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Sorti en 2006

Réalisé par Kaneko Shunsuke

Ecrit par Oishi Tetsuya

D’après le manga d’Onba Tsugumi & Obata Takeshi

 

Avec :

Fujiwara Tatsuya >>> Yagami Light/Kira

Matsuyama Kenichi >>> L

Kashii Yu >>> Kashino Shiori

Fujimura Shunji >>> Watari

Kaga Takeshi >>> Yagami Souichiro

Seto Asaka >>> Misora Naomi

 

Dontesque ?

Light, étudiant modèle, tombe par hasard sur un drôle de cahier  qui, selon ce qui y est inscrit, a le pouvoir de tuer les gens. Après avoir vérifié son bon fonctionnement, Light décide de faire du monde un meilleur endroit en éliminant toutes les personnes qu’il juge nuisibles à la société. Le monde, lui donnant le nom de « Kira », se divise alors en deux clans : ceux qui voient en lui la main de la justice et ceux qui ne voient qu’un simple meurtrier. La police fait appel à L, le détective le plus réputé du monde, n’ayant jamais échoué à résoudre les affaires les plus compliquées.

 

~oOo~

Il était temps de revenir aux films Death Note les gens, ne serait-ce que pour leur donner une véritable chance. Ces films sont les premiers sur lesquels j’ai écrit un article sur ce blog –oui, cette fois-ci je vais en écrire un par film, mais la première fois j’avais juste écrit un article de trois paragraphes pour les deux-, et j’avais été très claire dans son introduction : j’étais partie avec l’idée qu’ils ne me plairaient pas –sérieusement, ma première phrase était : « Je vous avoue que quand, en tant que grande fan du manga, je me suis décidée à regarder ce film, je suis partie avec l'idée qu'il ne pouvait de toute façon pas être bon »… je me juge tellement-, parce que le manga était tellement complexe, et tellement bon, que franchement je n’imaginais pas que les films puissent avoir une valeur quelconque. Histoire d’être quand même sympa avec moi-même, j’écrivais aussi :

« Je ne dirais pas que c'est un mauvais film. […] Le film perd effectivement de son intérêt par rapport au mana, mais le réalisateur a su tourner une histoire qui, bien qu'elle n'ait pas le suspens et l'ampleur de celle du manga, reste intéressante et conserve les thèmes de l'œuvre originale. »

Donc je n’étais pas complètement fermée non plus, mais j’avais quand même largement limité mon appréciation du film. Maintenant que j’ai grandi, que mon esprit s’est un peu élargi, et que, juste, je suis moins butée, il était temps de me replonger dans tout cela -ce qui ne garantissait bien entendu pas que j'aimerais le film-. Alors, bien entendu, il est toujours très vrai que l’histoire entière de Death Note ne peut pas être adaptée en l’espace de deux films, parce qu’elle est toujours trop complexe et, simplement, trop longue pour cela, mais maintenant que j’ai enregistré que adaptation =/= transposition mot à mot, j’ai décidé de laisser les mangas un peu de côté –je les relirai plus tard, faut que je réécrive là-dessus, et sur l’anime, également-, et de regarder ces films pour ce qu’ils sont : des films. Et en faisant cela, en fait, c'est allé drôlement mieux.

Déjà, j’avais le souvenir que les acteurs surjouaient, mais ce n’est pas si vrai que cela. Dans mon premier article, de toute façon, je pense que j’avais mis le doigt sur le souci –c’est pratique n’empêche d’avoir des articles de soi à relire, j’aime bien me confronter à ce que je pensais il y a plusieurs années- en parlant des « conventions japonaises ». Death Note est un des premiers films japonais que j’ai regardés, je n’étais absolument pas habituée aux conventions japonaises, et, oui, c’est vrai en plus que l’adaptation des mangas au grand écran a tendance parfois ajouter un petit plus théatral. Encore qu’ici, franchement, le théatral vient plus de la mise en scène que vraiment des acteurs, qui n’en font pas tant des tonnes que cela. C’est juste que, voilà, on va avoir L qui a une dégaine très manga, ou bien des plans moyennement subtils comme celui où l’ombre de Ryuk semble dévorer Light peu à peu, sans oublier quelques angles qui cherchent probablement à reproduire des cases du manga. Mais les acteurs eux-mêmes, ne surjouent pas, même pas Fujiwara Tatsuya, qui m’avait pourtant laissé ce souvenir en particulier. Finalement, je l’ai trouvé convaincant. Il ne ressemble physiquement pas à Light, il n’est pas l’acteur que j’aurais casté d’instinct, mais il est crédible en tant qu’adolescent banal, et en tant que génie emporté par sa soif du pouvoir sous couvert d’envie de justice. Quant à Matsuken, pour le moment il n’a pas encore eu trop la place de s’exprimer, mais il a déjà du charisme et, pour le coup, c’est vrai qu’on a l’impression de voir L sauter des pages du manga. Je pense néanmoins que j’aurai plus à dire sur lui dans le second film –et n’oublions pas le troisième ! Encore que dans un sens, ce ne soit pas une si mauvaise idée de le zapper, si mes souvenirs sont exacts- donc je vais réserver mes remarques pour ce moment-là, et simplement dire que je trouve le casting en place dans ce premier volet, plus sobre que dans mes souvenirs. En général, c’est un film assez calme en fait, il y a beaucoup de silences, et parce que l’histoire est ce qu’elle est, il contient peu d’action, c’est surtout pas mal de suspens et d’affrontements intellectuels.

