[Petits gestes et grands miracles] When the camellia blooms 동백꽃 필 무렵

Publié le 18 Juin 2021

When the camellia blooms ne cherche pas à polir ses personnages, ce qui les rend intéressants tout en donnant lieu à des moments d'agacement intense. Au final, cela dit, la série m'a fait m'attacher très fort à ses protagonistes et m'a rendue très très heureuse.

 

 

Diffusé en 2019

Sur KBS2

En 40 épisodes de 35 minutes

Ou 20 épisodes d’1h10

Réalisé par Cha Young Hoon

Ecrit par Im Sang Choon

 

Avec :

Gong Hyo Jin : Oh Dong Baek

Kang Ha Neul: Hwang Yong Shik

Kim Hang Hoon: Kang Pil Gu

Son Dam Bi: Choi Hyang Mi

Kim Ji Suk: Kang Jong Ryul

Yeom Hye Ran : Hong Ja Young

Oh Jung Se : Noh Gyu Tae

Ji Yi Soo: Jessica

Go Doo Shim: Kwak Duk Soon

Lee Jung Eun: Jo Jung Sook

Etc

 

 

Dontesque ?

Dong Baek, mère célibataire d’un petit garçon, s’est installée il y a six ans dans la petite ville d’Ongsan dans laquelle elle tient un bar-restaurant. Mise à l’écart, elle fait de son mieux pour élever son fils, mais l’univers ne semble pas vouloir la laisser tranquille, et font resurface le serial-killer auquel elle avait échappé des années plus tôt, ainsi que son ex, secrètement père de son enfant. Par ailleurs, Yong Shik, un jeune policier revenu au bercail suite à une faute professionnelle, tombe fou amoureux de Dong Baek.

 

 

oOo

 

Note: pour une version courte de l'article, vous pouvez lire les passages en gras, bleu, et écrits plus gros. Ca vous donne un aperçu.

 

 

Introduction

 

Epreuves pour les nerfs

Personnages secondaires

Equilibre des tons

Yong Shik et ses pom poms

Dong Baek : l’éclosion du camélia

Communauté et mise à l’écart

Omma, mama, mother

 

Conclusion

 

 

J’avais des tas de bonnes raisons de vouloir regarder ce drama, la première étant (comme bien souvent) le casting : j’aime beaucoup Gong Hyo Jin et l’émotion qu’elle apporte toujours à ses personnages, j’adore Kang Ha Neul que je ne vois décidément pas assez souvent, et j’ai un gros faible pour Oh Jung Se également, c’est toujours un plaisir énorme de le retrouver. Et je ne le savais pas avant de regarder le drama, mais maintenant j’ai aussi un faible pour Yeom Hye Ran, que je ne connaissais pas encore mais que j’ai vue juste après dans LIFE, et dont je peux dire à présent qu’elle me plait beaucoup.

 

Une seconde motivation était les posters que j’avais vus, et leur ambiance lumineuse et heureuse. En particulier ces deux-là :

 

 

J’en aime beaucoup le feeling, et le sourire des acteurs. Et puis je sais que ACAB, mais je ne peux pas nier que Kang Ha Neul me plait bien dans cet uniforme. Pas quand il a son veston jaune par-dessus (enfin, si, Kang Ha Neul me plait toujours, évidemment, mais pas les habits), mais dans sa chemise bleue avec les manches courtes (important, les manches courtes !), là… mes yeux demandaient à en voir plus.

 

Enfin, ma troisième et principale raison est que Duwa (♥) est folle amoureuse de ce drama, donc elle m’avait hypée et puis j’avais envie de faire plaisir à Duwa et regarder cette série qu’elle aime tant. Autant vous dire que mes attentes étaient hautes, par contre ! Et au début… je me suis inquiétée, je vais pas vous mentir.

 

Faut que vous me compreniez : un argument de vente qui avait beaucoup été mis en avant était que Yong Shik est le héros le plus parfait de Dramaland, et au début, je le trouvais drôlement… insistant… avec l’héroïne. Pour le dire gentiment. Le type avait besoin d'apprendre que quand une femme (ou pas une femme) te dit « arrête de me suivre », il faut... arrêter de la suivre :D Et « insistant » c’est d’autant plus flippant parce que le type est flic, donc comme il dit à un autre type lors d’un épisode : qu’est-ce qu’il va faire ? appeler la police ? Yong Shik EST la police. Alors quand Yong Shik sort ça à ce type, c’est un grand moment de victoire parce que le type essayait de prétendre qu’il ne venait pas de frapper un enfant alors qu’on venait de le voir faire, mais si on applique ça à la situation de Dong Baek (notre héroïne, donc), tout de suite, ça devient carrément moins « wouhou ! » (vocabulaire/20). Donc oui, pour être honnête, j’ai eu un moment de frayeur où je me suis dit « oh non, je vais décevoir Duwa :’( ».

 

Cela dit, Yong Shik était plutôt bas sur l’échelle du « j’étais frustrée et ce n’était pas toujours une mauvaise chose, mais j’avais envie de jeter des choses à l’écran », et il n'y est surtout pas resté longtemps, alors que certains personnages testaient vraiment les limites de ma patience. Parlons de ça.

 

 

Epreuves pour les nerfs

 

Je vais commencer par deux choses personnelles (plus personnelles que le reste, c’est-à-dire, vu que tout dans cet article ne reflète que mes opinions et rien de plus).

 

La première : les gens crient beaucoup dans cette série, que ce soit les ahjummas qui règnent sur le quartier, les personnages masculins frustrés, ou même Yong Shik. Indépendamment de si j’aimais les personnages ou pas, écouter les gens crier, ça m’épuise, et je pense que c’est en partie pour cela que j’ai regardé la série lentement : le volume sonore. C’est une série qui m’a laissé un sentiment général de calme niveau rythme, mais les personnages aiment vraiment bien crier, et moi, j’ai du mal avec cela, donc quand je vais parler des personnages qui m’ont fait serrer les dents, gardez à l’esprit que souvent leurs méthodes de communication n’aidaient pas, on va dire.

 

La seconde : on a tous notre façon de vivre la fiction. Je connais des gens qui ne ressentent pas d’agacement vis-à-vis de personnages, par exemple, parce qu’ils les voient simplement comme servant une fonction dans l’histoire, et ne s’intéressent qu’à si oui ou non ces personnages servent leur fonction. Si la réponse est oui, alors ils aiment ces personnages. Ils ne s’impliquent pas forcément émotionnellement mais plus intellectuellement. C’est tout à fait valable comme approche mais moi je suis du genre à m’impliquer émotionnellement, et donc il m’est arrivé d’avoir des conversations avec ces amis où s’empilaient des malentendus à cause de cela, parce que je disais n’avoir pas aimé tel personnage ou avoir été agacée par tel autre, et en face mes amis prenaient cela comme un commentaire sur la qualité de l’écriture. Donc je précise : la réponse émotionnelle que j’ai à un personnage ne signifie pas que je n’apprécie pas son écriture ou le travail de l’acteur. Un excellent exemple de cela serait le personnage de Yooh Ah In dans le film Veteran. J’ai haï ce type de toutes mes forces, et c’est aussi le personnage dont j’apprécie le plus l’inclusion dans le film, parce que souhaiter sa destruction est ce qui m’a fait véritablement rentrer dans le tout. Bref : que j’aie une réponse émotionnelle négative lorsque je regarde quelque chose/un personnage ne signifie pas que je n’apprécie pas cette chose/ce personnage.

