[Au coeur du conte, la réalité] The Fall

Publié le 8 Janvier 2014

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Sorti en 2006

Réalisé par Tarsem Singh

 

Avec :

Lee Pace >>> Roy Walker

Catinca Untaru >>> Alexandria

 

 

Dontesque ?

(de Wikipedia)

Dans les années 1920, dans un hôpital à Los Angeles, une petite fille prénommée Alexandria qui s'est cassé le bras se lie d'amitié avec le cascadeur Roy Walker qui s'est blessé lors du tournage d'un film. Roy raconte alors une histoire fabuleuse à Alexandria.

 

oOo

C'est en allant voir La désolation de Smaug que ma sœur, reconnaissant l'acteur interprétant Thranduil -le papa de Saint Legolas-, s'est exclamé « The Fall ! Tu DOIS voir The Fall » -pas dans la salle de cinéma cela dit, on l'a mieux élevée que cela-. Et ainsi donc, un peu plus d'une semaine plus tard, voici que nous étions toutes les deux assises devant The Fall, elle confiante et moi inquiète, ce réalisateur ne m'inspirant pas confiance. Ma première réaction a été le choc. Non parce qu'en gros ce que ma sœur m'avait dit était : « tu vas voir, tu vas aimer, c'est comme Princess Bride ». Sauf que... absolument pas en fait. Okay il y a un personnage adulte qui raconte une histoire à un enfant et on suit à la fois l'histoire racontée et l'histoire réelle mais la comparaison s'arrête là. Princess Bride est l'histoire d'un grand-père qui raconte un conte de fée à son petit-fils et le ton est résolument comique. The Fall peut être drôle par moment mais reste une histoire assez sombre dans laquelle le conte est utilisée comme reflet à une réalité franchement pas gaie.

 

Au début, je vous avoue que j'ai eu beaucoup de mal à me mettre dans le film. La partie réelle m'intéressait raisonnablement mais la partie contée me fatiguait par sa réalisation trop stylée. Oh les images étaient magnifiques mais je n'étais pas franchement intéressée par l'histoire ou les personnages si bien que pour moi c'était du style sans trop de contenu et donc cela me fatiguait. J'ai commencé à accrocher quand les connexions entre les deux mondes se sont faites. En premier lieu je me suis réellement attachée à Roy et Alexandria, leur relation a commencé à me toucher. Et comme le conte n'était qu'un reflet de ces deux personnages, tout naturellement, je me suis mise à m'intéresser au conte également. A la fin du film, j'étais tout à fait impliquée et mon Dieu, qu'est-ce que j'ai pu pleurer. Ce film m'a vraiment prise par surprise mais au final, j'ai adoré. En premier lieu, la forme est intéressante parce qu'elle utilise plusieurs points de vue. Au début du film, Roy raconte l'histoire et le scénario lui appartient clairement même s'il modifie parfois son histoire pour s'adapter aux désirs d'Alexandria. En revanche tout le visuel appartient à Alexandria. Roy raconte l'histoire et on voit l'histoire à travers les yeux d'Alexandria. Par exemple lorsque Roy commence à nous parler d'indiens et de squaws, j'ai été très surprise de constater que la squaw et l'indien étaient tous deux des indiens d'Inde alors que le terme « squaw » est clairement natif américain. Il m'a fallu quelques secondes pour me rendre compte qu'en vérité c'était Alexandria qui, en entendant le mot « indien » avait pensé à l'Inde et s'était donc imaginé le personnage de façon erronée. Bref on voit à travers les yeux d'Alexandria l'histoire racontée par Roy, ce qui signifie que le conte est réellement le reflet des deux personnages principaux. C'est d'autant plus vrai sur la fin tandis que les liens se font de plus en plus évidents. Le dernier quart du film était très éprouvant car c'est là qu'éclate toute la violence et le désespoir du monde qu'a créé Roy et donc la violence et le désespoir du personnage qui se heurtent à une Alexandria qui ne veut pas les accepter.

 

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La fin a été d'autant plus intense que les deux interprètes étaient excellents. Lee Pace dans le rôle de Roy nous dresse le portrait nuancé d'un homme au cœur brisé qui n'a plus véritablement de volonté de s'en sortir. Il est attentionné et affectueux avec Alexandria mais peut se montrer effrayant par moments. Néanmoins il a toujours conservé ma compassion, même dans les moments où on découvrait ce qu'il avait réellement dans la tête. Lee Pace donnait une certaine vulnérabilité au personnage qui le rendait attachant je trouve. Quant à Catinca Untaru dans le rôle d'Alexandria, elle est trop adorable pour que je ne l'aime pas. Je n'ai pas été convaincue directement mais plus le film avançait, plus il était vraiment difficile de ne pas tomber sous le charme de cette petite fille. Oh et mon Dieu quand les larmes ont commencé à couler sur ses joues, … mon cœur s'est brisé en milles morceaux. Elle a été très juste tout le long mais c'est à la fin que, vraiment, elle m'est allée droit au cœur. Apparemment beaucoup de ses dialogues avec Lee Pace étaient improvisés et c'est probablement en partie ce qui rend leur relation aussi crédible. On a jamais l'impression que Catinca Untaru et Lee Pace récitent un script, les personnages semblent réellement juste vivre sur notre écran.

 

Par ailleurs la réalisation qui au début m'avait un peu rebutée, finalement, m'a également beaucoup plu. En effet quand j'ai compris qu'elle ne se posait pas sur du vide et que ses éléments avaient du sens, forcément, c'est allé mieux. Et le film est très esthétique. Des couleurs vives, de très beaux costumes, des décors magnifiques... La mise en scène n'est pas toujours parfaite mais cela ne vient pas de la réalisation : c'est le récit de Roy qui est parfois bancal et c'est normal parce que les récits improvisés à l'oral le sont souvent un peu. La réalisation était donc particulèrement bien mise au service du scénario.

 

Je pense que The Fall est le genre de films qu'il faut voir deux fois. Parce que je suis rentrée dans le film avec des attentes, j'ai regardé le film en fonction de mes attentes et je lui ai probablement imposé des idées préconçues. Maintenant que je sais ce qu'est le film, je serais probablement capable de l'apprécier mieux. Par ailleurs c'est un film dans lequel les détails comptent et, encore une fois, pour vraiment capter ces détails, une seconde vision me semble judicieuse. Un de ces jours je le reverrai probablement. Parce que, je pense que vous l'avez compris, j'ai beaucoup aimé. Et donc, je vous le recommande~

 

 

 

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