l’évolution dépendait en grande partie de si oui ou non il arriverait à se pardonner. On comprenait sans mal qu’il s’en veuille, c’était très humain comme réaction, mais il ne pouvait pas prédire l’accident, et avoir passé toutes ces années à se punir était carrément excessif. Je pense que Seo Ri aurait ressenti la même chose. Plutôt que de découvrir qu’il n’a pas du tout eu d’influence sur le cours des choses, j’aurais préféré qu’il réalise que son influence ne le rendait pas coupable et qu’il était temps de se pardonner. Mettons que j’ai trouvé la porte de sortie un peu facile.

 

Mais honnêtement, malgré tout, j’étais aussi simplement heureuse de le voir libéré du fardeau. Ca restait une très jolie scène, j’étais contente de voir que les personnages allaient pouvoir être ensemble. Donc on peut vraiment pas dire que ça m’ait gâché la conclusion. [/spoiler]

 

Et en général, les défauts du drama, que ce soient ses efforts suspense parfois un peu agaçants, ses fake-outs récurrents qui peuvent irriter (il n’y a pas que les « va-t-elle croiser son ami »), ou ce détail de la fin qui m’a légèrement déçue, n’ont pas pesé très lourd dans la balance. Ça ne m’a pas dérangée tant que ça, et j’aimais tellement le reste que ¯\_()_/¯.

 

 

… pause en bonne compagnie

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Quand j’étais enfant, j’aimais beaucoup ce moment des récitals (l’entracte). « Ah, quel soulagement, ce n’est pas encore fini. Le spectacle continue. Je me demande quelle merveilleuse performance m’attend encore ? ». J’ai le sentiment d’être en plein dans ce moment-là. Je fais une pause tout en attendant la prochaine merveilleuse performance. C’est l’entracte de ma vie. Alors tout va bien. Ce n’est pas fini. Je fais juste une pause. Le cœur battant… j’attends la suite tout en soufflant un peu.

Woo Seo Ri à Gong Woo Jin, épisode 8

 

Ce drama a provoqué chez moi des émotions similaires à ce que j’ai pu ressentir face à des dramas tels que Beach Boys ou encore Nagi no Oitoma. Pas parce que tous ces dramas sont identiques les uns aux autres, mais parce que tous les trois tournent autour de personnages qui font une pause dans leur vie, avant de pouvoir repartir avec la tête et le cœur en meilleur état. La différence entre les trois est la notion de choix : dans Nagi no Oitoma, Nagi réalise qu’elle est en train d’étouffer et qu’elle a besoin de tout plaquer et prendre comme de longues vacances ; dans Beach Boys le personnage de Takenouchi Yutaka est d’abord mis en congé forcé suite à une erreur au travail mais choisit ensuite de faire une pause prolongée parce que sa vie ne lui convient plus ; alors que dans 30 but 17, la pause des personnages n’est d’abord pas volontaire : Seo Ri était dans un coma, Woo Jin, traumatisé, est dans un état se rapprochant de la dépression. Leur vie a été interrompue contre leur gré.

 

Mais c’est ce qui vient après qui m’évoque Nagi no Oitoma, Beach Boys, ou peut-être encore plus Home Drama (dans lequel la vie des personnages est bouleversée par un deuil soudain, et ils emménagent ensemble pour prendre le temps de guérir avant d’aller de l’avant avec les autres). La maison dans laquelle Woo Jin revient après avoir longtemps été hors du pays, et dans laquelle il se met à cohabiter avec son neveu, une domestique et Seo Ri, revenue à la maison de son enfance, devient un refuge pour tout le monde, et un endroit où se remettre ensemble. Ils ont tous leurs blessures, suffisamment profondes pour que trois d’entre eux aient cessé de vivre pleinement, et tout l’objet du temps qu'ils passent ensemble dans cette maison est d’accepter ces blessures, et d’envisager le temps « perdu » comme une simple entracte, une pause avant que leur vie reprenne. Ce qu’ils font en s’appuyant les uns sur les autres.

 

Une jolie scène où c’est particulièrement exprimé est celle de l’épisode 12 où Woo Jin se repose sur le dos de Seo Ri pour souffler un moment. Mais en vérité il est allé se caler contre elle parce qu’il a senti que c’était elle qui avait besoin de soutien. Chacun tire de la force à la fois du soutien de l’autre et de se sentir un soutien en retour.