 

Ceci étant (j’espère) bien établi : le drama est peuplé de personnages qui ont fait grimper ma tension, et ça faisait que je passais une partie de chaque épisode à avoir envie de baffer les gens. Il y avait des tas de moments agréables, mais chaque fois que je lançais un épisode, je me préparais mentalement à l’énervement aussi.

 

Les ahjummas du quartier, par exemple. J’aime beaucoup les actrices (en particulier Kim Sung Young), mais leur persécution de Dong Baek et leur mesquinerie me faisaient bouillir le sang. Je ne compterais pas ça comme un point négatif, parce que j’étais censée être révoltée par l’injustice de la chose et je l’étais, mais à la fois j’avais toute cette colère au fond de moi qui s’accumulait et c’était pas plaisant. Cela dit, de loin la pire était celle avec laquelle je crois que j’étais censée (je sais que le verbe n’existe pas mais je l’utilise quand même : ) empathir un minimum ( [spoiler] je parle de la mère de Yong Shik, pour les personnes qui ont vu la série [/spoiler] ) mais dont l’hypocrisie me donnait de l’urticaire, si bien que j’avais encore plus envie de la pousser dans les orties que les autres. J’étais une vraie boule de nerfs en regardant ce drama, et Yong Shik m’a fait peur au début, parce que c’est une chose d’être mise en rogne par des personnages qui sont censés être injustes et petits, mais une autre de prendre en grippe un personnage que le drama essaie de peindre sous un jour positif et de me vendre comme un héros. Là, ç’aurait été un manque de la série, qui n’aurait pas réussi à atteindre son objectif.

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Mais… j’ai (très rapidement) fini par aimer Yong Shik. Genre… beaucoup.

 

Et dans un sens je l’ai même apprécié, finalement, pour la même chose qui m’avait fait grimacer à la base : sa ténacité. Parce que le truc avec la ténacité, c’est qu’il y a des contextes dans lesquels elle est positive. Par exemple, quand on traque un serial-killer que personne n’espérait plus attraper, avoir un type qui ne baisse pas les bras, c’est une bonne chose. Ou bien être tenace dans ses encouragements et son soutien de quelqu’un qui en a sacrément besoin, ça aussi, c’est une bonne chose. La nature entière et hyper constante de Yong Shik qui se lance à fond et ne ménage aucun effort est ce qui le rend aussi attachant, et à la fois quand elle est appliquée à essayer d’attirer l’attention d’une femme pas intéressée, forcément, c’est épuisant pour elle, et donc pour moi qui compatissais avec elle. Et c’était d’autant plus épuisant que Yong Shik (qui heureusement évolue et apprend qu’il y a des domaines dans lesquels il faut savoir ne pas forcer) n’est pas une anomalie mais la norme dans la vie de Dong Baek : la majorité des hommes de sa vie sont possessifs, et/ou entendent lui dicter comment vivre sa vie, et/ou refusent de la laisser tranquille quand elle le leur demande... Là aussi, y avait de quoi fumer de l’intérieur.

 

Au moins son fils a une excuse : c’est un gosse. Et il a grandi dans un contexte de « lui et sa mère vs le monde ». Donc il est possessif avec sa mère, mais c’est un gamin qui se comporte comme un gamin, quoi. Les adultes qui se comportent comme des gamins, eux, n’ont pas l’excuse d’en être… On trouve donc :

 

Yong Shik au début. Après cela, il s’arrange, même s’il a tendance quand même à dire à Dong Baek comment se comporter parfois… mais vu que ce qu’il lui demande est d’agir plus comme elle en a envie, d’arrêter de se laisser marcher sur les pieds, d’être fière d’elle-même et de faire fi du regard des autres, ça passe mieux (je suis tombée terriblement amoureuse du personnage, j’avoue, et j’aurais pu regarder dix épisodes de plus de Yong Shik regardant Dong Baek avec amour et admiration)(la fin de l’épisode 6 fait partie des choses les plus satisfaisantes et adorables que j’ai vues à Dramaland)

 

Noh Gyu Tae (Oh Jung Se) qui tombe en plein dans le harcèlement, avec plein de remarques insistantes, et se protège en usant de sa position : il est le propriétaire du bar de Dong Baek.

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Joker, le serial-killer. Okay, là, c’est un peu plus compliqué parce qu’on ne sait pas vraiment si Joker est un homme ou une femme, mais autant, nous, on nous présente plusieurs suspects de genres différents, autant Dong Baek, elle, semble penser qu’il s’agit d’un homme, ce qui ajoute dans sa vie une présence masculine qui pèse au-dessus d’elle, et entend lui dire comment se comporter, et limiter sa liberté de mouvements en utilisant la peur (et le long de l’article, je vais dire « il » pour parler du Joker).

 

Kang Jong Ryul (Kim Ji Suk), son ex et le père de son fils. Et, là, les gens, on atteint un tout autre niveau de « j’avais envie de le baffer ». J’aime beaucoup Kim Ji Suk mais après quelques épisodes, chaque fois que ce personnage apparaissait à l’écran, j’avais les dents qui grinçaient et le poing qui se serrait, démangée que j’étais par l’envie de le lui balancer dans la face.

 

Kang Jong Ryul a été ma source d’agacement principale dans ce drama, et honnêtement, par moments, il rendait l’expérience vraiment pesante. Pourtant, c’est pas spécialement le pire du tas, dans le sens où, déjà, il n’a tué personne, une qualité qu’on ne peut pas lui retirer. Et puis on comprend aisément qu’il soit dépassé : il retrouve une ex qu’il n’a jamais réussi à oublier et découvre qu’il a un fils dont il ne connaissait pas l’existence. Comme en plus c’est quelqu’un qui a l’air d’être axé famille, je comprenais qu’il soit curieux à propos de Pil Gu (son fils, donc), qu’il ait envie d’en savoir plus, qu’il se sente même un peu floué parce qu’il aurait voulu faire partie de la vie de Pil Gu. D’un autre côté, Pil Gu a grandi sans père, et pour lui, Jong Ryul est un inconnu et pas une présence bienvenue dans sa vie, parce que faut bien dire ce qui est : Jong Ryul s’y prend comme un pied. L’insistance de Jong Ryul a de gros relents d’égoïsme, donc, parce que quoi qu’on pense de la décision de base de Dong Baek, c’est aussi Pil Gu que Jong Ryul harcèle. Et, par ailleurs, je détestais la façon dont il parlait à Dong Baek. Sa condescendance me hérissait le poil, et faisait qu’honnêtement j’étais plutôt ravie que Dong Baek se soit barrée et ait coupé les ponts, parce qu’en ajoutant à cela les flash-backs qu’on nous montre, clairement, c’était quelqu’un et une situation dont elle avait besoin de s’éloigner.

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Alors : aucun des personnages que j’ai évoqués n’étaient de mauvais personnages. Et en tant que personnes ils sont également plus nuancés que simplement « mauvais » (même s’il y en a plein que je refuserais de côtoyer, personnellement), ce que j’ai apprécié. Je grinçais des dents mais à la fois cette concentration de gens imparfaits faisait en partie l’intérêt du drama. C’est juste que ça en faisait aussi un drama que je préférais consommer à petites doses.

