[AFI's 100] Casablanca

Publié le 7 Août 2011

afi100

 

 

Casablanca


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Infos

 

Sorti en 1942

 

Réalisé par Michael Curtiz

 

 

Avec :

 

Humphrey Bogart >>> Rick Blaine

Ingrid Bergman >>> Ilsa Lund

Paul Henreid >>> Victor Laszlo

Peter Lorre >>> Ugarte

Claudre Rains >>> Capitaine Louis Renauldt

Conrad Veidt >>> Major Heinrich Strasser

Etc

 

 Dntesque Rick et Ilsa se sont aimés, puis séparés. Quelques années après, dans le chaos de la Seconde Guerre Mondiale, Ilsa débarque à Casablanca avec son époux, héros de la résistance. Rick, devenu un propriétaire de Night Club cynique et détaché de tout, est le seul à pouvoir aider le couple à s’échapper.

 

(cf la jaquette de mon DVD)

 

8b

Vous voyez c’est exactement la raison pour laquelle je ne devrais pas me cultiver : après je suis obligée –enfin…je m’oblige toute seule quoi- de vous parler de ce que je regarde sauf que sur Casablanca il n’y a en gros rien qui n’ait déjà été dit. Cela m’apprendra à vouloir étendre ma culture cinématographique tiens ! D’autant que Casablanca c’est quand même une grosse arnaque. Enfin moi je me suis sentie arnaquée.  Non parce que bon c’est quand même un monument du cinéma ce truc… donc forcément on le connait un peu avant de l’avoir vu. Par exemple je savais comment ça allait finir et il y a plusieurs répliques du film que je connaissais déjà. Et LA réplique forcément qu’on m’a sortie des milliards de fois c’est « Play it again Sam ». Par exemple je fais écouter à un ami une musique, il aime, il veut réentendre : il me dit « Play it again Sam ». Bref à force je l’ai enregistrée cette réplique. Eh bah elle est pas dans le film ! Je me sens arnaquée. A côté de cela le film est génial hein mais j’ai eu une mini-déception pour le coup. Bref je me suis faite arnaquer par mes amis. Parce que sinon j’ai vraiment beaucoup aimé le film. Heureusement d’ailleurs parce que sinon il aurait fallu que je vous expliquer pourquoi le film n’est pas passé et j’aurais eu peur de me faire lyncher par ses –très- nombreux adeptes.

 

OK maintenant dans quel ordre je prends les choses ? Allez on va commencer par l’aspect « suspens »…. Qui n’est malheureusement pas l’aspect qui a le plus fonctionné pour moi. Disons que le film est resté assez prévisible. Cela dit je ne mets pas cela vraiment sur le dos du film car comme je vous l’ai déjà dit : je connaissais la fin avant de commencer. Ce film fait partie de ceux qui sont tellement passé dans la culture collective que finalement on les connait presque par cœur avant de les avoir vus. Du coup je l’ai trouvé prévisible de la même façon que j’avais trouvé Le Parrain prévisible : ce n’est pas que le film soit mal écrit –au contraire d’ailleurs- mais j’ai été spoilée par des années de télé, de radio, de livres, etc. Et bien que cela ne vienne pas réellement du film, ça lui retire malgré tout un petit quelque chose. Heureusement Casablanca se rattrape sur énormément d’aspects. Mais bizarrement je ne saurais trop dire lequel m’a accrochée.

 

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Par exemple la romance ne m’a pas exactement enflammée. Oh l’histoire était très belle  mais, et c’est probablement un effet  du temps, j’ai trouvé que la passion ne crevait pas forcément l’écran. Elle était dans le texte mais pas toujours dans les images. Non en fait je pense que vraiment ce qui m’a plu dans Casablanca c’est l’écriture. Je ne sais pas exactement comment expliquer, ce n’est pas évident, mais il y a quelque chose de très « lisse » dans ce film. Enfin « lisse » n’est pas le bon terme en fait parce que cela donne l’impression que je suis en train de dire que le film est creux. Disons en fait plutôt que le film me fait penser à du patinage artistique. Ca peut paraître bizarre comme image mais laissez-moi vous expliquer.

