[Tu as tué mon père, prépare toi au] City Hunter 시티헌터

Publié le 4 Mai 2019

 

Diffusé en 2011

Sur SBS

20 épisodes

Réalisé par Jin Hyuk

Ecrit par Hwang Eun Kyung & Choi Soo Jin

D’après le manga de Tsukasa Hojo

 

Avec :

Lee Min Ho : Lee Yoon Sung

Kim Sang Joong : Lee Jin Pyo

Park Min Young : Kim Nana

Lee Joon Hyuk : Kim Young Joo

Kim Sang Ho : Bae Sik Joong

Kim Mi Sook : Lee Jyung Hi

Hwang Sun Hee : Jin Sae Hee

Goo Hara : Choi Dae Hye

Cheon Ho Jin : Choi Eung Chan

Etc

 

 

Dontesque ?

Suite à un attentat orchestré par la Corée du Nord, la Corée du Sud envoie des hommes venger leur pays mais, incapable d'assumer son acte, la nation trahit ses hommes et les fait massacrer. Seul un, Jin Pyo, survit, et de retour au pays il enlève l'enfant nouveau-né de son meilleur ami mort dans le massacre ,et décide de l'élever lui-même pour en faire l'instrument de sa vengeance contre ceux qui ont ordonné le massacre, ont détruit sa vie et sont responsables de la mort de son meilleur ami.

 

Des années après, l’enfant, Yoon Sung, a grandi, et arrive en Corée du Sud, prêt à révéler la corruption des leaders de la nation au public, qui le surnomme "City Hunter".

 

La fiche Ecrans d'Asie: ici

 

 

oOo

Il y a deux mois, Haechi a commencé sa diffusion (qui est à présent terminée), et comme à chaque fois que je regarde un sageuk, je me suis mise à repenser aux sageuks/fusion sageuks un peu pétés mais auxquels je suis particulièrement attachée, dont Faith. Qui dit « Faith », dit « Lee Min Ho », dit « City Hunter », puisque, à mes yeux, ça reste son meilleur drama (même si, en vrai, j’aime mieux Faith). J’avais adoré City Hunter, il y a huit ans, et j’étais curieuse de voir ce que j’en penserais aujourd’hui, d’autant que j’étais d’humeur pour quelque chose qui bouge un peu. Alors je me suis posée devant à nouveau, et la bonne nouvelle c’est que ça a été une expérience très agréable pour moi. J’ai passé, globalement, un très bon moment devant City Hunter. Sans chercher (pour le moment) à le décortiquer, c’était juste fun, une seconde fois. J’avais oublié certaines choses (par exemple, je ne me rappelais pas de Lee Kwang Soo au casting, et j’avais oublié des détails de la fin), mais je me souvenais quand même plutôt bien des évènements, et j’ai retrouvé le drama tel que je m’en rappelais. Et à la fois, comme je suis quelqu’un de différent, ma perspective a changé. 

 

Donc je voulais en causer avec vous, et parce qu’en ce moment j’expérimente un peu avec la forme de mes articles (rien de ouf, hein, mais j’essaie, pour voir), voici le plan de l’article :

 

 

 

 

Et, écoutez… c’est parti, hein !

 

 

 

-du divertissement-

… du fun et de l’adrénaline

 

Même en connaissant le déroulement du drama, City Hunter m’a embarquée très facilement, et rarement lâchée. Une raison à ça, notamment, est son rythme rapide. Alors, comme c’est classique dans les Kdramas, il y a un moment dans le dernier tiers où j’ai eu le sentiment que les choses stagnaient un peu, ce qui est d’autant plus frustrant que le dernier épisode parait trop rapidement expédié, mais le reste du temps, City Hunter bouge vite. J’ai même été surprise au début, car j’avais le souvenir d’un premier épisode très lent, faisant sembler le petit passage « backstory » obligatoire interminable, alors que… eh bien, pour tout vous dire, je me demande sincèrement ce qui a bien pu m’inspirer un tel sentiment, car l’épisode 1 est, au contraire, ultra rapide. En une heure, on a droit à la naissance de Yoon Sung, l’histoire de ses parents, son enfance, son adolescence, une ellipse, et boum, le voilà adulte, et on a tout ce qu’il faut pour comprendre son personnage plus tard. A l’épisode 3, il a déjà arrêté le premier ennemi « à abattre » ! Bref, oui, ça bouge vite, et qui plus est, City Hunter sait comment terminer un épisode sur quelque chose qui donne envie de voir la suite.

 

C’était amusant, d’ailleurs, car j’étais très excitée par tous les cliffhangers. Ayant déjà vu le drama, je m’attendais à ce qu’ils ne me fassent plus grand-chose, mais si je n’étais pas en suspense de la suite, j’étais en suspense des cliffhangers eux-mêmes. Je me souvenais tellement à quel point ils m’avaient rendue impatiente la première fois que j’étais excitée à l’idée de les revoir eux (ceux des épisodes 7 et 8 sont mes favoris, même si je trouve celui de l’épisode 8 un peu étrange à présent), et finalement, ça a créé un effet un peu similaire : j’avais toujours envie de lancer l’épisode d’après, parce que j’avais envie de voir le cliffhanger suivant.

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Bref, j’étais dans l’action.

 

Et puisqu’on parle d’action (car ceci n’est pas du tout une mauvaise transition calculée), City Hunter est, en partie, un drama d’action. Certes, ce n’est pas « The Raid : la série » (note à moi-même : revoir the Raid), mais pour arriver à ses fins, le City Hunter doit faire face à quelques situations périlleuses, et des sous-fifres décidés à lui taper dessus. Or, j’ai trouvé que le drama se tenait plutôt bien de ce côté-là ! Bon, certaines scènes moins que d’autres. Par exemple, dans l’épisode 16, on a une scène de baston filmée de façon très désorganisée, et c’est désagréable. Parfois, le drama n’exploite pas non plus tout son potentiel : un face à face important se déroule dans un aquarium, dans l’épisode 18, et malgré les enjeux importants, la scène est expédiée, et visuellement pauvre quand on prend en compte le décor. Il y avait tellement de choses à faire avec cet aquarium ! Voilà, c’est pas parfait. Mais la plupart du temps, l’action se tient, et il y a quelque chose d’amusant à voir le City Hunter improviser avec ce qu’il a sous la main, qu’il utilise un stylo pour s’accrocher aux barrières, ou bien se batte à la petite cuillère ou avec une bouteille en plastique.

 

Visuellement, le drama est agréable. Je ne me suis, je vous avoue, pas penchée sur les détails de la réalisation, mais simplement, la série m’a toujours semblé agréable à regarder, et c’est vrai que j’ai aussi un faible pour sa bande-originale. Alors, oui, des fois, le drama abuse un peu (comme c’est commun dans les kdramas), mais c’est un OST que j’aime bien écouter, même en dehors de la série. It’s alright n’était pas toujours la bienvenue car je trouve que, parfois, en fin d’épisode, elle pétait un peu l’ambiance (on passait du silence à un « OH IT’S ALLLLRRIIIIGHT », and bordayl non, c’est pas allright !) mais à d’autres moments, elle fonctionne bien et c’est un morceau dynamique pour un drama qui ne l’est pas moins. Suddenly m’est dans la tête depuis que j’ai fini le drama et, ma foi, je ne m’en plains pas. Sad Run, et le City Hunter Theme sont des morceaux que j’aime bien, et ma chanson favorite est et a toujours été Lonely Day, que j’aime beaucoup, même si je suis toujours frustrée que le drama (comme c’est souvent le cas) n’utilique quasiment que le refrain, alors que e début de la chanson me parait bien plus intriguant et atmosphérique. Dans l’ensemble, j’aime juste vraiment bien la musique de la série.

