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425px-Mahoro Ekimae Tada Benriken-p2

 

Réalisé et écrit par Omori Tatsushi

D’après le roman de Miura Shion

Sorti en 2011

 

Avec :

Eita (Memories of Matsuko, Unfair, Orange Days, etc) >>> Tada Keisuke

Matsuda Ryuhei (Aoi Haru, Ahiru to Kamo no Coin Locker, Kanikosen, etc) >>> Gyouten Haruhiko

Kataoka Reiko (Battle Royale, Second Love, etc) >>> Lulu

Suzuki Anne (Helter Skelter, 9 Souls, Stand Up !, etc) >>> Haishi

 

Dontesque ?

A Mahoro, un quartier fictif de Tokyo, Tada Keisuke exerce le métier d'homme à tout faire. On l'appelle et il fait tous les travails. Un jour il croise le chemin d'un ancien camarade de classe avec lequel il a un passé compliqué et il accepte de l'héberger pour une nuit. Mais le lendemain, au lieu de partir, celui-ci décide de s'installer.

 

~oOo~

More Eita (et Matsuda Ryuhei, ce qui est non moins appréciable et enthousiasmant, of course !) Becoz… lol, qui a besoin d’une raison ? (même si en vrai y en a une : aout approche, et je suis même pas à la moitié de sa filmographie… je le vis bien… l’Univers me viendra en aide, j’ai confiance) Et aujourd’hui, on va causer d’un film dont je vous avais déjà causé, parce que j’ai tellement confiance que je prends même carrément le temps de me répéter. Non, plus sérieusement, je vous avais déjà parlé du film, c’est vrai, mais en revanche je n’avais jamais écrit sur le drama, qui avait été un gros coup de cœur pour moi (alors que pourtant je doutais à la base de son intérêt, le film se terminant sur une fin ouverte qui était en grande partie jolie et satisfaisante parce qu’elle était ouverte… heureusement, tout va super bien dans le meilleur des mondes). Or il est impossible de pleinement profiter du drama sans voir le film d’abord (puisque celui-ci délivre des infos essentielles sur les personnages qui ne seront pas répétées), alors en préparation de mon revisionnage du drama, j’ai aussi revu le film (et puis le bonus c’est que j’adore ce film, donc c’était pas une corvée), et tant qu’à faire je réécris mon article, parce que ça va me permettre de vous redire de le regarder, et aussi de corriger  légèrement les conneries que je racontais avant (mais ne vous inquiétez pas, je compte quand même vous raconter des conneries).

Donc, Mahoro Ekimae Tada Benriken, comme son nom l’indique, ça se passe à Mahoro, qui est une banlieue fictive de Tokyo, dont on nous dit au début du film que ce n’est pas vraiment dans la métropole, mais pas vraiment dans la campagne, que la météo se plante toujours sur le temps qu’il va faire (ce qui est fort peu pratique, faut bien le dire), que la mode a toujours un an de retard, mais surtout que « les gens qui naissent à Mahoro ne la quittent jamais, ou s’ils la quittent, ils finissent toujours par y revenir. On vit à Mahoro, du berceau à la tombe ». Que du fun en perspective donc. Mahoro nous est un peu présentée, en fait, comme la ville où tes rêves vont mourir. Du moins c’est ce qu’on nous dit au début, et même dans la construction de l’histoire, avec nos personnages qui vont d’affaire en affaire, on réalise que les affaires sont souvent liées aux autres, et il y a un peu une impression de « monde restreint ». Et c’est donc dans cette banlieue réjouissante où nous allons passer une année entière, avec mois affichés à l’écran, histoire qu'on soit pas perdus. Comme vous pouvez vous en douter, en conséquence, ce n’est pas un film très énervé. Le rythme est lent, et le film généralement silencieux, encore que de temps en temps il y ait des petits sursauts musicaux, parce que Mahoro a beau avoir parfois l’air triste, son cœur n’est pas mort. Dormant, à la limite. Et c’est un peu pareil pour nos personnages. Ils ont l’air de plus ou moins se trainer dans l’existence, semblant parfois un peu vidés, mais en fait, ils ont beau jouer les indifférents, le fait est qu’ils se soucient drôlement de ce qui se passe autour d’eux, et n’arrêtent pas d’aider tout le monde. « On ne peut pas se sauver soi-même en sauvant les autres », nous dit un personnage du film, mais le film, lui, n’a pas l’air d’être de son avis, parce que c’est exactement ce que font les protagonistes : ils viennent en aide à tous les gens qui en ont besoin, parfois dans le cadre de leur boulot (pour lequel ils se font pas payer grand-chose, et Gyouten fait d’ailleurs remarquer à Tada que même le nom de son entreprise, Tada Benriken, prête à confusion, parce que « benriken » vient de « benriya » qui veut dire « homme à tout faire » et désigne l’activité du personnage, mais « Tada », son nom, veut dire « gratuitement, gratuit ») et puis parfois pas, et ce faisant ils se tirent de leur léthargie et de leur propre désespoir, en s’appuyant l’un sur l’autre.

