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Aoi Haru

青い春

 

 

Sorti en 2001

Réalisé par Toshiaki Toyoda

D'après le manga de Taiyo Matsumoto

 


Avec:

 

Matsuda Ryuhei >>> Kujo

Arai Hirofumi >>> Aoki

Takaoka Sosuke >>> Yuko

Oshiba Yusuke >>> Kimura

Yamazaki Yuta >>> Ota

Oshinari Shugo >>> Yoshimura

Eita >>> Le Fantôme




Dontesque?



Dans le lycée Asahi, la violence fait partie du quotidien et le "chef" de l'école est choisi selon une règle bien précise. Il existe en effet une épreuve de courage qui consiste à monter sur le toit, à s'agripper à la barrière en étant du côté du vide. Alors, on lâche les mains, on se laisse tomber en arrière puis on se rattrape à la barrière. Entre le moment où l'on lâche et celui où on se rattrape, il faut claquer des mains le plus de fois possible. Celui qui frappe dans ses mains le plus de fois sans se débiner ou simplement mourir, a gagné.


C'est comme cela que Kujo se retrouve propulsé à la tête de l'école. Et d'ailleurs il n'en a pas grand chose à faire, d'être à la tête de tout le monde. Cette position cependant va lui coûter plus cher qu'il ne le croit.

 

 

8.5/10

 

… pff, ce qu'il faut pas faire, franchement. Quand j'ai décidé de lancer l'Eita-project, je savais qu'il me faudrait revoir ce film. Je n'ai pas l'intention de réécrire tous les articles que j'ai déjà écrits sur les projets d'Eita mais en l'occurence c'était l'occasion de remettre Aoi Haru dans les actus de ce blog et, avec un peu de chance, de convaincre certains d'entre vous de le regarder. Parce que j'aime beaucoup ce film. Et bien entendu, pour vous en reparler, mettre à jour mon article, le corriger, etc, il fallait que je revois le film mais j'ai eu du mal à me motiver. Ne vous y trompez pas, Aoi Haru est excellent, ce n'est juste pas vraiment un film gai et je me souvenais de ma naïveté il y a quelques années de cela lorsque je l'avais lancé en me disant « ça a l'air d'être comme Crows Zero » puis de l'état dans lequel je m'étais trouvée à la fin du film. Parce que non, Aoi Haru ce n'est pas CrowZ. Du tout. Cela se passe dans un lycée, oui, et il y a des gens qui se tapent dessus tandis que les profs ne font pas grand-chose, certes, mais les tons des deux films sont à dix milles lieues l'un de l'autre. CrowZ est drôle, Aoi Haru … pas exactement o.o Enfin il peut l'être dans le genre « ha ha regarde à quel point ils n'ont aucun avenir et personne n'en a rien à foutre d'eux :') » si vous avez ce genre de sens de l'humour, bien entendu. Mais sinon...

 

Sinon on est dans un film tellement sombre et dans lequel les personnages sont tellement enfermés que la première image que l'on a des deux personnages principaux est une scène où ils essaient de crocheter une serrure -pour symboliquement s'échapper donc- et où même le titre a l'air d'avoir été foutu derrière des barreaux, comme en prison. Car il s'agit bien de prison. Et tout le film nous exprime cette prison : un personnage joue les mêmes notes à la guitare encore et encore, enfermé dans sa propre mélodie, il y a une porte de sortie dessinnée sur un mur qui, bien entendu, ne mène nulle part … il y a cet avion aussi qui passe au dessus de l'école au début et à la fin du film, au dessus des personnages qui eux sont bloqués là où ils sont tandis que l'avion part vers « ailleurs ». [spoiler] Et à la fin, juste avant la mort d'Aoki, il semble plus proche que jamais, comme s'il était là pour choper l'âme d'Aoki au passage et l'emmener loin puisque la seule façon de se sortir de leur monde est de mourir, PAYE TA JOIE [/spoiler] Et les gens de l'extérieur ne rentrent jamais dans l'école, les élèves sont complètement isolés. Déjà, nous n'avons pas de véritable aperçu de l'extérieur, le plus loin qu'on nous montre étant la rue devant l'école et quand par hasard des gens du dehors viennent voir quelqu'un qui se trouve à l'intérieur de l'établissement, ils ne sortent pas. Ils restent à la porte, ils ne posent pas un pied à l'intérieur. Et en même temps, pourquoi voudraient-ils rentrer ? A l'intérieur, c'est en gros -passez-moi l'expression- la merde à tous les étages. La musique -qui consiste en grande partie en plein d'excellentes chansons de Thee Michelle Gun Elephants- est pleine de colère et même le décor a l'air déprimé, les couloirs de l'école ont l'air d'avoir vécu l'apocalypse. Et les personnages n'ont aucune chance de s'en sortir.