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Nagi no Oitoma, Beach Boys et Home Drama ont un autre point commun : ils font partie de mes dramas favoris. Parce qu’ils sont très bons, mais aussi parce que j’ai un gros faible pour ce genre d’histoires. « Guérir ensemble », « famille trouvée », « refuge », sont des mots qui m’attirent instantanément, et j’ai tout autant accroché à tout cela dans 30 but 17, d’autant que j’avais très envie de voir tous ces gens effectivement guérir, parce qu’ils sont tous super attachants et que j’ai adoré leurs interactions.

 

J’ai adoré le casting, et en particulier tout le monde. Shin Hye Sung est impeccable, comme toujours. Yang Se Jong, que je ne connaissais pas encore, m’a énormément touchée. Ahn Hyeo Seop que j’aimais déjà bien est plus adorable que jamais et un vrai rayon de soleil. Et Ye Ji Won, que j’avais déjà vue mais pas dans tant de choses que ça, arrive à jouer son personnage avec la robotique qu’il faut tout en rendant évidente toute sa chaleur et son bon coeur. 

 

Tous ces gens sont profondément bons, et je n’ai pas cessé d’être attendrie. A vrai dire, ce n’était même pas juste limité aux personnages principaux, parce que si tout le monde n’est pas un ange dans ce drama, 30 but 17 est quand même avant tout peuplé de gens bien. Mais pour se concentrer sur les personnages centraux, oui, ce sont tous clairement des personnes généreuses et bonnes qui font l’effort de s’occuper des autres et du monde autour d’eux. C’est peut-être moins évident chez Woo Jin au début parce qu’il s’est retranché dans son monde, mais même lui prend le temps d’arroser les plantes qui semblent avoir soif dans la rue. Seo Ri, mourant de faim et sans domicile à ce stade, laisse passer sa chance de manger pour rendre son portefeuille à quelqu’un. Chan (le neveu de Woo Jin, le personnage d’Ahn Hyo Seop) recueille un poussin abandonné et décide de l’élever. Et Jennifer s’occupe de tout le monde, pour le coup. Ils sont le genre de personnes qu’on a immédiatement envie de protéger et de voir aller mieux. Et j’ai adoré la petite famille qu’ils forment, et dans laquelle je vais aussi inclure les amis de Chan, qui semblent un peu envahissants au début mais dont l’enthousiasme à pleurer, rire et aider avec les autres personnages est touchant. J’adore que, quand Seo Ri doit éplucher des oignons pour un petit boulot, ils n’hésitent pas une seconde et se mettent à éplucher avec elle, parce que ça leur semble aller de soi.

 

C’est ce genre de drama où les personnages remercient beaucoup les autres d’exister. Du « Je me suis dit que tu étais une belle personne » de Seo Ri à Woo Jin (épisode 15), au « Vous avez le cœur le plus chaleureux que je connaisse. Je suis heureux de vous avoir rencontrée. » de Woo Jin à Jennifer (épisode 15 aussi) en passant par le « Je suis heureuse que tu aies été mon premier ami » de Seo Ri à Chan (dans l’épisode 8) et Chan remerciant Woo Jin d’être à nouveau son Mr. Gong (je n’ai pas pensé à noter l’épisode, pardon). Tous ces gens s’aiment et s’apprécient profondément et se le font savoir, et mon cœur fondait, fondait, fondait, je n’étais plus qu’amour et marshmallow fondu.

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Et la romance a très bien fonctionné sur moi, aussi.

 