 

J’avais une amie qui faisait du patinage artistique et la première chose qu’on lui avait apprise était qu’il lui faudrait sourire en toute circonstance. Sourire et donner une impression de facilité. Evidemment cela dépend des performances mais quand je regarde les patineurs à la télé –ce qui ne m’arrive pas souvent mais cela m’arrive- ils enchainent les figures les plus compliquées tout en souriant et donnant l’impression de n’être en train de fournir aucun effort. Casablanca me fait cet effet-là. Le film a du demander un travail d’écriture énorme pour arriver à quelque chose d’aussi réglé, d’aussi parfait au détail près que ce soit niveau scénario ou niveau dialogues, mais le film « sourit » et donne l’impression que tout cela s’est fait sans effort, que cela vient normalement. Il y a des films où on voit le travail, où on sent que le scénariste y a mis le paquet et où cela saute tellement aux yeux que finalement l’écriture devient parfois presque lourde. Casablanca au contraire donne une apparence de facilité alors qu’en fait il y a énormément à voir derrière cette apparence. Du coup cela donne un film très facile à regarder, qui accroche facilement et qu’on peut apprécier en surface sans aller dans le fond en en appréciant les dialogues qui m’ont plus d’une fois faite sourire ou les prestations toutes excellentes des acteurs. Bogart est évidemment très bon, de même qu’Ingrid Bergman mais pour être honnête ce sont Claude Rains dans le rôle du Capitaine Louis Renault et Peter Lorre dans le rôle d’Ugarte –qui n’apparait pourtant pas longtemps- qui m’ont le plus accrochée. Cela dit tout le monde est bon jusqu’au plus secondaire des rôles secondaires et tout le monde a sa réplique qui fait mouche de Sascha avec son « Because I love you Yvonne » à Curt Bois et ses vautours.

 

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Oh au passage, juste une remarque, un passage que j'ai trouvé ironique. Ce n'est pas la faute du film en fait, c'est juste la France qui a un hymne national affreux. Il y a une scène dans le film où dans le Night Club de Rick les allemands se mettent à chanter et où les français se mettent à chanter la Marseillaise en symbole de résistance. Je trouve assez ironique le fait que pour lutter contre un oppresseur dont l'idéologie se fonde sur l'idée de races et d'infériorité d'une d'entre elles, les français chantent un hymne qui dit "qu'un sang impur abreuve nos sillons". Enfin bon la Marseillaise nous fout la honte de toute façon, ce n'est pas nouveau. Par ailleurs il y a une remarque d'Ilsa que j'ai trouvée légèrement raciste lorsqu'elle qu'elle appelle Sam, un adulte qui fait même plus vieux qu'elle, un "boy". La phrase semble indiquer une certaine condescendance à l'égard du personnage noir qui m'a particulièrement sautée aux yeux car à côté de cela j'ai trouvé le film plutôt correct à ce niveau.

 

Enfin bref j’en reviens à ce que je disais : le film est très facile à regarder, accroche facilement et peut être apprécié en surface sans aller dans le fond mais se prête également à une vision plus approfondie. Les sentiments dépeints dans le film sont des sentiments universels : l’amour, le courage, le devoir, la rédemption. Chaque personnage apprend quelque chose de cette histoire et le film n’est pas donc pas un simplement divertissement. Bref c’est comme une figure de patinage : c’est joli à regarder mais cela demande du boulot et  si on la décortique c’est beaucoup plus complexe que ça ne semble l’être. Et je pense que c’est vraiment cela que j’ai aimé dans Casablanca. Bon ça, la musique, l’ambiance générale, Humphrey Bogart, …

 

Casablanca n’a pas été une révélation absolue et n’a certainement pas pris la place de mon film favori de tous les temps –d’autant que je n’ai pas de film favori de tous les temps- mais c’est clairement un très bon film, à voir et revoir –j’ai l’impression que c’est un film qui peut se revoir très facilement-… même si, ne vous faites pas avoir comme moi, la réplique « Play it again Sam » n’est PAS dedans. Foutue arnaque. Il y a du « Play it Sam » mais le « again » n’existe pas. Bref, à voir quoi quand même ! (et ne me lynchez pas pour me 8.5 ><)

 

 


 

 

Rédigé par Milady

Publié dans #Cinéma Occidental

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