Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

A bittersweet life

 

Sorti en 2005

Réalisé et écrit par Kim Jee Won

Dure 2h

 

Avec :

Lee Byung Hun >>> Sun Woo

Kim Young Chul >>> M. Kang

Hwang Jung Min >>> Pr. Baek

Kim Roe Ha >>> Moon Suk

Shin Min Ah >>> Hee Soo

Jin Goo >>> Min Gi

etc

 

Dontesque ?

Un chef de gang charge Sun Woo, son homme de main de confiance, de surveiller sa petite-amie qu’il soupçonne infidèle. Mais la jeune femme réveille quelque chose chez Sun Woo, qui le pousse à prendre une décision risquée.

 

Fiche Ecrans d'Asie : ici

 

 

.oOo.

J’ai un ami qui ne revoit jamais rien. Il est contre l’idée, et ne garde carrément jamais les dvds qu’il achète, car pour lui : pourquoi perdre du temps à revoir quelque chose, quand on peut découvrir quelque chose de neuf ? Et il préfère de loin regarder un mauvais film pour la première fois, qu’un excellent pour la seconde. Ce n’est pas la façon dont je fonctionne (j’adore revoir les choses, vous avez dû vous en rendre compte), mais je comprends l’idée. Néanmoins, j’avancerais que re regarder un film (ou une série), ne signifie pas qu’on voit la même chose. Parce que notre réception d’un film, comme on le sait tous, est étroitement liée à qui nous sommes, et à la situation. A notre humeur, à nos convictions, à nos connaissances, à nos goûts, à nos intérêts, bref à des tas de choses qui peuvent changer, et changent généralement avec le temps, parfois lentement et parfois rapidement. Il y a six ans, Su-Ki-Da était le film le plus ennuyant que j’avais jamais vu, et en le regardant cette année, je suis tombée sous le charme. Je n’avais pas aimé Burn after reading la première fois, j’ai adoré la seconde. Bien sûr, parfois, notre vision ne change pas du tout au tout, mais nous sommes en évolution constante, et notre ressenti aussi. Et ainsi : j’ai redécouvert A Bittersweet Life.

 

J’avais vu le film il y a plusieurs années, et j’avais beaucoup aimé, mais pour être honnête, je ne m’en souvenais pas si bien que ça (je me rappelais surtout de la fin, en fait), et ça faisait un moment que je voulais le revoir, parce que c’est vrai que depuis la dernière fois, je connais un peu mieux l’entertainment coréen, donc il y a des tas d’acteurs au casting que j’avais envie de voir, même dans de petits rôles (Eric, Kim Sung Oh, Jung Yu Mi… par contre je dois bien admettre que j’ai toujours vu bien trop peu de films réalisé par Kim Jee Won, ce qui est d’autant plus con que j’ai aimé tout ce que j’ai vu de lui). Et après revoyure, j’aime toujours beaucoup ce film, et l’aime même d’autant plus, qu’il y a 7 ans je ne suis pas certaine que je l’avais pleinement compris. Enfin, j’avais compris l’action, mais… mettons le comme ça : je me suis trouvé de nouvelles raisons d’aimer A Bittersweet Life.

 

Les anciennes tiennent toujours, notez bien. De base, si j’avais autant aimé A Bittersweet Life la première fois, c’était essentiellement parce que je trouvais le film cool. Dans le sens où je le trouvais beau, les images avaient la classe, le personnage principal, qui ne voulait pas mourir malgré tout ce qu’on lui tapait dessus, aussi, j’aimais la musique, je sais pas, je trouvais que ce film pétait la classe. Et cela n’a pas changé, ce film n’ayant pas pris une seule ride à mes yeux. Non, j’ai passé une grosse partie d’A Bittersweet Life à m’extasier, à vrai dire, admirant la beauté de la pluie lors d’une scène dramatique intense, appréciant la façon dont les scènes où le protagoniste conduit restaient généralement concentrées sur lui d’une façon donnant le sentiment que ces moments au volant étaient ses moments de réflexion et de pensée pour lui-même (du coup quand quelqu’un interrompt un de ces moments-là, il pète un plomb), et regardant des étoiles plein les yeux la façon dont la dernière confrontation entre maître et « chien » battu semblait mise en scène comme une danse. Sans oublier que la musique n’est pas en reste. Il y a de jolis morceaux (mon grand favori étant 불안 한참/Bulan an cham, que je traduirais par « Distance angoissante/inquiétante » pour traduire ça de façon moche) mais finalement la musique qui m’a le plus marquée, n’était que quelques notes répétées discrètement qui faisaient grimper la tension de façon très efficace, à un moment déjà bien tendu. Bref, vraiment, je ne vais pas revenir sur mes mots : A Bittersweet Life c’est super bien foutu. Par contre, c’était pas exactement le film dont je me souvenais.