Et dans la catégorie des jolies choses, on ne va bien entendu pas oublier le casting. Lee Min Ho est un acteur limité, mais il est particulièrement joli à regarder, et il fait très cool dans son rôle de City Hunter (et il est super grand… j’avais oublié à quel point il est super grand o.o). Park Min Young est toujours un plaisir à avoir à l’écran, et j’ai un faible récent pour Lee Joon Hyuk, dans le rôle de Kim Young Joo, le procureur aux trousses du City Hunter, auquel je me référais, dans mes conversations avec Fleya (qui a un peu suivi mon revisionnage du drama, merci à elle), en tant que « pretty bb », parce que je suis mature et pas du tout superficielle comme ça. Mais même le drama commente sur la question, aussi ! La fille adolescente du président de la république tombe sous le charme au premier regard (après avoir fangirlisé sur Yoon Sung/Lee Min Ho tout le drama…  Da Hye, elle a bon goût !), et il y a même une scène où une scientifique veut crier sur Kim Young Joo mais ne peut s’y résoudre parce qu’il est trop joli, trop charmant, et clairement quelqu’un de bien aussi. Donc moi je dis que VOILA D’ABORD.

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Bien. On a donc déterminé que je m’étais amusée dans City Hunter, et tout ce que je viens de vous raconter là, c’était déjà vrai à mon premier visionnage. Donc qu’est-ce qui a changé entre mon premier visionnage et le second ? Eh bien, là, je vous ai surtout parlé de choses en surface, de divertissement un peu superficiel (ce qui n’est pas péjoratif), mais City Hunter m’a également provoqué des émotions plus profondes, et ce qui a changé, par rapport à la première fois, c’est la source de ces émotions. Je n’ai pas été émue et « provoquée » par les mêmes choses. Ou, plus exactement, le rapport d’intensité s’est inversé. Parce qu’avant, pour moi, la principale source d’émotions du drama, c’était sa romance, et à présent… plus vraiment.

 

 

… de la romance

 

Ne vous méprenez pas : il y a des tas de choses que j’aime bien dans cette romance. A la base, je suis une shippeuse dans l’âme. Je shippe tout et n’importe qui, et j’adore les romances, c’est pour ça que j’ai passé quasiment tout le mois dernier à reregarder en accéléré des tas de dramas (My Girlfriend is a Gumiho, My Princess, GIANT, etc, et puis Faith aussi, oui) en ne regardant que les scènes de mes OTPs de ces dramas (ce fut un mois particulièrement rose dans mon cœur tout mou). Comme, en plus, je retrouvais Nana et Yoon Sung après avoir vécu leur romance de façon très intense la première fois, on ne va pas se mentir, il y a eu des moments de couinement assez embarrassants, parce qu’il y avait déjà de l’affection entre eux et moi. J’adore qu’ils vivent ensemble un moment (plusieurs, en fait), j’adore les voir rire ensemble, j’aime qu’elle ne mette pas 707 ans à capter qu’il est le City Hunter, et bordel, même le « presque baiser sur le canapé » continue de me faire quelque chose, même si honnêtement, je trouve que Nana a l’air un peu effrayée. Je sais que c’est plus une question de « présentation » parce qu’on sait qu’elle kiffe Yoon Sung, et que c’est juste la façon kdramatesque de signaler « okay embrasse moi, jsuis partante » tout en gardant l’héroïne un peu « pure » (pff), mais un consentement enthousiaste, ç’aurait été bien, et en plus, c’est plus sexy. Si au lieu de juste fermer les yeux, elle l’avait embrassé elle-même, par exemple ! Puis de base, qu’est-ce qu’il va essayer d’embrasser les gens quand il pense qu’ils dorment, lui ?! ARGH.

 

Les gens, j’aime bien ces deux personnages, vraiment, et, pour rester dans le Lee Min Ho, on n’est pas au niveau Heirs ou Boys Over Flowers du malaise, mais Yoon Sung n’échappe pas aux travers qui frappent beaucoup de héros de kdramas, notamment pas mal de possessivité. Par exemple, il fait preuve d’une jalousie juvénile vis-à-vis de Kim Young Joo. Il lui arrive au moins une fois de suivre Nana (je n’ai pas toujours tout noté, okay). Dans l’épisode 7, il l’appelle « sa chose » : un type drague lourdement Nana, alors il intervient (jusque là tout va bien), avec un « ne touche pas à mes affaires/choses » (et là ça va plus super bien). C’est rien dont on n’ait pas l’habitude (malheureusement), et autant il y a 8 ans ça ne faisait pas réagir, autant maintenant je grimace. Et je serais bien tentée, dans le cas spécifique de ce personnage, de lier son attitude à la façon dont il a grandi, mais autant certains aspects de sa relation avec Nana découlent clairement de là, autant ça, j’ai plus le sentiment que c’est là parce que « c’est comme ça qu’on écrit des romances ». Un peu comme le fait que leur relation commence du mauvais pied, ce que je n’ai jamais super compris. Le coup des personnages qui se rencontrent, s’entendent mal, puis apprennent à s’apprécier et s’aimer, c’est un classique, mais Yoon Sung ne rencontre pas Nana par hasard. Il la rencontre expressément à la demande d’Ahjussi (son ami, on en reparle plus tard), pour vérifier qu’elle va bien, et l’aider s’il y a besoin. Il sait donc qui elle est, et est censé avoir des intentions bienveillantes, donc pourquoi choisir des circonstances désagréables et se comporter n’importe comment ? J’ai des questions.

 

Mais, surtout, il y a toute l’affaire « yoyo ».

 

Affaire « yoyo » qui, pour le coup, est motivée (au moins en partie) par des éléments spécifiques à ce drama, à ces deux personnages, et touche à quelque chose d’important… même si c’est relou.

 

Par « affaire yoyo », j’entends que Yoon Sung joue au yoyo avec Nana. D’abord il ne veut pas qu’elle s’approche trop de lui, puis il fait tout pour s’en rapprocher. Il l’embrasse, lui dit au revoir pour toujours, la blesse pour qu’elle abandonne, lui dit de ne pas le quitter deux secondes plus tard, refuse de lui dire qu’il la kiffe tout en la kiffant visiblement, finit par lui dire en enchainant sur « quitte moi », tout ça pour continuer à la solliciter sans arrêt OMG DUDE STOP WHY. Il a même le culot de lui demander de ne pas être triste. Alors, certes, il a des raisons de vouloir l’éloigner (elle est en danger de mort quand elle le côtoie, c’est vrai que ça craint) et, à sa (mini) décharge, quand Nana finit par être au courant de l’affaire « City Hunter » et qu’il veut l’éloigner, il lui explique pourquoi et ne se casse pas juste sans rien dire. Et son attitude est également étroitement liée à ce qu’on sait déjà de lui (on en reparlera), donc elle est justifiée scénaristiquement. Mais n’empêche que c’est relou, et c’est d’ailleurs ce qui créé pas mal de longueurs dans le dernier tiers du drama. J’en avais ras le bol de voir tout ce « yoyotage », et la romance (qui ne m’émouvait pas autant qu’avant déjà, et sur laquelle j’avais mes réserves) a fini par pas mal me perdre. D’autant que c’était fatiguant de voir Yoon Sung balancer toutes ses émotions à Nana, clairement ou pas clairement, et la laisser se démerder avec.