On est d’abord introduit à Tada lorsqu’il se voit confié un chihuahua à garder, et le film ne nous dit pas tout de suite exactement ce qui lui est arrivé, mais dès le début du film, alors que le personnage flippe exagérément de voir que le petit chien tremble, on a droit à une image de bébé mort, et à partir de là il est évident que Tada, bien qu’on ne sache pas dans quelles circonstances (elles seront exposées dans une scène poignante et toute simple et silencieuse où Eita, face à la caméra, nous démontre qu’il est vachement bon, des fois qu’on en douterait... mais on n’en doutait pas), a perdu un enfant, ce qui l’a traumatisé, de façon compréhensible, et explique son apparence de coquille vide. On a un personnage qui, à raison ou à tort, se sent extrêmement coupable d’une tragédie, et a un besoin cruel de surpasser ça, de se pardonner, et qui en attendant n’est pas certain de pouvoir offrir de l’affection ou de ressentir une connexion à qui que ce soit. Il ne vit qu’à moitié jusqu’au jour où entre dans sa vie le chihuahua, et surtout Gyouten (Matsuda Ryuhei) qui est l’équivalent humain d’un chien errant (d’ailleurs Tada le trouve alors qu’il cherchait le chihuahua, et le parallèle est rendu très clair) en manque de foyer. Sans parler de pourquoi (becoz les spoilers, les gens, c’est le mal), Gyouten est également abimé et perdu, et a également besoin de trouver une connexion à quelqu’un. Vu que Tada a une maison, que Gyouten a besoin d’une maison, et qu’ils ont tous les deux besoin d’un foyer, ça parait plutôt parfait. Je vous disais que le film se déroulait sur une année : on commence avec la radio souhaitant une bonne année à Tada (le personnage d’Eita), et lui souhaitant d’accomplir ses objectifs, et à la fin la télé lui demande quelle est la dernière chose qu’il veut faire cette année, avant de passer à la suivante. Et la dernière chose que veut faire Tada, c’est aller chercher Gyouten (j’estime que ce n’est pas un spoiler qu’ils finissent par s’associer, vu qu’il y a un drama et encore un autre film sur la question), parce que finalement l’évènement majeur de l’année de Tada, c’est qu’à errer et chercher un sens à son existence en compagnie de Gyouten, il a trouvé exactement ce qu’il cherchait, à savoir un foyer et quelqu’un avec qui le partager.

[Deux hommes et un chihuahua] Mahoro Ekimae Tada Benriken まほろ駅前番外地 [Deux hommes et un chihuahua] Mahoro Ekimae Tada Benriken まほろ駅前番外地 [Deux hommes et un chihuahua] Mahoro Ekimae Tada Benriken まほろ駅前番外地
[Deux hommes et un chihuahua] Mahoro Ekimae Tada Benriken まほろ駅前番外地 [Deux hommes et un chihuahua] Mahoro Ekimae Tada Benriken まほろ駅前番外地