Comme je le disais dans l’introduction, j’avais mes craintes par rapport au concept, parce que des romances entre un adulte et un mineur dans la peau d’un adulte, j’en ai vu quelques-unes (les premières qui me viennent à l’esprit sont Big -le film avec Tom Hanks-, Big -le drama avec Gong Yoo-, et I love Lee Tae Ri) et je me souviens de moments malaisants surtout (parfois sur le moment, parfois avec le recul maintenant que je suis plus âgée), si bien que 30 but 17 me faisait un peu peur à la base. Finalement, cela s’est bien passé, pour une combinaison de raisons, la principale étant certainement que le drama met Woo Jin et Seo Ri sur un pied d’égalité niveau romance : ils sont aussi débutants l’un que l’autre, ils ont le même manque d’expérience, si bien, aussi, que la romance avance très doucement. Si vous cherchez de la tension sexuelle, ça va pas être votre drama, c’est tout très « premier amour/puppy love », et les personnages ne se pressent pas. Je pense aussi que la série joue beaucoup sur le fait que leur histoire a commencé quand ils étaient jeunes, et qu’elle reprend là où elle avait été laissée, ce qui appuie un peu plus sur le fait qu’ils étaient en pause tous les deux. Ça aide aussi que Woo Jin tombe sous le charme avant d’être mis au courant de cette histoire de coma, donc en ce qui le concerne Seo Ri a trente ans mais a juste apparemment passé plusieurs années de sa vie sous un caillou, ce qui tombe bien parce que lui aussi (d’un point de vue relationnel en tous cas). Elle n’est pas socialement très avancée, mais lui non plus (voire encore moins, à vrai dire, parce que lui a carrément régressé).  

 

Bref, je comprends les réserves qu’on pourrait avoir mais pendant mon visionnage j’admets que les miennes ont rapidement disparu, parce que physiquement les deux personnages faisaient le même âge et parce que niveau attitude il n’y avait pas de gros écart de maturité non plus, donc mon cœur marshmallow précédemment cité a continué de fondre, fondre, fondre. A la fin il ne restait plus qu’une flaque sucrée et rose.

 

Et puis, à vrai dire, j’ai aimé la façon dont étaient utilisées leurs deux situations. Ils étaient tous les deux endormis finalement, même si pas littéralement pour tous les deux, et j’ai aimé la façon dont le drama parle de ces longs sommeils, notamment pour faire une métaphore sur la difficulté d’entrer dans le monde adulte.

 

Le drama, en général, aime ses métaphores, ses images et ses symboles. Le lapin dans la lune revient souvent, symbole de prospérité et renouveau (et les personnages renaissent, en effet). Par ailleurs, on voit la lune de façon cyclique, il y a toujours un moment du mois où on ne la voit plus, mais elle finit par réapparaitre. J’aime aussi l’idée que la lune soit un astre qui brille grâce à la lueur d’un autre. Quand le soleil ne l’éclaire plus, elle est toujours là, mais la lune est plus belle et plus pleine quand elle reflète la lumière du soleil. De même, la vie des personnages du drama passe par des cycles, parfois elles sont dans l’ombre mais ce n’est qu’un passage, une entracte, et plus leur vie est éclairée de la lueur des autres, plus elle est pleine et plus elle est belle.

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Le drama multiplie les images : la plante presque morte qui a besoin d’être au bon endroit pour se remettre à vivre, la fenêtre qu’on pensait impossible à ouvrir mais qui attendait juste que la bonne personne montre la façon de faire, le poussin qui grandit et devient trop grand pour son enclos, etc. Et oui : le fameux coma. Plus exactement : le réveil. Seo Ri se réveille et d’un coup, voilà qu’elle a trente ans et que le monde adulte lui tombe dessus. Je vais pas vous mentir, je me suis pas mal identifiée à elle par moments.

 

 

… entrée subite dans l’âge adulte

 

A l’intérieur, je me sens toujours celle que j’étais quand je suis partie étudier en Allemagne à 20 ans. Je joue juste le rôle de la femme de trente ans que le monde veut que je sois. Je suis presque certaine que personne au monde ne se dit « Je suis un adulte ! ».

Kang Hee Soo (la patronne de Woo Jin) à Woo Seo Ri, épisode 9


Se réveiller subitement dans la peau d’une adulte est une version extrême de ce que je (et plein d’autres gens) ressens à chaque nouvel anniversaire, chaque fois que je pense à mon âge et tout ce que je n’ai pas accompli, ou chaque fois que je dois, par exemple, remplir une tâche administrative et faire semblant de savoir ce qu’on attend de moi alors qu’au fond je suis complètement paumée (et honnêtement terrifiée… l’administratif fait partie de mes plus grandes angoisses).