 

Ce qui rendait Jong Ryul particulièrement frustrant pour moi, en fait, c’était le sentiment de répétition. When the camellia blooms créé plusieurs personnages pathétiques, et les humanise de façon à ce qu’on les prenne en compassion voire même affection (Noh Gyu Tae en est un excellent exemple, et oui, à la fin, j’avais même quelques sentiments positifs à l’égard de Kang Jong Ryul) mais d’abord il ne nous en cache ni n’en minimise les travers, et, c’est important pour le pathétisme, nous donne un sentiment de stagnation. Mais Jong Ryul stagne tellement que j’avais l’impression de le voir avoir les mêmes interactions encore, et encore, et encore, et encore, ad vitam æternam. Je vous jure, y a un épisode où en une heure de temps d’écran trois personnes différentes lui disent la même chose et le mec n’imprime pas, et j’en pouvais plus. Pour moi ça créait des longueurs qui n’avaient pas lieu d’être, parce que ce n’était pas comme si le drama avait manqué de contenu à côté de ça : il avait largement de quoi remplir son temps d’écran.

 

Il y a beaucoup de choses dans When the camellia blooms.

 

 

Personnages secondaires

 

Il y a beaucoup de personnages dans ce drama, qui viennent tous avec leurs propres circonstances et bien que la série tourne majoritairement autour de Dong Baek, elle s’attarde aussi sur ces personnages secondaires, suffisamment complexes, pour qu’elle ait beaucoup à développer. C’est un drama très introspectif (qui fait beaucoup usage de voix intérieures, d’ailleurs) qui explore les insécurités et les histoires de ses personnages secondaires, et c’est tout à l’honneur de la série que j’ai fini par trouver toutes ces histoires engageantes, même si pour une d’entre elles c’est arrivé un peu tard.

 

Bien sûr, je ne peux pas revenir sur tout le monde, parce que sinon ça prendrait des plombes, mais je voulais quand même évoquer trois personnages qui m’ont particulièrement interpellée, dont deux qui font partie de mes favoris, et un qui m’a laissée avec des regrets.

 

 

• Jessica (Ji Yi Soo)

 

Toi et moi, nous sommes pareilles. Des filles assoiffées d’attention, des filles qui n’ont jamais été aimées. Quand on a de la chance, on devient Jessica. Quand on n’en a pas, on devient Hyang Mi. C’est aussi simple que ça.

Hyang Mi à Jessica, episode 12

 

C’est le personnage qui m’a laissée avec des regrets. Jessica (ou Park Sang Mi, de son nom coréen) est la femme de Kang Jong Ryul, avec qui elle a une petite fille encore bébé. Elle fait partie des personnages qui m’irritaient constamment, et honnêtement, chaque fois que Jong Ryul interagissait avec sa femme, je ressentais subitement pas mal de compassion pour lui. C’est une jeune femme immature et gâtée, qui semble faire caprices sur caprices, et ne participe quasiment pas à s’occuper de sa fille. Après deux scènes entre ces deux-là, j’en étais déjà à vivement leur souhaiter de divorcer, histoire qu’ils s’épargnent l’un l’autre et m’épargnent moi.

 

Néanmoins, lorsque le drama commence à se pencher un petit peu plus sur Jessica, je me suis mise à ressentir de la pitié pour elle. Elle fait partie de ces personnages pathétiques pour lesquels j’ai fini par avoir de la compassion. Je ne dirais pas qu’elle a cessé de m’agacer, ni même qu’elle est « quelqu’un de bien » ([spoiler] n’oublions pas qu’elle a essayé de tuer quelqu’un, quand même o_o [/spoiler]) mais il y a une véritable tragédie à ce personnage dont la vie et l’estime de soi dépendent de l’attention d’autrui, mais qui vit complètement dans l’ombre d’un mari qui la délaisse émotionnellement depuis longtemps. J’ai fini par m’intéresser à elle lorsqu’on en voit les failles et mes regrets viennent du fait que le drama ne se penche réellement sur son cas que tardivement, et pas autant qu’avec les autres personnages. Comme elle ne vit pas dans la même ville que les autres et n’a pas de lien direct à aucun personnage vivant là-bas, elle interagit beaucoup moins avec le cast principal, ce qui contribue à la garder un peu en retrait.

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Si je trouve cela dommage c’est d’une part parce que le personnage m’intéressait mais aussi parce que dans ce drama parlant beaucoup de mères et de ce qu’elles sacrifient pour leurs enfants, Jessica est le seul personnage féminin principal qui semble dépourvu d’instinct maternel. Je regrette donc que le drama n’ait pas décidé de l’explorer un peu plus, parce qu’elle aurait offert un bon contraste, et plus de nuances dans le traitement du thème de la maternité.

 

 

• Hong Ja Young (Yeom Hye Ran)

 

Avocate spécialisée en divorces, elle est également l’épouse de Noh Gyu Tae (le propriétaire relou de Dong Baek) qu’elle soupçonne d’adultère avec notre héroïne. Je pense qu’Hong Ja Young est un personnage particulièrement facile à apprécier, parce qu’elle est du genre fière et forte tête qui ne se laisse pas démonter, mais à la fois, parce que dans ce drama rien n’est tout blanc ni tout noir, au début, je comprenais aussi pourquoi son mari se sentait étouffé dans son mariage et sans cesse rabaissé par une femme qui corrige la moindre de ses erreurs, même quand elles n’ont honnêtement pas beaucoup d’importance (genre quand il utilise pas le bon mot, mais qu’on comprend très bien ce qu’il veut dire). Vers la fin de la série, lors d’une conversation avec sa belle-mère, elle discute de façon très lucide de la façon dont elle a déversé ses frustrations sur son mari, et bref, il y avait des problèmes des deux côtés, même si j'étais bien plus fermement vendue à la cause d'Hong Ja Young qu'à celle de Noh Gyu Tae, clairement.

 

Par ailleurs, Hong Ja Young peut sembler distante et n’est pas toujours bien douée à écouter les autres : quand elle se met une idée en tête, elle a tendance à s’enfermer dedans, comme on le voit avec Dong Baek qu’elle soupçonne d’être la maitresse de son mari et qu’elle traite de façon agressive sans jamais chercher à réellement confirmer les faits, tant elle est persuadée d’avoir raison. Malgré tout, le personnage se fait de plus en plus attachant au fil de la série, et c’est assurément un de mes favoris de Camellia. J’ai eu plusieurs fois envie de l’applaudir, je suis tombée sous le charme de l’actrice, Yeom Hye Ran, et c’était hyper satisfaisant de voir le personnage envoyer bouler les personnes qui pèsent sur sa vie. Son mari inclus.

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Malgré tout, j’ai également fini par avoir de la tendresse pour son mari. Ca aide beaucoup, c’est vrai, que j’ai un faible énorme pour l’acteur (Oh Jung Se), mais aussi il y a quelque chose de triste à ce personnage qui souffre d’un tel complexe d’infériorité qu’il est perpétuellement en quête de respect, sans réaliser qu’il passe pour un bouffon aux yeux de la plupart des gens. Dans l’épisode 3, un personnage lui dit qu’il le respecte, et l’effet de cette phrase sur Noh Gyu Tae fait terriblement peine à voir. Il est immature, il fait beaucoup de conneries, son harcèlement de Dong Baek est rageant, mais il m’a aussi touchée par moments, et j’appréciais le personnage. Donc vu que j’adorais Hong Ja Young, leur crise maritale à tous les deux faisait partie des axes de l’histoire que je suivais avec le plus d’intérêt.