Parfois, cela dit, je trouve que l’histoire manque légèrement de subtilité, ou d’ambigüité peut-être. En général, je trouve que le film fait vraiment du bon boulot au niveau de l’histoire. Ils ont du pas mal changer le scénario du manga pour correspondre à leur format réduit, et c’est bien fait. Alors, il y a des petits choses qui déconnent bien entendu : par exemple, L détermine que l’emploi du temps de Kira correspond à celui d’un étudiant, et même lorsque Light est suspecté, personne ne songe à comparer les emplois du temps ? Ou bien, au début, on a des criminels qui  se vantent de leurs crimes au milieu d’un bar plein –en surjouant vraiment pour le coup- et ça parait un peu trop gros, de même que l’erreur de Naomi –qui semble être une jeune femme particulièrement intelligente- semble forcée, et ne cadre pas avec ce qu’on voit du personnage. Mais, dans l’ensemble, le film arrive à créer une histoire suffisamment complexe pour être intéressante, suffisamment claire pour être suivie, et pleine de suspense, tandis qu’on vit les balbutiements du jeu du chat et de la souris qui s’installe entre L et Kira/Light. Pour moi qui, en plus, ai lu plusieurs fois le manga, et vu l’anime, le film tape pile dans le suffisamment familier pour réveiller chez moi une nostalgie affectueuse, et dans le suffisamment nouveau pour que je ne m’ennuie pas. Vraiment, il y a un bon dosage.

[Nouvel ordre mondial] Death Note デスノート (film)[Nouvel ordre mondial] Death Note デスノート (film)
[Nouvel ordre mondial] Death Note デスノート (film)[Nouvel ordre mondial] Death Note デスノート (film)
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[Nouvel ordre mondial] Death Note デスノート (film)[Nouvel ordre mondial] Death Note デスノート (film)

Mon petit regret, au niveau du scénario, en fait, c’est l’affaire « Shiori », la petite amie de Light, une addition du film. Son existence ne me dérange pas, pas du tout même, c’est une addition que j’apprécie, car sans prendre tant de place, elle donne une attache humaine à Light de plus, et je trouve que cela donne encore un peu plus d’ambiguité à un Light dont on essaie de deviner les sentiments –ou plus exactement : la présence ou l’absence de sentiments- sans que lui-même soit bien certain d’où se situer. Pour moi Shiori est un peu l’équivalent humain de la réaction de Light en voyant Naomi apparaître après qu’il ait tué son fiancé, Ray : lors de cette scène il est tout souriant, tout ravi de sa victoire, et lorsque Naomi entre, effondrée, dans son champs de vision, il perd tout de suite son sourire. Et on peut interpréter cela comme un « oh, merde, une complication dans mon plan », mais il y a moyen de voir dans la perte de son sourire une réalisation subite que l’homme qu’il a tué –et dont Ryuk lui rappelait plus tôt qu’il n’était pas un criminel- avait des proches. A ce stade de l’histoire, on peut se dire qu’il reste à Light un peu de compassion. Pas forcément, mais c’est tout l’intérêt de la scène, qui nous laisse interpréter la réaction du personnage comme on l’entend. Shiori, c’est un peu cela également : un élément à interpréter. Et c’est pour cela que j’aimais son inclusion, mais pour cela également que j’ai été un petit chouïa déçue par la façon dont son axe est géré.