 

Bien sûr, le cas « Seo Ri » est différent parce qu’elle n’a même pas eu une chance de vivre sa vie, son temps lui a été volé, et ses opportunités se sont évaporées pendant qu’elle dormait. Même son talent pour le violon a été « gâché » par les années qu’elle a passées dans le coma. On peut envisager ça sous l’angle « lorsqu’une personne subit un traumatisme, quelque chose de violent, c’est comme si on lui volait les années dont elle aura besoin pour s’en remettre (si elle s’en remet) », mais à mes yeux, Woo Jin et Jennifer sont les deux personnages avec lesquels le drama explore le plus les effets de traumatismes, et Seo Ri représentait surtout l’idée plus optimiste qu’il n’est jamais trop tard pour démarrer ou redémarrer, même si ça ne se fera peut-être pas sans difficultés (après, les deux ne sont pas mutuellement exclusifs, bien entendu, et Woo Jin et Jennifer réalisent la même chose, mais j’ai vu Seo Ri comme une expression plus générale de l’idée). Peut-être qu’à trente ans on réalisera qu’on ne se sent toujours pas adulte, qu’on n’a rien accompli de ce qu’on voulait accomplir, ou qu’on a emprunté la mauvaise voie en négligeant ce qui nous rendait heureux et la voie qu’on voulait réellement emprunter (auquel cas le coma devient une métaphore pour avoir pris le chemin qu’on attendait de nous et avoir vécu en « pilote automatique » et sans enthousiasme pendant des années qui en semblent, du coup, gâchées), mais il n’est pas trop tard pour changer de direction, et ressortir de vieux rêves, quitte à les réaliser d’une façon différente.

 

Bref. En tous cas, voilà, Seo Ri se réveille en ayant subitement trente ans et elle n’a vécu aucune des expériences que les gens autour d’elle estiment qu’une adulte aurait dû vivre (elle n’a jamais embrassé quelqu’un, elle n’a jamais bu d’alcool, elle n’a jamais été dans une relation, etc). Et je vous avoue que c’est une chose à laquelle je me suis profondément identifiée, donc ça m’a fait particulièrement aimer le personnage. Et m’a fait l’admirer aussi. Parce que pour ma part, j’ai l’impression d’avoir comaté une longue partie de ma vie, mais je n’ai ni sa force ni son optimisme, sa chaleur, sa résilience et l’énergie qu’elle met à reprendre sa vie en main. Et bien sûr, Shin Hye Sun est parfaite, sans surprise.

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Par ailleurs, parce qu’elle se heurte aux attentes que les gens ont d’une adulte de trente ans, c’est justement l’occasion d’examiner la façon dont les gens sont traités en fonction de leur âge, et si les attentes de la société sont toujours raisonnables (non). En particulier, lorsque Seo Ri est à la recherche d’un emploi, elle se heurte parfois à la question de l’âgisme (un endroit qui ne veut employer que des gens ayant autour de la trentaine, par exemple), et à des questions sur son manque d’expérience, le drama montrant à quel point il peut être difficile de s’insérer dans le monde du travail, et même le monde en général, pour quelqu’un qui n’est pas passé par le parcours exigé. En regardant Seo Ri chercher un travail, j’ai pensé aussi aux femmes qui doivent retrouver un boulot après avoir été au foyer des années, ou par exemple aux personnes sorties de prison qui peuvent galérer. Bref toutes les personnes qui ont un « trou » sur le C.V.

 

Le fait que Seo Ri ait été privée de ce temps de développement est également une opportunité pour le drama d’en souligner la beauté, et de nous exhorter à l’apprécier (si on l'a eu nous-mêmes, et je réalise que certaines personnes ont des années de développement moins qu'idéales), ce qu’il fait grâce à l’association, en particulier, de Seo Ri et Chan, le neveu de Woo Jin, qui a en gros l’âge qu’avait Seo Ri avant l’accident.

 

Le nouveau foyer de Seo Ri héberge quatre humains et un chien. Et dans le quatuor humain, se forment deux « duos thématiques », on va dire. Bien sûr, tout le monde a des interactions avec tout le monde :

 

• la romance de Woo Jin et Seo Ri est au cœur du drama

 

Seo Ri a une relation absolument adorable avec Jennifer (la domestique engagée par la mère de Chan/sœur de Woo Jin pour en gros s’occuper de tout dans la maison), qui se prend rapidement d’affection pour elle. Il y a quelque chose de très maternel à la façon dont Jennifer s’occupe de Seo Ri, et elles m’ont réchauffé le cœur toutes les deux.