 

Faut dire que, dans City Hunter, les émotions, c’est effectivement affaire de femmes (et ça reflète bien sûr tout un tas d’idées qui dépassent la série).

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de la frustration-

… allô maman bobo

 

Bon, bon, bon. Mon « les émotions, c’est effectivement affaire de femmes » me servait de transition, et était donc très résumé. Et même un peu faux. Parce que j’aime bien raconter n’importe quoi. Précisons~

 

Les personnages masculins de City Hunter ne sont pas dépourvus d’émotions et sentiments, loin de là. Yoon Sung est très porté par ses émotions. Kim Young Joo a du mal à exprimer les siennes au début du drama, et c’est en grande partie ce qui lui a coûté son mariage : il ne commence à réellement se « reconnecter » à son ex-femme qu’en faisant preuve de plus de vulnérabilité émotionnelle avec elle. Des personnages masculins principaux, le plus fermé émotionnellement est Jin Pyo. Il exprime sa soif de vengeance et sa colère, des émotions dures, des émotions violentes, mais il est détaché de toute compassion, il ne communique pas d’autres sentiments le laissant vulnérable. Et la plupart du temps, il reste en maitrise de soi. Bref, on pourrait le qualifier de « roc », ce qui n’est pas le cas de Yoon Sung, et de moins en moins de Young Joo. Et on ne peut pas dire que Jin Pyo soit présenté sous un jour positif, ou sain. Son refus de se laisser ressentir des émotions plus « douces » et de les exprimer risque même de lui coûter cher (on en reparlera… oui, j’aime bien dire ça), et la série, au fond, avance donc que non seulement ses personnages masculins sont émotifs, mais qu’en plus ils ont tout à gagner à exposer ces émotions, les communiquer, et se laisser être vulnérables avec les autres.

 

Ce qui est affaire de femmes, dans City Hunter, ce n’est pas de ressentir, mais de comprendre et gérer les émotions, surtout d’autrui. Et par « autrui », j’entends surtout « les personnages masculins ». Les personnages féminins principaux sont écrits comme des soutiens émotionnels. Les pères sont des modèles, ou ils donnent des missions, et les mères sont en charge de réconforter, d’apprendre les sentiments. C’est (en partie) pour ça que l’attitude de Yoon Sung s’explique par son enfance, parce que si, dans City Hunter, l’apprentissage émotionnel est fait par les femmes, ben lui il avait pas de professeur. Il a bien eu une « mère de substitution », mais si on sait qu’il y était très attaché, on ne sait pas exactement à quel point elle a été présente, et ce n’est pas elle qui l’a élevé : c’est Jin Pyo. Aka « le roc ». Aka « le pire type pour t’apprendre à gérer tes émotions ». Tu m’étonnes que Yoon Sung galère !

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Mais là, le moment est venu de parler d’Ahjussi, c’est-à-dire Bae Sik Joon, interprété par Kim Sang Ho qu’on aime tous très fort (oui, je vous inclus dans le tas). Pour vous situer : lorsque Yoon Sung était ado, il a sauvé Sik Joon d’un gang, et depuis Ahjussi est resté avec Yoon Sung et Jin Pyo. Au début parce qu’il n’avait pas le choix (Jin Pyo ne l’aurait pas laissé repartir vivant), puis par affection pour Yoon Sung. Ils vivaient donc ensemble là-bas, puis vivent ensemble à nouveau à Séoul.

 

Ahjussi a des tas de points communs avec les personnages féminins du drama. Déjà, lui aussi est un soutien émotionnel pour Yoon Sung. Quand celui-ci se sent seul, il appelle Ahjussi, qui est une figure très affectueuse.

 

Ahjussi est également associé à tout ce qui est « tâches domestiques », quelque chose de lié à des stéréotypes féminins. Il fait les courses (Yoon Sung les fait une fois… mais c’est parce qu’il est avec Nana), il sert le thé, il fait le ménage, et puis il fait à manger (il est cuisinier de métier).

Ah, subitement j'ai vraiment envie de manger tes fausses jambbong aux légumes, Ahjussi. Ta cuisine me manque plus que celle d'une mère.

Ep3, Yoon Sung parle à Ahjussi, pas encore arrivé en Corée du Sud, parce qu'il se sent seul

Or, dans City Hunter, les femmes sont très associées à la nourriture, parce que la nourriture elle-même est associée aux idées de famille, foyer, réconfort : lorsqu’elle retrouve son fils, la première chose que veut faire la mère de Yoon Sung est de lui faire à manger (d’ailleurs, elle aussi, elle cuisine pour gagner sa vie) ; lorsque Sae Hee veut réconforter son ex-mari, elle lui apporte à manger ; Yoon Sung insiste pour manger avec Nana (même quand il ne trouve pas la nourriture bonne) parce que ça le réconforte, cette sensation de foyer. Le fait que Yoon Sung aime particulièrement le café de Nana et ne puisse plus en apprécier d’autres est également quelque chose qui revient plusieurs fois. Et Ahjussi, de même que tous les autres personnages féminins, est associé à ces idées de nourriture, de foyer, de chaleur, de réconfort.

 

Et c’est pour ça que, dans l’épisode 14, lorsque Yoon Sung décrit Ahjussi, il dit:

Pour moi, il est comme une mère, un grand-frère et une grande sœur à la fois.

Yoon Sung, ep14

« Mère » vient en premier, et ça fait deux qualificatifs féminins pour un seul masculin. Par ailleurs, dans l’épisode 15, le drama écrit également Ahjussi comme une « épouse » pour Yoon Sung, Nana qualifiant leur dispute de « dispute de couple marié ». A l’époque, point de mariage homosexuel, et Ahjussi est clairement associé, une fois de plus à un stéréotype féminin, le motif de la dispute étant qu’il est financièrement entretenu par Yoon Sung (au même titre que toutes les autres figures féminines de sa vie, à un moment ou un autre) et dilapide complètement son argent, notamment en électro-ménager (ouais, on va pas se mentir, c’est un autre truc qui m’a fait grimacer). Bref, en clair, Ahjussi est clairement présenté par le drama ET par Yoon Sung comme une présence féminine dans sa vie parce qu’il est associé à tout ce qui est avant tout « affaire de femmes » pour City Hunter : la nourriture, le foyer, la famille (c’est également Ahjussi qui retrouve la mère de Yoon Sung et le pousse à reprendre contact), le soutien émotionnel.