 

Pour nos élèves, il n'y a pas beaucoup de portes de sortie. La moitié d'entre eux voient leurs rêves être brisés et l'autre moitié n'en a pas. Et tous les personnages que l'on voit sortir ont l'air d'aller à l'abattoir. Certains meurent effectivement -carrément au pluriel, on ne parle même pas d'une tragédie isolée-, l'un se fait embarquer par la police dans ce qui va être la mort de son avenir, l'autre se fait recruter par les yakuzas et on le voit rentrer dans une voiture noire comme s'il rentrait dans un corbillard, … et derrière eux, la relève s'annonce déjà, on voit la génération d'après qui trouve leurs ainés « cools » et veut faire tout pareil parce que de toute façon ils n'ont pas l'air d'avoir de meilleurs modèles : les parents sont absents -une mère est mentionnée une ou deux fois mais c'est tout-, les profs -à l'exception d'un seul mais qui n'a malheureuement que trop peu d'influence- ne sont qu'un bruit de fond. On est confronté à des jeunes qui devraient avoir la vie devant eux mais dont la vie semble quasiment être déjà arrivée à terme. Certains de façon plus littérale que d'autres et notamment, nous avons « le fantôme » -interprété par Eita dans un rôle en retrait mais qui participe énormément à l'ambiance du film-, un élève dont on comprend rapidement qu'il est malade et n'a plus beaucoup de temps à vivre. Il vient à l'école pour dormir sur les bureaux et s'occuper des arbres, il n'a pas d'amis et quand il meurt, on ne le mentionne même plus. Et c'est triste à dire mais les élèves de cette école semblent tous au moins autant condamnés que lui.

[La mort des rêves au printemps] Aoi Haru 青い春[La mort des rêves au printemps] Aoi Haru 青い春[La mort des rêves au printemps] Aoi Haru 青い春
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Le film ne perd pas de temps à nous le signifier d'ailleurs car, lorsque l'on rencontre notre troupe plus élargie de personnages principaux, ils prennent une photo de groupe et tandis que la photo est prise, la caméra, elle, nous montre leurs ombres sur le sol parce qu'à ce stade, ils ne sont déjà plus que cela. Et plus tard le motif des ombres reviendra car ce film aime bien faire revenir des éléments introduits au début. Il le fait très bien d'ailleurs et plus on voit revenir les éléments plus s'accentue l'idée terriblement triste de fatalisme. Nos ombres donc reviennent sous forme d'un dessin d'Aoki que Kujo ne comprend pas mais reproduira vers la fin du film sous forme d'une ombre géante qui, l'espace d'un instant, semblera engloutir l'école toute entière. Nous avons notre avion bien entendu mais également, le fait que le film commence et se termine exactement au même endroit et plusieurs scènes qui se font écho : une scène où Aoki joue au foot avec Kujo puis une scène où Kujo joue tout seul tandis qu'Aoki pète un plomb dans l'école, une scène où Kujo fait bouger un élève pour s'assoir à côté d'Aoki puis une scène plus tard où Kujo fait bouger un élève pour, cette fois-ci, s'assoir loin d'Aoki et l'ignorer complètement. Etc. Les choses semblent inéluctables et cela ne rend la conclusion que plus terrible : les personnages n'avaient juste aucune chance.

 

Vous aurez remarqué que j'ai beaucoup utilisé les noms d'Aoki et Kujo... et c'est parce qu'ils sont les deux personnages au centre de l'histoire. On entre et on sort de l'historie avec eux. Kujo, interprété par un Matsuda Ryuhei qui ne déçoit jamais, est un jeune homme qui a du talent et du charisme mais aucune véritable envie de s'en servir, pas plus qu'il ne semble spécialement intéressé par le monde autour de lui à l'exception d'Aoki. Quant à Aoki, interprété par Hirofumi Arai -qui est tout autant en forme que Matsuda Ryuhei-, il est frustré par le refus de son ami à utiliser ce qu'il a à disposition, d'autant qu'Aoki, lui, se sent inférieur et est sans cesse rabaissé par les autres élèves ce qui finit par envenimer sa relation avec son meilleur ami. Les deux acteurs, en particulier Hirofuma Arai, campent leurs personnages avec conviction et je regardais venir le mur en face en priant pour qu'ils ne se le prennent pas dans la figure, vraiment, je priais, mais le mur était haut, large et les personnages de moins en moins enclins à se faire à la courte échelle.

 

Bref, non, Aoi Haru ce n'est pas gai du tout. Mais c'est vraiment bon. La réalisation nous plonge complètement dans les émotions des personnages, les acteurs font de l'excellent travail, le film ne laisse pas indifférent et je sais que j'ai dit que ce n'était pas un film drôle mas il y a une sorte d'humour noir qui pointe son nez de temps en temps, de même qu'il y a également une toute petite possibilité d'espoir qui essaie de survivre, comme une fleur d'été qui essaierait de fleurir dans l'Antarctique. Et c'est cette toute petite fleur qui fait en partie qu'on regarde le film parce que dans toute cette misère, il faut bien que certains s'en sortent pas vrai ? … je ne réponds pas, bien entendu, ce sera à vous de voir. Aoi Haru est un film qui risque de vous saper un peu le moral donc si vous êtes déjà en mode « ma vie est un trou noir béant et tout est nul » ce n'est peut-être pas ce qu'il vous faut, mais si vous sentez qu'un film pas bien joyeux vous tente, alors allez-y, celui-là est très bon~

 

-Faites gaffe aux commentaires sous l'article, il y a des spoilers dedans-

 

Et sur ce, je sais que je pourrrais vous mettre la bande-annonce du film mais à la place je préfère vous mettre ce qui, en gros, sert d'opening au film parce que je suis très amoureuse de cette scène.

Tag(s) : #Cinéma Asiatique

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