[He chose... poorly] A bittersweet life  달콤한 인생
[He chose... poorly] A bittersweet life  달콤한 인생

En fait, dans ma tête, j’avais transformé (certainement parce que je l’avais reçu comme ça la première fois) ce film en film d’action. Et, oh, il y a de l’action dedans ! De l’action très bien exécutée, même (claire, bien rythmée, toujours tendue parce que les enjeux sont réels pour un protagoniste qui s’en prend plein la gueule, …) avec en particulier un crescendo sur la fin. Mais dans ma tête, j’avais transformé A Bittersweet Life en une sorte de John Wick (qui est un film que j’aime énormément, regardez John Wick, c’est cool), alors qu’en vérité si la violence a son importance claire dans A Bittersweet Life, elle intervient surtout par éclats, et le film est avant tout une tragédie (pas que John Wick n’ait pas sa part de drame… regardez John Wick).  Et c’est plus pour ça que pour correspondre aux clichés d’action, je pense, que Sun Woo parait si indestructible. Pas intouchable (clairement o.o il se fait bien, bien amocher) mais indestructible : il s’en prend plein la gueule, se fait tirer dessus plusieurs fois, et pourtant, zop, il se relève. Et bien entendu, les héros (ou méchants principaux) à résistance irréaliste sont légion dans le monde du cinéma, mais ici, pour moi, Sun Woo ne peut pas mourir parce qu’il est déjà mort. Pas littéralement, pas dans le sens «z’OMG, twist, c’était un fantôme depuis le début » (regardez Die Hard… non, ce n’est pas une erreur, vous devriez regarder Die Hard, même si vous l’avez déjà vu), mais figurativement. A vrai dire, il met même les pieds dans une tombe à un tournant du film, et à partir de là, ayant mis ses illusions de côté, on peut voir en Sun Woo un fantôme vengeur, et on ne tue pas un fantôme (ok, ça dépend qui on écoute, mais pour les besoins de la métaphore…) : il ne disparaît que quand il a accompli ce qui le retenait parmi nous. Ici, en l’occurrence, méchamment défoncer ceux qui lui ont fait du tort.

 

Encore que dans cette affaire, finalement, c’est peut-être Sun Woo lui-même qui s’est fait le plus de tort.

[He chose... poorly] A bittersweet life  달콤한 인생
[He chose... poorly] A bittersweet life  달콤한 인생
[He chose... poorly] A bittersweet life  달콤한 인생

La tragédie de Sun Woo, c’est qu’il vit complètement dans une illusion. On le découvre au début du film, dégustant un dessert au sommet du monde (enfin, très haut dans un building quoi), et malgré un malaise et une insatisfaction qu’il ne s’explique peut-être pas (pour moi c’est ce qu’exprime son intérieur vide et la façon dont il doit jouer avec la lumière avant de dormir), il a (croit-il) cette « vie douce » dont parle le titre. Oui, au passage, en coréen, 달콤한 ça veut dire « doux, sucré/ sweet », pas « doux-amer/bittersweet », et je sais pas pourquoi ils ont changé ça dans le titre international, je trouve que ça retire de l’ironie au titre (en plus, le titre du film est également le nom du restaurant dans lequel débute et finit  le film : La Dolce Vita… et du coup, ça marche plus avec la traduction internationale). Bref Sun Woo croit vivre la dolce vita, il y croit être privilégié (son boss lui dit qu’à lui, il peut lui faire confiance, par exemple), mais en vérité tout ça va partir autant en fumée que les crédits de l’opening parce que Sun Woo reste un « chien » de la mafia, et que certes, c’est un bon chien, un chien efficace, un chien qu'on aimerait autant ne pas perdre, mais s’il le faut, son maître n’hésitera pas à s’en débarrasser. Et c’est là que je dis qu’en quelque sorte, c’est Sun Woo lui-même qui s’est fait le plus de tort, ou plutôt qu’il a précipité sa propre perte : certes, il n’est pas coupable des coups qu’il s’est pris (bien qu’il en ait donné aussi et que karma’s a bitch, comme on dit), mais il s’est mis à croire à l’illusion, et a fait des choix en fonction, chacun de ces choix l’ayant mené là où il en est.