 

 

• Hyang Mi (Son Dam Bi)

 

Maintenant que j’ai pu t’observer plus longtemps, je le vois : tu es comme un chien errant qui n’aurait jamais été aimé. Je n’aurais qu’à tendre la main vers ce chien pour qu’il me présente son ventre et m’aboie « Regarde-moi ! Regarde-moi ! ». Et si je lui disais d’arrêter, il mettrait toute la maison sens dessus dessous pour attirer mon attention. Tu es aussi pathétique que lui.

Noh Gyu Tae à Hyang Mi, épisode 12

 

Hyang Mi est une jeune femme apparemment sans attaches et sans foyer qui travaille pour Dong Baek. Et ça m’a pris très longtemps pour comprendre qu’elle était censée avoir le même âge que Dong Baek, du reste ! Les deux actrices n’ont que quatre ans de différence et physiquement il n’y a pas de gros écart, finalement, mais j’étais persuadée que le personnage avait dix ans de moins... et c'est pour ça qu'il ne faut jamais au jeu de "à ton avis il/elle à quel âge ?" avec moi :D (en revanche, contre moi, vous gagnez à tous les coups)

 

Ce qui m’a pris bien moins longtemps, ça a été de me prendre d’affection pour Hyang Mi.

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Honnêtement, je pense qu’initialement c’était juste parce que c’est un des personnages les plus silencieux de la série (Hong Ja Young en était un autre... il y a comme ue récurrence). Elle a souvent un masque d’indifférence, dit les choses directement et d’un ton presque détaché, si bien qu’elle avait un effet très apaisant sur moi. C’est con, hein, mais le fait qu’elle soit aussi posée faisait que j’appréciais de l’avoir à l’écran et a beaucoup contribué à mon affection pour le personnage. Mais, aussi, il y a très rapidement une aura de solitude et de tristesse au personnage qui faisaient que je n’arrivais pas à la prendre en grippe même quand elle faisait des choses qui craignaient, parce que j’avais toujours dans un coin de la tête cette petite voix qui me soufflait qu’à un moment donné ce personnage allait me péter le cœur. Et la petite voix avait raison, les gens. Je ne vais pas vous spoiler, mais quand la série entre dans les détails de la vie de Hyang Mi, j’ai eu la gorge bien serrée, et chaque fois qu’elle était surprise et touchée de constater que Dong Baek la voulait réellement dans sa vie, j’avais les yeux qui piquaient un peu. C’est un des personnages à m’avoir le plus émue, et j’aime beaucoup ce que Son Dam Bi en a fait.

 

Bref, je m’arrête là, mais il y a beaucoup de personnages riches dans cette série, ils m’ont tous intéressée et tous touchée dans leurs faiblesses, si bien que j’avais tous envie de les voir être plus heureux, et le drama avait donc de quoi faire, il ne manquait pas de personnages à développer.

 

 

Equilibre des tons

 

When the camellia blooms doit jongler entre plusieurs tons et réconcilier des éléments qui a priori ne semblent pas forcément s’emboiter les uns dans les autres.

 

A vrai dire, dès le début, la série m’a surprise, parce qu’au vu des posters, je m’attendais à quelque chose de plutôt léger, et le générique de début m’avait également préparée à cela. C’est un générique très estival, plein de fleurs et de soleil, sur fond de musique légère et mignonne. On nous y donne un avant-goût des difficultés que va rencontrer l’héroïne en nous faisant sentir son isolement grâce à ces deux illustrations (et dans la seconde, on voit aussi la fenêtre que Yong Shik va ouvrir pour elle, aw) :

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Mais ça reste quand même en majeure partie un opening coloré, enjoué et adorable. Qui est directement suivi, dans l’épisode 1, d’une scène froide d’après-pluie où des policiers ont trouvé un corps dans un lac ou une rivière, apparemment. L’ambiance est triste, lourde, et on ne sait pas qui est mort, mais toute la scène, filmée au ralenti, pue la tristesse et la victime porte le bracelet qu’on a vu au poignet de l’héroïne dans le générique. Bref, cette première scène tranche énormément avec l’ambiance du générique, et après cela le drama fait un mix d’optimisme et de douceur qui m’ont foutu les larmes aux yeux et de moments qui m’ont brisé le cœur de façon terrible, et très « réelle ». Dans le sens où c’était pas du brisage de cœur en mode « l’otp ne peut pas être ensemble parce que secret de naissance et triple tumeur dans le pied qui heureusement ne tue pas le héros parce qu’il se prend un camion dans la face avant », mais du brisage de cœur basé sur des choses injustes qui sonnent plus vraies. Dans les deux derniers épisodes, j’ai tellement pleuré (parfois de tristesse, parfois de joie) que j’étais aussi desséchée qu’un anchois dans le désert.

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Globalement, oui, le drama est en effet lumineux : après tout, l’idée est de regarder éclore une fleur, et pour pousser une fleur a besoin de soleil. Mais Dong Baek, notre fleur, travaille et s’épanouit dans un endroit sans fenêtre, et c’est un refuge réconfortant, mais qui manque aussi d’une lumière que Yong Shik, en grande partie, va lui apporter en faisant des trous dans les murs (je crains que la métaphore ne m’ait échappée). Le drama donne un sentiment de chaleur, tour à tour légère de l’été ou protectrice du feu de cheminée, et il a aussi une douceur un peu magique. Ce n’est pas un drama fantastique mais, par exemple, lorsque notre couple central forme une connexion, dans le décor s’allume un panneau lumineux qui dit « Je n’aime que toi ». C’est pas vraiment de la magie, mais ça fait cet effet-là quand même.

 

(Au passage, ça n’a rien à voir mais dans le décor j’ai aussi repéré une statue d’E.T., une figurine de Pinocchio, et un tag de Charlie Chaplin… les personnages discutent aussi d’Aladdin et autres films, et avec le recul je regrette un peu de n’avoir pas noté toutes les références cinématographiques… tant pis)

 

Le drama fait un très bon mix de comédie, de romance, de drame humain… et de thriller ! Puisque le drama contient un serial-killer (forcément… vous vous pensiez où, au juste !?) 

 

Cette affaire de serial-killer, je pense, est ce qui aurait pu le plus facilement clasher avec le reste. Parce qu’au fond, mêler comédie et drame humain, ça me parait très naturel. C’est pas que ce soit toujours réussi, mais c’est une association commune. Mais ajouter à cela cette histoire de serial-killer, je trouve que c’était déjà plus casse-gueule. Pas impossible à faire (la preuve : ils l’ont fait) mais plus casse-gueule. Heureusement, le drama s’en sort, je trouve, très bien, et l’affaire « Joker » s’intègre bien à l’histoire de Dong Baek et sert véritablement l’histoire du personnage principal, avec un tueur qui est à la fois une menace précise et une représentation d’autres sentiments plus généraux. C’est un ennemi invisible mais pesant qui, comme l’exclusion et la pression sociale dont est victime Dong Baek, s’invite là où elle se pensait en sécurité, dans l’espace qu’elle s’était créé, et entendrait la priver d’un endroit où poser ses bagages de façon permanente. Ou bien il représente le passé qu’elle a fui mais qui la retrouve (que ce soit Jong Ryul ou son enfance d’enfant abandonnée par sa mère) et ne disparaitra pas tant qu’elle ne lui aura pas fait face. Et le long de la série, la façon dont Dong Baek réagit à chacune de ses interactions avec Joker dit beaucoup sur son évolution : [spoiler] les premières fois, elle a peur et ne peut rien faire pour s’enfuir, donc elle a besoin d’être secourue ; puis elle s’enfuit elle-même et s’enferme dans un ascenseur pour échapper à la menace, ascenseur dont elle finit par sortir toute seule également ; enfin elle fait non seulement face à Joker mais lui court même après et l’attaque d’elle-même [/spoiler]

 

Enfin, en tant qu’individu, Joker sert également de contraste : [spoiler] Joker, Hyang Mi et Dong Beak sont trois personnages qui ont eu affaire au dédain des autres, et chacun a répondu de façon différente [/spoiler]. Mais bien sûr, ça, c’est pour la fin puisque pendant la majeure partie du drama on ne sait pas qui est Joker. Et j’avais vraiment envie de savoir ! Joker est un personnage intéressant pour ce qu’il représente mais il est aussi menaçant et j’avais sincèrement envie qu’il soit démasqué. En grande partie, du reste, parce que le drama n’arrêtait pas de me teaser la possibilité que ce soit tel ou tel personnage, et je n’avais vraiment pas envie que ce soit eux, donc j’avais hâte que la série me rassure et me dise « ne t’en fais pas, ce n’est ni X ni Y », haha. En tous les cas, j’étais prise dans l’enquête.