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Ahjussi est un personnage présenté de façon très positive dans City Hunter (et sans surprise, c’était un des personnages favoris du public à l’époque). Le drama avance donc bien qu’il y a des « tâches féminines » et des « tâches masculines », mais le personnage masculin accomplissant les « tâches féminines » n’est pas moqué ou amoindri parce qu’il accomplit ces tâches, au contraire. Du moins, pas généralement, puisqu’il reste cette « dispute conjugale » où ses « traits féminins » sont tournés en ridicule (plus, potentiellement, des détails que j’ai oubliés/pas relevés). Mais dans l’ensemble, à l’exception de sa relation à sa femme décédée que je trouve cheloue, et de son béguin sur la collègue de Nana, Ahjussi est un personnage très attachant, et sa relation profondément affectueuse avec Yoon Sung me procure beaucoup de bonheur. Et du coup, ça fait mal, les gens, quand il est malmené.

 

Parce qu’il y a une autre chose que les personnages féminins ont en commun dans cette série, les gens. Et ce n’est pas juste de se faire malmener (enfin, ça arrive, mais tout le monde se fait malmener dans cette série, en fait, donc bon), mais d’être utilisées pour faire pression sur Yoon Sung, par Jin Pyo surtout : il a utilisé sa mère de substitution, il a menacé Nana, il a tabassé Ahjussi, il a pris la mère de Yoon Sung en otage, à chaque fois pour manipuler Yoon Sung émotionnellement. Alors c’est clair que le coup de kidnapper/menacer une damoiselle pour faire réagir un damoiseau, c’est pas propre à City Hunter, mais ici c’est fait de façon très explicite, et ça entre clairement dans des thèmes prépondérants dans le drama. Et c’est là qu’arrive véritablement la frustration.

 

Certes, le drama avance qu’il y a des « tâches féminines » et des « tâches masculines », et de base c’est une chose à laquelle je n’adhère pas, et le drama est parfois maladroit, mais de la même façon qu’Ahjussi est un homme avec des « traits féminins » et que c’est positif, Nana est une femme avec des « traits masculins » (en tant que garde du corps, elle a un boulot « de mec », et elle est physiquement forte, étant fort capable de mettre quatre types à terre pour venir en secours à Yoon Sung) et c’est également présenté comme quelque chose de positif (sans pour autant être présenté comme supérieur). Moi, mon gros souci, en fait, c’est qu’à cause de ce à quoi les personnages féminins sont, pas tous résumés, mais tous associés, ils se retrouvent limités, et il y a beaucoup de potentiel gâché. Et oui, cette phrase était affreuse.

 

En résumé : comme les femmes sont le soutien émotionnel des personnages masculins principaux (j’entends par ça Yong Joo, un peu, mais surtout Yoon Sung, quand même), elles deviennent effectivement l’endroit où frapper pour blesser, et donc ce qu’il faut protéger. Et pour les protéger, le meilleur moyen, c’est encore de les écarter. Et ça, ce n’est pas vrai pour Ahjussi, par contre : parce qu’il est quand même un quart « grand frère », Ahjussi continue d’être impliqué par Yoon Sung, alors que les personnages féminins sont largement relégués au second plan. Et ça fait chier, parce que City Hunter a des personnages féminins que j’aime beaucoup.

 

 

… personnages féminins limités

 

Il y a plusieurs personnages féminins que j’étais impatiente à l’idée de retrouver dans City Hunter. L’un d’entre eux était Da Hye, la fille du président, que j’avais trouvée toute mignonne la première fois (et qui l’est toujours à mes yeux), mais surtout il y en avait trois : la mère de Yoon Sung, Sae Hee (la vétérinaire, ex-femme de Kim Young Joo), et bien sûr Kim Nana. Mais… j’ai été un peu déçue.

 

Bon, sauf pour Sae Hee. Parce que je me souvenais nettement que, déjà la première fois, j’avais été frustrée de la voir si peu. Sae Hee est un personnage qui me plait, empathique et intelligent, et j’aime beaucoup toutes ses scènes avec Yoon Sung, et surtout avec Kim Young Joo, parce qu’on sent bien que l’affection est encore là. J’avais vraiment envie de les voir reconstruire leur relation, en grande partie, c’est vrai, parce que Young Joo avait désespérément besoin de quelque chose de solide à nouveau, et que moi je me sentais très mal pour lui. Mais aussi parce que j’aimais beaucoup Sae Hee et que j’avais envie de la voir plus. Malheureusement, le personnage reste très secondaire. Au moins, j’étais préparée.

 

Pour ce qui est de Lee Kyung Hee, la mère de Yoon Sung (interprétée par Kim Mi Sook), le problème est différent, parce qu’il vient en vérité de Lee Min Ho. Ma déception, à ce niveau-là, a été le manque d’émotion que j’ai ressenti. Yoon Sung retrouve sa mère après des années à s’être cru abandonné, et je m’attendais à être bien plus émue de le voir bâtir une relation avec elle. La première fois qu’il l’appelle « mmaan », je pensais que la scène aurait un impact sur moi, mais Lee Min Ho est un peu trop plat à mes yeux, et tout cet axe de l’histoire n’a vraiment pas eu l’effet qu’il aurait dû, ce qui est vraiment dommage puisque l’envie d’avoir une famille et de vivre avec cette famille est quand même une des motivations majeures de Yoon Sung.

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Ma déception majeure, néanmoins, a été Kim Nana.

 

Qu’on s’entende bien : Kim Nana est un personnage que j’aime beaucoup. Il y a des tas de choses à aimer chez Kim Nana, et je pense que parmi beaucoup de fans de dramas, qui en regardaient déjà en 2011, Nana est une favorite, les gens l’ayant souvent décrite comme une bouffée d’air frais, et un personnage qui changeait (n’empêche, en 2011, on a eu droit, entre autres, à Dream High, the Princess Man et Ojakgyo Brothers… en termes de personnages féminins, ça frappe fort !). Kim Nana est intelligente (elle fait très vite le rapprochement entre Yoon Sung et le Ciy Hunter !), elle est résiliente, elle est kick-ass, elle est courageuse, elle est prête à protéger les gens qu’elle aime, elle prend des risques autant physiquement que sentimentalement, elle exprime ses sentiments directement, et elle ne se laisse pas faire malgré la vie qui joue au yoyo avec elle (outre Yoon Sung elle perd et retrouve son emploi plusieurs fois aussi o.o). Elle est émotionnellement très forte. Tout comme ses copains masculins (on… en reparlera… *sans blague*) elle perd progressivement ses repères et les gens sur lesquels elle se reposait : d’abord elle perd ses parents dans un accident, puis il y a les révélations sur son « daddy long legs » (le correspondant l’ayant soutenue pendant des années), sur l’amie à qui elle se confiait, sur le type qu’elle aime, même sur Lee Kyung Hee chez qui elle cherchait du réconfort. Il arrive un moment où, comme elle dit elle-même, elle n’a plus personne à qui parler, et au lieu de s’écrouler, elle reste forte. Alors, elle est humaine, bien sûr : elle craque par moments, et puis elle s’égare, et elle flippe. Ce n’est pas un caillou, ce n’est pas une surfemme, mais elle est impressionnante.  Et il y a quelques épisodes dans le drama, après qu’elle ait confirmé que Yoon Sung est bien le City Hunter, où elle insiste pour participer et… participe effectivement ! Et j’adore ces épisodes. J’ai adoré la voir faire partie de l’équipe. Sauf que voilà, on en revient à ce que je disais dans la partie précédente : Nana devient ce que le héros doit protéger, et donc elle finit par être mise sur le banc de touche. Elle n’a plus le droit de participer, elle est mise à l’écart, et c’est super frustrant. Parce qu’en plus, on sait à quel point c’était super quand elle pouvait participer ! Nana est un personnage que j’aime bien, mais je suis frustrée par le rôle auquel le drama finit par la cantonner.