 

Il s’est montré arrogant, refusant de s’entendre avec un collègue auquel il se sentait supérieur, il a refusé de s’excuser auprès d’un chef de gang ennemi, il a décidé de désobéir à son boss, décidé de laisser passer une opportunité de peut-être être pardonné… Bref, le monde autour de lui n’a pas changé (mais lui ne le voyait pas tel quel) et a réagi comme on pouvait s’y attendre à une série de choix qu’il a faits. D’ailleurs, le début du film nous y prépare, avec, déjà, cette histoire d’apprenti regardant tanguer les feuilles des arbres, et demandant si les feuilles bougent ou si c’est le vent qui souffle. Le maître lui répond que non, c’est son cœur à lui qui bouge (et on notera que jusqu’à la fin, les scènes décisives sont souvent accompagnées de bourrasques de vent). Voilà : le mouvement, c’est Sun Woo qui le provoque, tandis qu’il se réveille lentement d’un doux rêve (celui d'être quelqu'un, puis celui d'être une personne), et pleure, parce que justement, ce n’était qu’un rêve.   Par ailleurs, au début du film, on voit également Sun Woo regarder son propre reflet dans une vitre, scène qui sera reprise dans la conclusion où on nous le montre « boxant » son reflet : son ennemie c’est l’image qu’il s’est faite de lui-même, et lorsque son boss lui demande pourquoi il fait tout ce qu’il fait, s’il est motivé par des sentiments à l’égard de Yoon Hee Soo (Shin Min Ah, dans le rôle de la petite-amie du boss), c’est son reflet dans la vitre que Sun Woo regarde.

 

Maintenant, n’allez pas croire que ce film est affreusement déprimant et que vous en ressortirez en position fœtale à vous demander pourquoi l’univers a créé un film pareil, et pourquoi vous vous l’êtes infligé. On est pas dans Silenced non plus (cela dit, regardez Silenced, c’est super !), et en fait, le film a ses moments d’humour, avec notamment tout un passage chez un trafiquant d’arme qui m’a beaucoup fait sourire (de même que le moment avant ça où Sun Woo parlemente avec ses sous-fifres). Et après ça, on a droit à Eric dans un petit rôle que j’ai trouvé également plutôt amusant (et puis c’est Eric, alors ça fait plaisir de le voir).

 

Mais pour le coup, le film est doux-amer, c’est vrai. Avec une tendance plus amère que douce pour Sun Woo, certes, mais drôlement douce pour le spectateur car si on se prend d’empathie pour Sun Woo (enfin dans mon cas en tout cas) il reste que j’ai toujours eu raison, ce film pète la classe, et… ben… c’est cool. Donc regardez-le. Et regardez John Wick. Et Die Hard, et Silenced, et The African Queen (parce qu’à ce stade, why not). Bref… regardez tout ça.

[He chose... poorly] A bittersweet life  달콤한 인생
[He chose... poorly] A bittersweet life  달콤한 인생
[He chose... poorly] A bittersweet life  달콤한 인생
[He chose... poorly] A bittersweet life  달콤한 인생
[He chose... poorly] A bittersweet life  달콤한 인생
[He chose... poorly] A bittersweet life  달콤한 인생
Tag(s) : #Cinéma, #Cinéma Asiatique, #Corée du Sud, #2000s, #2005, #Kim Jee Won, #Lee Byung Hun, #Kim Young Chul, #Hwang Jung Min, #Kim Roe Ha, #Shin Min Ah, #Jin Goo, #Drame, #Vengeance, #Fuck la loi, #Action, #Tragédie, #Bittersweet life, #Coup de coeur

Partager cet article

Repost 0