 

Et donc entre les personnages multiples et cette affaire de serial-killer, encore une fois, le drama avait de quoi faire. Y avait vraiment pas besoin de meubler et de répéter les choses.

 

Sur ce, parlons de Yong Shik et Dong Baek. Parce que je les aime.

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Yong Shik et ses pom poms

 

Je marche toujours tête baissée, mais il me la fait relever sans arrêt. Il me donne l’impression de valoir quelque chose. Il me dit tout le temps que je suis importante et précieuse, et me donne le sentiment que c’est vrai.

Dong Baek à propos de Yong Shik, épisode 6

 

Commençons par ça : j’adore Kang Ha Neul. Je ne l’ai dit qu’une fois dans l’introduction, mais j’adore Kang Ha Neul. Je suis heureuse quand je vois son visage, et encore plus lorsqu’il sourit, parce qu’il a le sourire le plus adorable au monde, et AWWW pour résumer. Oh, il peut aussi être sexy, bien sûr, mais quand je pense à Kang Ha Neul à l’écran (parce que, bien sûr, je ne le connais pas, donc rien de ce que je dis ne le concerne en tant que personne), ce qui me vient en premier est un sentiment de douceur, et le regarder jouer Yong Shik qui bafouille et regarde Dong Shik avec des cœurs plein les yeux…

 

Le choix de casting était parfait, et je suis ressortie de la série avec plus d’amour pour Kang Ha Neul que jamais.

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Ceci étant dit, je n’ai pas été vendue à la cause de Yong Shik dès le début, et c’est venu plus progressivement, au fil de son évolution à lui et de l’évolution de la situation.

 

Yong Shik évolue de deux façons principales : dans son travail, il a enfin la chance de faire du vrai boulot de détective (lui qui jusque-là avait surtout arrêté des gens parce qu’il était tombé dessus, et il s’est retrouvé policier sans avoir cherché à le devenir) et révèle et aiguise son talent pour la chose ; et dans sa vie sentimentale il apprend qu’il y a des moments où il ne faut pas insister et respecter les barrières posées par l’autre. Une de mes mini-scènes favorites, à ce niveau, est celle où Dong Baek manque de se faire renverser et Yong Shik la chope par les cheveux pour la sauver. C’est un détournement amusant de la scène clichée de « je te prends dans mes bras pour te sauver d’une voiture, wouhou contact physique soudain ! », mais aussi la raison pour laquelle il l’attrape par les cheveux est que Dong Baek avait exprimé le désir de ne pas encore se tenir la main, parce qu’elle n’est pas prête. Ça donne une scène drôle et la pauvre Dong Baek se fait tirer les cheveux, mais c’est aussi attendrissant parce que même dans ce moment rapide où Yong Shik agit par réflexe, il le fait en respectant la volonté de Dong Baek. [spoiler] Un autre moment plus sérieux est évidemment la rupture dans la dernière partie du drama : je pense que le Yong Shik du début ne l’aurait pas facilement acceptée, mais là, s’il est visiblement dévasté (et Dong Baek tout autant, et on était trois à chialer), il ne proteste que très peu (il est pas ravi, forcément, mais franchement il est pas lourd du tout), puis comprend ses raisons et n’essaie pas de la retenir, lui laissant l’espace dont elle a besoin tout en lui assurant que si elle a besoin de lui, il reste son allié, qu’ils aient rompu ou pas. Dans cette scène où on peut entendre les sanglots de Mila en tant qu’accompagnement sonore, on sent vraiment que Yong Shik a grandi. [/spoiler]

 

Malgré tout, Yong Shik a beau évoluer dans le bon sens, c’est un personnage qui se définit avant tout par sa constance. Il est direct, ouvert, solide et son affection persistante et continuelle. Pour quelqu’un comme Dong Baek qui cherche de la stabilité, quelque chose de durable, quelqu’un qui ne l’abandonnera pas, ce sont des choses parfaites. Parfois, Yong Shik agit avant de réfléchir (il dit lui-même dans l’épisode 1 qu’il n’est pas du genre à réfléchir beaucoup) ou il met Dong Baek dans l’embarras parce qu’il est du genre à crier son amour en place publique, mais il est si transparent et sincère que c’est dur de ne pas se prendre d’affection pour lui, et finalement Dong Baek a beau être gêné de l’expression très publique de ses sentiments, elle note que ça aussi, c’est quelque chose qui lui fait du bien, parce qu’elle a l’habitude d’avoir été le « secret » des gens. Dans sa relation avec Jong Ryul, elle n’a jamais eu le sentiment qu’il était fier d’être vu avec elle, alors que Yong Shik est au contraire ravi d’être associée à elle, dont il chante régulièrement les louanges, prenant toujours sa défense lorsque les autres médisent d’elle. Il est un allié en toutes circonstances, inébranlable dans son affection, et sans relâche dans son soutien. Un allié dont Dong Baek a bien besoin, comme le note son fils (Pil Gu) parce qu’il est fatigué d’être la seule personne à aimer sa mère.

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Du reste, je pense que l’identité de Yong Shik est un grand plus.

 

Il a lui-même été élevé par une mère célibataire, donc il n’a pas de préjugés contre Dong Baek, contrairement au reste du quartier. Il est aussi dans une bonne position pour comprendre Pil Gu, avec qui il commence d’ailleurs à créer un début de lien avant de savoir qu’il est le fils de Dong Baek : il comprend ce que c’est de voir sa mère s’épuiser à la tâche et de grandir sans père. Pil Gu ne voit pas toujours la présence de Yong Shik d’un très bon œil parce qu’il n’apprécie pas de voir qui que ce soit tourner autour de sa mère, mais c’est évident que Pil Gu a quand même un peu plus confiance en Yong Shik qu’en les autres. Par ailleurs, la position de policier de Yong Shik, potentiellement inquiétante lorsqu’il est trop insistant, est un atout en tant qu’allié. Déjà parce qu’il a les moyens de traquer le serial-killer qui tourne autour de Dong Baek (et symboliquement, donc, de l’aider à faire face aux problèmes que représente Joker), mais aussi parce qu’il est dans une position d’autorité dans le quartier. Il est non seulement le fils d’une habitante respectée de longue date mais il représente la loi. Dans un sens, on peut le considérer comme le « gardien de la bonne société » (même si je ne dis pas que ça colle avec ma vision de la police), et comme Dong Baek a été rejetée par « la bonne société » toute sa vie, c’est significatif. Et puis, tout simplement, même s’il n’est pas très haut gradé, être policier place aussi Yong Shik en position d’un peu protéger Dong Baek contre des ennemis socialement plus élevés qu’elle (donc par exemple un politicien et proprio qui la harcèle).

