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Sorti en 2005

Réalisé et écrit par David Payne

 

Avec :

Devon Gummersall >>> Jack

Derek Richardson >>> Nelson

Tina Illman >>> Gretchen

Scott Whyte >>> Trip

Arielle Kebbel >>> Cookie

Et Michael Ironside

 

Dontesque ?

Une bande d’adolescents qui faisaient du co-voiturage se retrouvent bloqués dans un motel désert et traqués par une entité à l’odeur particulièrement forte.

 

~oOo~

Je ne suis pas –tout à fait- l’être parfait et infaillible que vous pensez. Souvent je suis même assez nulle et dans mes grands regrets il y a la façon dont j’ai considéré les films d’horreur comme de la pure junk food pendant une trop longue partie de ma vie. Ce n’est pas qu’on ne puisse pas mettre certains films d’horreur dans cette catégorie mais le mépris que je lis dans mes articles pour tout un genre qui fait partie de mes genres favoris… me rend triste. Partir du principe qu’un film d’horreur n’a pas besoin d’être franchement bon est un principe de merde auquel je suis arrivée via tout ce qui est raconté ICI –je vais pas tout vous réécrire, ce serait inutilement long- et, comme c’est également dit dans l’article, il y a plusieurs posts que j’ai décidés de reprendre –pas que des articles sur des films d’horreur d’ailleurs o.o- parce que, pour le dire simplement, un peu comme l'antagoniste de ce film, ils puent -mais pas de la même manière-. Et j’ai décidé de regarder ce film-là parce que j’y attache un souvenir particulier et aussi parce que dans mon ancien article, qui était médiocre pour plus d’une raison, on pouvait trouver cette phrase : « Je crois qu'on appelle ce genre de films un ‘slasher’ » et... aw, je trouve cela adorable, je n’étais pas sûre de ce qu’était un slasher :’) Eh bien, cher moi-passé, oui, oui Reeker est un slasher, bien joué ! Et un slasher que j’ai décidé de revisiter parce qu’il m’avait laissé le sentiment d’être assez mauvais –jusque là ça parait très con, okay- mais que je n’arrivais pas à savoir si c’était dû au film lui-même ou aux circonstances. Et là j’en viens à mon souvenir en particulier –parce que cet article n’est qu’un gros prétexte pour vous parler de moi comme tous les articles qui sont sur ce blog-.

Après la mort de ma mère, plusieurs mois après, mon père nous laissaient seules ma sœur et moi le mardi soir pour aller à son club de go. Et nous, bien entendu, nous en profitions à mort. Nous lui avions fait nous créer une carte de vidéoclub –parce que comme on était mineures, on n’avait pas le droit de le faire toutes seules- et tous les mardi nous empruntions 2 dvds, parfois 3. Nous étions bien sûr censées nous coucher pas trop tard parce qu’il y avait école le lendemain mais bon, notre père ne rentrait qu’entre 2 et 3h du matin donc on avait le temps d’abuser. Tout le jeu consistait à repérer le bruit de la voiture suffisamment vite pour avoir le temps de foncer dans nos lits. A bien y réfléchir c’était impossible de *vraiment* y arriver parce que le fait est que le temps d’aller à la voiture jusqu’à l’entrée est largement inférieur à celui du voyage du salon vers nos chambres, d’autant qu’il fallait aussi éteindre la télé et les lumières et que l’entrée est juste devant les escaliers –super bruyants- qui mènent à nos chambres. Donc oui, impossible. Mais nous n’avons jamais été prises la main dans le sac parce qu’il rentrait toujours vraiment tard et que, quand vraiment, nous ne nous sentions pas de parier, nous allions regarder le dernier dvd dans une chambre sur un ordinateur portable –pourquoi nous n’avons pas fait cela tous les soirs me dépasse-. Pour revenir à nos dvds, généralement nous commencions par deux films d’horreur –ou un seul quand il n’y avait que deux dvds au total- et terminions sur quelque chose de plus léger pour nous éviter de faire des cauchemars toute la nuit. Et quand je dis « nous éviter » je veux dire « m’éviter à moi » parce que ma sœur était un roc et moi la pire pétocharde au monde et cette période de ma vie a grandement contribué à ma peur des reflets, du noir, des douches, des escaliers, des fauteuils à bascule, des placards, etc etc. Bref, un soir nous avons loué Reeker. C’était notre premier film de la soirée et ce soir-là, en plein milieu du film, mon père est rentré. Rien de bien incriminant vu qu’il devait être à peine 21h mais du coup, parce que le club ne se réunissait pas ce soir-là, il était rentré à la maison avec le seul autre membre du club qui n’avait pas eu le mémo pour jouer à la maison. En arrivant néanmoins, ils ont commencé par se poser avec nous devant le film. Bon déjà l’amie arrivée avec lui avait beaucoup beaucoup de mal avec le gore si bien que j’ai cru qu’elle allait vomir sur le canapé –alors que franchement Reeker n’est pas bien méchant dans cette catégorie- et mon père ayant une vision des films d’horreur peu flatteuse –il voit cela en grande partie comme des films pour adolescents pas fut-fut- basée sur, essentiellement, des slashers, Reeker n’était clairement pas le film à lui montrer pour le faire changer d’avis. Et c’est là que je dis que je n’étais plus certaine de mes impressions sur le film parce que quand je regarde quelque chose avec quelqu’un, selon le film, selon la personne et selon les circonstances, il m’arrive d’en adopter le point de vue. Donc ma question était là : est-ce que j’avais trouvé le film mauvais parce que je l’avais trouvé mauvais ou bien parce que je le voyais à travers les yeux d'un père dont je redoutais le jugement sur mes activités?

