[Un jeu dangereux (mais prenant) ] Kazoku Game 家族ゲーム

Publié le 13 Décembre 2013

Kazoku Game

家族ゲーム

 

Kazoku Game

 

Sorti en 2013

 

10 épisodes

 

 

Avec :

 

Sakurai Sho >>> Yoshimoto Koya

Kamiki Ryunosuke >>> Numata Shinichi

Uragami Seishuu >>> Numata Shigeyuki

Itao Itsuji >>> Numata Kazushige (le père)

Suzuki Honami >>> Numata Kayoko (la mère)

Kutsuna Shiori >>> Asami Maika

 

 

Dontesque ?

 

La famille Numata fait appel à Yoshimoto Koya, un tuteur privé, afin de pousser leur fils victime de harassement scolaire à retourner à l'école et à améliorer ses notes. Très rapidement il devient évident que Koya est loin d'être un éducateur comme les autres et a des méthodes très très spéciales et pas exactement plaisantes... ou légales. Par ailleurs il n'a pas l'intention de s'arrêter à l'éducation de Shigeyuki mais celle de se mêler de la vie de la famille au grand complet.Yoshimoto Koya: un tuteur qui vous veut du bien... peut-être.

 

 

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Comme vous vous en êtes rendus compte si vous suivez ce qu'il se passe sur ce blog -et y a intérêt parce qu'à la fin de l'année, interro!-, en ce moment, par une série de sondages, je vous demande ce que vous avez pensé de 2013 et, dans plusieurs de ces sondages, Kazoku Game a été cité. Et c'était un drama que j'avais l'intention de voir mais je n'étais pas non plus spécialement pressée... cela dit le voir revenir comme cela m'a fait me dire « bon, je regarde ? ». J'ai donc effectivement lancé l'épisode 1 un soir et en deux soirées -s'étant toutes les deux terminées très très tard-, j'ai avalé ce drama. Donc merci les gens pour le boost de motivation ! Mais comme je le disais, à la base, j'avais l'intention de voir ce drama et, donc : pourquoi ? Eh bien parce que Bambi (Sakurai Sho) essentiellement. C'est-à-dire que le synopsis me parlait bien aussi mais honnêtement je voulais surtout voir Bambi car cela faisait longtemps que je ne l'avais pas vu à l'écran. D'autant que je le sentais tout à fait capable de s'en sortir dans ce rôle-là vu qu'il a déjà prouvé qu'il peut être très bon. Et les gens je crois qu'on tient là sa meilleure performance à ce jour. Ainsi qu'un des meilleurs dramas de l'année. Développons.

 

En premier lieu, j'ai beaucoup apprécié la façon dont le drama était réalisé parce que la réalisation nous raconte autant de choses sur les personnages que les dialogues. Bien sûr cela tient en partie au casting et aux actions à l'écran mais la réalisation joue un rôle très important dans le drama et, en particulier, la musique participe énormément à l'ambiance. C'est une musique étrange qui parfois va souligner un moment drôle mais parfois va se mettre à jouer de façon légère alors que les évènements à l'écran sont violents, choquants, elle met mal à l'aise et renforce l'atmosphère très déstabilisante du drama. J'ai beaucoup aimé que parfois elle soit finalement tout ce qu'on entend. Par exemple au début de l'épisode 9, avant le générique, il y a plus de six minutes où on voit les personnages faire leur vie et pas une seule parole n'est prononcée, il n'y a même pas forcément de gros plans sur les expressions des personnages mais la mise en scène, l'utilisation des caméras et des bruits font qu'on est plongé tout de suite dans l'ambiance. On sait ce qu'il se passe, on sent ce que les personnages ont dans la tête et on a pas besoin qu'on nous l'écrive en noir sur blanc. Et grâce à cela, le drama peut se permettre d'avoir plusieurs moments calmes entre les moments de folie ce qui nous laisse le temps de respirer mais, surtout, nous angoisse parce que, du coup, on ne sait pas quand viendra la prochaine explosion. Chaque moment calme laisse présager une tempête en gros et la musique étrange sert de bande-annonce à cette tempête. Et ce drama met mal à l'aise. Dès le début en fait.