 

la relation entre Woo Jin et son neveu Chan est une de mes favorites de la série. L’affection de Chan pour son « Mister Gong » était la chose la plus mignonne au monde, et à la fois Chan a vécu comme un traumatisme le repli de son oncle sur lui-même, donc la joie qu’il ressent à voir son Mister Gong s’ouvrir à nouveau est très émouvante. Par ailleurs, Chan est, au début du drama, le seul humain avec lequel Woo Jin semble avoir encore plaisir à interagir, et bref, je les aime, et tellement de leurs scènes m’ont fait fondre. Une de mes favorites est celle de l’épisode 14 où Chan est très résolu à en découdre avec Woo Jin (pour une raison que je ne vous spoile pas) mais où tout retombe à la seconde où il trouve son Mister Gong en larmes. A partir de là, Chan il n’a qu’une chose à l’esprit : Mister Gong ne va pas bien, il veut savoir pourquoi, il veut aider, et il veut le prendre dans ses bras. Pareil pour Woo Jin : s’il apprend que Chan est malade, autant vous dire qu’il prend la voiture direct. Petite chose sensible que je suis, mon cœur en mousse était tout imbibé d’amour.

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Donc : oui, tous les personnages ont des rapports entre eux, et ils m’ont tous intéressée et émue. Simplement, chaque personnage est thématiquement associé à un autre, je dirais.

 

Seo Ri, elle, a Chan. Il a l’âge qu’elle avait, et ils deviennent rapidement amis. Ils ont en commun un manque d’expérience général (même si lui est quand même un peu plus avancé sur tout ce qui est technologie et actualité, forcément), mais pas que : Chan est un sportif dont le motto est « don’t think, feel » (« ne réfléchis pas, ressens ! » ou « ne te sers pas de ta tête, mais de ton cœur ! ») et Seo Ri a le même genre d’attitude. La raison pour laquelle elle avait été remarquée en tant que violoniste était justement sa façon de jouer très personnelle, moins concentrée sur les notes qu’il fallait jouer mais plus sur son émotion. Les deux personnages pratiquent également quelque chose qui demande de l’entrainement physique, la preuve en étant leurs mains calleuses qu’ils comparent plusieurs fois au fil de la série. Ils s’entendent très vite, et j’ai adoré regarder leur amitié se développer, et même le béguin de Chan.

 

Au début, je le redoutais un peu, je vous avoue. Oh, pas parce que ce n’était pas adorable à regarder, mais j’avais peur que Chan me pète le cœur, et j’avais aussi peur que ce béguin créé une rivalité entre Chan et Woo Jin et mette à mal leur relation. Néanmoins, il s’avère que Chan et son Mister Gong s’aiment beaucoup trop pour ça, donc si vous avez les mêmes craintes que moi, ne les ayez pas. Après, okay, j’ai eu un peu mal au cœur pour Chan en revanche, mais c’est la joie et la mignonnerie qui l’ont emporté, de loin, et surtout je comprenais l’intérêt de ce béguin, parce qu’il provoque chez Chan une envie d’être vu comme un adulte, histoire de pouvoir être avec Seo Ri. On le voit donc essayer très fort de vieillir plus vite, en faisant des choses avec lesquelles il n’est pas à l’aise, parce que c’est simplement trop tôt, ça ne lui correspond pas. Or, lui, contrairement à Seo Ri, il est bien plus libre de ne pas se forcer.

 

Seo Ri et Chan ont énormément en commun, mais Chan a devant lui tout le temps que Seo Ri a perdu et le drama semble dire à Chan d’apprécier et savourer ce temps puisqu’il l’a encore, au lieu de vouloir l’accélérer. Et ce tout en rassurant Seo Ri qu’il n’est jamais réellement trop tard pour réparer un instrument laissé longtemps à l’abandon et se remettre à en jouer de la façon qu’on veut, même si ce n’est pas exactement la même qu’avant.

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De son côté, Woo Jin, lui, trouve une interlocutrice particulière en la personne de Jennifer.