[spoiler] Light, donc, se sert de Shiori pour se débarrasser de Naomi. Il fait en sorte que Shiori soit prise en otage par une Naomi qui le menace, devant les yeux de la police, de tuer sa petite amie s’il n’avoue pas être Kira. Bien sûr, il n’avoue queudale, et du coup Nami tue une Shiori qui courait vers Light. Light semble effondré, la police accepte de l’inclure dans leur équipe, Naomi se suicide. Bien sûr, tout avait été orchestré par Light, qui avait écrit à la fois le destin de Naomi et celui de Shiori dans le Death Note. Et voilà ce que je trouve un peu dommage : Light avait écrit que Naomi « arrêterait » son otage. Il avait juste écrit « arrêtere/stoppe » et ce choix de mot, plutôt que d’utiliser le mot « tue », était une nuance très intéressante pour moi. Parce que cela laissait place à l’idée que peut-être Light n’avait pas forcément prévu, pas forcément mis en mot en tous cas, que Shiori se ferait tuer. Peut-être qu’il imaginait que Naomi lui tirerait dans la jambe, peut-être qu’il n’avait pas pris la peine d’imaginer ce qui lui arriverait. J’aurais beaucoup aimé rester sur ce mot « stopper », laissant la porte ouverte, plutôt que d’avoir la confirmation que Light a bien tué Shiori pour entrer dans l'équipe de la police -ce à quoi, à mon sens, une menace de mort, une prise d’otage et une accusation auraient suffi-. J’aime quand même ce que fait le film, je dirais que c’est le moment clé où Light abandonne pour de bon le meilleur de son humanité, mais je crois simplement que j'aurais aimé avoir ce petit doute et me demander s’il l’avait fait consciemment, ou si c’était advenu par accident. [/spoiler]

Malgré tout, je continue de penser que le scénario de ce premier film est généralement, malgré quelques erreurs, bien foutu et prenant. Il nous introduit à Kira, la façon dont il est perçu par une partie du public comme un sauveur, et comme un tueur par l’autre, et il nous fait grandement évoluer le personnage de Kira en, en gros, trois étapes qui se trouvent à peu près au début, au milieu, et à la fin du film : le film s’ouvre sur des victimes qui sont des criminels dangereux menaçant des innocents, ou des criminels qui échappent à une justice corrompue ; au milieu Kira s’en prend à un homme innocent [spoiler] qu’il ne connait pas ; et à la fin il tue l’une des personnes les plus proches de lui. Notons au passage une autre évolution : au début il soutenait qu’il ferait voir/comprendre sa version de la vérité à Shiori, à la fin il choisit d’éliminer, de se débarrasser, au lieu de convaincre [/spoiler]. Il y a une progression nette dans le choix des victimes de Light, ainsi que dans le personnage en général, qui le mène pile là où il fallait pour la scène de fin, où il se retrouve vraiment confronté à L pour la première fois. Je dois admettre qu’une part de moi regrette de ne pas avoir l’introduction de L telle qu’elle était dans le manga –parce qu’elle me faisait rire-, mais l’introduction du film marche parfaitement bien dans son contexte, et le fait que L soit en train de manger des chips que Light se disait être le seul à aimer –dans sa famille- est une petite touche appréciable, parce qu’encore une fois elle a un double-sens –vous commencez à capter que j’aime cela je crois- : elle souligne la similarité entre les personnages –qui a été soulignée par L avant cela lorsqu’il dit que Kira est comme lui : il n’aime pas perdre… L doit d’ailleurs être rappelé à l’ordre, rappelé que la situation n’est pas un jeu-, et puisque Light avait réussi à détourner les suspicions de l’équipe de policiers grâce à un paquet de chips, mais n’a clairement pas réussi à convaincre L –qui n’a peut-être pas capté le stratagème, mais peut-être que si…-, le paquet peut être vu comme un « je sais qui tu es, je sais ce que tu as fait, et que la partie commence ».

Du coup, j’ai hâte de voir la suite maintenant. Ce film, malgré ses problèmes, était largement meilleur que je m’y attendais. Les acteurs sont finalement plutôt convaincants, je trouve le film joliment réalisé malgré quelques manques de subtilité, et Ryuk, tout en images de synthèse, n’est pas exactement réaliste, mais après toutes ses années, il se tient bien quand même –je maintiens qu’un jour j’aimerais vraiment voir un Ryuk joué par un véritable acteur… beaucoup de gens me regardent comme si j’étais dingue quand je leur sors cela, mais pour plusieurs raisons, je continue de penser que cela pourrait marcher-, j’ai envie de voir la suite continuer à développer les personnages et les thèmes, et emmener le scénario dans des endroits à la fois familiers et inattendus. Bref, je me félicite de m’y être replongée.

Tag(s) : #Cinéma, #Cinéma Asiatique, #Japon, #Death Note, #2000s, #2006, #Kaneko Shunsuke, #Tetsuya Oishi, #Ohba Tsugumi, #Obata Takeshi, #Adaptation, #Fujiwara Tatsuya, #Matsuyama Kenichi, #Kashii Yu, #Fujimura Shinji, #Seto Asaka, #Kaga Takeshi, #Thriller, #Surnaturel, #Policier

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