 

 

Bref. L’histoire avec la mère de Yoon Sung aurait pu me toucher, mais finalement, c’est tombé un peu à plat. La romance a ses soucis et m’a perdu dans ses répétitions de fin. Au moins, relation entre Sae Hee et Young Joo m’a plus embarquée, parce que voilà, pour moi, à présent, le cœur du drama il est dans ces trois personnages : Kim Young Joo, Jin Pyo, Yoon Sung, les relations entre eux, et leurs tragédies personnelles.

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-le cœur du drama-

… la tragédie « Kim Young Joo »

 

Kim Young Joo a clairement été mon personnage favori cette fois-ci. C’est un personnage attachant, qui attire la sympathie et la compassion, et ça aide que l’acteur soit bon. Le personnage peut sembler rigide au début, mais Lee Joon Hyuk y met beaucoup d’émotions, et elles ressortent de plus en plus au fil du drama, au fur et à mesure que le personnage… eh bien… s’effondre.

 

Kim Young Joo et Yoon sung sont véritablement deux côtés d’une même pièce. Ils ont beau avoir des motivations un peu différentes (tous deux ont envie de justice, mais Yoon Sung est également motivé par vengeance), ils ont les mêmes objectifs, sauf que, voilà, ils ont des méthodes très différentes, ce que Young Joo ne peut pas accepter.

On peut avoir les meilleures intentions du monde, si les méthodes sont mauvaises… ça reste mal, non ?

Kim Young Joo, ep2

Kim Young Joo est un procureur épris de justice, à cheval sur la loi, et très dévoué à son travail (l’autre raison ayant causé la fin de son mariage, Sae Hee s’étant souvent sentie délaissée). Il a des principes forts, et tient à agir selon la loi, dans le système. Il n’est pas exactement « pliable », il est plutôt rigide sur ces questions, et c’est bien le souci avec le City Hunter : le City Hunter veut arrêter les mêmes personnes corrompues que Young Joo veut mettre derrière les barreaux, mais il use pour ça (comme la plupart des justiciers masqués) de moyens peu légaux, et Young Joo ne peut juste pas l’accepter.

 

J’adore la relation de Yoon Sung/City Hunter et de Young Joo. Tout comme Nana, Young Joo est quelqu’un d’intelligent, et ça ne lui prend donc pas trop de temps pour soupçonner Yoon Sung, puis, enfin, être persuadé qu’il est bien le City Hunter. Sauf qu’il ne peut pas le prouver, et parce qu’il ne peut pas le prouver, il ne peut rien faire. Il pourrait agir s’il était moins rigide, mais il est tenu par ses principes, et ça créé cette dynamique où Young Joo sait que Yoon Sung est le City Hunter, et Yoon Sung sait que Young Joo sait, et ils en parlent sans que Yoon Sung admette quoi que ce soit. Yoon Sung continue de mentir, Young Joo n’avale rien, et c’est un vrai jeu du chat et de la souris, tendu et divertissant à regardant. Et puis, Young Joo a beau vouloir absolument attraper Yoon Sung, et essayer de le piéger, de le prendre en faute… il y a quand même un certain degré de confiance entre les deux personnages, parce que Young Joo reconnait les objectifs du City Hunter, et admet qu’il y a des choses qu’il ne ferait pas.

 

Par exemple, à la fin d’un épisode, lorsqu’une personne innocente est mise en danger lors d’une arrestation, et qu’il faut à la fois attraper le criminel et sauver cette personne, Young Joo et le City Hunter (dont il n’a même pas encore déterminé l’identité) échangent un regard, et Young Joo fonce arrêter le criminel, parce qu’il sait que le City Hunter ne laissera pas mourir quelqu’un d’innocent. Dans un autre épisode, le City Hunter a un pistolet braqué sur Young Joo, et Young Joo sait que le City Hunter ne lui tirera pas dessus. Et Yoon Sung a choisi de livrer ses « victimes » à Kim Young Joo parce qu’il lui fait également confiance pour ne pas être corrompu, intimidé, acheté. Ils sont chat et souris, mais également un peu partenaires. C’est une dynamique qui me plaisait beaucoup, et jvous avoue qu’une partie de moi ne serait pas contre un petit spin-off de « Young Joo & City Hunter vs Les Forces du Mal » (I want T.T).

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Le truc c’est que voilà : Young Joo n’a pas juste envie d’arrêter le City Hunter, il en a besoin. Ca vire presque à l’obsession, et pas parce que Young Joo déteste le City Hunter, mais parce que le City Hunter menace toutes les fondations même de l’identité de Young Joo.

 

Ce qu’il y a de tragique dans l’histoire de Young Joo, c’est qu’il voit s’effondrer tout ce sur quoi il se tenait, et qu’il ne peut rien faire, parce qu’agir irait contre ses principes. Ca devient difficile à regarder parfois, parce que lui-même sent bien ce qui est en train de se passer, et il est impuissant. Un des pires moments de la série, pour moi (et sans vous spoiler), se déroule lors de l’épisode 13. Il est face à un public, et quelque chose commence à se passer derrière lui. Sur son visage on peut lire que sans se retourner, il sait pertinemment ce que c’est, il sait que ça va être un coup affreux sur sa vie, mais il reste immobile, résigné, parce qu’il sait aussi qu’il ne peut pas arrêter la machine. Petit à petit Young Joo perd ses relations, sa réputation, ses certitudes, jusqu’à ce qu’il n’ait plus qu’à admettre sa défaite.

J’ai de plus en plus le sentiment que ses méthodes sont meilleures que les miennes. Je suis énervé, et irrité, mais je ne peux rien faire. La loi a perdu… face à ce type.

Kim Young Joo

La question, après, c’est bien sûr de savoir s’il arrivera à se relever, une fois ses convictions, auxquelles il se rattachait si fort, perdues… mais en attendant, le drama est très cruel avec Young Joo, et je vais pas vous mentir, ça m’a fait mal au cœur bien souvent.

Et bien entendu, je n’y ai pas encore touché, mais le premier repère que perd Young Joo, c’est son père, sa relation avec lui ayant mal tourné avant même le début du drama. Parce que dans City Hunter, les daddy issues, c’est partout, pour quasiment tout le monde.

 

 

… daddy issues

 

Il y a peu de mères dans City Hunter. On en voit quelques unes, mais peu. La plupart sont absentes, soit parce qu’elles ne sont juste pas à l’écran, soit pour des raisons indépendantes de leur volonté (genre : être morte dans un accident de voiture). Yoon Sung a des soucis avec sa mère, mais elle ne l’a pas abandonné : on lui a volé son gosse. Les mère sont généralement dépeintes de façon positive, alors que les pères… wow, la plupart craignent. De vrais traitres. Et même quand ils ne craignent pas, ils posent problème quand même, c’est ouf.