 

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Après une mini-introduction de quelques secondes, la scène où on rencontre réellement Koya commence par un long silence de deux minutes : Yoshimoto Koya -Bambi- est assis sur un canapé, les parents de Shigeyuki en face de lui, et tout le monde se regarde dans le blanc des yeux, personne ne parle. Cela dure un bon moment et le spectateur est partagé entre l'envie de rire et une sorte de boule dans l'estomac. Quand enfin le silence est brisé, on ne peut s'empêcher d'être soulagé et, ensuite, commence l'entretien pour savoir si Yoshimoto deviendra ou pas le tuteur de Shigeyuki. L'entretien, encore une fois, est étrange et ce qui vient le briser -que je ne vous spoilerai pas-, le geste qui subitement lance pratiquement tout le drama en annonce la couleur parce que tout de suite, on ne sait pas quoi en penser. J'ai réprouvé ce geste, il va à l'encontre de toutes mes convictions, mais à la fois j'étais presque soulagée que quelque chose se soit passé, en plus d'être sous le choc. Et après cela, le drama continue de cette manière. Pour arriver à son but, en soi louable, Yoshimoto va dans les extrêmes, fait des choses atroces, des choses avec lesquelles je ne pouvais juste pas être d'accord... et d'ailleurs le drama ne me demandait pas d'être d'accord. Le drama ne me demandait pas d'excuser Yoshimoto juste parce qu'on sentait quelles étaient ses intentions -et vraiment : « sentait »...parce qu'avec lui, il était difficile de « savoir » quoi que ce soit-. Ce n'était pas un cas de « la fin justifie les moyens » et, lorsque la conclusion du drama arrive, jusqu'au bout, le drama ne m'a jamais demandé d'adhérer aux actions de Yoshimoto, au contraire. Ce qui me soulage pas mal d'ailleurs car si le drama avait voulu me faire excuser Yoshimoto, j'aurais eu du mal à le suivre. Mais c'est l'ambiguité du personnage qui en faisait l'intérêt car si je réprouvais ses méthodes, je n'arrivais pas pour autant à le détester. Il était fascinant à regarder et a réussi à m'embarquer dans son histoire. En fait j'étais exactement en phase avec Shigeyuki et Shinhichi : intriguée, révoltée, incapable de détester Yoshimoto, incapable de lui pardonner. Comme si Yoshimoto, en même temps qu'il s'insinuait dans la tête de la famille, s'insinuait dans la mienne. Et pour cela, en plus d'un scénario particulièrement bien tourné, on peut bien entendu remercier Bambi qui est tout à fait excellent dans ce rôle. Parfois il en fait un petit peu trop mais il est assez facile de mettre cela sur le compte de l'exubérance du personnage lui-même si bien que cela ne m'a pas trop dérangée... et en général, Bambi est juste vraiment excellent et fait froid dans le dos parce qu'on ne sait jamais sur quel pied danser avec lui. Théatral et drôle une minute, il peut devenir ouvertement menaçant la seconde suivante. Il est calme et composé, subitement devient violent, laisse sortir les flammes de l'enfer et finit sur un rire... et lorsque par hasard il a un moment touchant, on ne sait jamais si réellement il est sincère ou s'il essaie de manipuler son public. Où commence la vérité, où finit le mensonge ? Mais tout le long, Bambi donne au personnage un charme fascinant qui le rend attirant et donc d'autant plus dangereux.

 

Néanmoins, Yoshimoto est loin d'ête le seul personnage intéressant du drama. Il est le plus fascinant car celui qu'on comprend le moins et il est la raison pour laquelle je suis passée d'un épisode à l'autre de façon frénétique, toujours intriguée -et effrayée- par ce qu'il ferait ensuite, ce qu'on apprendrait sur lui mais Yoshimoto est l'élément accélérateur de la ruine d'une famille qui avait commencé bien avant lui et la famille Numata est autant au centre du drama que lui.

 