 

 

… a house is not a home

 

Jennifer et Woo Jin ont un truc en commun dans leur passé : [spoiler] ils ont tous les deux le sentiment d’avoir en gros tué quelqu’un. Woo Jin pense avoir causé la mort de Seo Ri et Jennifer celle de son enfant pas encore né. [/spoiler] Pour des raisons différentes chacun, cela dit, donc ils réagissent de façon différente également : la leçon qu’a retenue Woo Jin est qu’il n’aurait pas dû interférer dans la vie des autres, tandis que Jennifer a le sentiment de n’avoir pas fait assez attention à un autre, donc à présent elle s’occupe des autres et laisse bien moins de place à elle-même. Mais dans un sens, malgré tout, ils mettent tous les deux, leurs sentiments en sourdine et sont isolés. C’est plus évident pour Woo Jin qui met beaucoup d’efforts à ne pas se rapprocher des autres et s’est replié sur lui-même, s’exilant même physiquement un moment dans un endroit où il croiserait le moins de gens possible. Jennifer, elle, s’occupe des autres et y met même du cœur, mais elle ne révèle pas grand-chose d’elle-même, et n’utilise même pas son vrai nom. Or, on sait qu’un nom, c’est quelque chose d’important. Le malentendu sur le nom de Seo Ri est important pour l’histoire entre elle et Woo Jin, et Chan ne laisse pas non plus tout le monde appeler Woo Jin « Mister Gong », parce que c’est son Mister Gong, et il n’entend pas le céder à tout le monde. Je crois d’ailleurs que Jennifer est le seul personnage autre que Chan à appeler Woo Jin « Mister Gong ». Bref, les noms c’est important, et Jennifer se masque aux autres, et ce faisant elle garde également une distance entre elle et eux.

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On pourrait aussi avancer que Jennifer comme Woo Jin se sont réfugiés dans des mondes artificiels. Jennifer a ses livres et les mots des autres, et Woo Jin a ses designs de scènes, ses mondes miniatures qu’il construit comme il veut. Seo Ri lui balance à un moment donné qu’il n’y a pas que le monde qu’il rétrécit mais qu’il s’est également rétréci le cœur, et j’ai vu, dans l’activité de Woo Jin, aussi, la volonté de créer des petits mondes silencieux qu’il puisse contrôler, et dans lesquels personne n’habite, personne n’est admis, personne d’autre que lui. Alors que dans la vraie vie, ça ne se passe pas toujours comme ça. Les autres, des fois, s’invitent sans qu’on les ait attendus ou qu’on leur ait fait signe d’entrer.

 

Seo Ri, en particulier, s’invite. Et je me suis demandé un moment, d’ailleurs, si son nom avait une signification, parce qu’elle fait de la musique et que « Seo Ri » à mes oreilles, sonnait comme le mot pour « bruit, voix ». Mais « bruit/voix » c’est « 소리 » qu’on romaniserait plutôt « « sori », alors que le nom de Seo Ri s’écrit « 서리 », ce qui signifie apparemment « gel ». Ce qui aurait du sens (même si je ne sais pas s’il était volontaire) vu que Seo Ri a longtemps été gelée, mais j’aimais bien mon idée de voix/bruit, parce que Seo Ri ramène du bruit dans la vie de Woo Jin. Elle le force à s’en faire à nouveau pour quelqu’un, à s’impliquer à nouveau dans la vie des autres, et parce qu’elle affronte tout ce qui lui tombe dessus, elle devient également son inspiration, quelqu’un qu’il admire et qui le pousse à réexaminer sa vie également.

 

A chaque fois, je ne fais que reculer et m’enfuir, mais elle (Seo Ri) me fait me retourner. Je sais que ce serait plus prudent de faire comme si je n’avais rien vu, de tout ignorer, et je pensais pouvoir continuer à vivre comme ça… mais elle n’arrête pas de me faire m’impliquer. Je ne sais pas pourquoi, je n’arrive pas à l’ignorer. Elle ne cesse de m’appeler depuis l’extérieur de ma zone de confort. Elle me donne envie de m’en échapper. Elle me donne envie de vivre autrement.

Gong Woo Jin, épisode 7

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Cela dit, Seo Ri est importante mais loin d’être la seule personne à s’inviter dans la vie de Woo Jin et le drama développe une vraie famille trouvée (Woo Jin comme Seo Ri finissent effectivement par parler de tous ces gens comme leur famille). Et moi, comme précédemment établi, les familles trouvées, c’est complètement ma came, je ne résiste jamais.