 

Pas que Dong Baek ait besoin d’être trop protégée, cela dit. Elle a besoin de soutien et renfort, mais elle est très capable de mener ses propres batailles, et même de protéger Yong Shik dans la foulée. A vrai dire, ce que j’ai préféré dans la relation entre ces deux personnages, c’est que Yong Shik ne « fait » pas Dong Baek : il se contente de la révéler, de l’appuyer et de lui rappeler constamment qu’elle a déjà toute la force dont elle a besoin. Le type n’est pas tombé amoureux parce qu’il a ressenti le besoin de la protéger : il est tombé amoureux lorsqu’il l’a vue se défendre elle-même. Il est tombé amoureux par admiration, et chaque fois qu’elle s’affirme et se bat, on peut voir Yong Shik tomber de plus en plus amoureux d’elle. Moins elle a besoin de lui, plus il l’aime.

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Alors, oui, il y a des moments où Yong Shik est le grand héros : il lui sauve la vie au péril de la sienne une fois, et il y a aussi la scène de l’épisode 11 où il vient à la rescousse de Pil Gu (est-ce que je me suis repassé cette scène quinze fois ? peut-être)(le « Je suis un type avec un drone » de fin me fait rire à chaque fois, Kang Ha Neul est parfait), néanmoins, globalement, il ne joue pas à la place de Dong Baek : il est juste le meilleur pom pom boy au monde, qui refuse de laisser qui que ce soit la regarder de haut, que ce soit les autres ou elle-même.

 

A ta place, n’importe qui aurait déjà craqué. Personne n’a le droit de te critiquer. Dong Baek, dans ce quartier tout entier, je ne connais personne d’aussi fort, aussi déterminé, aussi impressionnant, ni aussi admirable. […] Je te dirai tous les jours à quel point tu es merveilleuse pour que tu ne l’oublies jamais.

Yong Shik à Dong baek, episode 4

 

 

Dong Baek: l’éclosion du camélia

 

Elle était destinée à devenir un hippopotame. Et lorsque l’hippopotame s’énerve, il conquiert le village. Les gens sont idiots de sous-estimer les hippopotames. Ils ne rugissent pas, ils ne mordent même pas : ils n’ont qu’à foncer sur l’ennemi pour gagner.

Hyang Mi à propos de Dong Baek, épisode 6

 

Je dois l’admettre : comme tous les personnages de ce drama, Dong Baek m’a par moments frustrée. Mais je compte ça dans les frustrations positives. C’est-à-dire que le personnage (très joliment interprété par Gong Hyo Jin, qui était très bonne à tout moment, et m’a particulièrement arraché le cœur dans certains épisodes) était du genre à osciller entre manque de confiance en soi et force intérieure. Elle parlait d’une voix douce et courbait souvent la tête avec l’impression (pas fausse) que le sort s’acharnait contre elle, et elle semblait très vulnérable, si bien que chaque moment de grand courage, chaque moment bad-ass me faisait hurler des « FUCK YEAH » dans ma tête, mais souvent ce n’étaient que des sursauts et après cela, Dong Baek semblait revenir en arrière. Dans l’ensemble, elle prend de plus en plus confiance en elle, mais plutôt que de monter de façon constante, il y avait des hauts et des bas sur la courbe de son évolution, on va dire.

 

Alors du coup c’était frustrant, parce qu’elle venait de prendre des résolutions et semblait avoir trouvé de nouvelles réserves de force, mais l’épisode d’après elle était revenue à courber la tête… mais je trouve ça carrément naturel et humain, à vrai dire. On évolue rarement de façon régulière, on a tendance à trébucher, je pense. En tous cas, moi, je sais que j’ai souvent des poussées de confiance en moi, suivies de moments où je me sens plus bas que terre. Donc j’ai apprécié de voir que l’évolution de Dong Baek crevait les yeux mais était aussi chaotique, avec un mix de progrès et de rechutes, de moments de doute. Ca lui prend du temps et c’est naturel : on ne défait pas une vie entière de problèmes accumulés en un claquement de doigts. Surtout quand les dégâts ont commencé si tôt.

 

- C'est un enfant. Il oubliera vite.

- C'est parce que c'est un enfant que ça restera avec lui toute sa vie. J'ai laissé une marque dans un ciment pas encore solide.

Une voisine et la mère de Yong Shik à propos de Pil Gu, épisode 18

 

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Dong Baek est un personnage qui m’a inspiré beaucoup d’admiration. Elle a élevé son fils toute seule, tenu bon dans un quartier qui ne lui a pas mené la vie facile, elle a ouvert son propre commerce et le gère seule et, certes, elle ne roule pas sur l’or et souffre de ne pas pouvoir offrir plus à son fils, mais elle a suffisamment réussi pour gagner sa vie et même employer quelqu’un (Hyang Mi). Et malgré ses moments de doute, elle est consciente d’avoir beaucoup de choses dont se sentir fière. Les scènes où elle le jette au visage de ceux qui entendraient juger sa vie font partie de mes favorites du drama. Par exemple, cet échange :

 

- Ma vie ne t’appartient pas, tu sais. Je suis sortie avec toi parce que tu me plaisais, et j’ai accouché de Pil Gu parce que je le voulais. Je suis maitresse de ma propre vie. Je suis responsable de tout ce qui s’y produit. Pour qui tu te prends ? Qu’est-ce qui te fait croire que tu peux contrôler ma vie ?

- Tu… fais très classe, là, un peu.

- C’est parce que *j’ai* la classe. Je fais 1m73, j’ai un corps parfaitement proportionné. J’ai un fils incroyable et je suis patronne de mon propre bar. Je n’ai jamais été personnage secondaire dans la vie d’un autre. Je suis l’actrice principale depuis le début.

Episode 7, Dong Baek et Jong Ryul

 

(au passage, parce qu’Extraordinary You n’a toujours pas quitté mon esprit depuis que je l’ai vu, j’ai repensé à Extraordinary You lors de ce dialogue, parce que dans Extraordinary You la différence entre les deux personnages masculins était que l’un voyait l’héroïne comme un rôle secondaire dans son histoire, tandis que pour l’autre elle était le personnage principal… ici je dirais qu’il y a un peu cette différence-là entre Jong Ryul et Yong Shik aussi)

 

Dong Baek trouve également des ressources de courage énormes lorsqu’il s’agit de protéger les gens qu’elle aime (Yong Shik dans l’épisode 6, Hyang Mi dans l’épisode 11 -deux de mes scènes favorites, forcément-, et puis Pil Gu en général bien sûr), et bref : elle sait qu’elle est partie avec des handicaps, elle sait qu’elle a réussi à surmonter beaucoup de choses, et elle sait qu’elle vit à présent une vie dont elle n’a pas à rougir. Mais à la fois, quand le monde te rejette et médis de toi toute ta vie, c’est compliqué de ne pas intérioriser ses conneries.

 

Depuis très jeune, les gens ne m’ont jamais beaucoup aimée. Ils disaient que j’avais une aura sombre, que je portais malchance. Mais ce n’est pas comme si j’avais demandé à être orpheline, si ? Je n’avais pas prévu de devenir mère célibataire non plus. Mais les gens n’arrêtent pas de dire que je porte malheur. […] Ils disent même que ça se lit sur mon visage. Que ça se voit que j’aurai une vie misérable. Et tu sais, des fois, c’est que je ressens aussi, parce que c’est ce que j’entends.