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Elle est composée de quatre membres : le père, la mère, Shinichi le fils ainé et Shigeyuki. Le père est tellement absorbé par sa propre fierté, sa propre importance, qu'il ne fait plus attention à sa famille du tout, il s'en moque. La mère n'arrive plus à comprendre ses enfants et, au lieu de se faire entendre par sa famille qui l'ignore, s'est emmurée dans sa bulle, tout ce qui lui importe sont les regards des voisins. Shinichi est en apparence un élève modèle mais s'adonne à des activités peu louables et n'en ressent aucune culpabilité, il a oublié comment compatir avec les autres, ignore ses amis et cache son indifférence sous un masque poli. Ainsi Yoshimoto le reprend plusieurs fois lorsque Shinichi prétend s'inquiéter pour son petit frère : Shinichi ne s'inquiète pas, il est envieux, s'impatiente, voudrait se débarasser de ce Yoshimoto qui voit trop clair dans son jeu. Quant à Shigeyuki, censé être « le cancre » de la famille, il est finalement le plus équilibré. C'est un gosse qui s'est renfermé après avoir été persécuté à l'école et doit devenir plus fort pour reprendre sa vie en main. Les uns après les autres, Yoshimoto va les briser, faire tomber les masques en usant de stratagèmes, de violence morale et parfois physique. Et quand les masques tombent, cela fait très très mal. Dans le tas, je pense que c'est le père que j'ai eu le plus de mal à apprécier car je n'arrivais pas vraiment à me mettre à sa place... A l'inverse, j'ai beaucoup plaint la mère. J'étais dégoûtée par sa faiblesse et son attachement aux apparences au détriment du bien-être de ses enfants mais la voir passer des heures à préparer un repas pour toute la famille tout cela pour que personne ne rentre, c'était assez terrible. Elle restait assise à la table devant son festin et chacun rentrait, passant devant elle sans la voir, sans lui adresser un mot et cela m'a brisé le cœur de la voir si touchée chaque fois que Yoshimoto la remerciait, comme si c'était à chaque fois quelque chose de précieux et de rare, une phrase qu'on ne lui adressait jamais. Elle est la représentation d'une femme au foyer qui a été prise pour acquise, emmurée dans sa solitude et son silence, et j'ai trouvé cela terriblement triste. Ce qui ne rendait pas le personnage moins frustrant mais j'arrivais malgré tout à me mettre à sa place.

 

Quant aux deux enfants... du côté de Shigeyuki, il n'y avait pas grand-chose à réprouver réellement. C'était un enfant. Et il avait besoin de devenir plus fort, de faire face aux réalités que Yoshimoto lui mettait de force devant les yeux afin de les surmonter... mais il restait juste un enfant et un enfant plutôt gentil en plus. En revanche Shinichi était plus complexe et son personnage s'est révélé peu à peu, servi par un Kamiki Ryunosuke en forme. Honnêtement Kamiki Ryunosuke est un acteur que je trouve plutôt adorable et pour lequel j'éprouve de l'affection mais que je n'ai jamais trouvé excellent. Tant qu'il n'y a pas besoin de faire grand-chose, il se débrouille mais dès qu'il s'agit d'être plus intense, ses performances ont tendance à se casser la gueule. Dans Kazoku Game néanmoins, cela n'a pas été le cas et, au contraire, plus le drama avançait et plus il devait perdre pied, plus il se faisait bon. Je suis donc ravie. En général de toute façon, tout le casting était bon si bien que j'ai eu l'impression de voir vivre et se briser cette famille devant mes yeux. Et d'ailleurs, j'ai particulièrement apprécié le discours porté sur la famille dans ce drama. Souvent on a droit à des discours -plus ou moins explicites- qui, en gros, nous disent que la famille est une sorte d'entité magique qui fait que le lien entre ses membres existera toujours, que l'affection est instinctive , inconditionnelle et va de soi... ce n'est pas toujours faux mais c'est une vision très idéaliste et dont je trouve la prédominance presque blessante pour les gens qui n'ont pas ce genre de ce famille. Des fois les liens se perdent. Et j'ai aimé que dans ce drama le discours soit différent et que le « lien » ne soit pas quelque chose de magique mais quelque chose qui demande des efforts, une volonté de le créer et de le conserver. Le drama nous parlait également de harcèlement scolaire -un sujet qui ne dépaysera probablement pas les habitués des Jdramas mais qui est toujours dérangeant et est bien abordé ici- et du système éducatif japonais mais c'est vraiment ce qui concerne la famille que j'ai retenu.

 

J'aurais d'autres choses à dire mais je risquerais de vous spoiler si je continuais donc je vais m'arrêter là. Comme vous l'avez compris, j'ai vraiment beaucoup aimé ce drama. Je ne dirais pas qu'il est absolument parfait mais je l'ai trouvé très prenant, vraiment bien réalisé et interprété et je ne pense pas qu'il puisse laisser indifférent. Ce drama fait désormais partie de mes favoris de 2013 et je suis ravie de l'avoir regardé. Plus le drama avançait, plus il fallait absolument que je regarde la suite... N'hésitez pas à y jeter un œil !

 

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Rédigé par Milady

Publié dans #Dramas - séries et animes, #Coup de coeur-Favori

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