 

Au début, moi aussi, j’ai trouvé certains membres de cette nouvelle famille envahissants. Les amis de Chan s’invitent tout le temps, même quand Chan n’est pas là, se font livrer de la nourriture dans la maison et traitent en gros l’endroit comme s’ils étaient chez eux. Honnêtement je comprenais l’incrédulité et l’agacement de Woo Jin, parce que moi aussi je me serais bien exilée pour échapper à tous ces gens qui se tapaient l’incruste. Mais à voir ces deux amis s’enthousiasmer avec nos personnages, s’attrister avec eux, leur prêter main forte sans même se poser la question, bah finalement j’ai commencé à apprécier leur présence et à trouver qu’ils avaient leur place dans cette famille, oui. Ces gens forcent un peu leur entrée dans la vie de Woo Jin, mais en l’occurrence c’était pile ce dont il avait besoin. Il avait besoin de gens pour que sa maison devienne un foyer, pas juste un toit et quatre murs. Il avait besoin qu’on l’empêche de se replier à nouveau sur lui-même, et besoin de réaliser qu’il n’y a pas de mal à se reposer sur les autres, à laisser les autres se reposer sur nous, et que parfois on a besoin que quelqu’un nous montre comment ouvrir une fenêtre qu’on pensait impossible à ouvrir, ou de quelqu’un qui nous donne envie de dépoussiérer le passé, d’y mettre de l’ordre et de faire de la place pour de nouvelles choses.

 

Woo Jin est le personnage le plus bloqué dans/par le passé. Juste parce que le temps passe ne veut pas dire qu’on le vit réellement. Haha (rire amer), on est à plus d’un an de covid à présent donc je pense que beaucoup de gens le ressentent actuellement… ha… haha (amertume rising). Et c’est encore plus dur dans la solitude, je trouve, parce qu’au moins, quand on a les autres, ça créé plus de repères. Dans mon expérience (qui n’est pas universelle), être déprimée et isolée transforme le temps en une sorte de gros bloc de dépression où les jours ne veulent plus dire grand-chose. Et Woo Jin est clairement dans un état dépressif, résultat d’un traumatisme et de sa culpabilité.

 

Plusieurs personnages de ce drama ont des choses de leur passé, comme ça, qui sont restés plantées dans leur cœur comme des épines, que ce soit Chan qui a été très marqué par l’effondrement de son oncle ou la joueuse de violon qui se traine des insécurités depuis l’enfance à cause de sa mère et de Seo Ri, mais Woo Jin est particulièrement bloqué, et j’ai été très heureuse de le voir petit à petit s’ouvrir à nouveau aux autres, d’abord parce qu’on lui force un peu la main, mais ensuite parce qu’il se remet à vivre, et cesse de se punir constamment de quelque chose que, honnêtement, si le public avait été au courant, Woo Jin aurait été le seul à se reprocher de toute façon. On est parfois bien plus dur avec nous-mêmes qu’on le serait avec les autres, et c’est aussi pour ça que c’est bien d’être entouré des bonnes personnes pour qu’elles puissent nous offrir la bienveillance qu’on a parfois du mal à s’autoriser à notre égard. Et si on arrive à trouver ce genre de personnes, on fait partie des chanceux. Woo Jin fait partie des chanceux.

 

 

… en conclusion

 

Ce drama était mignon à souhait, et souvent drôle, parce que les personnages, certes, sont dans des situations difficiles, mais font très souvent sourire malgré tout, et à la fois c’était un très joli drama sur la culpabilité, le temps, de nouveaux départs, des traumatismes, l’importance des autres, et l’importance de souffler pour pouvoir mieux repartir, parce qu’il n’est jamais trop tard. Malgré la tristesse que j’ai parfois ressentie pour plusieurs personnages, c’est une série très feel-good, que je suis vraiment contente d’avoir regardée. Ca m’a beaucoup plu.

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P.S. A un moment donné du drama on entend Traumerei et ça m’a rappelé les poupettes de Do you like Brahms ? donc ça m’a rendue heureuse. Voilà. Ca vous apporte rien de le savoir, mais j’avais envie de le dire :’D

 

Tous les articles de cette série 2020 des coups de coeur des dramavores :