Du coup, moi à la fin, je ne suis qu’émotion à l’intérieur de moi-même, parce qu’au début, Tada ramène Gyouten chez lui par culpabilité (oui, il a beaucoup de culpabilité dans sa tête, ce garçon), Gyouten est le premier à parler de « maison », à la grande protestation de son hôte (Tada - Il faut qu’on trouve un foyer à ce chien. Et ensuite ce sera ton tour. Gyouten - Rentrons à la maison. Tada – Comment ça « la maison » ? Gyouten  – Tu m’abandonnerais/me mettrais à la porte ?) et à la fin Tada lui sort « Rentrons à la maison », et moi, qui sans avoir connu les tragédies qu'ont connues les personnages, ressens souvent que je suis isolée et paumée dans l'existence, ça me fait du bien au cœur, vous comprenez, de voir cette évolution. Parce que certes, Mahoro Ekimae Tada Benriken, c’est pas un film très « énervé », mais à la fin, il y a des choses importantes qui ont bougé : les personnages principaux ne sont plus seuls, il y a des avancées pour certains autres personnages que je ne vous spoile pas, et je vous disais au début que les affaires se retrouvaient souvent liées, ce qui peut donner un sentiment d’enfermement reflétant l’enfermement dans Mahoro… mais en fait, si c’est ce qu’on peut y voir, les affaires se retrouvent généralement liées par les deux personnages centraux. Pas juste dans le sens où ils sont le point commun entre les affaires, mais parce qu’ils les « connectent ». On confie un chihuahua à Tada, alors il trouve Gyouten. Il trouve Gyouten, donc ils rencontrent la petite fille qui leur demande de trouver un foyer au chihuahua. Ils cherchent un foyer au chihuahua donc ils rencontrent des personnes qu’ils vont aider. Puis ils vont aider des personnes les faisant tomber sur d’autres qui leur permettront d’en aider encore d’autres, etc. A partir d'une toute petite chose, il y a comme une toile qui se tisse entre des gens, et c’est une petite toile, mais c’est une toile quand même, dans la vie de personnages seuls. Je parlais de se sauver en aidant les autres, et il s’agit autant de se racheter en aidant que de combler un manque en  créant simplement une connexion,. L’amour, notre relation aux autres, et l’affection qu’on donne et qu’on reçoit, ou qu’on ne reçoit pas, étant de toute façon le grand thème de ce film. Une petite fille confie son chien en sachant qu’il sera plus heureux ailleurs, et il devient une présence pour des personnages qui ont besoin de se sentir utiles à quelqu’un. Une mère néglige son enfant, parce que si, comme dit Tada « les enfants ont besoin d’être aimés », « certains ne le sont pas » répond Gyouten, et ils doivent apprendre à faire sans, et peut-être briser le cercle en donnant à autrui l’amour qu’ils n’ont pas reçu. Bref ce film est plein de gens qui aiment, veulent aimer, veulent être aimés, et ne savent pas tous comment, ce qui me parle vraiment, et j'apprécie le message d'espoir du film. Mahoro est peut-être un quartier terne, mais il y a de la vie dedans, et les petites rencontres peuvent mener à la renaissance d'êtres humains. Mais je ne rentre pas dans les détails parce que le film vous parlera bien de tout ça lui-même et que je vais pas non plus vous raconter entièrement le truc, oh !

Enfin, puisqu’on parle d’amour, oui, j’ai aimé le film. Beaucoup la première fois, encore plus la seconde, et j’en ressors avec toujours plus d’appréciation pour Eita et Matsua Ryuhei, que j’adore séparément et ensemble, parce que quand on met deux bons acteurs ensemble, c’est sympa, et qu’en plus ils ont des présences qui se marient bien l’une à l’autre. Il faudrait que je réfléchisse à quoi ça tient. En partie ça doit venir du fait qu’ils ont tous deux choisis plusieurs fois des projets pas conventionnels, plutôt calmes, et jouent rarement de jeunes premiers, si bien que je les range vraiment dans une catégorie similaire, mais en même temps Eita a aussi joué dans plus de dramas « mainstreams » et bref vous me saoulez, ils fonctionnent vachement bien ensemble, et sept projets en commun, c’est pas assez, voilà ;A; Non, plus sérieusement, dans ce film, ils se complètent bien. Eita campe un Tada visiblement fatigué mais carrément plus motivé à bosser, tandis que Matsuda Ryuhei est délicieusement décalé dans le rôle de Gyouten. Il n’en fait pas des tonnes du tout, mais dans la façon dont il marche, court, et ponctue plusieurs scènes de son rire chelou (le film se termine sur ce rire-là d’ailleurs), il a une présence juste ce qu’il faut de pas ordinaire pour chambouler un peu plus le quotidien, et donc la léthargie, de Tada.

En clair, j’adore ce film. J’adore encore plus le drama cela dit : parce que le drama a plus d’humour. Le film a déjà ses traces d’humour, parce qu’il a une ambiance un peu décalée même dans sa sobriété et parce que les personnages ont une dynamique amusante de « je t’aime, moi non plus », mais le drama se déroule après qu’ils se soient trouvés, donc même s’ils deviennent pas des petits fous, ils sont quand même moins désespérés de la vie, et le drama garde sa mélancolie, mais avec plus d’humour, ce qui est fort cool, même si le film est aussi fort cool, donc regardez toute cette coolitude, pour résumer. Wouhou.

[Deux hommes et un chihuahua] Mahoro Ekimae Tada Benriken まほろ駅前番外地 [Deux hommes et un chihuahua] Mahoro Ekimae Tada Benriken まほろ駅前番外地 [Deux hommes et un chihuahua] Mahoro Ekimae Tada Benriken まほろ駅前番外地
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