 

Par exemple, le président est un bon père pour Da Hye, mais parce qu’il est le président, elle est isolée et persécutée. Le père de Nana était bon également, mais à présent il est dans le coma, suite à l’accident qui a couté la vie à sa femme, et du coup, Nana croûle sous les factures d’hôpital. Elle est sans cesse à deux doigts de perdre sa maison. C’est pas la faute du paternel, hein ! Il a rien fait de mal, le pauvre, mais ça s’inscrit dans un tout. Même dans les personnages secondaires : dans l’immeuble de Nana, il y a deux gosses, et leur père a déserté, les laissant vivre tous seuls depuis dix mois. La mère n’est jamais mentionnée, donc je me suis dit qu’elle devait être morte, mais le père s’est juste tiré, abandonnant ses gosses sans argent et sans bouffe. Au passage, cette partie de l’histoire n’est pas très bien gérée, et c’est un moyen assez grossièrement évident de provoquer le City Hunter (parce que sens de la justice, parce que pitié, et parce que les enfants négligés sont un trigger pour lui) et de le rapprocher de Nana. Mais bref, on a encore des personnages qui galèrent à cause de leur paternel.

 

On pourrait même avancer que la nation entière a un problème de paternel. Les cinq hommes que Yoon Sung doit détruire sont tous des hommes puissants qui dirigent la nation dans l’ombre, et certains sont des modèles pour les citoyens (et ça c’est le rôle du père : Young Joo suit les mots de son père, Nana veut devenir garde du corps comme son père, Yoon Sung a hérité de la vengeance du sien). L’un d’entre eux est carrément le président ! Et il est un bon père pour sa fille, mais il fait quand même partie des gens ayant menti aux citoyens, et ayant autorisé le massacre des soldats qui a lancé toute l’histoire. Jin Pyo s’est senti trahi par sa « mère patrie » mais la mère patrie est un concept, elle ne décide rien d’elle-même, et les vrais fautifs sont ces cinq hommes, les « pères » de la nation (c’est pour ça que Jin Pyo se venge d’eux, et ne balance pas une bombe atomatique sur la mère patrie).

 

Mais les deux types qui ont décidément un gros problème de paternels, ce sont clairement Young Soo et Yoon Sung. Encore une fois, ils ont beaucoup de similitudes (ce que Sae Hee ne manque pas de faire remarquer, notant qu’ils ont l’air seuls et en manque de repères tous les deux), et tous les deux se trouvent dans une situation où il faudrait qu’ils se détachent de leur père, ou arrivent à l’empêcher de passer le point de non-retour, mais ils galèrent...

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Le père de Yoon Sung est carrément abusif, et flippant, et il me foutait les boules (on en… vous savez), tandis que le père de Young Joo est avant tout une déception. C’était un modèle pour Young Joo, qui a travaillé dur pour devenir le genre de procureur que son père lui avait décrit.

Toi qui veux en devenir un… les procureurs sont comme des bambous solides. Ils protègent la justice, la vérité, le bien, l’impartialité et l’intégrité. S’ils se brisent, alors tout ça ne serait plus que des termes d’encyclopédie, des mots dans un dictionnaire. Young Joo, deviens un procureur qui protègera notre pays.

Kim Jong Sik

Young Joo est devenu le procureur que souhaitait son père, et l’admirait vraiment, jusqu’à ce qu’un certain incident (avant le début du drama) lui révèle son vrai visage, égoïste et corrompu. Et ce visage se révèle de plus en plus laid. Déçu par la loi en laquelle il croyait tant, Young Joo est de plus en plus trahi par son père également et malgré tout, il n’arrive pas à lâcher complètement prise, parce que ça reste son père, et ça ne le brise que plus : il n’arrive pas à racheter son père, mais pas à l’arrêter non plus. Il échoue en tant que fils, il échoue en tant que procureur. C’est terrible, et bordayl comment ce personnage me rend triste T.T (Quant à savoir s’il arrivera finalement à faire l’un ou l’autre, ça, ce sera à vous de le découvrir~)

Quant à Yoon Sung, il me parait clair qu’il a un des pires pères de Dramaland. Et il le gère étrangement pas trop mal (même mieux que Young Joo, à bien des égards), mais… yep.

 

Bon, techniquement, Yoon Sung a aussi plus d’un père : il y a son père biologique, et puis il y a l’homme qui l’a élevé, mais le drama rend très clair que si Yoon Sung est curieux d’en savoir plus sur son père biologique, et est en colère qu’il ait été tué, la motivation de sa vengeance n’est pas le père qu’il n’a jamais connu. Non, le père de Yoon Sung, c’est bien la personne qui l’a élevé, aka Jin Pyo, et ce que Yoon Sung venge, c’est la vie qu’il aurait pu avoir, l’enfance normale et heureuse qui lui a été dérobée. Et c’est là qu’est la tragédie de la vie de Yoon Sung, parce que sa vengeance est creuse.

 

 

… la tragédie « Yoon Sung »

 

Clairement, Yoon Sung n’a pas eu une enfance heureuse. Okay, des fois, il s’est amusé dedans, et puis il avait un copain éléphant et tout (mais, les gens, petit moment de PSA : si vous visitez des pays où on vous propose de monter sur des éléphants, ne le faites pas, parce que pour pouvoir être montés, ces animaux ont été horriblement maltraités), et on le voit rire, et être un ado plutôt enjoué. D’ailleurs, en général, je trouve que Yoon Sung est impressionnant, et incroyablement équilibré pour quelqu’un ayant grandi dans ces circonstances, et ayant reçu l’éducation qu’il a reçue. Certes, il n’est pas parfait, il a des problèmes dans sa gestion des relations, mais il a été élevé pour devenir une sorte de machine à tuer : il a été entraîné très jeune, jusqu’à devoir se blesser, et Jin Pyo a voulu lui apprendre à se méfier de tous, n’aimer personne, ne pas ressenti d’empathie pour ses victimes. Mais Yoon Sung est quand même devenu quelqu’un plein de compassion, capable de socialiser, communiquer, et faire confiance aux autres. Il n’est pas juste empli de haine et d’amertume, garde la tête claire par rapport à sa vengeance, et a le sens de la justice, ne voulant pas juste satisfaire sa colère. Jin Pyo n’a pas réussi à le briser, et je sais que c’est en grande partie parce que le drama voulait qu’on ait un héros qu’on puisse encourager, soutenir et aimer, mais bordayl, je trouve ça impressionnant de voir l’homme qu’est devenu Yoon Sung quand on prend en considération son contexte, son éducation et son paternel.

