*Murakami Ryu* Bleu presque transparent

Publié le 27 Novembre 2008

 

Quatrième de couverture:

Bleu presque transparent relate, en une succession de courts chapitres, quelques journées dans la vie d'un groupe d'adolescents. Journées ou plutôt nuits vides d'espoir d'une " génération perdue " et désillusionnée qui s'abîme dans la destruction. Sexe, drogue, musique, violence... le tableau serait d'une banale désespérance s'il n'y avait ce mélange de distance quasi clinique et d'infinie générosité dans le regard porté sur les personnages. Dans Tôkyô oppressante et triste, Ryû, Kei, Okinawa payent, dans leur corps qu'ils ruinent avec constance, l'absence d'âme d'une société. Et leur déchéance possède la couleur du bleu presque transparent de la pureté.



Commentaire

Murakami Ryu n'est pas un auteur facile à lire. Ses livres sont durs, souvent malsains (car généralement trop réalistes peut-être?) et son écriture ne s'embarrasse pas d'enjolivements. Il y a un petit moment, j'avais beaucoup lu de ses livres et donc j'ai décidé de faire une petite pause. Et puis j'y suis revenue avec "Bleu presque transparent", son premier roman. J'ai commencé "Bleu presque transparent" simplement parce que Lynchan le conseillait et qu'elle m'avait déjà conseillé "Les bébés de la consigne automatique" que j'ai adoré comme vous le savez. Alors qu'en est-il de ce "Bleu presque transparent"?

La première chose que j'ai envie de vous dire c'est que "Bleu presque transparent" fait partie de ces livres qu'on est soulagé d'avoir fini quand on arrive au bout. Pas le genre gonflant, mauvais, qui fait qu'on s'arrête au milieu non, mais le genre très dur qui fait que quand on arrive au bout, on a l'impression d'avoir traversé un cauchemar et d'en être enfin sorti. D'ailleurs, pour les personnages cela tient du cauchemar également…J'explique.

En fait, je n'ai pas adoré ce livre…en premier lieu, je n'arrêtais pas de me demander "mais où veut-il en venir?". Pour moi c'était "sexe, drogue, sexe, drogue, sexe, drogue" et au milieu de la violence, puis on repartait dans "sexe, drogue". Finalement j'ai compris qu'il voulait en venir que justement rien n'allait nulle part, que les personnages tournaient en rond. Ca déjà je trouve que c'est très propre au cauchemar. Le genre de cauchemar, vous savez, où vous courrez pour échapper à quelque chose et vous retrouvez toujours à votre point de départ. Là, cependant, il y a une lueur d'espoir car les personnages peu à peu semblent progresser, légèrement. De plus, les personnages sont toujours entre réalité et "trip" du à la drogue ce qui ajoute au côté cauchemardesque de l'histoire. Parfois c'est même difficile à suivre tellement les personnages partent dans leurs "trips" et nous laissent un peu sur la touche. Mais rassurez-vous on suit quand même plutôt bien ^_^

Le roman est difficile à lire … pour des tas de raisons. Déjà l'histoire est extrêmement sombre et réaliste (je me demande s'il n'y a pas un peu d'auto-biographie là-dedans? Le personnage porte le même nom que l'auteur qui s'exprime d'ailleurs à la première personne du singulier…donc…peut-être?), mais en plus de cela le style lui-même est dur. Dur parce qu'il y a beaucoup de descriptions, de détails qu'il faut lire car ils apportent au réalisme de l'histoire, dur parce qu'aussi parfois cela part un peu "en live" à l'image des personnages mais dur surtout parce que Murakami n'y va pas avec des pincettes! Il pose ses mots crûment ne s'embarrassant pas de passer de la pommade à son lecteur. Si vous êtes allergiques aux scènes de sexe, par exemple, laissez tomber, car là c'est décrit avec précision, avec des termes très crus, limite vulgaires parfois et ce n'est pas "position du missionnaire, romantisme, passion, bla bla bla", ce serait plutôt violent, c'est parfois carrément du viol, drogue à l'appui. Donc si vous êtes trop facilement choquée, laissez tomber …quoique j'ai envie de vous dire d'essayer car je suis d'avis qu'il faut toujours essayer…mais bon, gardez l'avertissement à l'esprit.

Au milieu de toutes ces choses sombres, quand même, il y a de l'espoir, disais-je, et il se dégage des lignes de Murakami une vraie poésie. Il y a des passages que j'ai relu deux ou trois fois…et non ce n'est pas parce que je ne comprenais pas, mais simplement, je les trouvais beaux. Je n'ai pas été emballée par ce livre plus que de raison en le lisant, c'est surtout en y repensant que je l'apprécie. En fait j'ai passé trop de temps je pense, sur les mots eux-mêmes. Mm dur à expliquer. Je me suis trop arrêtée sur les phrases, sur les mots, sur les actions des personnages, bref sur le "plat"…et en repensant à l'histoire j'ai commencé à plus réfléchir au sens de tout cela, et j'ai trouvé des choses que j'aime vraiment. Bon tout cela pour dire que ce n'est pas le meilleur roman de Murakami que j'ai lu, mais que je le conseillerais tout de même, c'est une expérience à tenter.

Rédigé par Milady

Publié dans #Littérature, #Japon, #Murakami Ryu, #Roman, #Drame

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