Dong Baek à Yong Shik, episode 3

 

Une des raisons pour lesquelles Dong Baek tient Yong Shik à distance au début est qu’elle se sentirait coupable de le mêler à sa « vie misérable », et à la fois elle finit par craquer et accepter sa présence parce qu’il ne cesse de la complimenter et qu’elle est terriblement sensible à ce genre de choses, en ayant manqué si longtemps. Le long de la série, on a plusieurs exemples d’à quel point sa soif de reconnaissance et affection a réellement orienté ses choix et ses rêves : elle a décidé d’ouvrir son bar parce que quelqu’un l’a complimentée sur sa cuisine et que ça l’a profondément marquée, son boulot de rêve est un boulot où les gens la remercieraient quotidiennement.

 

Dong Baek a besoin de temps. Son nom signifie « camélia », donc elle est la fleur du titre (« Quand le camélia éclot »), et elle a toujours été une fleur, mais elle a besoin de temps pour éclore, toutes les fleurs éclosant à leur rythme.

 

Ce que les autres pensent de moi, c’est leur problème. Avant, je voyais le bonheur comme une sorte de test. Je regardais les résultats des autres et essayais de me positionner par rapport à eux. Mais j’avais beau essayer très fort, je ne trouvais pas de solution. Alors pourquoi continuer ? J’ai cessé de regarder leurs résultats, les laissant à leur propre jeu, et je me suis mise à évaluer ma vie selon mes propres critères. Être heureuse selon mes propres critères, c’est tout ce dont j’ai besoin dans la vie, non ?

Episode 19, Dong Baek à Hong Ja Young

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Il y a aussi un thème récurrent du « à la dernière minute/juste avant la fin » dans la série. Par exemple, on nous dit dans l’épisode 11 que les héros apparaissent juste avant la fin, quand tout semble perdu. Plus tard on nous dira également que les gens se révèlent à la dernière minute, aux moments importants. C’est quelque chose qui revient plusieurs fois.

 

Alors, bien sûr, des fois quand le masque tombe à la dernière minute, il ne révèle rien de beau, et les gens offrent parfois de mauvaises surprises. Mais Yong Shik résume la vision du drama : il y a plus de héros que de méchants qui attendent le bon moment pour se révéler. C’est une vision très optimiste du monde, et on la partagera ou pas, mais le drama, lui, est complètement imprégné de cet optimisme, et donc de cet encouragement à ne pas abandonner, à tenir le coup, parce que si le héros (qu’il soit intérieur ou extérieur) n’a pas encore fait son apparition, alors c’est que l’histoire n’est pas encore terminée. Encore une fois : c’est très optimiste. Je ne pense malheureusement pas que cela se passe comme ça pour tout le monde. Mais j’apprécie l’optimisme du drama qui ne tombe pas non plus trop dans l’idéalisme (ce n’est pas comme si tout s’arrangeait parfaitement). La série présente une version du monde et des gens à laquelle j’aimerais croire : elle nous dit que nous sommes tous des fleurs qui attendent leur moment d’éclore et que nous avons tous au fond de nous un héros qui sommeille. Et lorsque les héros travaillent ensemble, les petites bonnes actions s’accumulent et créent des miracles.

 

Le drama parle beaucoup de communauté.

 

 

Communauté et mise à l’écart

 

Dong Baek et Pil Gu soulignent plusieurs fois l’importance d’avoir des alliés, parce qu’ils sont bien placés pour l’apprécier, vu qu’ils ont dû s’en passer si longtemps. Un arbre seul au milieu de nulle part galèrera à résister aux intempéries et glissements de terrain, mais mettez une forêt autour, et subitement, ça change la donne : bref l’union fait la force, et le drama illustre comment les communautés peuvent être une véritable force du bien. Dong Baek, à vrai dire, a même emménagé dans ce quartier spécifiquement pour son sens de la communauté. C’est un quartier où tout le monde connait tout le monde, et qui fonctionne comme une grande famille, quelque chose d’alléchant pour Dong Baek qui a grandi sans famille, puisqu’elle a été abandonnée par sa mère. Elle a grandi en orphelinat, traumatisée par l’abandon maternel, source de solitude et gros complexes. Je l’ai déjà dit mais beaucoup des choix de vie de Dong Baek (selon sa propre analyse) découlent directement de son besoin d’une affection et reconnaissance qu’elle n’a jamais ressenties, et le drama est très préoccupé par ce que l’isolation d’une personne peut avoir comme effet sur cette personne.

 

Du côté « famille », il s’interroge aussi sur ce qu’on hérite de nos parents, ou de leur absence. Il y a des choses physiques, comme par exemple une aptitude pour le baseball ou bien [spoiler] une maladie [/spoiler], et puis des choses qui relèvent plus du déterminisme : Dong Baek est-elle vouée à vivre comme sa mère, mère célibataire rejetée et dans la galère financière ? C’est quelque chose qui faisait très peur à sa mère, mais le drama, étant la série optimiste qu’il est, nous montre des enfants qui prennent le meilleur de leurs parents et évitent d’en reproduire des erreurs. Chaque génération semble s’en sortir mieux que la précédente, aussi grâce aux efforts de leurs parents qui espèrent les voir vivre des vies meilleures qu’ils ont vécues eux-mêmes. Pas que les parents soient présentés comme parfaits, cela dit, et le drama dépeint la famille comme quelque chose de complexe, qui peut sauver mais aussi blesser, et quelque chose qui vient sous différentes formes : on peut naître avec une famille, mais aussi la créer à partir de gens n’ayant aucun lien du sang avec nous. Et forcément, moi, c’est le genre d’idée qui me parle énormément, et j’ai été très touchée par la petite famille que se créé Dong Baek, une famille de gens réunis par leur amour de Dong Baek.

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Néanmoins, « la famille » n’est pas garante de sûreté : elle peut trahir, elle peut abandonner. Comme toutes les communautés. Et, donc, si la série nous illustre ce qui peut être accompli par un groupe d’individus bien intentionnés, elle ne cache pas non plus les dégâts énormes que peuvent faire les gens quand ils excluent, tournent collectivement le dos à un individu, voire le maltraitent activement. Si les petits actes positifs s’accumulent et créent des miracles, les petits actes négatifs cumulés, eux, créent des monstres.

 

Bien sûr, le drama ne dépossède pas non plus les personnages de leurs choix, et nous propose trois personnages en ayant fait de très différents, avec à un des extrêmes Dong Baek qui a été malmenée par la vie encore et encore, et rejetée encore et encore, et est quand même devenue une adulte profondément bonne et pleine de compassion. C’est donc qu’il est possible de ne pas prendre le « mauvais tournant » et, ainsi, le drama ne dédouane pas les personnages qui ont moins bien tourné de leurs responsabilités, mais il fait néanmoins un portrait effrayant des groupes quand on ne correspond pas à leurs critères d’acceptation. Ici, les femmes qui bossent dans des bars et leurs enfants sont particulièrement mal vus et rejetés. Dong Baek, en plus, a aussi le défaut d’être mère célibataire, sans même avoir la décence d’être veuve, ce qui aurait été déjà plus respectable. Même être divorcée aurait été préférable, mais là elle a le culot d’avoir eu un enfant toute seule sans jamais se marier, donc autant vous dire qu’elle n’est pas vu d’un bon œil. Et être jeune et jolie aggrave aussi pas mal son cas. Et, certes, elle finit par être acceptée dans le quartier, et j’ai été heureuse pour elle et tout, mais j’ai eu plus le sentiment qu’elle avait gagné sa place, et pas tellement que la communauté avait tant changé que cela. Du coup, si un nouveau-venu n’entrant pas dans les critères du quartier venait à s’y installer, je pense qu’il ferait face au même type de discrimination (mais au moins il aurait une alliée en la personne de Dong Baek).