 

Cela dit, okay, il a grandi de façon impressionnante (physiquement aussi… ai-je déjà dit que Lee Min Ho est grand ?), et on a droit à des scènes plus heureuses, mais effectivement, c’était une enfance très dure, et ça se sent dans sa vie présente, et dans tout ce qu’il fait. Par exemple, un aspect de sa vengeance avec laquelle il refuse de transiger est qu’il ne veut absolument tuer personne. Déjà parce qu’après avoir accompli sa vengeance il veut pouvoir se regarder dans la glace et faire sa vie. C’est d’ailleurs quelque chose que j’ai toujours apprécié chez le personnage, le fait qu’il voie plus loin que sa vengeance, qu’elle ne soit pas le but ultime, mais un cap à passer. Par ailleurs, il refuse également de tuer parce que le sang appelle le sang. S’il tuait le père de quelqu’un, le fils de cette personne ne voudrait-il pas se venger à son tour ? Ne créérait-il pas, comme il dit, un « autre lui i » ? Et il veut désespérément éviter cela, parce qu’on lui a volé son enfance, il a ressenti cette perte, et c’est une perte qu’il ne souhaite à personne.

Une fois que tout ça sera fait, je veux vivre normalement, comme tout le monde. Mais si je tuais quelqu’un… Si je tuais le père ou le mari de quelqu’un.. Est-ce je pourrais vraiment être heureux ?

Yoon Sung, ep4

- Pourquoi l’as-tu encore livré à la police (au lieu de le tuer) ?

- Je ne veux pas créer un autre moi. Sans ces cinq hommes, j’aurais pu vivre normalement, comme tout le monde, avec une mère et un père. J’ai plus envie que quiconque de tuer ces hommes ! Mais le sang appelle le sang, on ne peut pas aller jusque là. Une fois que tout sera fini, je veux être heureux avec toi, papa.

- Je vais suivre ces types jusqu’en Enfer, et les tuer. Tu comptes vraiment t’opposer à moi ? Réponds moi.

- Oui. C’est ma vengeance.

- Quitte à entrer en guerre contre moi ?

- En guerre…? Même si je dois faire plus que ça, je m’opposerai à toi. Ne t'approche pas des gens que j’aime. Je les protègerai. Toi inclus, papa.

Jin Pyo / Yoon Sung, ep9

Et c’est là que cela devient vraiment tragique.

 

Yoon Sung n’est pas motivé uniquement par la colère et la vengeance, c’est bien ce qui fait qu’il a une chance de ne pas finir brisé, mais sa vie entière a malgré tout été « décidée » par la « perte » de son enfance. Sa vengeance et son désir d’avoir enfin la vie heureuse à laquelle il avait droit, avec son père, sont de grandes forces motrices pour lui, mais quand on y réfléchit, sa vengeance est… mal dirigée. En ne me basant que sur des éléments de l’épisode 1, histoire de ne pas vous spoiler (mais le reste du drama appuie encore plus là-dessus), la personne qui a volé l’enfance de Yoon Sung, c’est Jin Pyo et lui seul. Son père biologique, Moo Yul, avait été grièvement blessé avant la trahison du pays. Oui, le pays les a trahis, et ça craint, mais Moo Yul serait probablement mort de toute façon, et Yoon Sung aurait grandi avec sa mère, qui ne l’a jamais abandonné, contrairement à ce que Jin Pyo lui a fait croire. C’est Jin Pyo qui l’a enlevé. C’est Jin Pyo, cette personne avec qui Yoon Sung veut désespérément avoir la famille heureuse dont il rêve, qui a détruit sa vie. D’abord en le kidnappant, puis en le manipulant, en le maltraitant, en le menaçant, le tout au nom d’une vengeance qui n’a aucun sens pour Yoon Sung (pas que ce serait plus cool si elle en avait un, mais ça retourne le couteau dans la plaie, on va dire… une spécialité de Jin Pyo, donc).

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Yoon Sung a désespérément envie d’une famille. Ca se sent à la façon dont il réagit aux enfants abandonnés par leur père, à la façon dont il veut être avec Nana, chez elle, à manger sa nourriture même quand elle est mauvaises, parce que sa propre maison n’est qu’un bâtiment, pas un foyer. Ca se sent quand il veut voir sa mère, même de loin, même s’il la déteste de (pense-t-il) l’avoir abandonné. Enfant (avant l’arrivée d’Ahjussi à son adolescence), Yoon Sung a grandi avec une source de chaleur: sa mère de substitution, morte dans l’épisode 1, d’un coup de feu alors qu’elle essayait de le protéger. C’est à ce moment-là que Yoon Sung a pété un câble et a voulu tuer pour la première fois…si bien que Jin Pyo essaie de recréer l’évènement dans le drama (parce que c’est un bon père comme ça) pour le manipuler. Et effectivement, Yoon Sung pète un plomb à nouveau, parce qu’il a peut-être la tête généralement froide vis-à-vis de sa vengeance, mais la mort de sa mère de substitution lui a inculqué une peur très profonde de perdre les gens qu’il aime. De les perdre à cause de lui. Parce qu’ils essayaient de le protéger. Il déteste que Nana soit garde du corps, qu’elle se décrive elle-même comme un gilet parre-balles, et il cauchemarde qu’elle meure à cause de lui. S’il joue au yoyo avec elle, ce n’est pas parce que ça l’amuse, mais c’est parce qu’il est coincé entre son besoin de chaleur, de foyer, d’une famille, et sa peur terrible que tous les gens qu’il aime soient blessés/tués à cause de lui, son besoin de les protéger (d’ailleurs, il donne physiquement deux fois de sa personne, via greffe et transfusion pour sauver les gens qu’il aime). Du coup il veut à la fois les garder près de lui et les éloigner, d’où l’effet yoyo (qui reste chiant, mais ne sort au moins pas de nulle part...).

 

Quant à la vie heureuse avec Jin Pyo dont rêve Yoon Sung, ça parait franchement mal barré, vu qui est Jin Pyo. Parce que la seule option de Yoon Sung (à moins que Jin Pyo se prenne la foudre… une possibilité attrayante, mais malheureusement pas contrôlable par Yoon Sung) c’est d’arriver à faire que Jin Pyo s’arrête lui-même. Il ne peut évidemment pas tuer son père, parce qu’il ne peut pas tuer qui que ce soit de toute façon. Il pourrait essayer de s’en défaire, émotionnellement, mais… eh bien, déjà : c’est dur. Yoon Sung a encore plus de raisons que Young Joo d’en vouloir à son père, mais il a beau le détester, et être en colère, il a tout autant de mal à s’en détacher (Jin Pyo lui fait lui-même remarquer qu’après toutes ces horreurs, Yoon Sung l’appelle toujours « papa »), parce que ce n’est pas facile de se détacher d’un parent, même abusif (ou surtout abusif, parfois), surtout que Yoon Sung a dû mal à lâcher prise en général, quand il s’agit de sa famille/des gens qu’il aime. Et par ailleurs, même si Yoon Sung arrivait à se détacher émotionnellement de Jin Pyo, Jin Pyo continuerait de lui courir après, de menacer les gens qu’il aime (parce que c’est un acharné en plus, Jin Pyo) et le problème ne serait physiquement pas réglé. Yoon Sung pourrait essayer de faire arrêter Jin Pyo, mais Jin Pyo n’est pas du genre à se laisser arrêter, et tuerait sans doute plein de gens et/ou lui-même en tâchant de s’échapper pour finir de mener à bien sa vengeance. Donc vraiment, la seule chose que peut faire Yoon Sung, c’est de faire s’arrêter son père avant qu’il soit complètement trop tard. De le faire sortir de sa colère, de lui faire prendre conscience de ses erreurs. Et ça, mes amis… eh bah, c’est pas gagné.

