Murakami Ryu - Parasites

Publié le 11 Octobre 2008

Note: c'est un vieil article, qui ne reflète pas nécessairement mes pensées, mon état d'esprit ou même mon style actuel. Cf. les notes de relecture à la fin.

 

Un jeune homme, Uehara, croit abriter en son corps un parasite avec lequel il vit en symbiose. Ce ver est le signe qu'il a été choisi pour accomplir une mission: détruire une espèce qui a programmé son propre anéantissement. L'espèce humaine bien sûr. On pourrait raconter l'histoire autrement. Uehara vit en reclus dans son appartement jusqu'au jour où sa mère lui achète un ordinateur portable et où il se connecte à l'Internet. Il entre en relation avec une organisation appelée INTER-BIO qui le persuade qu'il est investi du droit de massacrer ses semblables.

Et pourtant c'est encore une autre histoire que raconte le roman de Murakami. Car l'internet peut devenir le déclencheur d'une traversée du miroir où rejoindre enfin le réel. Le réseau pousse Uehara à sortir, à reprendre contact avec les sensations les plus physiques, à marcher à la rencontre des autres et de lui-même. C'est ainsi que dans ce roman très dense, qui brasse biotechnologies, manipulations informatiques, attentats terroristes, meurtres, rituels et traumatisme de la dernière guerre, une histoire très simple nous est relatée, et finalement porteuse d'espoir: celle d'un homme qui cherche, et trouve, un sens à son existence.

Quatrième de couverture

Je vous avais bien dit que vous auriez droit à plus de Murakami Ryû ^^ . Après avoir fini Les bébés de la consigne automatique, je me suis dépêchée d’aller à la médiathèque et j’ai emprunté plusieurs de ses livres, dont celui-là que je viens de terminer. Il m’a plu… Pas autant que Les bébés…., mais il m’a plu. De toute façon je ne pense pas qu’un autre de ses livres me plaira autant que Les bébés… Parce que celui-là, déjà, est considéré comme un de ses meilleurs (ce que je n’ai pas de mal à imaginer) et que c’était mon premier…

 

Parasites, une fois de plus, se présente comme une histoire plutôt sombre. Cela dit, ce n’est pas aussi sombre que Les bébés…, la raison étant qu’on n’a pas réellement de contexte. Il n’y a pas une impression de glauque général, l’histoire se centrant complètement sur le personnage d’Uehara, son ressenti, et n’incluant pas du tout le monde extérieur, ce qui est logique vu que nous avons affaire à un personnage qui s’est lui-même exclus du monde. Le monde qu’il nous offre est déformé par sa perception, il le découvre, et on en voit des aspects sombres et effrayants, mais cela reste malgré tout plutôt « léger » si bien que même si c’est oppressant, ça ne l’est pas non plus trop, comme l’était Les bébés…

 

J’ai trouvé cela également moins passionnant, peut-être parce que j’avais moins de sympathie pour le personnage. Dans Les bébés…1, on s’attachait aux personnages car on ne pouvait qu’avoir pitié d’eux, là c’est dur d’avoir pitié d’Uehara, ou de ressentir de la sympathie pour lui. Du coup, on suit son histoire avec intérêt mais d’un point de vue extérieur, on ne se sent pas spécialement impliqué. Cela n’empêche pas le livre d’être très bien, simplement on ne ressent pas les choses avec autant de force, on est moins pris.

 

Par ailleurs l’écriture est comme d’habitude pas évidente à suivre avec beaucoup de vocabulaire assez compliqué pour les passages explicatifs, des descriptions compactes (qui semblent même parfois un peu inutiles et rallongent le récit pour rien2) peu de  dialogues, forcément3, vu que le personnage passe 90% de son temps tout seul. Et même lorsqu’il est avec d’autres personnes, il ne parle pas beaucoup, ne sachant pas quoi dire. Les seuls vrais dialogues de ce livre sont ceux par mail qu’il entretient avec la compagnie INTER-BIO.

 

Le livre ne nous donne pas toutes les réponses, à nous d’en interpréter une bonne partie. Néanmoins, si on part du principe que le ver n’existe pas, on peut alors se demander ce qu’il représente. C’est une interprétation tout à fait personnelle mais j’y ai vu « la modernité », « le monde moderne »4, qui nous éloigne et nous pervertit. Bientôt Uehara n’a plus de contacts extérieurs que grâce à Internet et tombe dans le piège du net, croyant ce qu’il s’y dit. Internet éloigne et rapproche parfois de personnes peu recommandables car c’est un outil risqué. Enfin, pour vous faire votre opinion, il faudra le lire.

 

Ce n’est pas un livre forcément facile, mais il n’est pas non plus insurmontable ou même aussi difficile que d’autres livres que j’ai pu lire. Ce n’est pas non plus un chef d’œuvre car si son thème est original, la façon d’écrire rend parfois le tout légèrement lent inutilement. Mais malgré tout c’est un livre que je vous conseille car c’est un livre que j’ai aimé ^^

 

 

 

Notes de relecture du 15/04/2018

 

1 Je sais que j’utilise la comparaison avec Les bébés de la consigne automatique pour parler de Parasites, et je pense que c’est valable, car on se forge un avis en comparant ce qu’on découvre avec ce qu’on connait déjà, mais je pense quand même que j’aurais peut-être pu le ramener un petit peu moins sur le tapis. Là, c’est un peu relou, et pas toujours pertinent, honnêtement.

 

2 … la parenthèse m’a simplement fait rire parce que je dis en gros la même chose deux fois. J’aurais pu combiner. Mais ça, je suis sûre que je le fais encore tout le temps aujourd’hui ^^’

 

3 Je voudrais juste retirer le « forcément », parce qu’après avoir vécu seule un moment, je peux confirmer que non, vivre en hermite ne bannit pas le dialogue, et j’ai eu beaucoup de discussions avec moi-même :D (bon, mais cette note c’est surtout pour rire)

 

4 C’est cool, mais j’aurais vraiment dû développer plus pourquoi j’avais interprété le livre comme ça :( En général, de toute façon, le manque de développement c’est toujours le souci de ces vieux articles. Une citation ou deux, pour appuyer le propos, n’aurait pas fait de mal.

 

Cela dit, je me suis donnée envie toute seule de relire le livre, donc c’est déjà pas mal. Même si j’ai en grande partie envie de le relire pour écrire un article digne de ce nom, haha.

 

 

Et sur ce, d’autres œuvres avec des parasites dans des gens :

 

 

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