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A la base, la raison pour laquelle Dong Baek a tant besoin d’alliés est justement pour affronter le reste du monde. Elle a besoin de son propre groupe pour affronter le plus grand groupe, et donc, oui, les communautés sont présentées comme une force, qui peut faire autant de mal que de bien, et j’ai apprécié la nuance.

 

 

Omma, mama, mother

 

When the camellia blooms est un drama très féminin. Ce n’est pas qu’il n’y a pas de personnages masculins développés et marquants (Yong Shik, Noh Gyu Tae et Jong Ryul sont trois personnages masculins importants et de front), donc pour reformuler plutôt : c’est un drama qui se déroule dans un monde dirigé par des femmes. A vrai dire, c’est même la raison pour laquelle le bar fonctionne : le quartier est complètement sous le joug des femmes, et leurs maris trouvent un refuge dans l’établissement de Dong Baek parce qu’elle n’a aucun lien avec leurs épouses et ne risque donc pas de leur rapporter leurs faits et gestes.

 

Pour autant, ça ne signifie pas que ces femmes sont tout à fait « libres ». Et, du reste, ça rend aussi encore plus triste le rejet de Dong Baek parce qu’il est fait par d‘autres femmes qui devraient pourtant en avoir tout autant ras les fesses qu’on exige autant d’elles. Car en effet, on exige beaucoup d’elles.

 

Le drama parle beaucoup de maternité. Ca se reflète d’ailleurs dans les titres des épisodes : le mot qui revient le plus est le mot « mère/maman » qui apparait six fois dans trois titres différents, à savoir ceux de

 

• l’épisode 14 : Les rides de ma mère -et c’est ainsi que ma mère vieillit-

• l’épisode 15 : Omma, Mama, Mother / ou : Maman (en coréen), maman (en chinois), maman (en anglais)

• l’épisode 19 : 7 années et 3 mois d’être mère

 

Et la série fait des « mamans » de, en gros, tous les personnages féminins. Certains ont tout simplement des enfants (Dong Baek ou les mères de Yong Shik, Noh Gyu Tae et Jessica par exemple), mais pour d’autres c’est juste qu’elles doivent s’occuper d’hommes qui dépendent d’elles, que ce soit [spoiler] Hyang Mi et son frère [/spoiler] ou encore Hong Ja Young et son mari. Ces femmes nous sont montrées comme étant parfaitement capables de s’occuper d’elles-mêmes, mais les hommes de leur vie, en revanche, doivent ou ont dû se reposer sur elles, quitte à les écraser parfois. Il est possible qu’un détail m’échappe, mais il me semble que, à côté de cela, le seul personnage féminin qu’on voit devoir réellement se reposer sur une mère est Jessica, qui se pose encore une fois en exception par rapport au reste. Ce n’est pas que les personnages féminins n’entretiennent aucun rapport maternel avec d’autres (notamment Dong Baek voit la mère de Yong Shik comme à la fois une meilleure amie et une figure maternelle), ni qu’elles ne se reposent pas les unes sur les autres et il y a beaucoup d’entraide féminine dans ce drama (yay !), mais tous les vrais enfants sont des garçons et les personnages à le plus se comporter comme des enfants sont les hommes (à l’exception de Jessica, encore une fois).

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Je ne suis pas certaine de savoir ce que je pense de ce que dit When the camellia blooms de la maternité et des femme ?

 

D’un côté, pour les femmes qui se retrouvent dans le rôle de mère sans même avoir d’enfants, il montre bien que c’est épuisant. Du reste, pour les mères qui ont de vrais enfants, il montre que c’est épuisant aussi, d'autant que ce n’est pas comme si elles pouvaient compter sur les pères. La seule exception à cela est Jong Ryul qui s’occupe de sa fille puisque Jessica ne le fait pas, mais même lui semble délaisser un peu sa fille au milieu du drama (en la confiant à sa mère) pour courser Pil Gu (pour lequel il est un père assez inepte, parce qu’absolument pas préparé), mais sinon tous les pères sont soit absents, soit pas intéressés, soit carrément violents (puis absents). Je suis sûre que Yong Shik s’en sortira bien mieux, et à vrai dire il s’en sort déjà mieux avant même d’être le père de Pil Gu, mais sinon les mères peuvent difficilement compter sur l’aide des hommes pour élever leurs enfants, donc yep, la tâche est épuisante, et le drama devient une illustration de tout ce qu’elles doivent affronter, ainsi qu’une ode à leur force et leur amour, même quand elles ne sont pas parfaites.

 

D’un autre côté : Jessica. Elle semble servir de démonstration que toutes les femmes ne peuvent pas tenir debout toutes seules et n’ont pas l’instinct maternel, et je suis 1/ d’autant plus amère qu’elle ait été développée si tard et si peu, et 2/ un peu méfiante de la façon dont elle nous est présentée comme le personnage féminin le plus juvénile du drama, comme si la série nous disait qu’elle n’est pas comme les autres femmes parce qu’elle n’a pas encore assez grandi. Il semble manquer quelque chose au personnage, son évolution n’est pas complète, et de tous les personnages féminins principaux elle est probablement la plus antipathique le plus longtemps, ce que je trouve dommage vu son statut. L’autre personnage féminin principal qui, je suppose, peut être antipathique plus longtemps que les autres (Dong Baek est attachante dès le début, et Hong Ja Young le devient -si elle ne l’était pas déjà- vers l’épisode 7) est Hyang Mi (même si pas pour moi), mais [spoiler] elle est « réhabilitée » plus tôt que Jessica par le drama lorsqu’il nous dévoile que elle aussi est « mère », en l’occurrence de son petit frère [/spoiler].

 

Bref, je ne sais sincèrement pas ce que je pense. En revanche, je peux quand même vous dire que j’ai été énormément touchée par tous les sacrifices que font ces femmes, et par tout l’amour dont elles sont capables. Si je ne me perds pas dans quel message fait passer le drama (et j’entends bien : « me perdre », parce que c’est très emmêlé dans ma tête), il y a juste des tas de moments qui m’ont foutu les larmes aux yeux, autour de Dong Baek en particulier, et qui m’ont fait repenser à ma propre mère avec amour et appréciation, ce qui, je pense, était en grande partie le but de la série. J’ai eu beaucoup de chance.

 

 

En conclusion

 

J’ai passé en gros les deux derniers épisodes du drama à chialer. Surtout dans la seconde moitié du dernier épisode, je n’en pouvais plus. Parce que c’était beau, les gens. A ce moment-là, j’ai complètement oublié les coups de sang et les grimpées de tension : le jeu en avait largement valu la chandelle. Du reste, ce n’était pas juste la fin qui justifiait le reste, je me serais pas tapé vingt épisodes du drama s’il n’avait contenu que des moments de frustration et de rage : j’ai aussi ressenti beaucoup d’amour pour plusieurs de ses personnages, pour son ambiance lumineuse, pour ses interprètes, pour ses jolis dialogues, pour son optimisme, et pour chacune des expressions de Kang Ha Neul. Donc je suis bien contente de l’avoir regardé, merci Duwa :)

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