 

 

… la tragédie « Jin Pyo »

 

Si la perte de Yoon Sung l’a laissé avec le besoin dévorant de combler le vide et de protéger ce qu’il a, celle de Jin Pyo lui, l’y a laissé aveugle. Il ne voit plus du tout ce qu’il a, ou ce qu’il pourrait avoir.

 

Jin Pyo a beaucoup perdu : comme Young Joo, il a vu s’effondrer ses convictions, trahi par le pays auquel il avait consacré sa vie. Il a perdu sa foi, son identité, ses frères d’armes, son meilleur ami. Ca fait beaucoup, et on peut donc comprendre qu’il ait un peu la haine. Et cette haine l’a « tordu ». Consumé par la rage, la vengeance, il est incapable de voir quoi que ce soit d’autre, et plus il s’enfonce dans cette voie, moins il peut en sortir. Il n’a pas l’intention d’avoir un futur, et il a clairement laissé côté toutes questions morales. De base, il a décidé de fonder un cartel de drogue pour se faire le fric nécessaire à sa vengeance, et « cartel de drogue », ça hurle pas « morale irréprochable ». Mais à un niveau plus personnel, il a aussi arraché à sa mère le fils de l’ami qui, dans ses derniers instants, lui avait demandé de prendre soin de sa famille… Après, je sais pas, peut-être qu’en Corée du Sud « prendre soin de » ça veut dire « briser le cœur de/maltraiter », mais a priori, je dirais quand même que si Moo Yul pouvait voir les agissement de Jin Pyo, il devait l’avoir mauvaise.

 

Jin Pyo est devenu l’équivalent de ceux dont il veut se venger. Il est même devenu pire que certains. Son propre minion a du mal à le suivre, surtout quand il s’agit de la façon dont il traite Yoon Sung. Jin Pyo a trahi la volonté de son meilleur ami, et il ne cille pas plus que ses ennemis quand il s’agit de de menacer, blesser ou tuer des innocents. Il n’a pas le moindre remord.

- Subitement, j’ai vraiment envie de savoir si tu veux réellement venger tes compagnons d’armes trahis par la patrie, ou si… tu te tortures juste par culpabilité d’avoir survécu seul. Tu ne comprends vraiment pas ? Les policiers que tu as tués ce soir avaient des familles. Ils étaient censés rentrer chez eux ce soir. Ce n’est plus de la vengeance, c’est juste du meurtre.

- Si tu t’opposes à moi, tu pourrais bien mourir de mes mains.

- Je ne reculerai pas. Parce que moi seul peux t’arrêter. Je vais risquer ma vie pour t’arrêter.

Yoon Sung / Jin Pyo, ep10

Et est-ce bien surprenant qu’il n’ait pas de remords : on parle quand même du type qui semblait parfaitement à l’aise avec l’idée de renverser son propre fils avec un camion s’il se mettait en travers de son chemin.

Pour mon père, je… ne suis pas un fils. Je ne suis pas Lee Yoon Sung. Je ne suis qu’un objet qu’il possède.

Yoon Sung, ep14

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Donc, forcément, il va pas se laisser arrêter par quelques dommages collatéraux. On ne fait pas d’omelette sans balancer quelques œufs contre le mur, après tout (quoi, vous les faites comment vos omelettes, vous ?). Le truc c’est que, Jin Pyo a beau ne pas se rendre compte de l’étendue de la chose, il considère effectivement Yoon Sung comme son fils....

Ce qui ne fait pas de lui un meilleur père.

Mais c’est néanmoins vrai.

Jin Pyo n’avait pas l’air particulièrement ému à l’idée de foncer dans son fils avec un camion, mais je pense que c’est parce qu’au fond, il savait que Yoon Sung éviterait le camion. Et aussi parce qu’il avait le contrôle de la situation, d’une façon tordue. Mais il y a deux moments où on voit Jin Pyo être pris de court, et presque paniquer, sans colère mais avec une véritable inquiétude. La première, c’est lorsque, déterminant que le point faible de son père c’est lui, Yoon Sung se plante une lame dans la main. La seconde est une situation similaire. Un truc que Yoon Sung a compris, même juste instinctivement, et que Jin Pyo ne voit pas parce qu’il est trop aveuglé par sa haine, c’est que Yoon Sung est effectivement la faiblesse de son père. Donc quand Yoon Sung se retrouve en danger, face à un ennemi qu’il ne peut pas vaincre (vu que l’ennemi c’est lui-même, et pas une armée de minions), et dans une situation sur laquelle Jin Pyo n’a aucun contrôle, Jin Pyo flippe. Pas de perdre un outil, mais bel et bien de perdre le fils qu’il a élevé (et maltraité)(ne l’oublions jamais)(je l'aime pas, je sais pas si vous avez remarqué).

 

Or je pense qu’il est impossible pour Jin Pyo d’accomplir se vengeance jusqu’au bout sans tuer (directement ou indirectement) Yoon Sung, qui est bien trop déterminé à l’arrêter. Et je pense que tuer Yoon Sung le détruirait. Sans qu’il le voie venir, ça lui tomberait subitement dessus. La tragédie de Jin Pyo, donc, c’est que par colère et par haine, il a trahi ceux qu’il avait juré de venger, qu’il s’est transformé en ce qu’il déteste, et qu’il a détruit tout ce qu’il aurait pu avoir. Bien sûr, à l’instant où il a kidnappé Yoon Sung, il avait déjà (gravement) commencé à se perdre, mais il a laissé passer toutes les opportunités de s’arrêter, malgré les suppliques de Yoon Sung, et il ne peut qu’en être puni (maintenant : comment ? à quel point ? à temps ? par qui ? … sont autant de questions dont vous devrez découvrir les réponses seuls).

 

Jin Pyo est un personnage intéressant (et très bien interprété, merci Kim Sang Joong), bien que ce soit aussi un personnage que je déteste avec passion. Sa relation avec Yoon Sung est complexe, et torturée (encore plus que je laisse transparaître à vrai dire, car je ne voulais pas en révéler trop). C’est la relation la plus intense du drama, entre ce fils qui veut désespérément l’amour de son père, et ce père incapable de reconnaître ses propres sentiments. Et c’est là, ainsi que dans l’histoire de Kim Young Joo, que se trouve le cœur du drama à mes yeux, à présent.

 

 

 

Et c’est aussi là que je vais conclure cet article ! (Qui a dit « enfin » ? Qu’il se dénonce !)

 

 

 

-conclusion-

City Hunter n’est pas un drama parfait, mais s’il a ses soucis scénaristiques, ses problèmes de rythme, et plus de potentiel qu’il n’en a exploité par endroits (sans oublier sa conclusion précipitée), c’est quand même une série que je trouve très divertissante, et peuplée de personnages attachants et intéressants, avec les émotions qui vont avec. Que vous accrochiez à la romance, à la quête de Yoon Sung pour une vie heureuse, à la perte de pied de Kim Young Joo, ou à tout ça à la fois, je pense que City Hunter a de quoi embarquer et toucher. C’était un bon visionnage, et un bon revisionnage. Je suis contente de m’être penchée dessus à nouveau :)

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