[Tu le sentiras venir] Reeker[Tu le sentiras venir] Reeker
[Tu le sentiras venir] Reeker[Tu le sentiras venir] Reeker

C’est donc la réponse à cette question que je m’en vais vous donner après cette introduction qui vient de vous priver de trois ans de votre vie. Et la réponse est : je trouve toujours ce film plutôt mauvais… du coup c’est cool, vos trois années ne vous paraissent pas gâchées du tout, pas vrai ? Si au moins je vous avais sorti que c’était un chef d’œuvre, mais même pas ! Non, malheureusement, je n’ai pas eu de révélation. Cela dit, il y a quand même des choses que j’aime bien dans ce film, notamment sa fin que je trouve toujours bien foutue et que j’avais déjà appréciée la première fois. Bien entendu je ne peux pas en dévoiler les détails parce que dans un slasher c’est plus fun de se demander si quelqu’un va survivre et comment que de tout savoir depuis le début. Enfin en tous cas j’aime vraiment bien la fin. J’ai le sentiment d’avoir déjà vu ce « style » de conclusion dans d’autres œuvres de fiction mais ça ne la rend pas moins appréciable à mes yeux. Par contre cela a rendu l’antagoniste assez décevant. De base, je n’ai jamais trouvé l’antagoniste de Reeker particulièrement impressionnant de toute façon. C’est-à-dire que toute l’affaire « tu le sentiras venir », je trouve cela plus drôle qu’autre chose. Un méchant en grande partie défini par le fait qu’il pue, excusez ce que cela a de juvénile mais cela me fait rire. Pardon. [spoiler] Bon mais surtout c’est vrai qu’à cause du twist j’imagine que notre antagoniste qui pue est censé représenter la mort elle-même et quand même elle a pas la classe la faucheuse en l’occurrence… déjà que pour un simple monstre de slasher, je trouvais que ce n’était pas particulièrement enthousiasmant… [/spoiler] Enfin voilà, le méchant de Reeker ne m’impressionne pas beaucoup et ne me fait certainement pas peur. Certes, je n’aimerais pas me retrouver face à lui dans la vraie vie parce que j’ai quand même un semblant d’instinct de survie mais au test de T.P.E.L.L. –Temps Pour Eteindre La Lumière- son score n’est pas brillant, il est même nul dans le sens où il est de zéro seconde.

Là où j’ai eu une bonne surprise en revanche c’est au niveau des personnages parce que dans mon souvenir ils étaient tous très antipathiques alors que, finalement, ce n’est pas le cas. Sur nos cinq protagonistes il y en a quand même trois que j’ai appréciés, c’est plus de la moitié et dans un slasher c’est plutôt pas mal parce que cela ne m’arrive pas si souvent. Cookie, malgré un nom un peu malchanceux –mais sans doute destiné à faire rire, j’y reviendrai-, a quelque chose d’attachant dans son côté très bisounours et Nelson semble être un type généralement appréciable tandis que Gretchen a du cran et du répondant ce qui, dans ce type de film, est une bonne chose, ça permet de vivre un peu plus longtemps que les autres, voire même de carrément survivre jusqu’au bout selon la note sur laquelle le scénariste veut finir son film. Bon alors, okay, Trip tire le groupe vers le bras parce qu’il est non seulement très antipathique –du genre à jouer des tours aux aveugles pour le fun- mais en plus il est quand même très con parce que voler tout son stock à un dealer en pensant que cela n’aura aucune répercussion, c’est de la débilité profonde quand même. Bien joué Trip. Mais j’en viens à Jack, le jeune homme aveugle donc, et c’est un personnage que la première fois je n’avais pas trop su comment aborder. Le type a deux de tension et le film joue sur un certain potentiel sympathie entrainé par son handicap mais d’un autre côté, ce n’est pas un type que je trouve plus agréable que cela. Il n’est pas désagréable non plus, j’ai juste du mal à le cerner et à m’y attacher. Et franchement qui cite de l’Aristote alors qu’il est à deux doigts de se faire découper en morceaux par un monstre pestilentiel ? Mais je pense que c’était censé être absurde, de même que la scène d’ouverture du film avec ses effets gores vaguement farcesques était amusante et que Cookie ressemble à une caricature. Il y a une volonté de faire du second degré dans Reeker et, en général, c’est une entreprise que je soutiens à 100% mais pour le coup, j’ai beau *voir* les scènes, les répliques et les personnages qui sont censés, je pense, me faire sourire, … eh bien cela ne marche pas.

Et finalement c’est probablement le reproche principal que j’ai à faire à Reeker : je me suis ennuyée devant. Oui, parfois, j’ai souri à une chose deux, oui la fin est bien pensée, et oui certains personnages sont moins antipathiques que dans mon souvenir mais j’ai toujours eu le sentiment que le film n’allait au bout de rien. Le gore ne l’est pas beaucoup, le drôle ne l’est pas beaucoup, le suspens n’est pas à son comble non plus, les personnages ne sont pas tous antipathiques mais je ne me suis pas non plus attachée ou identifiée à eux outre-mesure et somme toute c’était passable mais vraiment pas inoubliable. Si un jour je décide que je veux faire apprécier les slashers à mon père -improbable mais bon-, ce n’est certainement pas par Reeker que je commencerais et je pense que je vais faire l’impasse sur la suite de mon côté.

5/10

Tag(s) : #Cinéma, #Cinéma Occidental, #USA, #Reeker, #2000s, #2005, #David Paune, #Devon Gummersall, #Derek Richardson, #Tina Illman, #Scott Whyte, #Arielle Kebbel, #Michael Ironside, #Horreur, #Slasher

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